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Au détour d'un verre de trop. Ft. Katarina Farah
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Race Race : Vampire Supérieur
Jeu 5 Juil - 21:50
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Au détour d'un verre de tropUne vampire assoiffée et une magicienne imprudente
Farah
Katarina
Ahrahn
S'Inna Lunacy
La nuit était tombé sur la belle ville de Beauclair et sa vie nocturne s’éveillait joyeusement sous la voute céleste. Les catins faisaient leurs offices, les voleurs volaient, les vagabonds vagabondaient et les oiseaux nocturnes avaient commencé leur choral lugubre au rythme des flots battants calmement les quais. Cette douce effervescence semblait envelopper le monde dans son étreinte duveteuse et sinistre. C’était ces moments que S’Inna affectionné toute particulièrement pour parcourir les rues de la ville et trouver une tranquillité enivrante. Elle avait quitté sa chambre d’auberge quelques heures après la tombée de nuit sentant qu’elle ne parviendrait pas à trouver le sommeil. Ses mains furent les premières à frémir, comme toujours, puis des frissons horripilants parcoururent l’entièreté de son corps alors qu’elle sentait une irrépressible agitation brûler ses membres. Elle avait d’abord commencé à faire les cent pas dans sa chambre avant de réaliser qu’il était inutile de résister. Elle prit ses dagues par précaution et prit soin de cacher son épée sous son matelas avant de s’apprêter pour sortir. Elle eut une penser fugace pour son ancienne connaissance Dogard avant de refermer la porte dernière elle. Mais ce souvenir ne suffit pas à la retenir, il ne suffit jamais.

   Le clapotis régulier des eaux de la rivière berçait le port de la ville alors que la lune se reflétait sur l’étendue mouvante offrant un spectacle splendide. Alors qu’elle était assise sur les quais, tremblante et irascible, S’Inna n’arrivait pas à s’émerveiller de ce spectacle dont elle ne se lassait pourtant jamais à l'accoutumée. Elle avait parcouru la ville mais n’avait pas trouvé ce qu’elle cherchait. Le moindre badaud qui déambulait dans les rues était soit accompagné soit trop pressé pour qu’elle tente une approche. Elle avait donc fini son errance sur les quais de la ville où elle tenter de calmer ses tremblements toute en maudissant tous ces humains inaccessible. Pourtant, la lune était belle ce soir, éclairée par la morne lumière de la lune impérieuse.

  Parmi la mélodie nocturne, un bruit de verre brisé se fit entendre. S’Inna tourna alors son regard vers la source du bruit et ne put refréner le léger sourire qui vint orner ses lèvres. Il s’agissait d’un homme en haillons qui titubait sur les quais. Il venait de jeter une bouteille de vin vide sur le mur d’un entrepôt dans un élan de rage.

  • Sale Catin !! Elle ..elle… Tu m’as… T’avais pas le droit ! T’avais pas le droit t’entend ! Sale Catin !

  Les aboiements de désespoir de l’homme parvinrent jusqu’aux oreilles de la jeune vampire comme une délicieuse invitation. Elle s’était discrètement rapproché de lui mais bien qu’encore à quelques mètres, une odeur âcre qu’elle comprit comme étant celle de l'inconnu, vint agresser ses narines et lui arracha une grimace de dégout. Cependant ce n’était pas une odeur d’alcool, l’homme n’était pas soûl, juste délicieusement triste, seul et couvert d’une épaisse couche de crasse. Mais ce soir, elle ne pouvait pas se permettre de faire la fine bouche et plus elle se rapprochait, plus elle se sentait fébrile. Une étincelle d’excitation brillait au cœur de ses pupilles dilatées trahissant son impatience.

  • Sale Catin ! SALE CATIN !! Toi ! T’es qui toi ? C’est elle qui t’envoie ?, beugla le nigaud en voyant S’Inna approchait, Elle m’a déjà tout prit ! Ça ne lui suffit pas ? J’ai… J’ai plus rien bordel ! J’ai plus rien…

  S’Inna continua de l’approcher calmement. Certes elle avait choisi le métier de chevalier par l’amour du combat mais dans ces cas-là, elle préféré une approche plus... sournoise à une confrontation brutale. Elle voulait voir l’insouciance au fond des yeux de ses victimes avant qu’elle ne se transforme en peur et en résignation. Son addiction ne se limitait donc pas à la simple ingestion de sang. Elle était tout aussi obsédée par la traque et l’observation des derniers instants de sa victime.

  • Pourquoi tu me fixe comme ça ?  Elle t’a demandé de me tourmenter ? Mais bordel t’es qui ?

  Devant l’absence de réponse, la colère de l’homme semblait s’intensifier et elle pouvait maintenant sentir son haleine fétide sur son visage. D’un rapide coup d’œil elle put apercevoir les poings de sa proie se serrer en même temps que tous les muscles de son corps gracile se contracter, dans l’attente.

  • Vous êtes toute des garces ! Vous méritez toute une correction !!

  À la fin de sa dernière invective, l’homme banda son bras et s’apprêta à frapper S’Inna en plein visage. Mais c’était sans compter sur les réflexes de la jeune vampire. Elle décala très légèrement la tête et au moment où il fut déséquilibré par son élan, elle saisit son bras, passa dans son dos en faisait volte-face et tandis que qu’on entendit les os de son membre se brisait dans la nuit, elle plantât ses crocs dans la chaire poisseuse du condamné.

   La colère avait accéléré le rythme cardiaque de l’homme et son sang pulsé à vive allure dans ses veines affolées. Il se déversait alors par la plaie béante de son cou pour glisser au fond de la gorge de la vampire. Elle sentit alors un frisson, grisant cette fois, parcourir tout son corps laissant une empreinte exquise sur chaque parcelle de son être. Les tremblements disparaissent à mesure que la vie quittait le corps du malchanceux. Les courbatures s’effaçaient à chaque gorgé, et elle ressentit une soudaine et douce plénitude, une allégresse délicate, une euphorie enivrante. S’Inna aurait pu craindre les dangers nocturnes qui pouvaient se trouver à chaque coin de rue et surtout dans le port de Beauclair, mais elle n’avait pas peur, le danger, c’était elle.

   Le dernier souffle de l’homme s’envolât vers ses merveilleuses étoiles scintillantes avant que son corps exsangue ne tombe mollement dans les flots de la rivière. Le remous de l’eau passé, le reflet de la lune se fit à nouveau limpide, impérieux. La nuit avait retrouvé sa douce tranquillité et S’Inna émit un soupir comblé devant le spectacle sublime de la voute céleste se reflétant dans ce miroir aquatique aux flots calmes et apaisants. Elle inspira profondément l’air frai de la nuit et se surprit à penser que ce monde n’était pas si désagréable en fin de compte.

    Elle aurait pu passer la nuit ainsi à contempler la nuit dans cette tranquillité et cette plénitude retrouvée. Le chant des créatures nocturnes raisonnant au rythme de la bise et des flots lents de la rivière caressaient ses oreilles. Un calme imperturbable, immuable. Le temps s’allongeait comme le cours de la rivière et S’Inna ferma les yeux pour mieux apprécier encore cette ambiance suave. Le calme jusque dans son corps.

     Cette nuit aurait pu se poursuivre ainsi jusqu’au lever du jour mais il n’en fut rien. Un nouveau bruit se fit entendre dans une ruelle adjacente. S’Inna aurait pu ne pas y prêter attention mais ce fracas avait contrarié la jeune vampire dans sa contemplation. Elle se dirigea alors une nouvelle fois vers la source du bruit et tomba sur un spectacle à auquel elle ne s’attendait pas.
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Race Race : Elfe Aen Seidhe
Ven 6 Juil - 3:06
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Quoi de mieux après une longue semaine de travail, que de boire un bon verre en bonne compagnie? Au départ, nous étions un groupe à boire et fêter l'arrivée de la fin de semaine. Même les enseignants de l'académie ont droit à une pause non? Il faut avouer que les gamins peuvent être épuisants à l'occasion, voire décourageants. Mais si nous faisons ce métier, c'est pour une bonne raison. Transmettre nos connaissances aux futures générations pour que nos acquis ne tombent jamais dans l'oubli et que nos mémoires perpétuent à travers les siècles.

Tout près du port de Beauclair se trouvait une taverne bien connue des pêcheurs et marins. C'est aussi dans cette taverne qu'on aimait se retrouver en groupe pour boire, chanter et danser. Le type d'endroit avec des musiciens sur place, du bon vin, de l'espace et qui n'abuse pas des couronnes demandées pour leurs services. Charmant endroit, mais plus principalement au petit matin. Une bouteille de vin, suivi d'une deuxième représentait mes consommations en ce soir festif. Mes joues rougies par l'alcool rejoignaient celles des autres soulons de cette taverne. Je ne faisais pas exception à la règle, agissant aussi grossièrement que les militaires qui boivent pour oublier leurs problèmes. Je buvais sans retenu pour m'amuser, cherchant à me voiler d'illusion en cette nuit où luxure devenait mon deuxième prénom.

Il devait être le matin du prochain jour, lorsque je sortais de la taverne. Posant un pied sur les briques de la rue, où la nuit avait repris ses droits. Le ciel étoilé captait mon attention quelques instants, avant que la réalité ne me percute de nouveau. Oui c'est vrai, je devais rentrer chez moi. Boire un grand verre d'eau et dormir pour me sauver d'une migraine colossale le lendemain. Habillée d'une robe à décolleté rouge, je portais mes catalyseurs aux avant-bras, question de ne pas être démunie en cas de problème. Ma robe cessait à la mi-cuisse et mes talons hauts claquaient sur les brisques au sol. Brisant le silence qui régnait en cette nuit des plus paisible. Je croisais des gens à l'occasion, des couples, des amis et des personnes qui ne semblaient pas fréquentables ou n'inspiraient pas la moindre confiance.

Je marchais toutefois seule. Légèrement imbue de moi-même et trop fière. Qui oserait après tout s'attaquer à un mage? Cela serait comme tenter quelque chose contre un Sorceleur, cela était comme courir après la faucheuse en demandant d'être priorisé dans la file d'attente. Il y a pourtant bien d'autres façons de mourir, beaucoup plus amusante et originale à la fois. Le claquement de mes talons sur la pierre créait une douce mélodie. Un rythme irrégulier alors que ma démarche chambranlante sous l'alcool brisait toute mon assurance d'antan. Mon équilibre semblait précaire, alors que je prenais appuie contre un mur avant de tomber sur le côté, faute d'une tuile au sol un peu trop élevé. Faute des ingénieurs, voyons, le sol n'était pas au bon niveau.

Passant par une ruelle, je décidais de réduire le chemin de ma marche. Elle était déjà si pénible, pourquoi l'augmenter en ne prenant pas les raccourcit? Passant par ce chemin ténébreux, c'est alors que devant moi se dressait un homme. Grand, chevelure brune et yeux bleus. Pas affreux, même très bel homme. En d'autres circonstances, je l'aurais invité à boire un verre et s’il y avait eu affinité, à partager mon lit pour une nuit. Toutefois, le bâillement que je retenais en disait long sur mon état présentement. Alors que je lui adressais un simple sourire et hochement de tête, il se positionnait droit devant moi. Directement dans mon chemin même. Freinant en urgence, je passais tout près de le heurter et fronçais les sourcils en observant celui-ci,

-Pardon...

Murmurant une excuse, j'essayais alors de le contourner. J'étais saoule, peut-être lui étais-je même presque rentrée dedans du haut de mon manque de sobriété. Rapidement, je ne sais comment, mais il était de nouveau devant moi. Clignant alors des yeux plusieurs fois, je frottais ceux-ci d'une main. Je devais halluciner, cela est après tout un symptôme de l'ivresse à l'occasion. Mais non. Il était bien devant moi, toujours cette expression vide au visage, le type d'homme qui n'inspire pas confiance...

-J'aimerais passer.

Le silence. Et finalement, un pas dans ma direction. Son sourire devenant menaçant, narquois et malicieux. Je reculais d'un pas à mon tour, puis d'un autre. Mes sourcils se fronçaient et c'est avec un agacement non feint que je croisais les bras sur ma poitrine, soufflant avec arrogance,

-Ça suffit... Laissez-moi passer avant que je ne me fâche...


Encore un pas vers moi. Claquant ma langue de façon irritée, je me concentrais alors sur le visage de celui-ci, ne le voyant pas clairement dans l'obscurité. Les bracelets de mes avant-bras s'illuminaient d'une douce lueur rosée, alors que je m'apprêtais à lui lancer un ordre mental, rassemblant mon énergie pour utiliser ma magie. La vitesse de celui-ci et mon manque flagrant de réflexe toutefois ruinaient mes chances. Je n'avais pas vu venir le poing qui s'abattait sur mon visage. Tombant sur les fesses au sol, un peu de sang coulait alors de mon nez. Puis une sourde douleur en provenance de mon visage, alors que mes idées devenaient confuses.

-C'est quoi votre problème!

Sa main agrippant mon cou avec une force surhumaine me relevait pour me plaquer contre un mur, dans une plainte douloureuse. Mes deux mains venaient se poser sur la sienne et alors que je me débattais, mon catalyseur recommençait à briller. Résultat, il me faisait une brutale secousse qui envoyait ma tête sur le mur directement. Clignant alors des yeux, je voyais des points noirs, mes idées étaient confuses alors que je n'arrivais plus à réfléchir, ni à me concentrer adéquatement. Je sentais quelque chose d'humide dans mon cou, je ne sais quoi. Ma tête était lourde, penchée vers l'avant et mes yeux, entre ouverte. La langue du vampire léchait mon cou sur la longueur, prenant le temps de choisir à quel endroit il mordrait pour prendre son repas. Prédateur patient qui savourait cet instant.

-Shhhhh... Plus tu bouges, plus cela sera douloureux...
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Race Race : Vampire Supérieur
Ven 6 Juil - 16:48
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Au détour d'un verre de tropUne vampire assoiffée et une magicienne imprudente
Farah
Katarina
Ahrahn
S'Inna Lunacy
Aveuglé premièrement par son manque puis maintenant par son euphorie, ce n’est quand voyant un vampire supérieur agresser une femme visiblement éméchée que l’atmosphère de ce quartier sauta aux yeux de la jeune vampiresse. Une odeur de merde et d'urine embaumée l’air de ces ruelles sordide où grouillaient les rats et autres immondices. Des tonneaux et des caisses pourrissantes trônaient dans les coins dans l’attente d’être chargé sur des bateaux et les entrepôts s’élevaient comme autant d’ombres menaçantes cachant les crimes aux yeux du monde. Les meurtres et les violes n’étaient pas rares durant la nuit en ces lieux sinistres et ce genre de scène était tristement courant, bien qu’elle n’implique que très rarement des vampires et il s’agissait bien souvent d’elle-même.

    Le spectacle que S’Inna avait sous les yeux la ramena donc tout de suite à l’abject forfait qu’elle avait perpétré plus tôt. Elle aurait pu passer son chemin, après tout elle n’avait décemment pas le droit à une hypocrisie malvenue. Mais quelque chose clochait, cette femme. À première vue elle c’était dit qu’il s’agissait d'une prostituée. Après tout, elles ne sont pas rares dans cette partie de la ville pour divertir les marins et faire ainsi un profit non négligeable. Mais les soieries de cette femme et surtout les riches bracelets qu’elle portait au avant-bras ne pouvaient pas appartenir à une catin, ils étaient bien trop précieux. S’Inna avait pour principe de ne s’en prendre qu’à de pauvres infortunés perdus et seuls dont on ne remarquerait pas la disparition quand elle ne se rassasiait pas sur les bandits qui avaient le malheureux de contracter des primes. Par conséquent, le fait que ce vampire s’en prenne à une femme sans doute noble, était préjudiciable. Sans doute était-il arrivé après la seconde conjonction et n’était donc pas habituer au meurs de ce monde mais une chose était sûre, il représentait un danger pour elle. S’Inna savait qu’elle était déjà sur la sellette et que le moindre faut pas pouvait lui valoir d’être pourchassé jusqu’au bout du monde sur ordre du Doyen des Invisibles. Par conséquent elle prenait un maximum de précautions et voir un vampire souiller tous ses efforts avait le don de l’irriter. D’autant plus que ce brouhaha avait interrompu son moment de paix si délectable et l’avait subitement rendu irascible. Elle décida donc de s’emmêler, non pas par altruisme pour l’inconnue, mais pour couvrir ses propres arrières.

  • En effet, plus tu résistes plus c’est douloureux, dit-elle avec condescendance.

Le vampire détourna son attention de la peau délicate de sa victime pour se tourner vers la jeune rousse.

  • Une compatriote ? J’espère que ce n’était pas ta proie, je ne voudrais pas avoir interrompu une traque. Répondit-il d’un air affable.


  • Je ne suis pas une compatriote, je voulais simplement te mettre en garde.


  • En garde ?


  • Si tu ne la laisses pas en paix, j’abrège ton existence qui promettait pourtant d’être si longue. Ajouta-t-elle avec une arrogance certaine.

   Le vampire sembla subitement très intéressait par la jeune rousse. Il desserra son étreinte sur le cou de sa proie et se rapprocha de S’Inna.

  • Que me vaux une telle menace et qu’est-ce qui te fait penser que tu parviendrais à m’empêcher de la vider de son sang ?


  • Vois-tu, je passais une agréable nuit jusqu’à ce que tu viennes la contrarier et rien que pour cela je devrais mettre mes menaces à exécution.



    À l'instant où S’Inna finit sa phrase, les pupilles du vampire commencèrent à se dilater, ses iris devinrent rouges et ses joues se creusèrent. Son visage se fendit alors d’un affreux rictus narquois. La seconde qui suivit, S’Inna para une attaque latérale à l'aide d'une de ses dagues. D’après ses observations, le vampire ne devait pas être plus vieux qu’elle, ils étaient donc à force égale. Mais elle possédait tout de même un avantage, elle avait passé des années à s’entrainer à se battre pour devenir chevalier. Ses gestes étaient donc plus assuré et précis, moins sauvage mais tout aussi instinctif. De sa main libre, elle dégaina une seconde lame et la planta dans la poitrine du vampire qui émit un hurlement caverneux de rage. Elle se souvint alors qu’elle avait prévu de faire plaquer ses lames d’argent le lendemain, cette altercation ne tombait donc pas au meilleur moment.

     Cette seconde d’inattention permit à son adversaire de la projeter contre le mur, la dague toujours fichait dans sa chaire. S’Inna ne tarda pas à se relever, mais son visage avait changé, il afficher maintenant les mêmes traits difformes que ceux de son ennemie, ses iris brillaient d’une lueur sanguine et ses ongles s’était allongé pour former de monstrueuses griffes. Le vampire ne lui laissa pas le temps de se mettre en garde et fonça sur elle dans un bruissement de l’air. Elle eut tout juste le temps d’esquiver ses griffes en passant sous son bras tendu pour se retrouver dans son dos. De là, elle lui assena un coup de pied qui le projeta contre le mur. Dans la foulée, elle lui planta les griffes dans le dos avant qu’il ne jette son bras en arrière contre le crâne de la jeune vampire. Légèrement sonner, elle se ressaisit bien vite et ils se firent de nouveau face.

  • Il y a des règles en ce monde, Vampire, et il y a assez d’une personne pour les enfreindre… De plus j’ai juré de venir en aide au peuple en tant que chevalier malheureusement pour toi. Lança S’Inna dont les crocs acérés luisaient maintenant dans l’obscurité.



     Son adversaire ne répondit que par un rugissement d’outre-tombe avant de s’élancer une nouvelle fois vers elle. S’Inna se jeta au sol avant qu’il ne l’atteigne et effectua une roulade pour finir une nouvelle fois dans son dos. Elle enroula alors ses griffes autour du cou du vampire afin de lui arracher la gorge. Mais il s’était rattrapé plus vite que prévu et il saisit son poignet avant qu’elle ne tranche sa chair. Dans un réflexe, S’Inna voulut le transpercer de son autre main mais elle se retrouva au-dessus de sa tête. Il l’avait soulevé pour la passer par-dessus son dos et lorsqu’elle toucha terre à nouveau, il l’a saisi par la gorge et la souleva une nouvelle fois du sol. Elle tenta de se débattre mais il serra tellement fort autour de son cou qu’elle eut la certitude que sa tête aller se détacher de son corps. Mais au lieu de l’achever, le vampire continuait de la fixer de ses yeux rougeoyants et bientôt il sembla à S’Inna qu’il avait totalement cessé de bouger. Elle saisit cette occasion et dans un gémissement de rage, elle transperça le ventre du vampire pour en arracher tous les organes qu’elle pouvait atteindre. Elle retira alors ses griffes ensanglantées et pleines de viscère du trou béant que former maintenant l’abdomen de l’homme. Ce dernier sembla ne pas comprendre ce qui venait de se produire et regarda ses entrailles encore frémissantes dégouliner entre les doigts de la vampiresse. Au bout de quelques secondes qui semblaient une éternité, il desserra son étreinte et s’écroula au sol.

    S’Inna constata son œuvre, son visage redevant humaine et emplit de dédain. Elle lâcha un soupir de soulagement et laissa tomber ses trophées sanguinolents près du corps inerte du vampire. Bien-sûr elle savait qu’il en fallait plus pour tuer un membre de sa race mais au moins il mettrait un long moment à s’en remettre.

    Forte de cette constatation, S’Inna reporta son regard sur la femme éméché. Elle constata alors qu’une faible lueur semblait s’estomper des bracelets qu’elle porter et son visage semblait figeait dans une concentration intense. Peut-être la vampire avait-elle sous-estimé cette femme qui semblait plus qu’une simple noble et surtout, qui ne semblait pas étrangère à sa victoire.
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Race Race : Elfe Aen Seidhe
Mar 10 Juil - 2:49
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C'est qui celle-là?! Le regard du vampire se tournait en provenance de la voix, alors que mon regard embrouillé se tournait lentement dans la même direction. Une fois de côté, ma tête retombait lourdement contre le mur de brique. Encore lourde du coup reçu, alors que je sentais qu'un liquide tiède me coulait dans le cou. Probablement une légère blessure à la tête, et le sang qui venait tacher ma peau au niveau de la nuque. Mes vêtements et sous-vêtements en souffriraient, mais il valait mieux cela que de se noyer dans sa propre flaque de sang au sol.

J'entendais la voix de la demoiselle, puis celle de l'homme. Ma vision se limitant à des formes noires et floues pour le moment. Je n'arrivais toujours pas à faire d’accent et à visualiser plus de détail, malheureusement. Les mots qui étaient utilisés également me parvenaient de si loin. L'inconscience avait pratiquement veillé sur ma personne et je reprenais lentement, mais surement, le dessus sur mes sens. Me réveillant aux stimuli externes, alors que mon cerveau avait fermé cette connexion pour ma protection après le coup reçut. Merveilleux réflexe de préservation et mécanisme de défense dans notre corps.

Je sentais la prise à mon collet se relâcher et tombait alors à genoux au sol. Les mains et genoux sur le carrelage froid de pierre. L'air frais et le plancher gelé m'aidant à me recentrer un peu, alors que les bruits d'une bagarre brisaient le silence ambiant de la ruelle. Je secouais alors ma tête, toujours vers le sol. Les yeux fermés, lorsque j'essayais de les ouvrir, ils se couvraient encore de point noir. Bordel... Je devais venir en aide à cette femme et sauver ma peau... Surtout sauver ma peau en fait...

Le mot vampire me faisait hausser les sourcils. Si le fait de me faire lécher le cou me laissait encore des doutes, maintenant je n'en avais plus aucun. Sans l'intervention de cette dame, la morsure dans mon cou aurait certainement été fatale. Il m'aurait vidée de mon sang sans aucun scrupule et n'aurait eu aucune difficulté à le faire dans l'état que j'étais. Grondant intérieurement, je luttais contre ma propre fierté. Une mage qui avait baissé sa vigilance... Qui s'était laissé aveuglé par son orgueil démesuré en marchant dans les rues en état d'ébriété. Jamais au grand jamais, la pensée qu'un être dangereux s'en prenne à ma personne et réussisse à m'atteindre n'avait passé dans mon esprit. Aveuglé par ma propre fierté, alors que la magie me créait la pensée magique que rien ne pouvait m'arriver.

Relevant la tête, je la secouais de nouveau et ouvraient les yeux. Je voyais trois pierres devant moi, non... Deux... Les dédoublements semblaient finalement se calmer, tout comme la nausée qui m'avait envahie et finalement, je voyais plus clair. Une pierre et un rat fuyant la ruelle étaient devant moi. Perturbé par le combat qui faisait rage entre les deux êtres de la nuit. Être surnaturels et monstrueux. C'est alors que je voyais clairement les traits de ma sauveuse. Une rouquine, vampire également à en juger par son visage et ses griffes présentement. Frissonnant, j'observais ce combat, impuissante. Je ne frissonnais pas nécessaire à cause du froid ambiant, surtout à cause du combat qui se déroulait sous mes yeux. Coincé entre deux prédateurs, l'une m'ayant sauvé la mise et l'autre voulant me dévorer.

Et voilà que j'allais possiblement perdre mon pari. La main du mâle autour de la gorge de la vampiresse, ses pieds qui ne touchaient plus au sol... Voilà que la dame qui m'avait secourue était dans le pétrin à son tour. La pression sur le cou était ferme et le sang semblait s'accumuler sur les joues de la rouquine. Je croisais alors le regard moqueur de l'homme. Sa victoire, déjà assurée dans son esprit, alors que son égo pourrait repartir avec une proie et un trophée. Une lueur rosée illumina les lignes fines sur mes bracelets, tout comme mes prunelles. Me concentrant, je faisais appel à cette magie en moi qui me permet d'imposer ma volonté et de transformer mes victimes en marionnette. Pour ce vampire, mon ordre était simple, de ne plus bouger. Restant concentré et sans couper le contacte de nos regards, je le maintenais alors ainsi, immobiles complètement. Avec l'ivresse en moi, je doutais pouvoir maintenir ce sort bien longtemps, ma concentration s'évaporant déjà légèrement alors qu'une migraine pointait le bout de son nez.

Ma comparse terminait le travail, les organes du monstre tombant alors à ses pieds sur le sol. Horrible spectacle, macabre à souhait, mais non anormal pour ma personne. Je ne frémissais pas et ma concentration restait présente. Ce n'est qu'en perdant le contact visuel, alors qu'il s'écroulait sur le sol que je relâchais ma présence dans son esprit. Relâchant soudainement mon souffle, alors que mes épaules se détendaient d'un coup, comme si on venait de couper les tendons de mes épaules soudainement.

Les traits faciaux de ma sauveuse étaient redevenus humains et je ressentais à ce moment une vive douleur. Une question de fierté mal placée plus qu'autre chose. Me relevant en prenants appuis sur le mur, les lueurs disparaissaient alors complètement, dernier résidus et preuve que j'avais utilisé de la magie, maintenant évaporée dans la nuit. Peu stable sur mes jambes, effet de l'alcool et du coup à la tête, j'avançais alors vers la vampiresse. Un pas, puis un deuxième. Tout allait bien jusqu'à présent, malgré ma vision qui commençait déjà à se doubler.

-Merci beaucoup... Sans vous, il m'aurait certainement vidée de mon sang entièrement...

Un bleu sur ma joue après le coup de poing reçu également, je perdais alors pied. M'effondrant vers la vampire, alors que je glissais sur un rein sanguinolent. Plusieurs gouttes de sang décorant mon propre cou, alors que la blessure saignait très légèrement sur le côté de ma tête. Je fermais les yeux, me préparant déjà à la chute au sol mentalement. Alors que physiquement, aucun réflexe n'était présent pour me rattraper. Maudit alcool.
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Race Race : Vampire Supérieur
Mer 11 Juil - 3:54
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Au détour d'un verre de tropUne vampire assoiffée et une magicienne imprudente
Farah
Katarina
Ahrahn
S'Inna Lunacy
    Une magicienne ? Cette femme était donc une utilisatrice de la magie. S’Inna aurait dû s’en douter. Il fallait être fou, suicidaire ou bien particulièrement sur de soi pour se promener ivre mort à la merci du premier venu. Et la concernant, cela devait être la troisième option, les mages étant souvent connus pour leur condescendance.

     La vampiresse vit la magicienne tenter de se relever en la remerciant. L’inconnue fit un pas titubant dans sa direction, puis un deuxième et S’Inna remarqua alors du sang couler le long de son cou, dû au choc de sa tête heurtant le mur surement. Se lever aussi vite n’était donc pas une bonne idée, affirmation qui se révéla très vite exactement. Alors que la vampire allait la mettre en garde sur une éventuelle commotion, elle vit l’inconnue chanceler avant de tomber en avant après avoir glissé sur un organe. Elle parvint à la rattraper de justesse avant de l’aider à s’assoir contre le mur pour qu’elle n’aggrave pas son cas. La penser la traversa alors qu’une magicienne sobre aurait surement eu des réticences à s’asseoir dans un endroit aussi sinistre et puant mais elle n’était pas en mesure de se plaindre et surtout elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Une fois la magicienne installée, elle regarda de plus près sa blessure pour voir ce qu’il en était.

  • Ne me remerciez pas, c’est mon métier… dit simplement la vampire comme pour s’en convaincre elle-même.

Sa théorie était fondée, la blessure était effectivement due au choc et elle mettrait un certain temps à retrouver l’usage originel de ses sens et surtout son équilibre. Il fallait qu’elle la laisse reprendre ses esprits quelques instants pour éviter qu’elle ne tombe ou ne rende tout ce qu’elle avait dans son estomac. Ce qui, à la réflexion, n’était peut-être pas une mauvaise idée pour qu’elle élimine plus vite tous cet alcool.

     Après son diagnostic, S’Inna reporta son attention sur le corps inerte de son congénère. Elle balaya alors les alentour du regard à la recherche d’éventuels témoins. Bien que ces connaissances sur le monde des vampires et ses coutumes se limites à la théorie et aux multiples discoure de son mentor, elle savait pertinemment que le meurtre d’un vampire par un autre était puni de bannissement. Heureusement celui-ci semblait pouvoir s’en remettre mais la rumeur d’un combat entre vampires n’était vraiment pas souhaitable.

     Elle se rapprocha alors du corps et entreprit de constater les dégâts. De sa main immaculée elle dégagea son visage de ses cheveux dissidents et laissa s’échapper un soupire devant le trou béant qu’était maintenant le ventre du vampire. Elle n’y était pas allée de mainmorte... Elle retira alors sa dague du buste de l’homme et observa la blessure. Celle-ci n’était pas alarmante pour un vampire, ce serait surement l’une des premières à se refermer avec les multiples coups de griffes qu’il avait reçus, l’autre en revanche, mettrait plus de temps. Une fois son observation finit, elle nettoya ses armes temps bien que mal du sang du vampire avant de les ranger à sa ceinture et le porte-couteau de sa cuisse. Restait maintenant à trouver un endroit ou cacher le corps le temps qu’il se réveille. Elle remarqua alors un amoncellement de caisses et de tonneaux plus loin dans la ruelle. Ces derniers semblaient ronger par les vers et recouvert de moisissure. Il devait être là depuis des mois, voire plus et personne n’avait dû les réclamer. Maintenant vu leur état plus personne n’aurait l’idée de le faire. Elle rassembla alors les morceaux du vampire et traina le corps afin de le cacher derrière les caisses. Elle empila alors ces dernières pour le protéger des regards indiscrets, des intempéries et du soleil. Tout en faisant cela, elle espérait qu’il ne lui en garderait pas rancune, mais cela semblait très présomptueux de sa part et elle n’avait pas grand espoir.

     Une fois sa besogne finit elle se dirigea vers la rivière pour y  nettoyer le sang qui maculer ses mains toute en gardant un œil sur l’inconnue. En observant l’élixir vermeil disparaitre dans le courant de l’eau, elle sentit un frisson la parcourir ainsi qu’un puissant regret de voir ce sang disparaitre. Elle avait envie de le porter à ses lèvres, de le laisser glisser dans sa gorge, sur sa peau, de se laisser flotter tout entière dedans. Elle avait remarqué que son addiction était de plus en plus puissante et ses pulsions se faisaient plus pressantes, plus violentes. Il était devenu difficile d’attendre d’avoir un contrat ou de tomber sur la victime idéale. Maintenant la moindre personne qu’elle croisait était comme une invitation à une débauche sanglante. Elle jeta un nouveau coup d’œil à la magicienne. Elle avait envie de boire tellement de sang qu’elle parviendrait au même état second. Un état de flottement si intense que le monde disparaît autour de soi. Mais elle savait pertinemment que si elle laissait libre cours à ses envies, elle risquait plus qu’un bannissement. Elle détourna donc le regard de la magicienne et se concentra à nouveau sur ses mains.

     Une fois débarrassée du sang, elle retourna auprès de la mage et un nouveau soupir de consternation lui échappa. Qu’est-ce qu’elle allait pouvoir faire d’elle. Elle n’avait pas besoin d’avoir une ivrogne amorphe sur les bras, mais elle ne pouvait décemment pas la laisser là, attendant de se faire violer, égorger, kidnapper. Maintenant rester à savoir ce qu’elle aller faire d’elle. Ces compétences en guérison étaient très limites, n’ayant eu qu’à bander des blessures superficielles lors de ces entrainements, elle ne savait donc pas si son expertise suffirait. Dans ce cas elle devait trouver un guérisseur… Ou simplement la laisser dégriser. Ah… la fin de la nuit s’annonçait pourtant si belle… pourquoi fallait-il maintenant qu’elle se coltine un poids mort. Et voilà que son agacement allait crescendo. En fin de compte, elle aurait aimé être dans le même état second d’inconscience que la mage pour ne plus avoir aucune préoccupation à part se souvenir dans quel sens le monde tourné.

Quoi qu’il en soit, elles ne pouvaient pas restait là, S’Inna avait déjà perdu du temps à cacher le corps et le bruit avait surement attiré l’attention de quelqu’un. Il fallait bouger, mais où ? Elle ne savait pas où trouver un guérisseur et ne pouvait décemment pas la porter à travers toute la ville pour toquer à toutes les portes. Il fallait donc lui trouver un endroit sûr avant de partir en quête d’une quelconque aide. Un énième soupir lui échappa tandis qu’elle se penchait à nouveau sur la magicienne.

  • Vous m’entendez ? demanda-t-elle pour vérifier ses fonctions cognitives. Il va falloir vous lever, on ne peut pas rester ici. Il faut que vous me disiez ou vous vivez que je vous reconduise chez vous.

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Race Race : Elfe Aen Seidhe
Jeu 12 Juil - 3:37
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Alors que je gardais les yeux fermés en prévision de ma chute au sol, je tombais plutôt dans l'étreinte de ma comparse. Forte et endurante, elle m'empêchait de probablement me briser le nez ou au moins, avoir une autre ecchymose dans le front pour accompagner ma joue après le coup de poing de plus tôt. M'aidant à m'asseoir de nouveau au sol, mon dos venait s'appuyer contre la pierre gelée, alors que ma tête penchait vers l'arrière pour prendre appuie sur le même point d'encrage. Je fermais les yeux, étourdis et retenant une vague de nausée. Essayer de me lever trop tôt avait été une piètre idée, tout comme marcher seule dans cet état en pleine nuit. Une succession de mauvaise décision qui m'amenait maintenant à ceci... J'étais assise sur le sol crasseux, dans une ruelle puante et dans l'incapacité de marcher seule.

Son métier... J'ouvrais lentement mes yeux, observant le visage de la rouquine. Elle était penchée sur ma personne, observant ma tête. Pourquoi? Elle avait quoi ma tête? Je sentais le sang tiède dans mon cou, dans de petits filaments, mais rien de plus pour le moment. Maintenant qu'elle était plus près de ma personne, je me permettais de détailler son visage de mon regard embrumé et lointain. Un joli visage, une chevelure de flamme et des yeux de couleurs émeraude. Je me demandais bien alors ce que pouvait être son métier. Dans un monde masculinisme, il est rare de voir des femmes combattantes. Généralement, l'agente féminine se spécialise dans la magie puisque cela est plus raffiné et moins barbare que l'art de la guerre. Malgré cette vision de la société, je pouvais toutefois apprécier le fait qu'une femme se salisse les mains. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour mes comparses lorsqu'elles font preuve d'ambition et surpasse leurs collègues masculins.

Lorsqu'elle quittait mes côtés, je fermais de nouveau les yeux. Ils étaient si lourds, et j'avais envie de vomir... Étrange mélange de sensation, toutes aussi désagréable les unes que les autres. À ce moment, je me disais que jamais au monde, il avait du y avoir pire souffrance. Je me trompais grossièrement, alors que dans mon égoïsme, l'abus d'alcool un soir venait de devenir le pire mal en ce monde. Vivant au moment présent uniquement, j'en oubliais presque l'attaque de vampire et seul le retour de ma comparse me ramenait à la réalité. Car oui, sinon j'aurais fait une belle sieste dans ce lieu des plus inapproprié pour une dame.

-Hmm... Chez moi?... Oui... Pour me coucher dans mon lit!

Concentrant mon regard dans les prunelles émeraudes de la vampiresse, j'essayais de rester un minimum présent sur le plan cognitif. Déjà, mon corps n'était pas au rendez-vous sur le plan réflexe et temps de réaction... Essayant de faciliter la tâche à ma sauveuse un minimum, je rajoutais alors,

-Ma demeure est dans Place Epona... Une grande maison rouge et blanche... Vais te...  Guider...

Je me relevais finalement, mais avec l'aide de la rousse. Je prenais cette fois bien mon temps, ne voulant guère empirer mon mal-être de façon générale. Une fois remise sur pied, je prenais appuis souvent sur ma cavalière, afin de retrouver mon équilibre. Surement aurait-il été plus simple pour elle de me transporter sur son épaule, mais l'image d'une vampire transportant une femme saoule et inconsciente sur son épaule aurait été bien plus dramatique. Non, elle jouait à la nounou pour le moment et m'empêchait d'aggraver mes blessures en tombant de nouveau. La marche fut longue, très longue! Mais de peine et de misère, on arrivait devant ma maison finalement. Je souriais alors de façon béat, m'imaginant mon lit déjà devant moi. Prochaine étape difficile, alors qu'en essayant de sortir mes clés de mon sac à main, je les échappais au sol,

-Ha... Merde...

Me penchant pour les récupérer, je passais près de trébucher. Heureusement, mon ange gardien me rattrapait et me redressait rapidement. Deuxième tentative! Essayant d'introduire ma clé dans la serrure de la porte, je soufflais avec amusement,

-Tu es... Très gentille ma foi...

La porte s'ouvrait enfin, sur un salon éclairé. Le salon vers la droite avec les portes des chambres d'invités, la cuisine vers la gauche et un escalier tout droit, menant à ma chambre. Prenant appuis dans le cadrage de porte, toujours un équilibre aussi précaire, j'observais la vampiresse,

-Cela vous dérangerait de m'aider à monter? Ma chambre est à l'étage?

L'escalier en ce moment semblait être la plus grande montagne du monde. Un obstacle impossible à surmonter seul. Je tombais alors sur la dame à la chevelure de flamme en voulant me redresser, un peu de mon sang se retrouvant alors sur les doigts de celle-ci dans sa manœuvre de me retenir sur mes deux pieds.

HJ:
 
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Race Race : Vampire Supérieur
Ven 13 Juil - 17:15
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Au détour d'un verre de tropUne vampire assoiffée et une magicienne imprudente
Farah
Katarina
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S'Inna Lunacy
    S’Inna était revenu auprès de la magicienne à temps avant qu’elle ne s’endorme sur les pavées de ce quartier sordide. Cette dernière sembla d’abord délirer quelque peu mais elle semblait capable de parler et de penser et c’était tout ce qui comptait pour l’instant. La jeune rousse apprit ainsi leur destination, la place Épona. Elle comprit ainsi que cette mage n’était effectivement pas le premier poivrot venu étant donné le quartier dans lequel elle vivait. Qu’est-ce qui l’avait donc poussé à venir dans un endroit pareil pour se saouler à ce point ? Bien que cela n’ait pas grande importance pour s’Inna, elle ne pouvait s’empêcher de se demander qu’elle en fût la raison. Mais après tout, aurait-elle réellement pu la comprendre, s’il y en avait une, les problèmes des nobles et grands de ce monde étant bien loin de ses propres considérations.

Alors que S’Inna se posait des questions sur l’état d’ébriété de la demoiselle, qui devait en temps normal être des plus charmantes, elle l’aida à se relever, la soutenant sous les épaules pour l’aider à quitter les lieux en direction des bords du lac. Le périple vers la demeure de la magicienne ne fut pas des plus simples, la vampire tentant de l’empêcher de s’asseoir à chaque coin de rue et de s’endormir sur le premier banc venu prétextant qu’il s’agissait de son lit. Elles traversèrent la ville en titubant et parvinrent non sans mal à la place Épona en croisant par moments le regard de quelques personnes circonspectes devant ce spectacle de plus navrant. Finalement elles arrivèrent à destination devant l’impressionnante maison bardée de rouge et de blanc. Ce n’était pas la première fois que S’Inna traversé le quartier et la place, mais elle ne s’était jamais vraiment attardé à regarder les façades des maisons, ni à côtoyer ses habitants.

À vrai dire, elle ne côtoyer aucun humain à proprement parler. Et pour cause, tout le trajet avait été une épreuve, pour la magicienne certes, qui n’arrivait plus à mettre un pied devant l’autre, mais aussi pour la vampiresse qui se retrouvait avec la blessure qui ornait le cou de la brune à proximité de son nez et de ses lèvres quand elle l’aidait à marcher. C’était une tentation constante à laquelle s’Inna se faisait violence pour résister. Une véritable torture au vu de son état d’agacement et son addiction tenace. Tout le long de l’expédition jusqu’à la place, elle avait lutté pour penser à autre chose que l’odeur alléchante qui lui titillait les narines, voilà ce qui arrivait quand elle côtoyait des humaines.  Elle essaya de se concentrer sur les bruits nocturnes, les murmures inaudibles de la magicienne, les bruits saccadés de ses talons sur les pavés, le son du sang qui pulsait dans ses veines, la belle couleur rouge de ce liqui.. Non, stop ! Les chants des oiseaux nocturnes, les aboiements d’un chien excité par leur passage, les musiques qui émanaient des tavernes animées. Elle faisait tout pour ne pas y penser, jusqu’à ce qu’elles soient enfin arrivée.

S’Inna observa ensuite, consternée, la magicienne tenter d’ouvrir sa porte à plusieurs reprises en divaguant sur sa gentillesse. Elle hésita à l’aider devant ce spectacle risible mais la brune réussit finalement à introduire la clef dans la serrure et ouvrir la porte. S’Inna l’aida une nouvelle fois à rentrer et découvrit une maison à la hauteur de ce qu’elle présenter à première vu de l’extérieur. Grande, spacieuse, décorée avec gout. Elle n’était dépourvue ni de charme ni de chaleur. Cette vision la conforta dans l’idée que le meurtre de la propriétaire de cette maison par un vampire aurait sans aucun doute fait grand bruit dans tout le territoire de Toussaint et même au-delà. S’Inna se félicitât d’avoir eu la bonne idée de lui venir en aide, dans le cas contraire, elle aurait peut-être fini par découvrir le sentiment de culpabilité dont tout le monde parler avec tant d’emphase. Mais ce ne serait donc pas aujourd’hui qu’elle ferait la connaissance de ce sentiment qu’elle deviner très désagréable. De plus, ce n’était pas le meurtre de ses cibles habituelles qui allait faire parler d’eux. Dans ce monde lorsque tu es pauvre, tu nais, tu vis et tu meurs dans l’anonymat et le silence, c’était peut-être triste, mais c’était ainsi, seuls les riches avaient le loisir de pouvoir donner une valeur à leur vie. Mais S’Inna espérait tout de même que la valeur de sa vie à elle justifiait qu’elle ait ajouté un nouvel ennemi sur sa liste déjà longue.

Mais c'était une chose dont elle s’occuperait le moment venu. Pour l’heure, La vampire était absorbée par la contemplation des lieux, des bougies était placées à des endroits stratégiques pour illuminer des toiles et des tentures somptueuses pouvant donner une idée du faste que devaient être les réceptions donner dans cette demeure. Les meubles étaient d’un luxe indéniable alors que toutes les pièces semblaient entretenues avec soin. Mais tandis qu’elle spéculait sur le reste de la maison, S’Inna sentit qu’on l’observait. C’était la magicienne qui la fixait de son regard sombre et embrumé. Cette dernière lui demanda finalement si elle pouvait l’aider à monter les marches du grand escalier central aussi impressionnant que le reste des lieux. S’inna s’apprêter à acquiescer quand la brune perdit une nouvelle fois l’équilibre en voulant se redresser de son appui. S’Inna la rattrapa une nouvelle fois et elle sentit un liquide tiède lui tomber sur les doigts. Du sang. Il ne manquait plus que ça. « Tonnerre ! » souffla la vampiresse excédée avant replacer son bras sous les épaules de la mage pour la monter dans sa chambre.

Une fois arrivé, S’Inna déposa la magicienne, dont elle ne connaissait même pas le nom, sur son grand lit double, à coup sûr bien plus confortable que tout le banc précédemment essayé. Elle parcourut ensuite la grande pièce des yeux pour trouver de quoi essuyer son cou et stopper le saignement. Elle dénicha finalement un tissu sans chercher à savoir de quoi il s’agissait et s’assit sur le lit pour nettoyer la brune à peine consciente. Mais plus le liquide vermeil coloré le tissu blanc, plus elle sentait son esprit divaguer et ses mains trembler. Sans même sans rendre compte, elle avait porté ses doigts rougis à ses lèvres comme dans un réflexe. Mais elle ôta ses doigts de sa bouche dans un mouvement de recul en comprenant ce qu’elle faisait avant de réaliser que les quelques gouttes de sang qu’elle avait porté à ses lèvres avaient un gout incomparable. Jamais encore elle n’avait su quel était le gout du sang d’un mage et elle ne s’attendait pas à une telle découverte. Un millésime des plus corsés et suaves en même temps, une merveille déconcertante dont elle avait envie de s’enivrer. Machinalement, elle rapprocha ses doigts une nouvelle fois de la plaie de la magicienne avant de les lécher une nouvelle fois avec délectation. Cette seconde dégustation était encore plus enivrante que la première et très vite, c’est son visage, ses crocs qu’elle rapprocha du cou de la magicienne presque inconsciente. Elle sentait cette odeur attirante, la chaleur de cet élixir, elle entendait le sang s’activer dans ses veines pour garder ses fonctions vitales actives. Elle voulait interrompre sa course, la dévier pour qu’elle se termine dans sa gorge. Elle était toute proche de ce nectar divin, ses crocs n’avaient plus que quelques millimètres à parcourir pour qu’enfin une douce euphorie s’empare de son corps crispé.

Mais la seconde qui suivit, S’inna se redressa d’un bon, se leva du lit sur lequel elle était assise et enfuit son visage dans ses mains pour se retenir de le plonger une nouvelle fois dans le cou de la magicienne. Encore une fois, ce n’était pas de la culpabilité, mais elle savait que sa propre survie dépendait de sa capacité à se retenir. Un rugissement de rage et de frustration remonta de sa gorge et elle tenta de reprendre un visage humain.

«  Qu’une pesta t’emporte ! » rugit-elle à l’intention de la magicienne innocente.
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Race Race : Elfe Aen Seidhe
Mar 17 Juil - 5:24
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Dès que mon corps entrait en contacte avec mon matelas, je me laissais tomber sur le dos, les yeux fermés. Mon monde se résumait alors à mon lit, confortable, doux et moelleux. J'oubliais la présence de ma comparse et ne remarquait même pas qu'elle s'était assise à mes côtés. Ses doigts dans mon cou? Je ne remarquais pas réellement que c'était cela, mais je soupirais doucement de bien-être à la sensation de la légère caresse des doigts sur ma peau et cette zone bien sensible. Les frissons sur ma peau suivaient les doigts, tout comme mes muscles qui se relâchaient durant cette manœuvre. Je me détendais de plus en plus, moment plaisant alors que je reposais seulement mes yeux bien évidemment... Je n'allais certainement pas m'endormir...

Plus les secondes avançaient, plus je perdais ma résolution. Ma détermination de rester réveillé se perdait rapidement sous le voile créé par tout l'alcool que j'avais ingéré. Mes joues étaient encore bien rouges sous l'ivresse et heureusement, je n'avais plus de nausée. Qu'il aurait été désagréable de vomir dans mon lit et de tout nettoyer au matin... Mais pour être honnête, j'aurais pu vider de mon estomac tout ce que j'avais ingéré et n'aurait remarqué cela qu'au matin. La somnolence et le brouillard de mes sens étaient trop forts... Trop présent...

Le soudain mouvement à mes côtés me faisait à demi ouvrir les yeux. Je les clignais lentement, paresseusement. Ma tête se redressait un peu, pour tomber sur la vue de la vampire, au visage monstrueux avec la tête entre les mains. Elle s'était relevée du lit, mais je ne pouvais même pas me rappeler du moment où elle s'y était assise en premier lieu. Les séquences des derniers moments étant confus, alors qu'elle avait des oublis même quant à la balade de retour jusqu'à sa maison. Mais je me rappelais d'une chose, cette vampiresse m'avait sauvé et raccompagné. Alors que la fierté n'avait pas encore pris le dessus, que le voile hypocrite de l'alcool adoucissait mes défauts, je ressentais une pointe de culpabilité en la voyant ainsi recroquevillé sur elle-même. Je levais une main impuissante, puis murmurait alors,

-Il  y a... Un problème?

C'est alors que j'entendais le mot d'alarme. Pesta? Mon cerveau ne faisait même pas le tri des informations. Il n'essayait pas de comprendre les mots entourant celui-ci en particulier, ni le contexte. La peur prenait aussitôt le dessus, alors qu'avec une terreur bien visible sur mes traits, j'essayais de me relever sur mes jambes d'un bond, tout comme la rouquine l'avait fait un peu plus tôt. Toutefois... J'avais beaucoup d'alcool dans le corps comparé à la chevalière et aussitôt, tombait vers l'avant et de nouveau sur la jeune femme. La pauvre... Elle m'avait servi de béquille toute la soirée et même dans sa détresse, je lui tombais encore dessus... Mais là Pesta était ma priorité, alors que la terreur déformait mes traits. Brisant mon voile d'euphorie en rajoutant un peu de lucidité. C'est vrai... Il y a des monstres en ce monde...

Je m'approchais alors à la vampiresse, comme une noyée à une bouée. Mes mains se refermaient fortement sur ses vêtements dans une prise violente et vigoureuse. Alors que le monde tanguait autour de moi, encore un effet de l'ivresse suite à ma tentative de me relever trop rapidement, je croyais voir du mouvement sur le plan de mes pieds. LA PESTA! Dans un réflexe terrifié, je couinais et attirait la soldate dans un mouvement brusque sur le lit avec ma personne. Pourquoi le lit? Elle ne pourrait pas nous faucher les mollets ainsi avec ses hideuses griffes! Elle se cachait peut-être sous celui-ci.

Me cramponnant à la dame à la chevelure de flamme, je refusais alors de la relâcher. Je ne tremblais pas, mais j'étais convaincue qu'en voyant la créature, mon état se résumerait à celui d'une gamine de 6 ans qui se fait voler sa sucette. J'étais pratiquement sous S' Inna, sa tête vit à vis mon cou alors que mon coeur battait vivement... Fortement... Dans ma panique de trouver dans ma maison mon plus grand cauchemar. Douce pulsation de vie, alors qu’encore beurrée, je trouvais un plan d'action pour nous sortir de cette situation,

-Shhhh... Peut-être que si on reste silencieuses... La Pesta partira!

Mon ton de saoulons devenait plus menaçant, alors que je rajoutais,

-Et si elle sort de sous le... Lit...Ou entre dans la chambre... On se défendra ensemble...

J'étais sérieuse dans mes paroles, alors que dans mon imaginaire, je préparais tous les plans de contre attaque possible. Donc certains peu rationnel et qui n'aurait aucune efficacité. Je ne remarquais pas les traits de ma comparse, le visage tout près de la coulisse de sang à mon cou. Trop encré sur ma propre peur et mes émotions de façon individualiste. Je restais égoïste en ne la relâchant pas, l'utilisant comme un moyen de centrer ma terreur et de ne pas sombrer dans la folie.
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Race Race : Vampire Supérieur
Mar 17 Juil - 14:05
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Au détour d'un verre de tropUne vampire assoiffée et une magicienne imprudente
Farah
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S'Inna Lunacy
    Oh que oui il y avait un problème ! S’Inna avait les nerfs à vif, et comme si ça ne suffisait pas, la magicienne sauta hors du lit et lui atterri une nouvelle fois dans les bras. Elle avait eu le temps de voir le visage déformé par la peur de la brune avant qu’elle ne tombe. Qu’est-ce qui lui prenait ? Qu’avait-elle dit ? Était-elle en plein delirium ? Probable et S’Inna n’était pas habitué à gérer ce genre de situation ni à s’occuper de quelqu’un dans cet état. Elle sentait la magicienne s’agripper toujours plus à elle terrifiée par une chose qu’elle seule pouvait voir ou sentir. Sa terreur était réelle et S’Inna se sentit d’autant plus démunie, incapable de la calmer, de la sortir de son état d’ivresse et d’effroi.

      La magicienne regardait partout autour d’elle comme un petit animal acculé, faisant des mouvements rapides et saccadés, à l’affut du monstre qui l’avait effrayé dans son délire. S’Inna pensa qu’elle allait finir par se calmer en réalisant que la maison était déserte, qu’elle allait finir par se rallonger et s’endormir pour qu’elle puisse enfin rentrer à l’auberge pour soulager ses nerfs. Mais il n’en fut rien, la magicienne eut un soudain soubresaut, elle émit un couinement désespéré et tomba en arrière, sur le lit, attirant S’Inna dans sa chute. Son geste rappela à la vampire un comportement des enfants humains. Il avait la pensée absurde que si un monstre se cachait dans leur chambre, ils étaient en sécurité si aucune partie de leur corps ne dépasser du lit ou de la couette. Une enfant, c’était d’ailleurs ce à quoi ressemblait la magicienne à cet instant. Mais dans ce réflexe de survie absurde, s’Inna s’était donc retrouvé sur la brune et une fois de plus son visage enfouit dans le coup de la magicienne. Elle se sentit une nouvelle fois frémir, son visage changeant lentement, ses muscles se raidissant alors qu’elle entendait très clairement les battements de cœur de la jeune femme, le sang pulsait dans ses ventricules pour filer dans ses veines à toute allure, affolé. C’en était trop … Elle sentait que ces nerfs allaient lâcher.

         Alors que sa raison commençait à l’abandonner, S’Inna entendit les murmures de la magicienne à son oreille. « Shhhh... Peut-être que si on reste silencieuses... La Pesta partira! » . C’était donc cela, les paroles de la vampiresse et l’évocation de la Pesta avaient totalement fait perdre la tête à la pauvre magicienne effrayée. Elle ne pouvait pas savoir quel événement avait pu provoquer chez cette femme une peur aussi viscérale de ces créatures, mais au vu de leur nature, elle devina aisément que la rencontre n’avait pas été des plus réjouissantes. Elle l’entendit alors rajouter d’une voix qui se voulait plus ferme et déterminée malgré son ton aviné : « Et si elle sort de sous le... Lit...Ou entre dans la chambre... On se défendra ensemble... ». La brune aurait presque pu avoir l’air sérieux et dangereux si elle n’était pas aussi saoule.  

      La magicienne retenait toujours S’Inna fermement contre elle, maintenant son visage près de sa blessure et ses paroles n’arrangeaient rien. C’était inévitable, elle était au bord de l’explosion et ses nerfs finirent par lâcher.  Un sourire se dessina sur ses lèvres et lentement, une euphorie qu’elle n’avait pas ressenti depuis longtemps l’envahi. Son sourire s’élargit et elle se mit soudain à rire ? Oui un rire franc, sincère et cristallin. Le spectacle absurde de cette nuit avait eu raison de sa patience et surtout de son intégrité et de ses nerfs. Sortir chasser alors qu’elle était dans un état de manque avancé, tomber face à un vampire sur le point de commettre le même crime qu’elle, engager un combat contre un congénère et manquer de le tuer, ramener un poids mort sur ses épaules, manquer de succomber à tentation pour au final se retrouver avec le nez plonger dans l’objet de son addiction suite à une scène improbable de terreur semi-consciente. C’était fichu, il lui était devenu impossible de s’arrêter de rire. Elle se dégagea doucement de l’emprise de la magicienne pour se laisser tomber à côté d’elle sur le dos. Entre deux éclats de voix, la vampire parvint à articuler quelques mots « Il n’y a pas de Pesta ici, juste une soiffarde à l’imagination un peu trop fertile ! ».

       Elle tenta de respirer pour calmer son fou rire et finit par y parvenir au prix de gros efforts avant de retourner la tête vers la magicienne. « Tu m’en auras fait voir cette nuit ! ». Le ton de S’Inna n’était plus agressif et résonnait encore de son amusement. Elle devait bien accorder une chose à la magicienne, elle l’avait fait rire pour la première fois depuis longtemps. En regardant la brune, la vampire ressentit finalement de la sympathie envers cette femme qui malgré son état était prête à mener une guérira improviser du haut de son lit contre une pesta en colère. Elle se surprit à se dire que finalement les humains pouvaient se montrer divertissants et pas seulement appétissants. S’Inna se souvint subitement des convictions qu’elle avait embrassées en devenant chevalier, elle se souvint de l’envie d’aider et de protéger. Et en voyant cette magicienne aussi vulnérable qu’une enfant terrorisée et aussi déterminée que soldat voulant défendre son pays, elle eut soudain envie de veiller sur elle comme on veille sur un oisillon blessé… ne serait-ce que pour la remercier de l’avoir fait rire.
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Race Race : Elfe Aen Seidhe
Dim 22 Juil - 4:24
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Un éclat de rire. Mais pourquoi elle riait! L'heure était grave avec la Pesta dans la maison... Mais si la créature était sous le lit, peut-être devrais-je mettre le feu à celui-ci tout de suite. Ha non... Il faudrait descendre en bas de celui-ci en premier lieu, donc que j'arrive à sortir de sous la rousse que je tenais contre moi, me trouvant dessous et contre le matelas. Délicate opération, alors que ma prise contre celle-ci devenait moins forte. La pauvre femme était aussi terrifiée que moi il faut croire et l'idée de croiser le monstre lui avait faire perdre ses moyens. Le rire est souvent une façon de démontrer sa nervosité après tout lorsque nous sommes désemparés!

La suite de ses mots me faisait longuement cligner des yeux. Le rire ne semblait pas diminuer non plus chez ma comparse et je profitais de son état pour repasser l'information en boucle dans mon esprit. Pas de pesta... Pas de pesta... Mes épaules se détendaient, comme tous les muscles de mon corps. Je cessais complètement de serrer la rousse contre mon corps, comme je l'aurais fait avec une peluche et me demandait à ce moment qui était la soiffarde. C'est elle qui m'avait dit qu'il y avait un monstre dans ma maison après tout!

-Vous avez bu aussi?

Je la repoussais doucement sur le côté et me redressant sur mes coudes, observait nerveusement la porte de ma chambre. Comme pour m'assurer de ses paroles, alors qu'elle riait encore aux éclats, je prenais la chance de me pencher par-dessus le lit pour... Regarder sous celui-ci... Terrible moment, alors que mon cœur battait contre mes tempes. Moment de vérité, alors que la peur de me retrouver avec le hideux visage du monstre face à moi était bien présente, avec sa longue langue qui me lécherait de nouveau le cou... Tout en frissonnant, nerveusement, je regardais finalement sous le lit pour ne rien y trouver. Sauf peut-être un peu de poussière. Fronçant les sourcils, je me redressais, pour observer la rouquine d'un air bien sérieux.

-Fais voir quoi? Je n'ai rien fait!


Mon ton était innocent, alors que je croyais réellement les mots dans mes facultés affaiblis. Ne reconnaissant pas, non... Ne pouvant pas reconnaître les faits de la chevalière dans mon état. Au matin et une fois ajun... Cela serait une autre histoire... Il fallait seulement laisser le temps à mes facultés cognitives de revenir à la normale. J'ouvrais alors les yeux un peu plus grands, croyant comprendre ce qu'elle voulait dire,

-Ho! Vous parlez de ma maison! Oui on a dû passer à travers plusieurs quartiers pour y accéder! Vous n'êtes pas de la région?

Je me rappelais alors un élément bien important. LA PESTA! J'avais seulement regardé sous le lit et non dans la maison complètement! Me mordant nerveusement la lèvre, je remontais sur le lit et observait la chevalière. Les éclats de rire étaient finalement terminés et elle semblait de nouveau maître d'elle-même. Je remarquais toutefois un élément que je lui reflétais aussitôt avec mon manque de filtre, faute de l'alcool dans mon sang...

-Très joli sourire!


Je m'éloignais encore du sujet... Passant du coq à l'âne sans aucune concentration. Mon corps tanguait à l'occasion, comme si j'allais m'effondrer sur le matelas dans un profond sommeil, mais avant tout je devais gérer la crise.

-Vous êtes certaine qu'il n'y a aucune Pesta dans ma maison? Vous me le promettez?

Pourquoi ne pas me lever moi-même pour fouiller la maison? Mon équilibre était trop précaire et l'idée de me lever du lit semblait abominable. Pas autant que la source de ma terreur... Mais cela me semblait une tâche aussi lourde et difficile que miner une montagne pendant 24 heures, et ce, de façon consécutive. Je retenais alors un bâillement, retombé de l'adrénaline qui diminuait peu à peu dans mon corps. Est-ce que j'étais prête à la croire sur parole? Oui, elle m'avait sauvée d'un vilain vampire et raccompagnée jusqu'à ma chambre. Dans mon livre, elle avait gagné ma confiance pour ce soir.
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