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Preux chevalier et princesse en détresse (FINI)
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Race Race : Humain
Sam 7 Juil - 7:41
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  • Artorias de l'Abys
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Preux chevalier et princesse en détresse
 -Sir Artorias ? Sir Artorias ? 

La porte s'ouvrit alors, et devant le brun, se trouvait une jolie jeune dame qu'il ne connaissait que trop bien. Elle était dotée d'une belle chevelure blonde et des yeux en amande de couleur saphir, habillée d'une robe assez sobre tout en démontrant que son corps n'était pas dépourvu de formes, ou tout du moins, n'était pas un bâtonnet sur pattes. Les lueurs du soleil jouaient dans la chevelure de la nouvelle arrivée, une bouffée de vent soudaine les faisaient virevolter, un sourire gracieux flottait sur son visage. Alors que le Sorceleur se tenait tout simplement debout sans rien dire, ses yeux de serpent d'acier se rétrécissant pour ne pas se laisser aveugler par le soleil, la prostituée continua sur sa lancée. 

-Bonjour, Sir Artorias. Dame Elerinna m'envoie pour vous offrir un contrat de haute importance. 

* 


Deux siècles de vie. Artorias avait vécu presque deux siècles, en raison de son métabolisme de mutant, deux longues et ardues centaines d'années de vécu sous diverses contraintes. Le jugement social sur les Sorceleurs, qui n'avaient de place dans la société qu'exterminateurs de vermines, métier si ingrat, si injuste pour eux, et le fait de devoir vivre avec la Mort chaque jour de l'année, chaque secondes, chaque minute, chaque instant. Assis sur un lit assez confortable, dans une chambre très bien décorée, le brun observait le plancher d'un air las et passablement mauvais. Chaque instant ne devait pas être gâché pour des broutilles, pour lui. Non pas qu'il considérait les amusements comme notoirement mauvais, il aimait lui-même boire et jouer de jeux d'argent, mais le brun se trouvait dans une de ces situations ridicules de la vie. 

La porte s'ouvrit soudainement sur la blonde qui avait été envoyée chez son domicile, et Artorias salua celle-ci d'un hochement de tête. Une charmante jeune femme emplie de vie, et bien qu'elle eût le sourire, il y voyait une lueur d'embarras au fond. Elle en avait le droit de se sentir ainsi, et elle se le devait. 

-Madame Elerinna est arrivée, monsieur. 

Artorias fit un geste de la main et celle-ci partit, pour laisser entrer cette diablesse. Se relevant, alors que ses épées étaient posées sur le lit, Artorias avait un air grave au visage, et une lueur froide dans son regard. 

-Ma Dame. Je ne puis qu'espérer que vous aviez passé une bonne journée. Votre messagère m'avait expliquée, en votre absence, la nature de votre souci, auquel j'y ai réglé. 

Toujours en la regardant, Artorias continua alors sur sa lancée, décortiquant chaque mot comme il le ferait avec une huître, couteau en main, minutieusement. 

-Après enquête de ma part en ces lieux, j'ai pu finalement trouver le tourmenteur de vos songes et de votre âme, et ai occis cette bête. Le combat avait été ardu, mais j'ai pu le remporter, avec maints efforts. 

Le Sorceleur s'approcha ensuite d'un coin plongé dans la noirceur. Pour elle, elle n'aurait pu voir quelque chose, vu que d'épais rideaux avaient été tirés, mais Artorias voyait tout. La raison de sa mauvaise humeur, de la mine revêche, du ton presque moqueur qu'il avait pris, si royal. Prenant alors en main le verre et le parchemin glissé dessous, pour finalement s'approcher d'Elerinna, dévoilant... 

Une araignée coincée dans le verre. Malgré sa prison, celle-ci restait étonnamment calme, dotée de poils brun clair et des pattes épaisses, sans pour autant atteindre la taille des mygales, qui elles, étaient de véritable saloperie monstrueuse en termes de dégoût qu'ils inspiraient envers la population. Artorias tenait bien le verre et le parchemin glissés sous celui-ci en évidence, bien raidit pour ne pas laisser l'araignée tomber. La créature avait d'ailleurs ses huit yeux dardés sur les orbes d'Elerinna, bougeant lentement ses mandibules. 

-Comme vous pouvez le constater, couplé avec mon expérience de Sorceleur, j'ai pu fabriquer un piège relativement efficace et emprisonner la bête, aux proportions titanesques et au visage d'une laideur abominable que même une Pesta en mourrait de frayeur. 

Déposant ensuite la prison non loin d'Elerinna, sur une table contenant une chandelle qui brûlait encore, celle-ci ne pouvant s'enfuir, Artorias se retourna ensuite vers la jeune femme, pour la transpercer de son regard de serpent. 

-Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer pourquoi ai-je dû attendre trois heures ici pour une simple araignée de rien du tout ? 

Restant un instant silencieux, il continua néanmoins. 

-Et remercie Sayra, l'elfe que tu m'as envoyée. Non seulement à du t-elle faire preuve d'une bravoure hors-paire pour venir me voir et faire part de cette requête, mais elle avait daigné de me tenir compagnie. Charmante fille, comme toujours.  


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Race Race : Humaine
Sam 7 Juil - 19:35
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Ah ! Une belle journée s'annonçait pour Elerinna ! 
 
Elle avait été conviée, il y a quelques mois, à un bal qui se donnerait chez une famille noble de Novigrad. Un événement des plus raffiné où tous les hauts rangs de cette ville seraient conviés. Inutile de dire qu'elle s'était sentie au comble de l'extase en ouvrant l'enveloppe si joliment décorée et dont la lettre qu'elle contenait lui paraissait plus douce, mieux écrite. Elle l'avait relu une vingtaine de fois en sautillant dans sa chambre comme une adolescente. Tout était prêt depuis ce jour là, elle avait déterminé quelle coiffure elle se ferait, quelle robe elle porterait et avec qui elle irait. Bien sûr, Elerinna aurait pu y aller seule, cela aurait été plutôt cohérent avec son personnage sulfureux de maquerelle libre de toute emprise masculine. Pourtant, elle avait bien envie d'y aller avec quelqu'un... non. En fait, elle en avait besoin. 
 
Même si Elerinna s'efforçait de le faire croire, elle n'avait aucune idée de comment elle devait se comporter en société. Absolument aucune idée. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé. Après avoir lu une bonne cinquantaine de livres pour apprendre les règles de bonne conduite à utiliser auprès des nobles de Novigrad, elle en avait conclu que pour tout connaître, il fallait y être né. Ce qui était bien loin d'être son cas. Elle avait donc besoin d'un homme qui saurait la guider pendant cette soirée si importante pour sa vie future, quelqu'un en qui elle aurait confiance et avec qui elle pourrait jaser sur les nobles présents à la soirée. 

Cet homme s'avérait être son Sorceleur préféré : Artorias. 

Bon, c'est vrai qu'il n'était pas particulièrement causant... mais elle le savait doté d'humour lorsqu'il le souhaitait. Il ne participerait certainement pas au lynchage secret des invités mais l'écouterait probablement. Ce qui était déjà ça de pris. Ensuite, il était noble. Elle le savait de source sûre puisque c'était lui qui lui avait dit. Elle lui faisait entièrement confiance, puisqu'il connaissait toute son histoire dans les moindres détails et que même s'il ne se privait parfois pas pour la lui rappeler, ne lui causerait jamais sciemment du tort.
 
Et puis il était bel homme. Ce qui ne gâchait rien. Se balader au bras d'un laideron n'avait jamais été dans ses plans.
 
Alors elle avait fait venir Sayra, employée de son bordel dans l'Argentin. Un de ses premiers à vrai dire, et de ceux qui lui rapportaient le plus d'argent. Elle connaissait Artorias depuis longtemps et saurait... le calmer alors qu'il aurait envie de l'étrangler. L'elfe se présenta à la demeure de sa patronne à l'heure demandée, un peu effrayée quant à l'issue de leur rendez-vous. Elle avait beau repasser ses dernières actions dans sa tête, elle n'avait rien fait de mal. Du moins il lui semblait. Or, cette entrevue ne lui inspirait rien de bon. Elerinna convoquait rarement de simples prostituées chez elle... jamais en fait. 
 
Pourtant, lorsqu'elle la trouva dans les jardins, la jeune femme était très souriante et tout à fait avenante. Pas le moins du monde agressive. Elle accueillit Sayra d'une étreinte chaleureuse et lui prit les mains. 
 
- Sayra... ma douce Sayra... il va falloir trouver une tenue plus attractive. 
 
***
 
Bon, ça ne s'était pas vraiment passé comme prévu. 
 
Déjà, lorsque Artorias était arrivé chez elle, elle se trouvait à l'autre bout de Novigrad. Ne l'attendant pas si tôt, elle avait décidé de se rendre dans une de ses maisons closes pour faire sa petite visite mensuelle. Sauf que quand elle est rentrée, Sayra a ouvert de grands yeux et s'est jetée sur elle pour lui dire de ne SURTOUT PAS monter dans sa chambre. Cela faisait deux heures qu'Artorias y était et ne semblait pas prêt à discuter. Pas très bon moment pour lui demander de l'accompagner à une soirée pleine de gens qu'il tenait probablement en horreur. Enfin elle n'en savait rien après tout, mais rien que l'accompagner devait lui poser un problème à cet instant.
 
Alors Sayra était remontée et Elerinna s'était gentiment éclipser. Elle était partie faire quelques magasins et s'était achetée une très jolie robe qu'elle pourrait mettre pour affronter le Sorceleur pas content qui était dans sa chambre. Quand elle revint enfin chez elle, l'elfe lui avait confié qu'il était désormais... plus calme. Qu'il avait beaucoup moins envie d'éparpiller son corps aux quatre coins de cette si jolie maison. Elle plaqua alors un sourire de circonstance sur ses lèvres et se dirigea d'un pas plus ou moins décidé vers sa chambre. Précédant Sayra, la jeune femme ouvrit la porte pour l'annoncer avant qu'elle n'entre dans l'arène. À l'instant où elle croisa le regard d'Artorias, elle sut que la partie était bien loin d'être gagnée.
 
- Ma Dame. Je ne puis qu'espérer que vous aviez passé une bonne journée. Votre messagère m'avait expliquée, en votre absence, la nature de votre souci, auquel j'y ai réglé. 
 
Ah oui. Vraiment très loin d'être gagnée. Elerinna resta statique, ne sachant quoi dire, ce qui était très rare dans son cas. À vrai dire elle aurait bien aimé lui faire un discours d'entrée sur l'incroyable amitié qu'ils partageaient mais le Sorceleur s'était avéré plus rapide.
 
- Après enquête de ma part en ces lieux, j'ai pu finalement trouver le tourmenteur de vos songes et de votre âme, et ai occis cette bête. Le combat avait été ardu, mais j'ai pu le remporter, avec maints efforts. 

Bon, maintenant c'était certain, il se moquait d'elle éperdument. La brune ne se départit pourtant pas de son sourire qui perdait néanmoins peu à peu de son éclat. En plus, Artorias avait décidé de lui mettre sous le nez cette horrible araignée. Or, elle détestait vraiment les araignées. Peut-être pas au point d'appeler un Sorceleur pour les tuer à chaque fois mais... elle les détestait vraiment.

- Comme vous pouvez le constater, couplé avec mon expérience de Sorceleur, j'ai pu fabriquer un piège relativement efficace et emprisonner la bête, aux proportions titanesques et au visage d'une laideur abominable que même une Pesta en mourrait de frayeur. 

- Admets tout de même qu'elle est particulièrement moche. 

Elle tenta un sourire de réconciliation qui n'eut absolument aucun effet sur son ami. Elle fut tentée de rajouter que le contrat n'était pas rempli puisqu'elle lui avait bien demander de la tuer et non de la lui agiter sous le nez.

Mais elle tenait à sa vie.

- Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer pourquoi ai-je dû attendre trois heures ici pour une simple araignée de rien du tout ? 

Ah oui, trois heures. C'est vrai que c'était un peu long. Mais bon, elle restait persuadée que si elle était arrivée plus tôt, il l'aurait taillée en pièces où capturée comme cette araignée. 

- Et remercie Sayra, l'elfe que tu m'as envoyée. Non seulement à du t-elle faire preuve d'une bravoure hors-paire pour venir me voir et faire part de cette requête, mais elle avait daigné de me tenir compagnie. Charmante fille, comme toujours.  

Enfin ! Elle allait pouvoir en placer une ! D'habitude, c'était elle qui occupait la conversation avec ses longues tirades sans importance. C'était sûrement pour appuyer le fait qu'il la détestait qu'il avait agit ainsi d'ailleurs. 

Oups.

Elerinna réanima son sourire, lui sortant le plus charmant de son arsenal et se rapprocha de lui. Elle avait quelques règles pour calmer un Artorias mécontent : 
 
1) Établir un contact physique. C'était quelque chose qu'elle utilisait tout le temps et avec tout le monde. 
2) Paraître profondément peinée. Ce qu'elle n'était absolument pas. 
3) Jouer la demoiselle en détresse. Ça marchait toujours avec lui. 
 
Alors elle le prit rapidement dans ses bras et s'éloigna d'un pas. Première étape validée.
 
- Artorias ! Mon très cher ami ! Je suis vraiment navrée de t'avoir fait ainsi attendre, mais je vois que tu as fait du très bon travail avec cette araignée ! 
 
Étape deux, validée aussi. 
 
- Je t'en remercie ! Je n'aurais jamais pu m'en débarrasser sans toi et elle faisait fuir tous ceux qui ont essayé de m'aider ! 
 
Étape trois, en cours de validation. 
 
Elle s'assit ensuite sur le lit, croisa ses jambes que l'on pouvait apercevoir par la fente de sa jupe et prit un air profondément contrit. 

- Mais, comme tu l'as si brillamment deviné, tu n'es pas là que pour ça. J'ai eu un petit contretemps, ce qui explique l'attente que tu as dû subir. Mais bon, comme tu l'as dit, Sayra s'est occupée de toi ! Tu n'as donc pas totalement perdu ton temps. 

Un petit sourire enjôleur et un clin d'œil avant qu'elle ne reprenne. 

 - Figure toi, que j'ai été conviée à un bal donné par les Vegelbud. Tu les connais sans doute. Et figure toi aussi que je n'ai pas de cavalier ! Incroyable pas vrai ? Je trouve aussi. Enfin, tout ça pour te dire, que tu serais un ange si tu acceptais de m'y accompagner. Je sais que je t'en demande beaucoup mais... ainsi tu n'auras pas totalement perdu ta journée ! 

Et là, elle allait avoir besoin d'un sacré paquet de chance. Parce qu'elle doutait vraiment que les battements de cils qu'elle lui faisait subir l'aideraient vraiment à le convaincre. Surtout après le coup qu'elle lui avait fait. 
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Race Race : Humain
Sam 7 Juil - 22:16
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Preux chevalier et princesse en détresse
 Si la garde de la ville était présente en ces lieux, ils se seraient tout de suite exécutés pour tout mettre en œuvre la protection de la jeune femme de l'ire du Sorceleur. Car en vérité, la posture qu'avait Artorias tenait davantage du méchant meurtrier psychopathe parés au meurtre et aux violences diverses sur la personne de la victime que de l'ami qu'il était avec Elerinna. Chaque personne était dotée d'une certaine patience en venant en ce monde, et Artorias, bien que patient, pouvait se montrer assez susceptible. En ayant entendu la complainte de Sayra, il avait cru qu'un véritable monstre avait élu domicile chez elle, que cela soit un nouveau-né arachnoïde ou bien un esprit désincarné en quête de vengeance. Et en arrivant sur place, il fut accueilli par cette chose. Une pauvre araignée de rien du tout qui, visiblement, avait établi sa toile quelque part pour pouvoir vivre de sa pitance de moustiques et d'autres insectes. 

En vérité, en cet instant, il se dit que le comportement de cette araignée était bien plus raisonnable que l'était Elerinna, dont le sourire rappelait aisément une enfant malicieuse, gâtée et se sachant plus ou moins à l'abri des remontrances des plus grands que soient. Le brun observa bien la brune dans les yeux, les bras croisés, la mine revêche. On aurait pu croire pour un instant qu'il aurait une gueule digne de son médaillon, qui était autour de son cou. Son corps se rigidifia en sentant Elerinna se jeter sur lui, l'enlaçant de ses petits bras, parlant sur un ton particulièrement mielleux. Trop mielleux. Que faisait-on quand on voulait appâter un prédateur ? On lui offrait ce qu'il voulait. 

-Sayra s'est occupée de me divertir, en effet.
 

L'offre de calmer ses ardeurs avait été sur la table, évidemment. Mais Artorias avait davantage d'intégrité qu'on ne le croyait pas. Mais il n'avait pas pour autant refuser l'offre, offrant tout simplement de boire un verre de vin glacé en cette chaude journée et en discutant pleinement avec l'elfe. Les courbes de celle-ci étaient délicieuses et il n'était pas inconnu dans le fait d'avoir couché avec celle-ci par une fois, en ayant bu un peu trop, mais il se devait de rester sobre et pleinement capable. Ainsi donc, Artorias avait attendu ainsi la plupart du temps, par discussion et par patience. Patience qui fut de nouveau mise à l'épreuve. 

-Tu as été invitée pour un bal chez des nobles ? 

Il avait parlé avec lenteur, presque dans un souffle inaudible, absorbant alors l'information du mieux qu'il pouvait. Le reste fut plus facile à avaler, après avoir compris ce qu'elle voulait. Un cavalier, et visiblement, une ancre pour pouvoir mieux paraître au sein des nobles. Le coin de son œil trembla un instant. 

-Oui. Quelle merveilleuse d'inviter le chasseur de monstre du coin, lui qui n'est pas si apprécier du peuple, de base,répondit-il acerbement, toujours en la regardant. Permets-moi de te demander d'éclairer ma lanterne sur ce coup-ci : comment as-tu pu obtenir l'invitation ? Par le biais de clients ? Tu as été le centre d'intérêt de l'un d'entre eux ? 

Le Sorceleur s'assit alors non loin du lit, toujours en l'observant, comme le ferait un aigle qui détaillait la trajectoire nécessaire pour pouvoir attraper un lièvre entre ses serres. 

-Donne-moi une bonne raison de vouloir t'accompagner, Elerinna. Une seule, et j'y réfléchirais. Les seules fois où je peux véritablement converser avec un noble sont généralement pour le paiement d'un contrat et la nature de celle-ci. Après tout, dans Novigrad, ils n'aiment pas se mêler avec les petites gens, sauf en cas de nécessité. 

Passant une main dans ses cheveux, davantage par envie de s'occuper que de vouloir véritablement les arranger, les yeux d'acier d'Artorias se posèrent de nouveau sur Elerinna. 

-Et je crois perdre davantage de ma journée en discutant ainsi qu'autre chose, alors parle. Sauf si tu veux que je laisse l'araignée mener l'interrogatoire.


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Race Race : Humaine
Sam 7 Juil - 23:11
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Bon, il était vraiment en colère.

Elerinna restant Elerinna, elle ne put s’empêcher une dernière plaisanterie et lui dit avec un grand sourire et un énième battement de cils :

- Je suis une charmante personne ?

En réalité, elle avait été un peu blessée par le fait qu'il pense qu'elle avait usé de ses charmes pour avoir son invitation. Elle était blessée parce que c'était vrai. Les Vegelbud n'auraient jamais invité une maquerelle à rejoindre leur petite soirée d'eux mêmes. Elle a fait pression sur un de ses clients pour qu'il joue de ses relations et lui obtienne une invitation. Elle fonctionnait comme ça, et tachait de l'oublier. Elerinna préférait largement penser que si ces nobles l'avait invitée, c'était pour son importance au sein de cette ville et pour sa compagnie. Pas parce qu'elle leur faisait du chantage.

La jeune femme perdit son sourire. Après tout, il était très utile pour beaucoup de choses et avec beaucoup de gens mais visiblement pas avec Artorias. Elle se leva alors et se servit un verre de vin en soupirant. Elle lui en mit un autre dans la main sans le consulter et se rassit à sa place.

- Bien, plus sérieusement je n'en sais rien. J'ai tendance à abuser de ton amitié et de ta patience et je m'en excuse, sincèrement. Je n'ai pas réellement d'argument pour te convaincre ou simplement celui qui semble évident : je ne sais pas comment je vais m'en sortir. J'ai effectivement eu cette invitation en faisant du chantage et je ne connais rien de vos mœurs. Tous ces gens ne me connaissent pas, ne tarderont pas à m'oublier sitôt que la soirée sera terminée et ne me réinviteront jamais. J'ai besoin de toi tout simplement.

Bon, voilà qui était plus honnête.

Étape 3 validée tout de même.

Elle descendit son verre de vin en une gorgée et haussa les épaules, d'un air dépité et même pas surjoué. Elle se sentait dépassée voilà tout. Elle avait certes préparé sa tenue dans les moindres détails mais ne s'était pas une seconde préparée au jugement des autres. Et il y avait de quoi juger en plus. Une maquerelle, qui plus est une bâtarde, dont personne ne connaissait la véritable histoire s'invitait à leurs petites réunions de gens riches. Cela n'amuserait pas grand monde.

Elle avait peur de se faire descendre en flèche.

Plus personne n'osait le faire depuis qu'elle était ce qu'elle était. Ses filles ne voulaient pas perdre leur travail, ses partenaires commerciaux ne voulaient pas perdre son partenariat, ses clients ne voulaient pas qu'elle raconte à tout le monde qu'ils trompaient leur femme. En bref, elle achetait tout le monde. Seulement, elle avait bien peur que les petits secrets qu'elle détenait ne suffisent pas à faire taire les nobles. Elle recevrait des piques, en était consciente, mais ne savait pas comment y répondre.

Elle reposa son verre vide sur la table de chevet, à côté de l'araignée et se laissa lourdement tomber sur le lit.

- Tu es mon seul espoir. Et je t'en prie, tue cette araignée. Elle est effrayante. 
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Race Race : Humain
Dim 8 Juil - 2:28
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Preux chevalier et princesse en détresse
 Une charmante personne était un euphémisme. Comment obtenir un tel empire de dentelles et de luxures sans se salir les mains ? Un long et fastidieux travail, dans un monde ou l'honnêteté était une denrée rare, et surtout dans un tel milieu ou les criminels peuvent souvent s'y regrouper. Artorias était certain que par une fois ou deux, l'un de ses bordels avait dû accueillir des personnages importants dans le monde de la criminalité, mais Artorias ne savait pas si elle était liée directement envers eux ou non. Mais ce n'était pas vraisemblablement cela, le plus important. Le sujet d'actualité était l'invitation du bal qu'Elerinna avait pu recevoir. Chose qu'Artorias y avait porté une certaine attention. Le Sorceleur resta alors silencieux, attentif aux moindres détails dans la situation, pensif. 

Lamentations et vérités. Elle abusait bien évidemment de sa propre nature, gentille, et altruiste. Part de cette personnalité qui est assez accentuée en présence de proches ayant besoin d'aides. Mais le Sorceleur n'était pas dupe. Peut-être qu'au fond, il n'était que dans une relation utilitaire, avec Elerinna. Mais peut-être se trompait-il aussi. Se levant, Elerinna vint s'approprier de deux verres de vin qu'elle en remplit avant d'en donner un au brun, qu'il remercia d'un signe de la main léger, Artorias la suivant toujours du regard. Lamentations et vérités. Elle avait fait chanter quelqu'un, pour s'y infiltrer. Et la raison de son invitation en était alors plus que douteux. 

-Ton seul espoir, hein. 

Artorias but le verre de vin en silence, et alors, tint une minute de silence, durant lequel il buvait de son vin, réfléchissant. Alors, le Sorceleur finit par poser son verre, et posa son regard vers la brune. 

-Je ne suis plus un noble depuis longtemps, Elerinna. 

Les mots du Sorceleur avaient été prononcés sur un ton assez tranchant et froid. D'affreux souvenirs revinrent en son esprit, mais il serra des mains, alors qu'il continua sur sa lancée, observant un quelconque point dans la chambre. 

-Et je n'ai guère envie de t'aider. Pas après que tu m'aies dit que tu as obtenu l'invitation par chantage. Penses-tu seulement au fait que si jamais un jour, tu te retrouves parmi les nobliaux, ce que tu as fait se retournera contre toi ? Penses-tu seulement au fait que les Sorceleurs ne sont pas les plus... bienséants dans les cercles sociaux ? 

Le seul moyen de devenir membre de la noblesse est de se faire adouber par quelqu'un de supérieur dans la hiérarchie aristocratique. Nilfgaard était d'ailleurs très regardant sur le sujet, n'étant pas aussi laxiste que le seraient les gens romantiques de la contrée de Toussaint. Le Sorceleur resta de nouveau silencieux et répondit alors, d'un ton dépité. 

-Très bien. Je vais t'aider. Mais si tu me refais un autre coup de ce genre, Elerinna, je peux te promettre que j'emporterais des œufs d'araignées monstrueux pour que cet endroit subisse un envahissement massif. 

Il se releva alors, récupérant ses épées qu'il raccrocha dans son dos habilement, avant de la regarder droit dans les yeux. 

-Mais je n'ai pas de beaux costumes sous la main. Et qui plus est, tu auras une dette envers moi. Est-ce bien claire ?



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Race Race : Humaine
Dim 8 Juil - 3:09
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Contrairement à ce qu'il pensait, Elerinna ne le considérait pas seulement comme quelque chose dont elle pouvait se servir. Elle avait beaucoup d'estime pour lui. Malheureusement, les circonstances exigeaient qu'elle s'occupe d'abord de son bal et après de leur amitié. Elle ne manquerait pas de lui rappeler ô combien elle le trouvait fantastique dans la soirée.

Puisqu'il venait avec elle !

Ah ah ! Elle avait réussi ! Quant à son évocation des œufs d'araignées et des nobles qui pouvaient un jour se venger de ce qu'elle leur avait fait subir, Elerinna n'en tint pas compte. Elle ne craignait pas de représailles, c'est un chantage qui les arrangeaient bien. Contre son silence, ils lui apportaient la possibilité de fréquenter la noblesse. Elle, leur assurait de meilleurs prix et de meilleurs services. Bien sûr, il restait ceux qu'elle faisait chanter sur des choses plus... personnelles. Ceux là avaient trop peur pour tenter quoi que ce soit.

Du moins elle l'espérait.

Pour les œufs d'araignées... oh, elle ne recommencerai plus.

Pour le moment.

La jeune femme se leva d'un coup et se mit à sautiller sur place. Elle était restée couchée tout le long des explications d'Artorias. Comme ça si elle roulait des yeux quelques fois, il ne le voyait pas. Pourtant elle se releva à l'instant même où le Sorceleur lui confirma sa présence et n'avait alors plus rien à faire des manières qu'elle devait avoir.

- Merci ! Merci Artorias ! Ça n'arrivera plus je te le promets ! Et puis, ne t'en fais pas pour ce qui est de la bienséance. Une maquerelle dans un bal ce n'est déjà pas très bienséant, une maquerelle et un Sorceleur ensemble c'est... tellement indécent ! J'ai vraiment hâte d'y être ! Tu verras on va bien s'amuser !

Et puis il savait ce qu'il fallait dire, ou ne pas dire. Un ancien noble peut-être mais lui au moins il l'avait été. Elle avait apperçu la tristesse qui avait animée son regard lorsqu'il lui avait fait cette remarque. Elle ferait attention à ne plus mentionner son passé désormais.

Enfin, elle essaierait du moins.

En revanche, elle avait raison pour ce qui était de l'indécence. Elle connaissait cette notion mieux que personne et contrairement à la bienséance, savait la maîtriser. Alors bien sûr, ils seraient l'attraction de la soirée. Mais poussée à son extrême, l'indécence en devenait risible. Seule, Elerinna aurait été dans une position bien délicate, avec un Sorceleur...

C'était très différent.

En tout cas elle espérait que ce serait différent d'une bonne manière. Ce qu'Artorias ne savait pas et ce qu'il ne devait pas savoir, c'est qu'elle lui avait déjà fait faire un beau costume qui devrait lui aller comme un gant ! Elle lui ferait porter quelques heures avant le bal. Elle n'était même pas sûre qu'il le mettrait mais bon, au moins elle aurait essayé.

- Et je suis aussi d'accord pour la dette ! Je te rendrai la pareille un jour ou l'autre !

Non. Elle ne lui rendrait jamais la pareille. Il venait de l'aider dans son travail en quelque sorte. Or, elle n'irait jamais terrasser un griffon pour l'aider.

- C'est à vingt heures ! Oublie pas !

Elle lui claqua un baiser sur la joue en le poussant presque vers la sortie. Elle devait se préparer, et à ses yeux, c'était un véritable chantier.

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Race Race : Humain
Dim 8 Juil - 7:44
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Preux chevalier et princesse en détresse
 Le méritait-elle seulement ? Méritait-elle toute les attentions qu'Artorias pouvait lui apporter, de sa gentillesse, de son envie d'aider ses proches comme il le peut sans pour autant vouloir aller dans l'illégalité ? Méritait-elle seulement de se trouver dans ce bal ? Elerinna semblait davantage tenir de l'opportuniste – ce qui était un fait, avec la révélation maintenant faite au Sorceleur – que d'une personne véritablement altruiste et charmante. Charmante dans le sens de la personnalité, car il le savait, ainsi que tous ceux-là connaissant plus ou moins, elle avait une certaine fierté, et était certainement quelqu'un aimant avoir ce qu'elle avait envie d'avoir. Intérieurement, Artorias se dit que ce trait de personnalité pourrait la mener vers sa perte. 

-Indécent est un euphémisme, répondit-il calmement, alors qu'Elerinna manifestait sa joie comme le ferait un enfant en voyant des bonbons. 

Artorias notifia alors les paroles de la brune et de la promesse de la dette, se laissant alors pousser un instant avant de tout simplement poser une main sur son épaule, l'air de dire de le laisser tranquille. L'écartant de son passage, il souleva la prison de l'araignée et guida celle-ci au balcon. Levant le verre ensuite, l'araignée s'approcha de la rambarde et s'arrêta pour regarder Artorias, puis ensuite Elerinna, droit dans les yeux, comme si elle sondait son âme, avant de partir en tombant de la rambarde tout en étant accroché à un fil d'araignée. Artorias reposant le verre et le parchemin, il finit par saluer la maquerelle, décidant alors de quitter les lieux. 

* 

L'heure fut arrivée. Artorias s'était alors chargé de rendre visite divers amis au sein de Novigrad, notamment un coiffeur et barbier pour arranger sa coupe de cheveux, décidant alors de laquer sa chevelure avec du gel, et de raser sa barbe de près, mais pas trop, pour ne pas tout perdre. Il tenait à sa barbe. Ensuite, il prit un long bain pour se décrasser de toute impureté, et enfin, alors qu'il allait s'acheter un costume, quelqu'un le lui avait apporté. Sayra, l'elfe, qui avait rendu visite au Sorceleur chez lui avec un paquet contenant son costume. 

Maintenant, il attendait calmement non loin du domaine, au domaine Vegelbud. Le costume de soirée était une sorte de pourpoint sombre avec des fils d'argent formant des arabesques assez bien détaillés, mais qui, en comparaison des costumes des autres hommes, était assez simple. Quand Elerinna fut arrivée, le Sorceleur la rejoignit alors, la saluant en exécutant un mouvement de tête, portant aussi son médaillon. 

-Ma Dame, fit-il tout simplement, sur un ton poli. 

Et Artorias reprit alors. 

-Tu es bien belle dans cette robe. Maintenant, dépêchons-nous, tu veux bien ? 

Il offrit son bras. 


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Race Race : Humaine
Dim 8 Juil - 16:09
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Ah, quand même !

Elle avait failli attendre.

Il faut dire qu'elle avait mis... le paquet. Il n'y avait pas d'autre mot. Sa tenue avait été pensée, repensée, modifiée, recommencée avant d'atteindre la perfection à ses yeux. Elerinna avait beaucoup de défauts, mais elle avait un talent incontesté pour la mode. Or, c'était une soirée particulièrement importante et sa tenue serait sa première impression aurprès des nobles. Il n'y avait pas de thème, elle avait retourné l'invitation dans tous les sens pour s'en assurer. Elle avait alors commencé à penser sa tenue et n'avait pas lésiné sur le prix, dépensant une petite fortune pour la robe qu'elle portait ce soir là. Composée de différents matériaux, celui qui dominait néanmoins restait la dentelle. Une dentelle noire, perlée à certains endroits, et qui recouvrait tout son buste et une partie de ses cuisses. Le bas de la robe s'évaporait en une tulle argentée qui semblait caresser le sol à chacun de ses pas. Contrairement à ce dont elle avait l'habitude, sa tenue ne comportait pas de décolleté si ce n'est celui qu'elle avait dans le dos. Bijoux étaient évidemment de rigueur et elle portait ce soir une paire de boucles d'oreilles en diamant qui avait elle aussi son petit prix.

Quant à ses cheveux, elle avait bouclé, attaché, détaché, avant de finalement se décider pour une coiffure qui mélangeait les deux, dégageant son visage et laissant sa tignasse cascader dans son dos.

Oui définitivement, elle avait mis le paquet. Alors un "tu es bien belle" était le bienvenu.

- Merci, t'es pas mal non plus...

En fait, il était carrément canon. Mais elle doutait vraiment qu'une dame ait le droit de dire ce genre de choses. Son costume était certes sobre mais accordé à sa robe et c'était là le plus important. De plus, elle n'imaginait pas du tout Artorias se promener avec des plumes de paon dans le derrière et un costume extravagant comme ceux des hommes présents à la fête.

Elle accepta son bras et donna son invitation à l'entrée de la demeure. Il était pas mal comme prince charmant. Bon évidemment, dans les contes la princesse ne gagnait pas sa vie en prostituant d'autres princesses et le prince ne tuait pas de monstres durant son temps libre mais... elle se contentait de ce petit morceau de féerie. La réalité ne tarderait pas à lui retomber sur la tête.

Et ça commençait déjà, avec ce petit monsieur très maigre et très vieux qui prit un temps fou pour lire son invitation. C'était presque s'il ne sortait pas une loupe pour vérifier qu'elle n'était pas falsifiée. Il fut néanmoins bien obligé de se rendre compte qu'il s'agissait d'une véritable invitation et les laissa passer.

Sitôt entrée, Rinna eut l'impression que des milliers de paires de yeux se braquaient vers eux. C'était probablement le cas d'ailleurs. Elle qui se croyait insensible au jugement des autres, cette conviction vacilla un peu quand les murmures qui accompagnaient les regards se firent entendre. Elle se sentait assez stupide à cet instant précis, se demandant bien comment elle avait fait pour croire tout ce temps qu'elle serait un jour acceptée au sein de ces gens. Ils ne la verraient jamais comme l'une des leurs, malgré qu'elle soit plus riche que certains d'entre eux.

Elle avait presque envie de prendre Artorias par le bras et de s'enfuir à toutes jambes en sanglotant que la vie était trop injuste avec elle.
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Justayne
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Race Race : Humain
Mer 11 Juil - 6:36
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  • Artorias de l'Abys
  • Elerinna de Novigrad
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Preux chevalier et princesse en détresse
 La nuit était fraîche. C'était déjà cela. Pourtant, Artorias aurait pu jurer qu'Elerinna, qui se trouvait sur sa droite, était un véritable volcan ambulant. La tenue qu'elle portait était relativement belle. Cela n'égalait pas les robes et tenues de soirées des véritables nobles et grosses pointures de l'aristocratie, mais elle avait le mérite d'avoir réussi à se démarquer de la plupart des paons humains qu'étaient les femmes. Le cœur d'Artorias battait calmement, son esprit était aussi calme que l'eau d'un lac en pleine nature, alors qu'il sentait les muscles de son amie se tendre, comme un animal pris au piège par des prédateurs dans un coin sans pouvoir rien y faire, il entendait son cœur battre follement. Le poids du regard des autres pouvait s'avérer douloureux. Psychiquement comme mentalement. Artorias y avait été confronté davantage plus de fois que ne l'avait été Elerinna dans toute sa vie, et avec des intensités divergentes. 

Après tout, qu'était un Mutant, sinon un prédateur aux yeux des gens, qui se nourrissaient de leur argent, de leurs espoirs, et même de tout ce qu'ils possèdent de plus précieux. Comme un enfant, pour l'emmener et le faire devenir un autre Sorceleur. Qu'était Elerinna aux yeux des nobles ici présent ? Un simple rat de ville, quelqu'un pouvant louer ses 'propriétés' en échange d'argents et de faveurs, de gré ou de force, quelqu'un voulant rejoindre désespérément leurs rangs. Un spectacle, probablement, pour eux, que de voir deux indésirables venir ici. Le Sorceleur aux yeux d'acier tourna alors son regard en diverse direction, saluant les divers invités. Certains le lui rendirent, avec un sourire poli, reconnaissant le Sorceleur pour ses bons travaux, et d'autres n'affichèrent qu'un regard dédaigneux. 

-Sir Artorias ! 

Tournant son regard vers l'allée menant vers la demeure des Vegelbud, Artorias vit avec une netteté claire un homme arriver vers eux avec deux autres. Un petit sourire de convenance apparut alors sur son visage, tandis que pour Elerinna se présentait devant le duo un trio de Nilfgaardiens. Depuis la fin de la guerre, l'influence Nilfgaardienne était omniprésente et nombre d'entre eux était dans des postes de pouvoirs avantageux. Le trésor des vainqueurs. Celui qui menait le trio était un homme brun de petite taille, environnant le mètre cinquante, des yeux joviaux et un visage accueillant, un sourire plaqué, véritable, qui était un trésorier important au sein de Novigrad. Le second fut un nain qui avait une tenue étonnamment bien fournie, une barbe digne d'un buisson sauvage pendant sur son menton, de couleur d'or, qui lui travaillait dans l'import et l'export de métaux précieux, et le dernier, un elfe d'apparence nerveux, énergique, comme le serait un hamster, était un comptable influent dans la banque de Vivaldi. 

-Messire Vinheim, fit Artorias envers l'humain. Thorrog, fit Artorias envers le nain, qui lui fit un salut de la main avec son éternel air de moine typiquement silencieux. Finael, conclut le Sorceleur avec l'elfe, lui serrant la main. 

-Messire Artorias, un plaisir de vous revoir ! 

-J'en dis de même, Vinheim. Cela fait un bon six mois, je crois, depuis notre dernière rencontre.
 

-En effet, six mois depuis que vous m'aviez débarrassé de ce Leshen non loin du territoire ou chassait mon fils ! Répondit Vinheim avec un grand sourire, en regardant ensuite Elerinna, prenant sa main pour lui faire la bise. Mais qui vois-je là ? Votre cavalière, monsieur ? 

-Thorrog Yehernart, pour vous servir, salua le nain envers l'humaine, de la manière Nilfgaardienne. 

-Et moi, Finael, dit l'elfe en la saluant d'un geste de la tête, observant l'humaine avec des yeux de faucon. Comment êtes-vous entré par ici ? 

-Oh, vous savez, répondit Artorias avec un sourire, rapprochant bien la maquerelle contre lui, nous avons dû taillader notre chemin ici pour traquer un monstre ensemble, que l'on surnomme le Buffet. 

Vinheim éclata d'un rire franc et l'elfe eut un grand sourire, tandis que le nain émit un grommellement rocailleux. 

-Ma foi, rien ne sert de le traquer. Comme toujours, sa nourriture est proportionnée de manière ridiculement petite, dans beaucoup de plats. 

-Les Vegelbud ont aussi des dettes qui ont besoin d'être payés, répondit Finael en leur donnant des verres de vins. 

-Nous avons tous des dettes, grommela le nain. Pas étonnant qu'Artorias ne soit là. Vous aviez été invités par un des nobles ici présents ? 

-Non, j'ai été capturé de force par madame ici présente, qui était en possession d'une invitation. Elle ne voulait pas se retrouver toute seule. 

-Toujours en train d'aider la dame en détresse, Sorceleur ? Thorrog eut un léger sourire, observant les deux. Je me souviens encore des longs compliments que me faisait écouter ma nièce sur vous, qui l'avait aidé contre des bandits. 

-Une nature qui lui est propre, répondit Finael en buvant d'un coup la moitié de son verre. Il m'avait personnellement sorti d'une mauvaise passe en s'occupant d'un spectre hantant ma demeure, il y a plusieurs mois. Le bougre ne m'avait rien demander et il avait pourtant traversé la moitié de ma demeure par les murs, avec le spectre le jetant partout comme une vulgaire poupée. Enfin bon, suivez-nous, nous allions justement nous diriger vers le buffet ! 

Vinheim fut donc celui qui menait la marche de nouveau. Sur leur passage, les autres gens étaient devenus soudainement plus amicaux envers le duo, saluant le petit groupe de la main ou par les paroles et des compliments. L'hypocrisie au paroxysme. Nilfgaard avait une certaine autorité dans les royaumes du Nord depuis sa victoire incontestable contre Radovid le Fou, surtout depuis qu'il y avait eu une campagne d'extermination des comploteurs au sein de l'Empire, pour raffermir sa position. Vinheim décida d'ailleurs d'amorcer la conversation, toujours avec ce franc sourire chez lui, parlant par-dessus son épaule. 

-Et vous, ma Dame, que penser-vous de cette soirée ? Charmante ? Fastueuse ? 

-Une véritable soirée chez les nains, ma Dame, fit Thorogg, aurait été la plus fastueuse de tous les temps ! 

-Et charmante, chez les elfes, répondit Finael, presque avec dédain en voyant le regard presque insolent du nain quand il eut parlé. 

-Et les humains font les deux, répondit sagement Vinheim. Mais j'aimerais cependant m'enquérir de l'opinion de notre chère invitée. Nous savons tous déjà quelle est celle d'Artorias. 

-Pas assez de volailles ? Répondit le nain. 

Le trio rit alors en la plaisanterie, connaissant l'amour du Sorceleur qu'avait pour la viande blanche, Artorias n'émettant qu'un rire profond et presque suave.  


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Race Race : Humaine
Jeu 12 Juil - 5:37
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Évidemment, personne ne semblait apprécier Elerinna. Les femmes murmuraient sur son passage alors que les hommes n'avaient jamais entendu parler d'elle. Au grand jamais. Elle avait pourtant croisé plusieurs fois des regards bien familiers, ceux de ses plus fidèles clients par exemple. Ceux là non plus ne semblaient pas la connaitre, alors qu'ils passaient parfois jusqu'à deux fois par jour dans ses bordels. Paranoïa ou véritables piques, Elerinna entendait aussi des bribes de conversation qui ne lui plaisaient en rien.

- C'est une prostituée pas vrai ?

- Vous ne la trouvez pas un peu grosse ?

- Elle est surement enceinte !

- Un véritable nid à maladies !

Elle ferma les yeux, comme pour se protéger de ce qui se disait sur son passage et serra les dents. Elle avait fortement envie de s'arrêter pour leur répliquer avec le sourire que si elle était enceinte, c'était sûrement d'un de leur mari, mais se retint. Elle n'avait pas envie d'embarrasser Artorias plus que nécessaire et répondre à leurs provocations ne ferait que leur donner raison.

Ce dont elle n'avait absolument aucune envie.

Artorias quant à lui semblait un peu plus à l'aise qu'elle. Ou du moins un peu plus apprécié qu'elle. Certains n'hésitaient pas à lui jeter des regards noirs mais d'autres paraissaient beaucoup plus ouverts à son sujet, presque contents de le voir. Elle s'accrochait à son bras comme à un radeau de sauvetage, elle avait vraiment eu de la chance qu'il accepte de l'accompagner, elle se serait surement liquéfiée dans le cas contraire.

Et ce constat l'effrayait énormément. Elerinna se voulait forte, indépendante et sûre d'elle. Elle disait n'avoir besoin d'aucun homme pour survivre ce qui était vrai la plupart du temps. D'ailleurs, plus elle observait les nobles de Novigrad, plus elle se demandait pourquoi elle voulait les rejoindre et surtout pourquoi elle les admirait tant.

Un bien étrange trio qui semblait connaître Artorias de longue date s'avança alors vers eux. Elle avait failli sursauter lorsqu'ils l'avaient appelé "Sir Artorias". Elle n'avait pas l'habitude d'entendre le prénom du Sorceleur accompagné de ce titre. Elle se rendit ensuite compte qu'un trio de Nilfgaardiens leur faisait visiblement face. Elerinna n'appréciait pas beaucoup ces gens, tout simplement car la force brute dont ils faisaient constamment preuve pour avoir ce qu'ils voulaient ne lui plaisait guère. Le contrôle quasi total qu'ils exerçaient sur leurs populations lui déplaisait aussi énormément.

Mais bon, ce n'est pas comme si l'avis politique d'une maquerelle intéressait quelqu'un. En plus, elle n'allait certainement pas faire la fine bouche. Si quelqu'un se montrait aimable avec elle, elle n'allait pas le repousser. Loin de là.

Alors elle se contenta de suivre la conversation des quatre hommes, distribuant sourires et politesses avant de se présenter lorsque le moment arriva. Elle rit aussi à leurs blagues, écoutant les prouesses d'Artorias avec intérêt et lui jetant parfois quelques regards malicieux. Visiblement, son ami avait un don pour se mettre des situations parfois... cocasses. Ça ne l'étonnait pas. S'il n'était pas d'une nature aidante, il ne serait sûrement pas là à côté d'elle. Elerinna n'avait pas de problèmes de ce genre, curieusement. Elle suivit ensuite le petit groupe jusqu'au buffet, apprenant au passage qu'Artorias aimait la viande blanche, ce qu'elle ingnorait totalement, et observa ensuite plus particulièrement les plats servis. Effectivement, comme l'avait dit le nain, les Vegelbud étaient avares en nourriture. Contrairement à ce qu'on pouvait croire, la jeune femme était... une grosse mangeuse. Elle adorait se goinfrer de pâtisseries et autres mets extrêmement gras en cachette. Cependant, ce qui était sous son nez ne lui donnait absolument pas envie d'y plonger sa fourchette. Certains plats paraissaient même si compliqués qu'elle n'osa pas s'en approcher. Or, même si elle mourrait de faim, elle ne prit rien. Elle avait trop peur de faire un impair, les nobles avaient tellement de règles... c'était un enfer pour tout retenir. Si elle touchait à cette nourriture, elle était persuadée de passer pour une idiote à leurs yeux.

Ce dont elle n'avait absolument aucune envie.

Elerinna était tellement absorbée par sa contemplation du buffet qu'elle manqua de rater la question de Vinheim. Relevant le nez, elle se para d'un sourire de circonstance et répondit calmement :

- Une très charmante et fastueuse soirée en effet, bien que je sois d'accord avec vous, dit-elle à Thorrog sur le ton de la confidence. Ce buffet est tout à fait ridicule...

Elle se redressa ensuite avec les yeux pétillants et haussa les épaules.

- Mais la nuit est belle ce soir et je suis en charmante compagnie. Et je dois dire que la musique est aussi très agréable... que demander de plus ?

Elle espérait s'en être bien tirée, même si elle n'en était pas totalement sûre. Elle agrémenta sa réponse d'un ou deux battements de cils et tâcha de paraitre décontractée. Elle avait remarqué que les regards des autres invités avaient curieusement changés depuis qu'ils étaient en la compagnie de Nilfgaardiens. Décidément, elle commençait à se demander pourquoi elle voulait tant faire partie de la noblesse. En revanche, elle avait un peu changé d'avis sur les Nilfgaardiens. Après tout, ils étaient les seuls à ne pas les avoir regardé comme des pestiférés. Elle se sentait presque coupable de devoir s'éclipser.

- À ce sujet, me permettriez vous de vous fausser compagnie pour aller danser avec mon cavalier ? N'est-ce pas le but d'un bal d'ailleurs ?

Elle avait besoin de lui parler. De lui dire qu'il avait raison et qu'elle n'essaierait plus jamais de s'incruster à une telle soirée. Enfin, elle ne lui dirait jamais qu'il avait raison. Elle avait tout de même sa fierté. Quant au fait qu'une dame n'était pas censée inviter son cavalier à danser... elle n'en avait pas grand chose à faire. De toute façon, elle n'arriverait jamais à se plier au protocole des nobles, ou des gens en général. Et elle ne voyait absolument pas quelle raison pourrait l'empêcher d'inviter un homme à danser.

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