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Preux chevalier et princesse en détresse (FINI)
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Artorias de l'Abys
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Artorias de l'Abys
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Sam 7 Juil - 7:41
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Preux chevalier et princesse en détresse
 -Sir Artorias ? Sir Artorias ? 

La porte s'ouvrit alors, et devant le brun, se trouvait une jolie jeune dame qu'il ne connaissait que trop bien. Elle était dotée d'une belle chevelure blonde et des yeux en amande de couleur saphir, habillée d'une robe assez sobre tout en démontrant que son corps n'était pas dépourvu de formes, ou tout du moins, n'était pas un bâtonnet sur pattes. Les lueurs du soleil jouaient dans la chevelure de la nouvelle arrivée, une bouffée de vent soudaine les faisaient virevolter, un sourire gracieux flottait sur son visage. Alors que le Sorceleur se tenait tout simplement debout sans rien dire, ses yeux de serpent d'acier se rétrécissant pour ne pas se laisser aveugler par le soleil, la prostituée continua sur sa lancée. 

-Bonjour, Sir Artorias. Dame Elerinna m'envoie pour vous offrir un contrat de haute importance. 

* 


Deux siècles de vie. Artorias avait vécu presque deux siècles, en raison de son métabolisme de mutant, deux longues et ardues centaines d'années de vécu sous diverses contraintes. Le jugement social sur les Sorceleurs, qui n'avaient de place dans la société qu'exterminateurs de vermines, métier si ingrat, si injuste pour eux, et le fait de devoir vivre avec la Mort chaque jour de l'année, chaque secondes, chaque minute, chaque instant. Assis sur un lit assez confortable, dans une chambre très bien décorée, le brun observait le plancher d'un air las et passablement mauvais. Chaque instant ne devait pas être gâché pour des broutilles, pour lui. Non pas qu'il considérait les amusements comme notoirement mauvais, il aimait lui-même boire et jouer de jeux d'argent, mais le brun se trouvait dans une de ces situations ridicules de la vie. 

La porte s'ouvrit soudainement sur la blonde qui avait été envoyée chez son domicile, et Artorias salua celle-ci d'un hochement de tête. Une charmante jeune femme emplie de vie, et bien qu'elle eût le sourire, il y voyait une lueur d'embarras au fond. Elle en avait le droit de se sentir ainsi, et elle se le devait. 

-Madame Elerinna est arrivée, monsieur. 

Artorias fit un geste de la main et celle-ci partit, pour laisser entrer cette diablesse. Se relevant, alors que ses épées étaient posées sur le lit, Artorias avait un air grave au visage, et une lueur froide dans son regard. 

-Ma Dame. Je ne puis qu'espérer que vous aviez passé une bonne journée. Votre messagère m'avait expliquée, en votre absence, la nature de votre souci, auquel j'y ai réglé. 

Toujours en la regardant, Artorias continua alors sur sa lancée, décortiquant chaque mot comme il le ferait avec une huître, couteau en main, minutieusement. 

-Après enquête de ma part en ces lieux, j'ai pu finalement trouver le tourmenteur de vos songes et de votre âme, et ai occis cette bête. Le combat avait été ardu, mais j'ai pu le remporter, avec maints efforts. 

Le Sorceleur s'approcha ensuite d'un coin plongé dans la noirceur. Pour elle, elle n'aurait pu voir quelque chose, vu que d'épais rideaux avaient été tirés, mais Artorias voyait tout. La raison de sa mauvaise humeur, de la mine revêche, du ton presque moqueur qu'il avait pris, si royal. Prenant alors en main le verre et le parchemin glissé dessous, pour finalement s'approcher d'Elerinna, dévoilant... 

Une araignée coincée dans le verre. Malgré sa prison, celle-ci restait étonnamment calme, dotée de poils brun clair et des pattes épaisses, sans pour autant atteindre la taille des mygales, qui elles, étaient de véritable saloperie monstrueuse en termes de dégoût qu'ils inspiraient envers la population. Artorias tenait bien le verre et le parchemin glissés sous celui-ci en évidence, bien raidit pour ne pas laisser l'araignée tomber. La créature avait d'ailleurs ses huit yeux dardés sur les orbes d'Elerinna, bougeant lentement ses mandibules. 

-Comme vous pouvez le constater, couplé avec mon expérience de Sorceleur, j'ai pu fabriquer un piège relativement efficace et emprisonner la bête, aux proportions titanesques et au visage d'une laideur abominable que même une Pesta en mourrait de frayeur. 

Déposant ensuite la prison non loin d'Elerinna, sur une table contenant une chandelle qui brûlait encore, celle-ci ne pouvant s'enfuir, Artorias se retourna ensuite vers la jeune femme, pour la transpercer de son regard de serpent. 

-Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer pourquoi ai-je dû attendre trois heures ici pour une simple araignée de rien du tout ? 

Restant un instant silencieux, il continua néanmoins. 

-Et remercie Sayra, l'elfe que tu m'as envoyée. Non seulement à du t-elle faire preuve d'une bravoure hors-paire pour venir me voir et faire part de cette requête, mais elle avait daigné de me tenir compagnie. Charmante fille, comme toujours.  


Bonne lecture !
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Elerinna de Novigrad
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Elerinna de Novigrad
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Sam 7 Juil - 19:35
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Ah ! Une belle journée s'annonçait pour Elerinna ! 
 
Elle avait été conviée, il y a quelques mois, à un bal qui se donnerait chez une famille noble de Novigrad. Un événement des plus raffiné où tous les hauts rangs de cette ville seraient conviés. Inutile de dire qu'elle s'était sentie au comble de l'extase en ouvrant l'enveloppe si joliment décorée et dont la lettre qu'elle contenait lui paraissait plus douce, mieux écrite. Elle l'avait relu une vingtaine de fois en sautillant dans sa chambre comme une adolescente. Tout était prêt depuis ce jour là, elle avait déterminé quelle coiffure elle se ferait, quelle robe elle porterait et avec qui elle irait. Bien sûr, Elerinna aurait pu y aller seule, cela aurait été plutôt cohérent avec son personnage sulfureux de maquerelle libre de toute emprise masculine. Pourtant, elle avait bien envie d'y aller avec quelqu'un... non. En fait, elle en avait besoin. 
 
Même si Elerinna s'efforçait de le faire croire, elle n'avait aucune idée de comment elle devait se comporter en société. Absolument aucune idée. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé. Après avoir lu une bonne cinquantaine de livres pour apprendre les règles de bonne conduite à utiliser auprès des nobles de Novigrad, elle en avait conclu que pour tout connaître, il fallait y être né. Ce qui était bien loin d'être son cas. Elle avait donc besoin d'un homme qui saurait la guider pendant cette soirée si importante pour sa vie future, quelqu'un en qui elle aurait confiance et avec qui elle pourrait jaser sur les nobles présents à la soirée. 

Cet homme s'avérait être son Sorceleur préféré : Artorias. 

Bon, c'est vrai qu'il n'était pas particulièrement causant... mais elle le savait doté d'humour lorsqu'il le souhaitait. Il ne participerait certainement pas au lynchage secret des invités mais l'écouterait probablement. Ce qui était déjà ça de pris. Ensuite, il était noble. Elle le savait de source sûre puisque c'était lui qui lui avait dit. Elle lui faisait entièrement confiance, puisqu'il connaissait toute son histoire dans les moindres détails et que même s'il ne se privait parfois pas pour la lui rappeler, ne lui causerait jamais sciemment du tort.
 
Et puis il était bel homme. Ce qui ne gâchait rien. Se balader au bras d'un laideron n'avait jamais été dans ses plans.
 
Alors elle avait fait venir Sayra, employée de son bordel dans l'Argentin. Un de ses premiers à vrai dire, et de ceux qui lui rapportaient le plus d'argent. Elle connaissait Artorias depuis longtemps et saurait... le calmer alors qu'il aurait envie de l'étrangler. L'elfe se présenta à la demeure de sa patronne à l'heure demandée, un peu effrayée quant à l'issue de leur rendez-vous. Elle avait beau repasser ses dernières actions dans sa tête, elle n'avait rien fait de mal. Du moins il lui semblait. Or, cette entrevue ne lui inspirait rien de bon. Elerinna convoquait rarement de simples prostituées chez elle... jamais en fait. 
 
Pourtant, lorsqu'elle la trouva dans les jardins, la jeune femme était très souriante et tout à fait avenante. Pas le moins du monde agressive. Elle accueillit Sayra d'une étreinte chaleureuse et lui prit les mains. 
 
- Sayra... ma douce Sayra... il va falloir trouver une tenue plus attractive. 
 
***
 
Bon, ça ne s'était pas vraiment passé comme prévu. 
 
Déjà, lorsque Artorias était arrivé chez elle, elle se trouvait à l'autre bout de Novigrad. Ne l'attendant pas si tôt, elle avait décidé de se rendre dans une de ses maisons closes pour faire sa petite visite mensuelle. Sauf que quand elle est rentrée, Sayra a ouvert de grands yeux et s'est jetée sur elle pour lui dire de ne SURTOUT PAS monter dans sa chambre. Cela faisait deux heures qu'Artorias y était et ne semblait pas prêt à discuter. Pas très bon moment pour lui demander de l'accompagner à une soirée pleine de gens qu'il tenait probablement en horreur. Enfin elle n'en savait rien après tout, mais rien que l'accompagner devait lui poser un problème à cet instant.
 
Alors Sayra était remontée et Elerinna s'était gentiment éclipser. Elle était partie faire quelques magasins et s'était achetée une très jolie robe qu'elle pourrait mettre pour affronter le Sorceleur pas content qui était dans sa chambre. Quand elle revint enfin chez elle, l'elfe lui avait confié qu'il était désormais... plus calme. Qu'il avait beaucoup moins envie d'éparpiller son corps aux quatre coins de cette si jolie maison. Elle plaqua alors un sourire de circonstance sur ses lèvres et se dirigea d'un pas plus ou moins décidé vers sa chambre. Précédant Sayra, la jeune femme ouvrit la porte pour l'annoncer avant qu'elle n'entre dans l'arène. À l'instant où elle croisa le regard d'Artorias, elle sut que la partie était bien loin d'être gagnée.
 
- Ma Dame. Je ne puis qu'espérer que vous aviez passé une bonne journée. Votre messagère m'avait expliquée, en votre absence, la nature de votre souci, auquel j'y ai réglé. 
 
Ah oui. Vraiment très loin d'être gagnée. Elerinna resta statique, ne sachant quoi dire, ce qui était très rare dans son cas. À vrai dire elle aurait bien aimé lui faire un discours d'entrée sur l'incroyable amitié qu'ils partageaient mais le Sorceleur s'était avéré plus rapide.
 
- Après enquête de ma part en ces lieux, j'ai pu finalement trouver le tourmenteur de vos songes et de votre âme, et ai occis cette bête. Le combat avait été ardu, mais j'ai pu le remporter, avec maints efforts. 

Bon, maintenant c'était certain, il se moquait d'elle éperdument. La brune ne se départit pourtant pas de son sourire qui perdait néanmoins peu à peu de son éclat. En plus, Artorias avait décidé de lui mettre sous le nez cette horrible araignée. Or, elle détestait vraiment les araignées. Peut-être pas au point d'appeler un Sorceleur pour les tuer à chaque fois mais... elle les détestait vraiment.

- Comme vous pouvez le constater, couplé avec mon expérience de Sorceleur, j'ai pu fabriquer un piège relativement efficace et emprisonner la bête, aux proportions titanesques et au visage d'une laideur abominable que même une Pesta en mourrait de frayeur. 

- Admets tout de même qu'elle est particulièrement moche. 

Elle tenta un sourire de réconciliation qui n'eut absolument aucun effet sur son ami. Elle fut tentée de rajouter que le contrat n'était pas rempli puisqu'elle lui avait bien demander de la tuer et non de la lui agiter sous le nez.

Mais elle tenait à sa vie.

- Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer pourquoi ai-je dû attendre trois heures ici pour une simple araignée de rien du tout ? 

Ah oui, trois heures. C'est vrai que c'était un peu long. Mais bon, elle restait persuadée que si elle était arrivée plus tôt, il l'aurait taillée en pièces où capturée comme cette araignée. 

- Et remercie Sayra, l'elfe que tu m'as envoyée. Non seulement à du t-elle faire preuve d'une bravoure hors-paire pour venir me voir et faire part de cette requête, mais elle avait daigné de me tenir compagnie. Charmante fille, comme toujours.  

Enfin ! Elle allait pouvoir en placer une ! D'habitude, c'était elle qui occupait la conversation avec ses longues tirades sans importance. C'était sûrement pour appuyer le fait qu'il la détestait qu'il avait agit ainsi d'ailleurs. 

Oups.

Elerinna réanima son sourire, lui sortant le plus charmant de son arsenal et se rapprocha de lui. Elle avait quelques règles pour calmer un Artorias mécontent : 
 
1) Établir un contact physique. C'était quelque chose qu'elle utilisait tout le temps et avec tout le monde. 
2) Paraître profondément peinée. Ce qu'elle n'était absolument pas. 
3) Jouer la demoiselle en détresse. Ça marchait toujours avec lui. 
 
Alors elle le prit rapidement dans ses bras et s'éloigna d'un pas. Première étape validée.
 
- Artorias ! Mon très cher ami ! Je suis vraiment navrée de t'avoir fait ainsi attendre, mais je vois que tu as fait du très bon travail avec cette araignée ! 
 
Étape deux, validée aussi. 
 
- Je t'en remercie ! Je n'aurais jamais pu m'en débarrasser sans toi et elle faisait fuir tous ceux qui ont essayé de m'aider ! 
 
Étape trois, en cours de validation. 
 
Elle s'assit ensuite sur le lit, croisa ses jambes que l'on pouvait apercevoir par la fente de sa jupe et prit un air profondément contrit. 

- Mais, comme tu l'as si brillamment deviné, tu n'es pas là que pour ça. J'ai eu un petit contretemps, ce qui explique l'attente que tu as dû subir. Mais bon, comme tu l'as dit, Sayra s'est occupée de toi ! Tu n'as donc pas totalement perdu ton temps. 

Un petit sourire enjôleur et un clin d'œil avant qu'elle ne reprenne. 

 - Figure toi, que j'ai été conviée à un bal donné par les Vegelbud. Tu les connais sans doute. Et figure toi aussi que je n'ai pas de cavalier ! Incroyable pas vrai ? Je trouve aussi. Enfin, tout ça pour te dire, que tu serais un ange si tu acceptais de m'y accompagner. Je sais que je t'en demande beaucoup mais... ainsi tu n'auras pas totalement perdu ta journée ! 

Et là, elle allait avoir besoin d'un sacré paquet de chance. Parce qu'elle doutait vraiment que les battements de cils qu'elle lui faisait subir l'aideraient vraiment à le convaincre. Surtout après le coup qu'elle lui avait fait. 
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Sam 7 Juil - 22:16
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Preux chevalier et princesse en détresse
 Si la garde de la ville était présente en ces lieux, ils se seraient tout de suite exécutés pour tout mettre en œuvre la protection de la jeune femme de l'ire du Sorceleur. Car en vérité, la posture qu'avait Artorias tenait davantage du méchant meurtrier psychopathe parés au meurtre et aux violences diverses sur la personne de la victime que de l'ami qu'il était avec Elerinna. Chaque personne était dotée d'une certaine patience en venant en ce monde, et Artorias, bien que patient, pouvait se montrer assez susceptible. En ayant entendu la complainte de Sayra, il avait cru qu'un véritable monstre avait élu domicile chez elle, que cela soit un nouveau-né arachnoïde ou bien un esprit désincarné en quête de vengeance. Et en arrivant sur place, il fut accueilli par cette chose. Une pauvre araignée de rien du tout qui, visiblement, avait établi sa toile quelque part pour pouvoir vivre de sa pitance de moustiques et d'autres insectes. 

En vérité, en cet instant, il se dit que le comportement de cette araignée était bien plus raisonnable que l'était Elerinna, dont le sourire rappelait aisément une enfant malicieuse, gâtée et se sachant plus ou moins à l'abri des remontrances des plus grands que soient. Le brun observa bien la brune dans les yeux, les bras croisés, la mine revêche. On aurait pu croire pour un instant qu'il aurait une gueule digne de son médaillon, qui était autour de son cou. Son corps se rigidifia en sentant Elerinna se jeter sur lui, l'enlaçant de ses petits bras, parlant sur un ton particulièrement mielleux. Trop mielleux. Que faisait-on quand on voulait appâter un prédateur ? On lui offrait ce qu'il voulait. 

-Sayra s'est occupée de me divertir, en effet.
 

L'offre de calmer ses ardeurs avait été sur la table, évidemment. Mais Artorias avait davantage d'intégrité qu'on ne le croyait pas. Mais il n'avait pas pour autant refuser l'offre, offrant tout simplement de boire un verre de vin glacé en cette chaude journée et en discutant pleinement avec l'elfe. Les courbes de celle-ci étaient délicieuses et il n'était pas inconnu dans le fait d'avoir couché avec celle-ci par une fois, en ayant bu un peu trop, mais il se devait de rester sobre et pleinement capable. Ainsi donc, Artorias avait attendu ainsi la plupart du temps, par discussion et par patience. Patience qui fut de nouveau mise à l'épreuve. 

-Tu as été invitée pour un bal chez des nobles ? 

Il avait parlé avec lenteur, presque dans un souffle inaudible, absorbant alors l'information du mieux qu'il pouvait. Le reste fut plus facile à avaler, après avoir compris ce qu'elle voulait. Un cavalier, et visiblement, une ancre pour pouvoir mieux paraître au sein des nobles. Le coin de son œil trembla un instant. 

-Oui. Quelle merveilleuse d'inviter le chasseur de monstre du coin, lui qui n'est pas si apprécier du peuple, de base,répondit-il acerbement, toujours en la regardant. Permets-moi de te demander d'éclairer ma lanterne sur ce coup-ci : comment as-tu pu obtenir l'invitation ? Par le biais de clients ? Tu as été le centre d'intérêt de l'un d'entre eux ? 

Le Sorceleur s'assit alors non loin du lit, toujours en l'observant, comme le ferait un aigle qui détaillait la trajectoire nécessaire pour pouvoir attraper un lièvre entre ses serres. 

-Donne-moi une bonne raison de vouloir t'accompagner, Elerinna. Une seule, et j'y réfléchirais. Les seules fois où je peux véritablement converser avec un noble sont généralement pour le paiement d'un contrat et la nature de celle-ci. Après tout, dans Novigrad, ils n'aiment pas se mêler avec les petites gens, sauf en cas de nécessité. 

Passant une main dans ses cheveux, davantage par envie de s'occuper que de vouloir véritablement les arranger, les yeux d'acier d'Artorias se posèrent de nouveau sur Elerinna. 

-Et je crois perdre davantage de ma journée en discutant ainsi qu'autre chose, alors parle. Sauf si tu veux que je laisse l'araignée mener l'interrogatoire.


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Sam 7 Juil - 23:11
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Preux chevalier et princesse en détresseIl était une fois une princesse particulièrement embêtante et un chevalier particulièrement patient
Bon, il était vraiment en colère.

Elerinna restant Elerinna, elle ne put s’empêcher une dernière plaisanterie et lui dit avec un grand sourire et un énième battement de cils :

- Je suis une charmante personne ?

En réalité, elle avait été un peu blessée par le fait qu'il pense qu'elle avait usé de ses charmes pour avoir son invitation. Elle était blessée parce que c'était vrai. Les Vegelbud n'auraient jamais invité une maquerelle à rejoindre leur petite soirée d'eux mêmes. Elle a fait pression sur un de ses clients pour qu'il joue de ses relations et lui obtienne une invitation. Elle fonctionnait comme ça, et tachait de l'oublier. Elerinna préférait largement penser que si ces nobles l'avait invitée, c'était pour son importance au sein de cette ville et pour sa compagnie. Pas parce qu'elle leur faisait du chantage.

La jeune femme perdit son sourire. Après tout, il était très utile pour beaucoup de choses et avec beaucoup de gens mais visiblement pas avec Artorias. Elle se leva alors et se servit un verre de vin en soupirant. Elle lui en mit un autre dans la main sans le consulter et se rassit à sa place.

- Bien, plus sérieusement je n'en sais rien. J'ai tendance à abuser de ton amitié et de ta patience et je m'en excuse, sincèrement. Je n'ai pas réellement d'argument pour te convaincre ou simplement celui qui semble évident : je ne sais pas comment je vais m'en sortir. J'ai effectivement eu cette invitation en faisant du chantage et je ne connais rien de vos mœurs. Tous ces gens ne me connaissent pas, ne tarderont pas à m'oublier sitôt que la soirée sera terminée et ne me réinviteront jamais. J'ai besoin de toi tout simplement.

Bon, voilà qui était plus honnête.

Étape 3 validée tout de même.

Elle descendit son verre de vin en une gorgée et haussa les épaules, d'un air dépité et même pas surjoué. Elle se sentait dépassée voilà tout. Elle avait certes préparé sa tenue dans les moindres détails mais ne s'était pas une seconde préparée au jugement des autres. Et il y avait de quoi juger en plus. Une maquerelle, qui plus est une bâtarde, dont personne ne connaissait la véritable histoire s'invitait à leurs petites réunions de gens riches. Cela n'amuserait pas grand monde.

Elle avait peur de se faire descendre en flèche.

Plus personne n'osait le faire depuis qu'elle était ce qu'elle était. Ses filles ne voulaient pas perdre leur travail, ses partenaires commerciaux ne voulaient pas perdre son partenariat, ses clients ne voulaient pas qu'elle raconte à tout le monde qu'ils trompaient leur femme. En bref, elle achetait tout le monde. Seulement, elle avait bien peur que les petits secrets qu'elle détenait ne suffisent pas à faire taire les nobles. Elle recevrait des piques, en était consciente, mais ne savait pas comment y répondre.

Elle reposa son verre vide sur la table de chevet, à côté de l'araignée et se laissa lourdement tomber sur le lit.

- Tu es mon seul espoir. Et je t'en prie, tue cette araignée. Elle est effrayante. 
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Dim 8 Juil - 2:28
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 Une charmante personne était un euphémisme. Comment obtenir un tel empire de dentelles et de luxures sans se salir les mains ? Un long et fastidieux travail, dans un monde ou l'honnêteté était une denrée rare, et surtout dans un tel milieu ou les criminels peuvent souvent s'y regrouper. Artorias était certain que par une fois ou deux, l'un de ses bordels avait dû accueillir des personnages importants dans le monde de la criminalité, mais Artorias ne savait pas si elle était liée directement envers eux ou non. Mais ce n'était pas vraisemblablement cela, le plus important. Le sujet d'actualité était l'invitation du bal qu'Elerinna avait pu recevoir. Chose qu'Artorias y avait porté une certaine attention. Le Sorceleur resta alors silencieux, attentif aux moindres détails dans la situation, pensif. 

Lamentations et vérités. Elle abusait bien évidemment de sa propre nature, gentille, et altruiste. Part de cette personnalité qui est assez accentuée en présence de proches ayant besoin d'aides. Mais le Sorceleur n'était pas dupe. Peut-être qu'au fond, il n'était que dans une relation utilitaire, avec Elerinna. Mais peut-être se trompait-il aussi. Se levant, Elerinna vint s'approprier de deux verres de vin qu'elle en remplit avant d'en donner un au brun, qu'il remercia d'un signe de la main léger, Artorias la suivant toujours du regard. Lamentations et vérités. Elle avait fait chanter quelqu'un, pour s'y infiltrer. Et la raison de son invitation en était alors plus que douteux. 

-Ton seul espoir, hein. 

Artorias but le verre de vin en silence, et alors, tint une minute de silence, durant lequel il buvait de son vin, réfléchissant. Alors, le Sorceleur finit par poser son verre, et posa son regard vers la brune. 

-Je ne suis plus un noble depuis longtemps, Elerinna. 

Les mots du Sorceleur avaient été prononcés sur un ton assez tranchant et froid. D'affreux souvenirs revinrent en son esprit, mais il serra des mains, alors qu'il continua sur sa lancée, observant un quelconque point dans la chambre. 

-Et je n'ai guère envie de t'aider. Pas après que tu m'aies dit que tu as obtenu l'invitation par chantage. Penses-tu seulement au fait que si jamais un jour, tu te retrouves parmi les nobliaux, ce que tu as fait se retournera contre toi ? Penses-tu seulement au fait que les Sorceleurs ne sont pas les plus... bienséants dans les cercles sociaux ? 

Le seul moyen de devenir membre de la noblesse est de se faire adouber par quelqu'un de supérieur dans la hiérarchie aristocratique. Nilfgaard était d'ailleurs très regardant sur le sujet, n'étant pas aussi laxiste que le seraient les gens romantiques de la contrée de Toussaint. Le Sorceleur resta de nouveau silencieux et répondit alors, d'un ton dépité. 

-Très bien. Je vais t'aider. Mais si tu me refais un autre coup de ce genre, Elerinna, je peux te promettre que j'emporterais des œufs d'araignées monstrueux pour que cet endroit subisse un envahissement massif. 

Il se releva alors, récupérant ses épées qu'il raccrocha dans son dos habilement, avant de la regarder droit dans les yeux. 

-Mais je n'ai pas de beaux costumes sous la main. Et qui plus est, tu auras une dette envers moi. Est-ce bien claire ?



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