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When you're deep of the hole, keep digging. ft. Elijah Nyx Caedreach
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Race Race : Humaine
Ven 20 Juil - 19:56
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Le chant matinal de quelques oiseux diurnes résonnés à l’orée de la forêt et un vent calme faisait bruissait la canopée dans une chorale apaisante. Le soleil émettait ses premiers rayons et la journée s’annonçait des plus agréables. Pourtant le brouhaha matinal arracha une grimace de souffrance à la jeune barde émergeant d'un demi-sommeil. Elle ouvrit les yeux difficilement avant de les refermer aussi tôt pour fuir l'ardeur du soleil à peine éclos. Elle émit un gémissement de rage avant de refaire une tentative. Elle ouvrit une nouvelle fois les yeux et vit une fourmi passée juste devant son regard.« Encore… » siffla-t-elle.  Elle tenta alors de bouger ses bras mais une douleur diffuse lui arracha un nouveau grognement. À nouveau elle dut s’y prendre à deux fois et finit par atteindre son visage de sa main tremblante. Elle remarqua alors qu’il était humide en plus d’être endolori. La rosée du matin avait recouvert son corps comme toute la végétation de cette prairie et la pierre tombale qui trônait devant son corps amorphe. Au prix de gros efforts, elle parvint à s’asseoir pour constater où elle était et tenter de rassembler ses souvenirs. Ses derniers ne tardèrent pas à s’assemblait dans son esprit lorsqu’elle vit les cadavres de bouteilles de vin gisant au sol à coté de reste de plantes à fumer et une bourse vidée du fisstech qu’elle contenait à l’origine. Un long soupir lui échappa tandis qu’elle passa ses mains sur son visage pitoyable. « Désolée Luther, tu me vois encore dans un sale état… à chaque fois que je viens te dire bonjour, je finis dans un état lamentable… Qu’est-ce que tu dois penser de moi? » Souffla-t-elle en essayant d’oublier les multiples trépans qui tenter de traverser son crâne. Des flashes de la nuit qu’elle avait passée lui revenaient un mémoire. Elle se souvenait être venue sur la tombe de son père pour lui tenir compagnie. Mais la mélancolie et la tristesse l’avaient rattrapé et très vite elle avait sorti sa petite bourse de fisstech et les quelques bouteilles encore présentes dans les placards de leur ancienne chaumière. Elle avait tout rassemblé devant la sépulture et avait commencé à vider les bouteilles en déblatérant sur sa solitude. Elle détestait ces moments où le vide qui avait pris place dans son cœur s’élargissait pour tout engloutir. Elle détester laisser sa souffrance s’exprimer, oblitérant tout le reste car le lendemain, elle ne savait jamais si elle allait parvenir à se relever. Mais elle y parvenait toujours. Parce que c’est ce qu’il aurait voulu et qu’elle voulait le rendre fier, elle voulait pouvoir revenir sur cette tombe pour lui parler de ce qu’elle avait accompli et non pas pleurer sur sa solitude et son absence avant de s’écrouler ivre morte et droguée jusqu’à l’os sur sa tombe. Alors elle se relevait, elle tentait d’avancer, mais elle finissait toujours par ralentir, se faire rattraper, elle finissait toujours par retourner le voir pour acheter ce qui lui permettait de tenir jusqu’à ce qu’elle tombe à nouveau.  

Ce matin encore cette sérénade reprenait, inlassablement. Elle rassembla les preuves de ses excès de la nuit pour rendre son aspect originel à la dernière demeure de son père. Elle posa ensuite une main tremblante sur la froide pierre tombale et y déposa son front douloureux. « Je reviendrai vite Luther, en meilleur état cette fois… j’espère ». Jaskier vint alors se poser sur son épaule et fit entendre son assentiment par un petit croassement qui se voulait compatissant. Elle fit un sourire triste au corbeau et se redressa pour partir après avoir lancé un dernier regard à la tombe. Elle retrouva Naga, son cheval, qui broutait un peu plus loin et se mit en scène, en direction de Novigrad.

Le soir venu, les nuages s’était levé et une pluie battante s’abattait sur la ville. Le beau temps qui s’annoncait dans la matinée avait bien vite laissé place à l’ambiance morose habituelle. Trempée, elle arriva finalement aux abords de la cité libre et traversa le quartier du Lacis avant pour rejoindre la ville. Cette dernière était animée des nombreux passants rejoignant leur maison et les nombreux bordels pour fuir l’intempérie. Son mal de crâne du matin c’était légèrement calmé, balayer par le souffle du vent sur son visage tandis qu’elle chevauchait sur les routes mais une fois à destination, la puanteur de la ville lui arracha une nouvelle grimace alors que les bruits citadins lui assénaient de nouveaux coups sur le caisson. Elle avait vraiment forcé au cours de la nuit et dormir à même le sol lui avait mis le corps en vrac. Elle avait fait la promesse à son père de revenir sous un meilleur jour mais pour l’heure elle avait besoin d’un remontant, sa destination était donc toute choisie. Elle dirigea son cheval vers le quartier de la dentelle pour se rendre chez le trafiquant habituel tandis que les rue se vidé.

La pluie avait fait fuir les passants et le quartier était bien calme. Danaän descendit de son cheval et se dirigea vers la porte de la maison du trafiquant. Elle tenta en vain de discipliner ses cheveux mouillés avant de ce dire que vu son apparence global c'était inutile. Se bottes de cuire et ses chausses était pleine de boue, sa chemise beige et sa veste en cuire également n'était pas en meilleur état, tachées de chlorophylle après la nuit qu'elle avait passé et pour compléter le tableau, l'arc et le glaive qu'elle porter dans le dos, ainsi que ses dagues à la ceintures et ses couteaux de lancer lui donner des allures de mercenaire plus que de barde. Dépitée par ce constat, elle se décida à toquer à la porte de la demeure. Aucune réponse. Elle laissa s’échapper un juron des plus imagés et s’abrita sous la tonnelle de l’échoppe voisine. Quelques minutes passèrent et elle commençait à désespérer. Elle savait pertinemment qu’avec ce genre d’homme d’affaires, il fallait savoir se montrer patient, même si ce genre de situation mettait les nerfs à rude épreuve.

Après quelques longues minutes d’attente, adossée contre un mur, Danaän avait pris le luth qu’elle portait dans son dos sentant sa patience s’amenuiser. Elle s’était mise à jouer quelques accords aléatoires dans l’espoir de composer quelque chose alors que Jaskier s’était à nouveau posé sur son épaule. Ses doigts glissaient sur les cordes et les accords s’enchaînaient dans une mélodie approximative qui prit progressivement forme. Une triste complainte naquit de cette expérimentation chaotique, raisonnant dans les rues déserte, et elle se mit à chanter sans s’en rendre compte l’histoire inventée d’un homme regardant sa vie défiler au fond de sa chope. Les paroles s’enchaînèrent toutes seules de concert avec l’instrument à cordes si bien qu’elle n’entendit pas la porte s’ouvrir.

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Race Race : Vampire Supérieur
Ven 20 Juil - 21:49
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania

Tu avais une journée chargée devant toi, tu le savais, ton programme était presque complet pour la journée, seule ta soirée et ta nuit était totalement libre. Tu étais réveillé aux aurores, avec un mal au crâne qui aurait, à lui seul, été une motivation à ce que tu restes enfermé dans ta chambre à broyer du noir. Mais tu ne pouvais pas, même si la tentation était ô combien grande. Alors tu te levas, à défaut de rester sous les maigres draps qui caressaient ton corps la nuit, nu comme un ver, ton regard bicolore scannant ton corps bar le biais du miroir qui était non loin de ton lit. Tu laissas tes doigts glissés sur le tatouage que tu portais à la poitrine, comme un souvenir inlassable de tout ce que tu étais et n’étais plus. Tu récupéras vite une bouteille au sol, de l’eau de vie de mahakam dans laquelle il restait un fond ; tu éclusas les dernières goûtes avant de te diriger vers la bassine servant de bain. Après avoir laissée l’eau chauffer doucement, tu te glissas dedans, profitant des quelques minutes de répit que t’offrais ce début de journée, ton regard perdu dans un vide aussi sidéral que ta vie sentimentale, peut-être même amicale. Tu hésitas longtemps sur l’idée de prendre un rail de fisstech ou non. Tu décidas que non, tu devais être le plus lucide possible pour ce matin. Une fois habillé, tu ne pris même pas le temps de manger un morceau avant de rejoindre les quais, tes bottes claquant contre la boue ambiante des pavés. Ton visage camouflé par une cape noire, tu retrouvas ton contact près d’un entrepôt. Les affaires étaient les affaires, c’est ce que tu disais toujours mais il était toujours dommage de devoir achever quelqu’un quand il y avait de nombreuses années de service. Mais une trahison était une trahison et tu ne pouvais supporter ça. C’était une info tout droit venue du roi des mendiants, qui se confirma par le manque d’une moitié de ta cargaison. Certains employés de Francis Bedlam te rejoignirent une fois la besogne fait pour prendre la marchandise qui t’appartenait et ainsi l’emmener dans ton hôtel tandis que tu abandonnais le corps de l’homme dans l’entrepôt, la marque d’un serpent et d’une main griffée sur le torse. Une marque qui appartenait à ton clan, que tu t’étais approprié lorsque les traîtres pullulaient un peu trop dans ta vie. Une nouvelle preuve de la cruauté et de la saloperie humaine. Tu aurais bien craché sur son corps laissé comme tel, mais il ne méritait même pas que tu uses de ta salive.

Ton prochain arrêt ? Un bateau revenant de Nazair où un contact à toi t’attendait pour les marchandises de la vente de cette après-midi. Tout avait été réglé en amont, il ne manquait que la cargaison, arrivée deux jours plus tôt. Cette fois-ci, ce fut quelques gros bras que tu avais engagé qui s’occupèrent de ta marchandise, l’emmenant à ton hôtel juste après avoir donné la moitié de la récompense promise. Il était midi, il te restait une ou deux heures à tuer avant de devoir te rendre à la salle des ventes, tu en profitas pour faire un détour par la place du hiérarque, déposant quelques bourses auprès de Vivaldi. Ce dernier te tenu la jambe pendant quelques dizaines de minutes jusqu’à finalement t’inviter à déjeuner au martin pêcheur. Cela dit, tu écourtas le repas une fois ton assiette et ta chope vide, lui rappelant que tu avais un business à faire tourner et que tu ne pouvais pas t’attarder plus que nécessaire. Tes pas te ramenèrent alors au quartier de la dentelle, ton nid, tandis que tu retrouvais celui qui allait s’occuper des enchères cette après-midi, enfermé dans le carcan d’un pourpoint trop serré pour son ventre à bière et d’un pantalon qui ne lui rendait pas hommage. Mais qu’importe, il était apprécié par les possibles acheteurs alors que diable son apparence. Tu le laissas tergiverser sur les diverses précautions à prendre tandis que tu scrutais la liste des invités tout en gardant un œil sur les gros bras qui venaient déposées les pièces de la collection dans la salle prévue à l’enchère. L’heure arriva bien assez vite et tu te camouflas dans le fond de la salle, personne ou presque ne remarquant ta présence tandis que l’enchère allait de bon train. Seules quelques pièces de collection, pas les plus importantes, allaient demeurées dans ta cave en attendant la prochaine vente et au pire, tu les refourguerais à Vimme Vivaldi pour quelques pièces, sachant pertinemment qu’il les revendrait plus tard. Tu aurais pu les donner aux Borsody mais ses gens te détestaient et c’était particulièrement réciproque. Le soleil n’allait pas tarder à se coucher lorsque le buffet fut ouvert par le maître des ventes et c’est à ce moment-là que tu te rapprochas d’un beau noble dont l’intérêt était piqué. Les invités étaient partis une demi-heure plus tard et tu te retrouvais au lit avec un bel éphèbe à qui tu lui proposas certains de tes produits illicites pour qu’il plane encore plus. Le sexe fut loin d’être mauvais mais tu avais eu de meilleurs coups dans ta vie, le pire était dans son envie de parler, probablement accentuée par la drogue. Ainsi, lorsque ton ouïe fine entendit les coups faits à ta porte, tu essayas de le bouger le plus vite possible pour pouvoir être débarrassé.

Tu enfilas rapidement une chemise blanche ainsi qu’un pantalon avec une paire de bottes tandis que tu poussais l’homme à sortir, non sans lui donner une petite dose de fisstech. Il te promit de repasser pour venir acheter et tu le poussas à partir par le biais de la porte arrière, donnant sur une autre rue du quartier de la dentelle. Tu passas rapidement ton visage sous l’eau alors que tu rejoignais la porte principale, là où les coups avaient été, espérant que la personne n’était pas partie. La porte ouverte, tu entendis la voix d’une barde que tu connaissais bien puisqu’elle était bonne cliente et tu passas ton corps au-delà de la porte. « Danaän ? Qu’est-ce que tu fais là ? » Ta voix était rocailleuse, probablement à cause de l’activité physique, presque intense, que tu venais d’avoir. La jeune femme était trempée, elle avait dû attendre un moment mais tu n’avais que peu la notion du temps. « Rentre, avant d’attirer la mort sur mon palier, tu veux ? » Tu rentras aussi sec à l’intérieur, avant de tremper tes propres vêtements, laissant la porte ouverte pour qu’elle puisse s’engouffrer à l’intérieur. Le hall était allumé par les quelques bougies que tu n’avais pas pris le temps d’éteindre après le départ des invités, trop occupé à déshabiller le jeune éphèbe bavard. Tu te tournas vers la jeune barde, après avoir essuyé les quelques gouttes qui étaient tombées sur ton visage, lui tendant ainsi une maigre serviette laissée sur une des chaises de la salle. « Que me vaut l’honneur de ta visite, en cette heure probablement tardive ? » Tu demandas, un sourcil levé.




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And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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Race Race : Humaine
Sam 21 Juil - 14:38
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

La jeune barde cessa de chanter en entendant son nom. Le trafiquant avait pris du temps, mais avait finalement ouvert la porte et elle fut soulagée de le savoir chez lui. Qu’aurait elle fait dans le cas contraire ? Elle aurait fini dans une taverne à boire des chopes sans compter. Mais vu son mal de tête tenace, ce n’est pas ce dont elle avait envie sur le moment et heureusement elle n’allait pas devoir faire sans. L’homme l’avait tout de suite reconnu, et pour cause, elle venait assez souvent le voir, sûre de la qualité de ses marchandises et de son professionnalisme. Non pas que cela importe, mais c’était plus plaisant que des échanges douteux dans une ruelle sordide. Lorsqu’il l’interpella, la jeune femme remarqua le ton légèrement éraillé de sa voix. Si ses études à Oxenfurt et ses années de mutisme avaient affuté l’un de ces sens, c’était bien son ouï. Elle avait acquis une bonne oreille musicale et elle put déceler les irrégularités dans sa voix, se demandant à quoi elle pouvait être due avant d’élaborer quelque hypothèse. «Nyx ! Je profite de ce soleil radieux, comme tu peux t’en douter ! » Répondit la jeune femme avec un léger sourire en coin. Ce n’était pas une attaque sur son retard ni une raillerie inutile quant à sa question, mais il était peu judicieux d’exposer son trafic en pleine rue en demandant du fisstech au su de tous.

L’arrivée du trafiquant, provoqua quelques battements d’ailes de la part de Jaskier, toujours perché sur l’épaule de la jeune femme. Mais il se calma bien vite sur ordre de cette dernière qui avait bien compris son manège. A vrai dire c’était toujours le même, l’aura de Nyx n’avait rien de rassurant et le corbeau ne manquait pas une occasion de le faire savoir, mais Danaän pensait avoir deviné les raisons de cette méfiance et ne pouvait que comprendre que l’homme tienne à garder cela secret. Ainsi elle n’avait jamais laissé paraître quel connaissait le secret du trafiquant, se faisant violence pour garder ses questions pour elle et ne pas risquer de perdre toute chance d’avoir un jour des réponses. Mais elle savait qu’elle allait bien finir par craquer, ce n’était qu’une question de temps, sa curiosité étant piqué plus que de raison.

Lorsqu’un éclair fendit le ciel, l’invitation à rentrer de Nyx apparut comme une bénédiction et elle ne se fit pas prier pour accepter, le remerciant au passage. En pénétrant dans la maison, elle remarqua les bougies et les restes de ce qui semblait être un banquet. De plus, elle put appréhender plus à loisir la tenue de son hôte. Il s’était de toute évidence habillé à la hâte comme pouvait en témoigner les quelques boutons encore ouverts de sa chemise et son air légèrement essoufflé. Les théories de Danaän commençaient à se précisaient. « J’espère que je n’interromps pas tes affairais » dit-elle en désignant les restes de banquet réellement inquiète d’avoir écourté quelque chose. Elle accepta la serviette qu’il lui tendit avec un sourire affable et un hochement de tête pour le remercier et elle s’empressa de sécher un minimum ses cheveux dégoulinant abandonnant bien vite l’idée d’être présentable. Elle aurait pu faire un crochet chez elle pour se changer, mais la coquetterie n’était pas sa préoccupation immédiate. Et puis, ses cicatrices omniprésentes ainsi que ses tatouages lui ôter toute élégance dans tous les cas.

Relevant l’allusion à l’heure tardive, Danaän se rendit compte qu’elle ne savait pas elle-même quel heure il pouvait être. Elle avait rejoint Novigrad dans la journée et était directement venus chez lui, certes le soleil n’avait pas encore totalement disparu à l’horizon, mais comme les journées étaient plus longues en été, l’heure ne devait certainement pas être convenable pour des visites de courtoisie, heureusement ce n’en était pas une. Non pas que Danaän n’apprécie pas Nyx, mais il n’avait jamais réellement parlé en dehors de leur transaction, leurs rapports se résumaient bien souvent  à des rencontres purement commerciales. Alors qu’il lui demandait la réelle raison de sa visite, elle prit le temps de l’observer quelques instants. Ses iris bicolores l’avaient toujours fasciné. Les yeux vairons étaient rares et les siens étaient particulièrement intrigants, tranchants à merveille avec sa peau mate. « Je serais venu plus tôt si j’avais pu, mais je n’étais pas en ville et il s’agit en quelque sorte d’une urgence ». Le mal de crâne de la jeune femme se ravivait à chaque coup de tonnerre et si elle avait eu du fisstech, elle n’aurait pas attendu avant de le prendre. Dans d’autres circonstances, elle aurait aimé se poster sous la lucarne de sa petite maison pour regarder la pluie tomber et écouter l’orage gronder. Ce phénomène météorologique avait le don de la bercer, comme si le ciel exprimer toute la colère du monde ainsi que la sienne, la vidant ainsi de tous sentiments négatifs et destructeurs. Cet effet cathartique était apaisant et parfait pour l’inspiration, mais sur le moment, elle avait envie de ce boucan cesse pour qu’elle puisse enfin avoir la paix et non plus l’impression d’avoir une enclume sur le crâne.

Pour ce faire, les marchandises de Nyx seraient les bienvenus. Du fisstech, certes mais s’il avait autres choses dans le genre analgésique ou psychotrope suffisamment puissant pour l’assommer, elle était preneuse. Elle aurait bien cherché une solution elle-même, mais elle n’avait pas suffisamment de connaissance alchimique sur le sujet. « J’ai eu une nuit et une journée éprouvante, qu’est-ce que tu aurais à me proposer ? ». Évoquer l’inclémence de sa journée était bien sûr inutile, son aspect général et les cernes qui ornaient ses yeux palliant à toute explication. Mais faire preuve d’un minimum de conversation et de courtoisie au lieu de simplement réclamer sa came lui paraissait tout de même important même dans ce genre d’affaires illicites.

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Race Race : Vampire Supérieur
Sam 21 Juil - 16:07
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania

Nyx. Prénom dont tu avais pris l’habitude d’utiliser comme une seconde identité, une seconde peau collée à la tienne, un masque de théâtre qui camouflait chacune de tes pensées pour te rendre insensible, pour te donner cette image de trafiquant que tu voulais. Nyx, un dernier souvenir de ta vie passée en trois lettres, un souffle porté par ta mère, un prénom scandé par ceux qui te voyaient comme leader d’un clan puissant. Nyx. Nyx. Nyx. Ta seconde identité dans ce monde, tes clients te connaissaient comme ça. Certains savaient que tu t’appelais Elijah, que c’était ton prénom, celui que tu avais choisi à ta deuxième naissance, celle dans ce monde, le prénom derrière lequel tu te cachais pour être le plus humain possible, camouflant ta race, ta nature, tes origines derrière un prénom propice aux habitants du sud. Tes pêchés et erreurs appartenaient à Nyx, ta tristesse et ton malaise appartenaient à Elijah ; tu te divisais en deux pour mieux régner sur l’empire que tu tentais de construire, comme si tu t’apprêtais à mettre à feu et à sang cette ville. Il te suffisait d’un mouvement pour qu’elle soit réduite en cendre, quand tu y pensais. Tu savais qu’il y avait des vampires supérieurs et inférieurs dans cette ville et qu’ils te suivraient, par le même désir de vengeance que toi. Mais est-ce que cela en valait véritablement la peine ? Tu en doutais. Tu étais peut-être rongé par la rage, la haine et la peur, mais pas au moins d’anéantir toute personnalité humaine ou non-humaine. Cela dit, si l’on te donnait l’occasion de brandir le drapeau des vampires, tu le ferrais peut-être, au nom de tout ce que tu avais perdu, au nom de ta mère dont tu ignorais le sort, au nom de ta sœur que tu avais juré de protéger.

Tu ne grognais pas cependant, à l’entrée de Danaän dans ta demeure. Au fond, tu t’en fichais, et elle était même plutôt bienvenue. Elle avait permis que tu te débarrasses du bavard à qui même une pipe ne faisait pas taire et puis, une tête plus ou moins amicale dans ta demeure, c’était toujours plus ou moins agréable. Tu t’appuyas de façon nonchalante contre une des vitrines qui n’avait pas encore été déplacée au sous-sol, observant les restes du banquet ; la nourriture que tu allais devoir jeter à défaut de la manger et l’alcool que tu allais écluser pour le reste de ta nuit. Tu redirigeas ton regard sur la blonde à ses mots, grattant maladroitement une cicatrice sur ton bras. Tu n’avais même pas pris la peine de mettre des gants pour camoufler tes ongles. Tu devenais négligeant, ce n’était pas bon. « Tu n’interromps rien. J’avais une enchère, cette après-midi. Ce ne sont que les restes du banquet que le maître de l’enchère a décidé de faire pour les invités étant donné qu’ils étaient plutôt du genre à porter leur culotte haute. » Tu soufflas avant de te détacher de la vitrine pour rejoindre le buffet, glissant ton doigt dans un gâteau avec de la crème, léchant la crème sur ton doigt. Ce n’était pas mauvais. « Tu peux te servir si tu veux. Sinon, ça sera probablement jeter dans la matinée. » Tu attrapas une bouteille de vodka rédanienne qui traînait sous la table avant d’en prendre une gorgée. Tu devais être pitoyable. Tes fringues étaient mises n’importe quoi, tu buvais, tu avais probablement des marques du bavard sur le corps, probablement des cernes mais qu’importe, tu n’étais plus à ça près.

Tu levas ton regard vers la jeune femme à ses paroles sur la raison de sa venue, tandis que tu déambulais comme un cadavre dans la salle, marquant un chemin non tracé entre les chaises et les vitrines. Finalement, tu te stoppas entre deux rangées de chaises, tes yeux bicolores fixés directement sur la blondinette qui se tenait dans ta salle des enchères. « Aucune offense mais je ne peux pas dire que ça se voit pas, que ta journée a été un enfer. » C’était peut-être juste la pluie pour les cheveux et les fringues mais les cernes creusées sous ses yeux ne trompaient personne, et surtout pas toi. Tu pris une nouvelle gorgée de la vodka, tes bottes martelant doucement le parquet de la salle tandis que l’orage faisait rage à l’extérieur. Un temps qui sciait parfaitement à ta race, même si tu n’étais pas friand de la pluie qui venait avec. « Tu as de quoi payer ? » Tu savais probablement la réponse, mais tu voulais être certain que tu n’allais pas te faire avoir. Après tout, même si tu appréciais la jeune cliente, ce n’était pas pour autant que tu faisais crédit, tu n’étais pas une banque. Vimme Vivaldi était là pour ça, pas toi. Tu étais un trafiquant et avoir une journée de merde ne suffisait pas pour que tu laisses ton trafic à la dérive sur un crédit ou une ardoise. Oh que non. Tu te rapprochais de la porte menant au sous-sol, là où ta marchandise était stockée. « Qu’est-ce que tu veux ? Fisstech ? Marijuana ? Baeg Hlaith ? Lunar Tear ? » Les deux autres marchandises était pour le premier un psychotrope que tu  vendais très cher, notamment à Elerinna de Novigrad, ayant des effets hallucinogènes très prononcés tandis que Lunar était une forme de drogue somnifère permettant de dormir sans aucun rêve, très en vogue par les ambassadeurs en ce moment. La dernière ne provoquait d’ailleurs aucune addiction, ce qui était étonnant mais les clients ne manquaient pas de revenir, juste pour ne plus être embêté par leurs rêves.



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Race Race : Humaine
Mar 24 Juil - 15:56
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Les banquets de nobles et nobliaux… Il est vrai que Danaän aspirait à être connu à travers le monde. Mais la reconnaissance avait beau être son but, elle se disait que ce n’était pas à titre personnel, elle ne voulait pas que l’on retienne son nom forcément, mais son art. Le reste suivrait. Et c’était là toute la différence avec les nobles qui voulait perpétuer leur nom avant de s’en montrer digne par leur action. Cependant, malgré l’aversion qu’elle avait pour certains d’entre eux, elle ne pouvait tout de même pas tous les condamner d’autant plus qu’elle avait juré de chanter l’histoire du monde dans son ensemble, du point de vue des pauvres comme de celui des riches. Il lui arrivait de se produire dans des banquets comme celui qui avait eu lieu ici mais à la fin de chaque représentation elle sentait toujours sa gorge se nouer, comme si elle sentait que malgré ce désir de reconnaissance, elle ne ferait jamais partie de leur monde, et qu’elle n’en aurait jamais envie.

Quoi qu’il en soit, elle sourit à l’évocation du banquet que Nyx avait dû héberger. Lors de ses visites, bien qu’elles soient brèves, elle avait eu le temps de saisir quelques-uns des traits de caractère du trafiquant et imaginait aisément que devoir endurer la présence de tant de nobliaux devait être éreintant. Bien qu’il se soit de toute évidence rattrapé par la suite en trouvant son compte ailleurs que dans les amuse-gueules. À force de l’observer elle en était arrivée à une conclusion, bien que cela relève toujours de la théorie. Il s’était rhabillé, à la hâte sans prendre la peine de mettre ses gants qu’elle l’avait pourtant toujours vu porter et cette voix rauque accompagnait des marques des plus significatives.

Danaän ne lâcha pas Nyx des yeux, le regardant s’avancer vers les restes du buffet pour gouter aux mets auquel il n’avait pas du toucher plutôt dans la soirée ou à peine, préférant sans doute d’autres délices. Elle ne sut cependant pas comment prendre sa proposition, qui était surement sans mauvaise pensée, de prendre les restes de nourriture des nobles peu scrupuleux qui faisait affaire avec lui. Elle ne pouvait certes pas les juger sur leur fréquentation et la nature du commerce qu’ils faisaient avec Nyx, mais sa tolérance déjà grande avait des limites. Mais elle décida de ne pas se froisser, affichant à nouveau un sourire bénin. « Non merci pour la nourriture, je mange principalement liquide » Dit-elle, en faisant référence à l’alcool et en luttant pour taire une pique. Mais elle sentit qu'elle avait eu du mal à cacher sa vexation. 

En parlant de liquide, elle le vit prendre une bouteille de vodka pour l’alléger de quelques gorgées. Il n’avait lui aussi pas l’air d’être dans un bon jour. Les affaires illicites d’un trafiquant tel que lui ne devait pas être de tout repos, elle s’en doutait. Mais une multitude de questions trottaient dans sa tête qu’elle tentait d’ignorer tout en le regardant déambuler dans la salle des ventes. Il avait cette manière habituelle de marquer sa présence par une autorité naturelle. Peut-être arrivait-il à faire illusion la plupart du temps, mais à ce moment il semblait se foutre de savoir si son accablement était visible ou non. Il marchait simplement, bouteille à la main, goulot sur les lèvres. Ses yeux hypnotisant parcourant la pièce, tel un prédateur encerclant sa proie. Peut-être est-ce involontaire, mais ça lui allait bien. Comme si le naturel avait repris le dessus.  

Mais Danaän n’était pas du genre à être intimidé, même par l’autorité naturelle de Nyx. Elle s’approcha tout de même du buffet et saisit un grain de raisin qu’elle lança nonchalamment en l’air. Un bruissement d’aile lui fit comprendre que Jaskier l’avait rattrapé en vol avant de se poster sur une des vitrines encore présente pour ne plus en bouger. Elle retira ensuite le luth qu’elle portait dans le dos pour le soulager avant de le poser à côté d’elle et de s’assoie nonchalamment sur une chaise. Non pas qu’elle comptait s’éterniser, mais elle détester rester planter sur place et il y avait déjà assez d’une personne en train déambuler entre les chaises. Elle s’étira légèrement et remua doucement son épaule pour y décoincer un nerf avant de répondre à la remarque du trafiquant « En effet, je peux difficilement faire illusion, je n’aurais pas manqué de faire tache dans votre petite réception si j’étais arrivé plutôt. Finalement heureusement que l’heure est tardive. » Répondit-elle à l’évocation de son allure pittoresque.  « Sans vouloir t’offenser en retour Nyx, tu ne parais pas avoir eu une journée des plus reposantes non plus ». Dit-elle en lui jetant un regard en coin accompagner d'un sourire espiègle.

Le trafiquant déambulait toujours dans la salle et la question de l’argent ne tarda pas à venir, elle ne tardait jamais. « Je connais tes principes Nyx, alors oui j’ai de quoi payer. Mon auditoire s’est montré généreux ces derniers temps »  Annonça-t-elle en regardant le trafiquant droit dans les yeux. « Si seulement cela pouvait être plus souvent le cas » se dit-elle. Qu’importe la classe sociale, d’aucuns apprécient la musique, que ce soit pour les paroles ou par peur du silence qui plonge bien des gens dans des introspections désagréables. Mais quand bien même ils apprécient son art, ils ne semblaient pas lui donner assez d’importance pour le rémunérer correctement. Après tout, la musique n’a jamais tué aucun monstre et n’a jamais aidé les céréales à pousser. Ce n’était donc pas un métier indispensable à la communauté en soi. Mais pour Danaän, la musique était autant indispensable que le reste, les grains nourrissent certes le corps, mais c’est l’art qui nourrit l’âme et l’empathie. Mais elle n’était pas là pour débattre de cela avec Nyx, bien qu’il se doute que la conversation aurait pu être intéressante. Elle l’écouta donc énumérer ses produits et elle ne mit que quelques secondes à faire son choix parmi les drogues que proposé Nyx. Elle connaissait les marchandises et son budget qui, bien qu’il soit moins alarmant qu’à l’accoutumée, restait limité. « Ce sera Fisstech et Lunar Tear. Pour ce dernier, je n’en ai pas besoin de beaucoup »   Il lui restait un peu de marijuana et il fallait faire un choix, son budget ne lui permettant pas de tout prendre. Et après tout, il fallait qu’elle se reprenne en main. Et elle allait y parvenir… Jusqu’à la prochaine fois…



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Race Race : Vampire Supérieur
Mer 25 Juil - 0:33
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
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Ton sourcil se lèvre, narquois, curieux, aux mots de la jeune femme à propos de la nourriture. Elle fait bien ce qu’elle veut, tu te montrais juste ‘’gentil’’, tu crois que c’est le mot qu’ils utilisent, sans aucune pitié ou arrière-pensée. Tu sais très bien que tu ne mangeras pas tout ça, quand bien même il y a des mets que tu apprécies. Tu dis toujours à celui qui s’occupe de ça d’y aller léger mais non, il faut qu’il en commande pour une centaine de personnes. Tu ne sais pas ce qu’il pense. Est-ce que tu ne manges pas assez ? T’en sais rien, tu te trouves suffisamment en forme pour ne pas avoir à prendre du poids. Mais qu’importe, ça t’énerve toujours autant de gâcher de l’argent dans de la nourriture qui sera de toute évidence jetée ou donnée au roi des mendiants pour ses sujets. Peu importe, tu t’en fous, tu laisseras ton maigre personnel gérer ça demain. Tu n’avais pas la tête à t’en préoccuper ce soir, tu avais plus important en tête. Cela dit, l’alcool, tu allais l’écluser sans trop de problème. Tu secoues les épaules, détendant tes bras comme le ferait un oiseau ou n’importe quel autre animal ayant ce besoin primaire d’étendre leurs bras ou ailes, peu importe. « Comme tu veux. Il y a de bonnes choses, pourtant. Je ne mangerais pas tout, certainement pas. C’est dommage. Enfin, sers-toi si tu veux. Je m’en fiche » Tu te perds dans tes mots, ton crâne est encore embrumé des aphrodisiaques, tu es fatigué peut-être aussi. Ta journée tumultueuse dans les pattes et pourtant…

Ca ne t’empêchait pas de former des cercles invisibles dans la salle, tes pas te guidant dans un circuit inconnu entre les chaises, les vitrines et autres saletés laissées par les nobliaux. Qu’importe, tu te sentais presque chez toi ce soir. Bouteille de vodka à la main, le liquide brûlant ton semblant de gorge alors que la lune éclairait certaines zones non éclairées de la salle des ventes. Tu aurais presque voulu laisser ton corps vampirique prendre le dessus, ou alors te métamorphoser en fumée pour te glisser entre les chaises comme si tu n’existais pas. Tu avais envie d’une chasse, d’une proie que tu pouvais torturer entre tes griffes, du sang qui coulerait entre tes lèvres comme un élixir de vie. C’était peut-être ses envies qui te faisaient déambuler comme un pantin dans la pièce, te stoppant net néanmoins lorsque les mots de Danaän retentirent dans la pièce. « Effectivement. Cela dit, il ne faut pas oublier que ces mêmes hommes qui viennent en pourpoint saillant de bordeaux ou de jaune moutarde sont les mêmes qui viennent pleurer à ma porte lorsque le fisstech leur manque ou qui achètent les organes luisant d’elfes fraîchement décédés pour leur plaisir personnel. On ne dirait pas, mais finalement… On ne connaît les gens que par leurs vices, ici. L’apparence, c’est quoi finalement.. Juste un masque que l’on porte tous pour se donner bonne conscience, pour faire illusion dans ce monde. » Tu souris doucement avant de reprendre une longue gorgée de vodka. Ton rire éclate soudainement aux mots suivants de la jeune femme, raisonnant comme un carillon dans la pièce, se répercutant sur les boiseries murales et les quelques tableaux, copies, installés ci et là. « Aucune offense prise. Ce n’est qu’un juste retour de balle, n’est-ce pas ? Dure est la vie d’un trafiquant qui tente de se creuser un trou dans ce monde. » Pourri, tu rajoutas dans ta tête, n’estimant pas nécessaire de rajouter le jugement de valeur à tes mots. Tu te remets à déambuler, jusqu’à la porte contre laquelle tu t’appuies, observant la jeune femme assise sur une des chaises.

Elle ferait un bon modèle de dessin, en toute honnêteté. Avec juste ce qu’il faut de lumière, ces cheveux dorés donnent à voir une luminosité lunaire presque angélique, les yeux cernés de noirs lui donnent une beauté vampirique que tu pouvais apprécier et qui était pourtant si rare. Elle était jolie fille, tu devais bien lui accorder cela. Après tout, dans un domaine comme le sien, tu te demandais si ce n’était pas un prérequis, surtout quand on connaissait Priscilla ou l’histoire d’Essi. Cela dit, tu ne pouvais nier que Danaän dégageait quelque chose, de très particulier et de très enchanteur. Peut-être le charme des bardes, cela dit. Tu ne savais pas. Tu répondis à ses mots d’un sourire presque taquin. « Tu m’en vois ravis. Je déteste renvoyer mes meilleurs clients, surtout avec un temps pareil. » Tu grattas à nouveau une cicatrice sur ton bras, celui où ton tatouage était à peine camouflé avant de prendre une longue gorgée de vodka, te préparant à énumérer ta marchandise actuelle. Ceci fait, tu attendis la décision de la jeune femme, tes longs doigts enroulés autour de la poignée menant à la cave. Tu hochas doucement la tête lorsque la réponse vint et tu tiras sur la porte pour l’ouvrir, dévoilant un escalier droit surmonté de petits chandeliers. « Bouge pas. Je vais chercher ça. » Et tu disparu dans l’antre sombre, fermant la porte derrière toi et verrouillée par un mécanisme bien spécifique. Personne d’autre que toi et ceux dont tu autorisais l’entrée pouvait rentrer. Tes employés étaient triés sur le volet et eux-seuls pouvaient rentrer à l’intérieur de la cave.

Une fois en bas, tu observas les caisses qui s’accumulaient : antiquités et organes se côtoyaient mutuellement dans un déluge de non-sens, fisstech et vin beauclairois se languissaient de propriétaire tandis que tes doigts cherchaient les registres. Après une signature dans le registre pour le fisstech et la Lunar Tear, ainsi que le renseignement de la quantité, tu pris ce qu’il fallait. La dose habituelle de Fisstech pour Danaän, une dose unique pour toi, et quatre doses liquides de Lunar Tear, dans de tout petits flacons, à peine plus grands que ton pouce. Une fois tout cela récupéré, tu remontas en haut, oubliant au passage ta bouteille de vodka que tu avais déposée sur une des caisses en arrivant. La lumière, bien qu’affable, de la salle t’aveugla pendant quelques secondes avant que tu ne te rapproches de la jeune femme, d’une démarche nonchalante, presque maladroite. Tu déposas la dose de fisstech, rangée dans une petite bourse de coton et les quatre fioles de Lunar Tear sur la chaise à ses côtés avant d’aller récupérer une nouvelle bouteille qui traînait. Eau de vie, cette fois. « Dose habituelle de Fisstech, dose réduite de Lunar, le compte est bon de mon côté. Fais attention avec la Lunar, cependant, elle est plus forte que d’habitude, à ce que j’ai vu. » Tu l’informas, tandis que ton corps se reposait mollement contre un mur en face d’elle. Tes doigts fouillèrent dans les poches de ton pantalon jusqu’à trouver ce que tu cherchais, cette précieuse petite dose, juste assez. Tu te penchas sur une petite console, récupérant ta petite pipe après avoir placé correctement la dose, et tu n’hésitas pas une seconde avant d’inspirer toute la dose. Tu laissas ta tête retombée contre le mur, les yeux vitreux tandis que tu observais la jeune femme en face de toi, un léger rire s’évadant de tes lèvres. Elle devait probablement te prendre pour un fou, tu l’étais peut-être cela dit. Allez savoir. « Alors ? La vie de barde, c’est si fatigant ? » tu demandas, sans une once d’ironie. Tu n’étais ni sincère, ni hypocrite, juste passablement curieux. Tu n’allais, de toute évidence, pas laisser la frêle jeune femme partir alors que la pluie redoublait d’intensité.




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Race Race : Humaine
Mer 25 Juil - 20:15
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Danaän ne doutait pas de la qualité de la nourriture et avait bien compris que Nyx voulait se montrer courtois, mais de toute manière, cette nourriture était trop raffinée pour elle. Un agglomérat d’ingrédients tellement transformé qu’il était alors impossible de déterminer tout ce qui composait un simple petit four. Enfin, en effet c’était dommage. La jeune barde préférée de loin les saveurs brutes des plats que l’on trouvait dans les tavernes des bourgs. Mais le trafiquant avait lui-même dit qu’il en avait cure alors à quoi bon en débattre ?

Danaän écoutait attentivement les mots de Nyx. Il semblait les dire avec une sincérité qui trahissait peut-être un malaise bien réel vis-à-vis des autres et aussi surement de lui-même. Elle le regardait toujours déambulait dans la salle des ventes, sa bouteille à la main. « Je n’aurais pas mieux dit moi-même, et pourtant je suis censé savoir manipuler les mots… Les vices révèlent bien plus de choses sur les gens que n’importe quoi d’autre, mais je serais tenté de dire qu’ils ne suffisaient pas à définir une personne. Pour comprendre un vice il faut comprendre son origine et peut-être se cache-t-il encore autre chose sous la décadence. Peut-être que déceler une déviance revient à frapper dans une fourmilière et les vices deviennent alors comme un masque sous le masque… Mais je ne vais pas pour autant chercher d’excuses à ses nobles… »  Répondit-elle en caressant le médaillon de l’Ours qu’elle portait autour du cou sans se départir de son léger sourire. « Enfin, je me suis toujours dit qu’il était plus simple de jouer franc jeu avec soi-même comme avec les autres, ainsi il est plus simple de garder en mémoire qui l’on est sans se bercer d’illusions. Mais c’est aussi ça que je trouve fascinant chez l’homme et toute autre espèce vivant dans ce monde car les elfes, les nains et les vampires n’en sont pas exempts. C’est cette dualité permanente entre ce que l’on est et ce que l’on veut paraître qui renferme le réel intérêt » ajouta-t-elle « Mais dis-moi Nyx, est-ce le poids de ton propre masque qui te fait parler ainsi ou alors rejettes-tu l’idée d’en porter un comme je pourrais le faire ? »  finit-elle par demander, son regard acier toujours plonger dans ses iris changeants. De son côté, Danaän n’avait pas honte de ce qu’elle était, même ses addictions n’avaient pas lieu d’être caché, et de toute façon cette tâche aurait été bien compliqué, la jeune femme résistant difficilement à de nouvelles expérimentations. Un masque serait bien dérisoire et bien trop factice, après tout, elle n’avait rien fait dans sa vie susceptible de lui donner un quelconque sentiment de culpabilité… exempté une chose…

Danaän lui rendit son sourire et elle ne put s’empêcher de remarquer une nouvelle fois la cicatrice qui semblait le démanger. Elle se trouvait à proximité d’un tatouage qui soulevait à nouveau des questions. Ou peut-être pas. Après tout, elle ne pouvait pas prêter tous ses principes à chacun, car bien qu’elle cherche toujours à donner une signification à ses tatouages, il n’en était pas de même pour tout le monde. Mais tout de même, elle était intriguée, et elle voyait mal quelqu'un d’aussi… complexe que Nyx se graver une main tenant un serpent sur la peau sans y voir un symbole fort. Quoi qu’il en soit, elle lui demanderait peut-être qu’elle en était la signification un jour. En attendant, il était descendu dans sa cave cherchée la commande de la barde. Elle en profita pour se lever, flatter Jaskier d’une petite caresse sur ta tête avant de se diriger vers le buffet. Après tout, elle n’avait rien avalé de la journée et comme l’avait dit Nyx, ça allait être gâché. Autant mettre ses principes de côté par respect pour les cuisiniers qui n’avaient peut-être pas eu le luxe de goûter à leurs créations. Elle goûta alors un petit four et but une gorgée d’un vin lointain dans une bouteille ouverte. Mais finalement cette nourriture raffinée n’était pas pour elle. Elle porta alors son regard sur un panier de fruits et choisit une belle pomme qui lui donnait particulièrement envie. Elle se mit alors à parcourir la pièce comme l’avait fait Nyx auparavant en projeta négligemment le fruit dans les airs avant de le rattraper comme on l’aurait fait avec la balle d’un quelconque jeu. Elle croqua dans sa pomme en observant le contenu des vitrines. Elle avait beau apprécier les beaux objets, pour le coup il s’agissait de choses bien trop chères et encombrantes à son sens, chez elle il n’y avait la place que pour des livres et rien d’autre. Peut-être Nyx vendait-il des ouvrages rares et controversés ? Elle ne lui avait jamais demandé, peut-être un jour. Elle continua de manger sa pomme en se dirigeant vers une fenêtre. Un nouvel éclair fendit le ciel et la pluie ne semblait pas décider à se calmer. Elle eut alors une pensé pour Naga qui était simplement abrité sous une tonnelle. Enfin, le canasson était tellement une tête de mule que ça lui apprendrait tien. Elle croqua une nouvelle fois dans sa pomme en retournant s’asseoir. Le trognon avait déjà volé rejoindre une assiette pleine de reste de repas et de petit four à moitié mangé lorsque Nyx revint des tréfonds de sa maison. Il déposa alors sa commande près d’elle avant de partir s’adosser au mur. « Je te remercie et prend bonne note de ces recommandations »  dit-elle en sortant de sa bourse le compte pour la marchandise. Elle le déposa alors sur la chaise à côté d’elle en récupérant ses achats. Elle l’observa alors prendre un rail du même fisstech que celui qu’il venait de lui vendre. Elle se doutait bien que la tentation était forte chez les trafiquants de tester leurs marchandises, mais il était assez rare d’en être témoin. En tout cas, son comportement la conforta dans l’idée qu’elle se faisait de Nyx. Il ne souffrait surement pas des mêmes tourments que les siens, mais il était accablé par des pensées bien sombres. Danaän fut alors surprise d’une telle question. Il ne s’était que très rarement intéressait à sa vie jusqu’à présent. Mais un nouveau coup de tonnerre retenti et elle le remercie intérieurement d’étirer la rencontre. « La vie de barde en elle-même ? Non pas réellement. Le panel d’émotion offerte par les peuples de ce monde est tellement vaste que ce n’est pas l’inspiration qui manque, ni le travail. Mais les pauvres bougres de ce monde sont de plus en plus désabusés et il est devenu plus compliquer de trouver les mots percutant pour les toucher. Rares sont ceux qui n’ont pas été touché par la guerre et les multiples conflits qui ont animé ce monde, alors rare sont ceux qui croient encore en l’art, en la beauté des hommes et en leur capacité de faire preuve de créativité en dehors de la mise en œuvre d’une cruauté sans bornes. J’aurais tendance à être de leur avis, l'humain, dès lors qu'il laisse libre cours à la cruauté qui lui est intra secte, fait preuve d'un sublime et d'une créativité sans limite qui ont fait entrer ces événements sanglants dans l'histoire glorieuse de ces civilisations. C’est dans la barbarie et dans la guerre et l’homme trouve sa principale source d’inspiration, mais il y a pourtant tellement plus à dire... Enfin, je m’égare… être barde n’est pas fatigant, même si je voyage beaucoup et que les routes ne sont pas sûres, mais la difficulté réside dans le faite de côtoyer l’âme de ce monde décadent et en ruine, mais c’est aussi en cela que mon métier est beau ».  La jeune femme se tut quelques instants, consciente qu’elle c’était mise à parler à cœur ouvert, sans filtre, mais Nyx semblait être un bon interlocuteur. « Au final, l’accablement réside dans autre chose. J’ai beau croiser nombre de personne, ma vie n’en reste pas moins solitaire. ».  Elle finit par laisser s’échapper une soupire et un léger rire quelque peu cynique suite à ses paroles. « Je peux t’accompagner ? »  demanda finalement la jeune femme en référence au précédent geste de Nyx d’un mouvement de menton. Sans vraiment attendre de réponse, la devinant, elle sortit à son tour son matériel pour l’imiter. Elle se rapprocha alors des tables constituant le buffet en déposant l’argent près de Nyx au passage, et se dégagea un coin de table pour s’asseoir et fait son affaire. Elle avait attendu cela toute la journée et cette dose était véritablement salvatrice. Elle regarda une nouvelle fois le trafiquant dans les yeux et un sourire provoquant se dessina sur ces lèvres avant qu’elle ne dise « Je me suis toujours demandé si le fisstech avait le même effet sur les vampires que sur les humains. »



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Mer 25 Juil - 22:12
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Un léger son s’échappe de tes lèvres aux mots de la jeune femme sur ce port constant de masques entre nobles, mais pas seulement entre eux cela dit. Tu ne peux t’empêcher de humer à ces mots, les trouvant étrangement pertinents, non pas que tu pensais qu’elle était idiote, mais l’intelligence humaine était quelque chose qui ne cessait de t’étonner quand elle est était dévoilée à sa juste valeur. Tu pris une longue gorgée de l’alcool que tu avais entre les mains avant de lui répondre, choisissant minutieusement tes mots pour ne trahir ni ton malaise vis-à-vis de ce monde ni ta nature tout en lui offrant la possibilité d’en savoir plus sur tes opinions à ce sujet. « C’est ce qu’il y a de fascinant dans ton travail et c’est ce qu’il y a de fascinant dans le mien, peut-être. Nous voyons des êtres tous les jours, dotés de caractéristiques qui leurs sont propres, ou non d’ailleurs. Personnellement, je vois les deux versants d’une même pièce : les nobles pouponnés jusqu’aux ongles de pieds et les chats de gouttière sans un rond pour une baguette de pain. » Tu pris une pause, plongeant ton regard hétérochromatique dans celui de la jeune femme. Tu savais que ton regard pouvait déstabiliser, cet attrait bicolore de tes yeux rendant hypnotique ton regard mais aussi très perturbant. Cela dit, la jeune femme n’avait jamais montré de gêne particulière dans ton regard alors tu t’en fichais un peu. « Si le vice n’est qu’une coûte de surface d’une personnalité, c’est également ce qui en apprend énormément sur la personne : ce qu’il cache, ses faiblesses, ses envies. En partageant un rail de fisstech, on en apprend plus sur quelqu’un qu’en partageant une tasse de thé autour de petits fours dont le goût est à peine médiocre malgré son prix. Tout le monde porte un masque, que ce soit pour cacher ses vices ou pour que ce soit pour porter des vertus. Rares sont ceux qui s’offrent au monde tels qu’ils sont, nus devant l’inconnu, dépouillés de toute superficialité et de tout masque pouvant altérer un jugement. J’en ai rarement rencontré, en tout cas. Ils sont si rares que l’on croirait à un mythe, comme la fée mamoune. » Tu laissas un léger sourire se poser sur tes lèvres avant de diriger ton regard vers ton bras pendant quelques secondes puis de reposer tes yeux sur la jeune femme. « Et pour répondre à ta question, je suis comme le reste du monde. Je porte un masque, je me fonds dans la foule, je suis l’illusion de ce que pourrait être mon être. Après tout, comme beaucoup de mes clients, tu ne connais qu’une parcelle de mon identité, à commencer par mon prénom. Je cache beaucoup, je dévoile beaucoup. Mais ce masque ? C’est une sécurité, surtout pour quelqu’un comme moi qui trempe dans l’illégalité permanente. Mais dis-moi Danaän, es-tu sûre de ne pas porter de masque ou est-ce que tu essayes de te convaincre que tu n’en portes pas ? » Tu connaissais de nombreuses personnes, persuadées de ne porter aucun masque mais qui au fond.. essayait juste de se convaincre qu’ils n’étaient pas comme le reste du monde, qu’ils étaient différents et n’avaient pas besoin de ce masque. Tu pouvais y croire, tu en avais vu, des gens sincères et désintéressés. C’était juste… tellement rare ! Cela dit, si la jeune femme te le disait, peut-être que tu la croirais ? Peut-être. L’éternel est pavé de doutes, et ceci est à rajouter à ta liste aussi longue que tes années de vie.
Tes pas te guidèrent jusqu’à la caverne d’alibaba où chaque produit était entreposé avec une minutie qui t’était propre. Tu ne supportais pas que tes affaires soient mal rangées, mal organisées. Tu aimais pouvoir trouver chaque produit en un clin d’œil, sans avoir à farfouiller dans chaque caisse avant de mettre la main sur ce qui t’intéressait véritablement. Ainsi, tu ne mis guère de temps avant de trouver les deux produits demandés par la jeune demoiselle qui t’attendait à l’étage. Ton passage furtif dans les escaliers se solda de l’éteinte progressive des bougeoirs, une magie installée par une mage qui fut de passage dans Novigrad et à qui tu avais demandé les services pour que toute les bougies de ta cave soient magiques, comme celle de tes appartements. Pour ce qui était de la salle des ventes, tu aimais à ce que la magie n’y réside pas. Tu estimais qu'il y avait suffisamment de magie dans la demeure pour qu’il n’y en ait pas plus et tu appréciais, mine de rien, cette forme de régularité que tu pouvais prendre dans le fait d’allumer les bougies et chandeliers toi-même lorsqu’il était nécessaire de le faire, de même que de les éteindre au début de chaque nuit. C’était une routine que tu t’accordais, malgré l’irrégularité de ta vie, une forme de normalité dans un schéma qui ne l’était absolument pas. Tes pas, ainsi, te guidèrent à nouveau auprès de ton invitée et cliente du soir, te laissant aller contre un mur après avoir renifler une légère dose de fisstech. Suffisante pour que tu puisses te sentir bien mais pas assez forte pour que tu puisses contempler tes souvenirs dans le kaléidoscope des couleurs saturées données par les effets de la drogue. Ce n’était pas plus mal. Lorsque tu étais seul, ce n’était même pas une question à se poser, mais tu n’étais pas seul et tu ne voulais pas te dévoiler plus que davantage. Ta folie n’avait de cesse de grandir mais tu étais bien heureux de la garder pour toi, personne n’avait le besoin d’en savoir autant sur ta personne et ce n’était pas si l’intérêt était grand non plus. Tu ne serais jamais la personnalité héroïque chanté par les bardes de ce monde, après tout tu n’étais qu’un invité finalement, un intrus sur une terre hostile et décharnée qui s’évertuait de vous tuer petit à petit par des lois et des règles qui régissaient une communauté déjà peu grandissante. Dans ton monde, cela aurait été différent. Tu serais peut-être déjà le leader de ton clan, brandissant le drapeau de l’héroïsme vampirique et la chandelle de l’union qui se tendait entre les membres du clan. Tu aurais pu être tellement de choses dans ton monde et pourtant.. Tu étais aujourd’hui réduis à n’être qu’un trafiquant de bas étage, vivant dans l’obscurité et l’illusion d’une vie, te camouflant derrière des faux semblants transparaissant de tes iris bicolores. Le vert et le bleu de ta famille, l’empirisme d’une famille qui était peut-être déjà éteinte dans ton monde. Tu ne savais pas si le temps s’écoulait de la même manière, tu étais toujours aussi perdu par toutes ses notions. Mais qu’importe, ta vie n’était pas idyllique, tu ne la souhaitais à personne mais tu te complaisais dans sa noirceur, dans sa brutalité et sa cruauté, tant de traits qui étaient aussi semblables qu’antipodiques de ton monde.

L’orage fendait le ciel en deux et tu sentis, d’un rapide coup d’œil vers la jeune femme, qu’elle était presque reconnaissante que tu t’appliques dans la conversation comme une diversion pour ne pas qu’elle chope la mort. La mort était mauvaise pour la clientèle et pour les affaires, quand bien même tu opérais dans le trafic d’organes. Un mort sur ton palier ne sentait rarement bon, même si tu t’évertuais pas la suite à dédommager la famille et les proches. Sauf pour les traitres. Eux, ils méritaient le silence d’une mort funeste, le silence accordés à ceux dont la bouche divulguaient des plans et informations à quiconque pour une poignée de couronnes. La loyauté s’achetait, tu l’avais bien compris. Mais tu pensais, naïvement, peut-être, qu’au vu du nombre de couronnes versées dans chaque bourse de tes employés, que c’était suffisant. Peut-être pas. Tu remettais beaucoup de choses en question présentement, cela en faisait partie. Danaän était-elle elle-même loyale ? Tu n’en savais rien. Cela dit, tu écoutais ses mots avec intérêt, laissant tes ongles glissés contre les rainures du bois de la console à tes côtés tandis que tes iris bicolores ne quittaient son visage. « Le voyage est un danger autant qu’un luxe, ici. N’est-ce pas ? Seulement, comme tu le dis, c’est ce qui peut permettre à la créativité de venir. Il permet de voir les ruines de monde, de ces terres, de voir le sublime dans l’horreur et la fascination dans le dégoût. C’est une vie fascinante, que tu mènes, à bien des égards. Autant par la création et l’imagination dont tu te nourris et que tu diffuses, dans l’espoir juste que quelqu’un t’écoute et te reconnaisse sur le parvis d’une place. L’humain est fascinant, c’est certain. Surtout lorsqu’il laisse libre court à ce qu’il est, sans chercher à cacher ce qu’il y a de plus malsain en lui : notamment la cruauté. Rien n’est plus beau qu’un corps, qu’un homme, qui s’adonne à une cruauté sublime. Un véritable acte instinctif, primaire. C’est d’un rare. Les humains sont obligés de faire le mal par le biais d’outils, gâchant le véritable potentiel et l’adrénaline qui découle de faire tout soit même. Mais je divague, n’est-ce pas ? » Tu souris doucement, repensant encore au même jubilé que tu avais ressentis en brisant le cou de ton traître ce matin. C’était rare, que tu t’adonnes à ce plaisir, mais lorsque cela arrivait… Cela te marquait pour quelques heures, comme une euphorie prolongée dont l’effet était presque aussi salvateur qu’une dose de drogue. « La solitude est une luxe et une plaie, comme le voyage. Lorsque l’on est seul, on rêve de trouver quelqu’un avec qui partager quelques instants et lorsque l’on est entouré, la solitude devient la meilleure option possible pour se réfugier, se sentir en sécurité. » Tu ajoutas, doucement, avant de faire un geste de la main à la jeune femme pour qu’elle te suive dans ta frénésie illicite. Après tout, elle allait probablement être encore là pour quelques temps, alors autant qu’elle prenne ses aises. Tu l’acceptais dans une partie de ta demeure, celle qui était la moins privée, qui en dévoilait le moins possible sur toi alors qu’importe. Tout sera nettoyé au petit matin alors ce qui se déroulait dans cette pièce cette nuit n’avait guère d’importance. Tu levas néanmoins un sourcil à la remarque de la jeune femme et tu te rapprochas, presque avec la démarche d’un prédateur, d’elle. Tu te penchas, récupérant une bouteille qui traînait au sol, de vin cette fois, en profitant pour murmurer ta réponse dans le creux de son oreille, ton souffle chaud caressant sa peau et rappelant ô combien tu pouvais être dangereux et mortifère, si elle ne le savait pas déjà. « Je n’en sais rien, ma foi. Tu demanderas au prochain vampire que tu croiseras dans ta vie, si tu sors vivante de cette rencontre. » Le sourire malicieux que tu portais sur tes lèvres en te redressant était salvateur pour toi, tu trouvais sa remarque amusante et la provocation dans sa voix et son sourire presque inutile. Tu sentais qu’elle avait des doutes sur ta nature mais ce n’était pas pour autant que tu allais te dévoiler. Pas aujourd’hui en tout cas, pas ce soir. Ce n’était pas le bon soir pour les confessions d’ordre d’ethnie ou de race. Il y avait de meilleures occasions qu’un orage impromptu pour ce genre de choses.




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Ven 27 Juil - 21:09
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Danaän était contente d'avoir réussi à piquer suffisamment l'intérêt de Nyx pour qu'il s'engage dans cette conversation avec elle. Elle avait pu constater qu'il était parfois difficile de lui arracher quelque mot et elle avait maintes fois cherché à en savoir un peu plus sur lui. Il faut dire qu’il avait le don de l’intriguer et elle soupçonnait une vie des plus mouvementés et complexes. « Je croise toute sorte d'individu alors les nobles et chats de gouttière je connais, et en effet, les deux ont leur intérêt, nous voilà donc d'accord. Mais je dois avouer que d'une certaine manière je t'envie... Tu es bien placer pour démasquer la plupart des gens sans effort. Personnellement, je peux me targuer d'avoir appris à sonder les gens pour les comprendre, mais je dois tout de même gagner leur confiance pour en apprendre plus sur eux ou les percer à jour. Ou alors user de ruse... Alors que de ton côté… qui ne ferait pas confiance à son dealeur ? Tu es en première ligne pour voir tous ces personnes sous leur vrai jour et voir ce qui se cache sous les faux-semblants, cela facilite les choses. Mais je peux comprend que l’on n’ait pas envie de voir sous les masques non plus… Il y a bien trop de raisons alors de perdre foi en cette triste et divertissante humanité. » La jeune femme suivit le regard de Nyx sur son bras, cette cicatrice, au même titre que ce tatouage l'intrigué. « Ai-je vraiment besoin de connaître ton nom dans son intégralité pour me faire une idée sur ta personne ? Si tu ne savais pas que je m'appelais Danaän est-ce pour autant que tu aurais une autre opinion de moi quelle qu'elle soit ? Je sais bien que tu voulais sous-entendre que l'on ne connaît que ce que tu voulais bien montrer de toi, mais on peut deviner le reste par transparence dans certains cas je suppose. À mon avis, et sans vouloir faire ma psychologue de comptoir les masques sont bien souvent là pour se protéger et ne pas avoir à souffrir du regard des autres plus que pour se dérober à son propre regard. On ne peut souffrir de voir son reflex dans les yeux des autres et s’en trouver vulnérable… Loin de moi l’envie de dire que tu l’es…» Danaän marqua une pause l'espace d'un instant pour réfléchir à la question qu’il lui avait retourné. « Personnellement je n'ai rien à cacher. Certes les gens n'ont pas besoin de connaître mon passé, mais je n'ai pas honte de ce que je suis et de ce que je fais pour gagner ma vie ou la foutre en l'air. Alors non, je pense être sincère avec moi-même et les autres. » Danaän observait Nyx, tentant de déceler ses réactions et déceler une quelconque pensait qui pouvait lui traverser l'esprit, mais c'était une personne qu'il était difficile de déchiffrer malgré toutes ses capacités d’analyse.

À présent qu’elle avait ce qu’elle était venus chercher, elle se fit violence pour faire preuve d’un minimum de retenue et ne pas y plonger son nez dedans à l’instant où elle l’avait obtenu. Leur conversation se poursuivait et elle écoutait toujours les paroles de Nyx avec un intérêt non feint malgré sa fatigue et son envie irrépressible de consommation irraisonnée de fisstech. « Un luxe ? »  répondit-elle au sujet des voyages et de la vie des bardes  avant de continuer aussi tôt. « Peut-être ... Peut-être pas. Ces nobles vivant dans le luxe voyagent sûrement à travers le monde, mais ne prennent pas le temps de voir les choses. Ils ne voyagent pas sans raison, seulement pour affaire, d'un point A à un point B. J'ai tendance à penser qu'il faut être libre de toute richesse et responsabilité pour apprécier un voyage, tel que je le conçois en tout cas. Et si tu parles du coût d'un trajet ou d'un hébergement, personnellement, mon cheval me suffit et lorsqu'il n'en fait qu'à sa tête, mais jambes prennent le relais. Et pour l'hébergement, je préfère le toit qu’offre la voute céleste aux poutres poussiéreuses d'une auberge. »  La jeune femme marqua une pause pour se masser la nuque douloureuse et reprit son discoure en s’étirant légèrement. « Pour ce qui est du danger, on m’a appris à me défendre dès mon plus jeune âge, ses armes ne sont pas ornementales. Mais il est vrai que je n'envisage pas mon métier sans voyage, l'inspiration ne vient pas à toi, tu dois venir à elle et te nourrir en permanence de la nouveauté et de l'insolite. Il faut voir le monde pour voir l'extraordinaire dans le geste le plus anodin, le sublime dans l'immonde et faire de l'histoire la plus noire, une ballade des plus lumineuses. »  Danaän repensa à quelque rencontre qui avait donné lieu à ses plus belles créations. Bien souvent il s’agissait de personnes perdues, incertaine, mais dont la souffrance ou la naïveté renferme une violence et une douceur saisissante. Nyx avait raison, il avait su cerner son quotidien et l'attrait de son métier. Lorsque l'homme se révéler tel qu'il était, dans sa violence et sa fragilité, cela donne lieu à une beauté divine et grotesque. Elle l'écoutait alors décrire la sauvagerie pure d'un acte spontané. « Les hommes mettent leur créativité dans la création de ces outils, qu’ils soient de torture ou martiaux, pour soi-disant se détacher de son animalité considérant que l'utilisation d'outil et le propre des créatures pensantes. Ils pensent qu'il est donc plus humain de faire souffrir à l'aide de piques et de lame au lieu de simplement briser la nuque de quelqu’un. L’humanisme est tout relatif et chacun à sa propre définition… Navré il semblerait que je t'ai suivi dans ta divagation… »  Ajouta Danaän en soutenant son regard. Elle se mit alors à repenser à certains combats qu'elle avait mené seule ou avec son père et au plaisir qu'elle avait pris à pratiquer cette danse macabre. Ce n'était pas le faite de tuer en lui-même qui lui plaisait, c'était davantage le fait de jouer avec cette fine frontière séparant la vie de la mort, frôler cette dernière sans jamais succomber. Elle n'était pas suicidaire, elle en était quasiment sûre, mais elle aimait remettre sa vie en jeu, et c’était comme une sorte de défi qu’elle se lançait à chaque fois à elle-même et au destin. Ses pensées qui l’avaient soudainement assailli lui enlevèrent quelque peu son inhibition mais la réponse de Nyx sur la solitude la renferma dans l'état de catatonie dans lequel elle se trouver la nuit dernière. « La solitude est un luxe seulement lorsque les personnes qui nous entourent sont les mauvaises. Mais lorsque la personne qui a fait de nous ce que nous sommes, qui faisait partie intégrante de nous n'est plus, alors la solitude devient simplement un fardeau trop lourd. Il suffit d'une personne pour ne jamais se sentir seul sans pour autant rechercher la solitude,… Il suffit simplement que ce soit la bonne. »  Danaän réalisa qu'elle parlait décidément avec trop d'aisance ce soir, la fatigue sûrement, les nerfs aussi. Quoi qu'il en soit, elle se ressaisit en affichant un sourire sur les lèvres, baissant la tête quelques secondes pour laisser s’échapper un soupir avant de la redresser pour afficher son air espiègle habituel. Décidément, elle avait bien besoin d'un remontant et l’invitation de Nyx tombait à point nommé. Danaän sentit bien vite les effets de la drogue. Des picotements parcoururent son corps, ses vaisseaux sanguins se rétractèrent et son cœur s'emballa quelques secondes. Elle ferma les yeux un instant, inspirant profondément. Les picotements se transformèrent en frémissement et une douce euphorie s'empara d'elle. Le mal de tête qui martelait son crâne jusque-là s'était estompé pour laisser place à d'autres sensations étourdissantes. Elle ouvrit de nouveau les yeux pour constater que Nyx était toujours adossé au mur, son regard hétérochromatique toujours aussi perçant.

Maintenant qu'elle s’était ressaisie, son aplomb était revenu, mais elle ne s'attendait pas à cette réponse de la part de Nyx suite à sa provocation. Il s’approcha d’elle avec ce regard funeste qui lui allait si bien et se pencha près d’elle. Malgré sa surprise, elle ne broncha pas et garda son air effronté. Elle sentit alors le souffle de Nyx dans son cou et ses mots glisser dans son oreille. Elle ne put réfréner un  frisson traversant tout son corps. C'était bien jouer, elle devait bien l'admettre et elle aurait dû s'y attendre. Mais elle tenta de ne rien laisser paraître de ses frémissements et ne perdit pas son aplomb suite à ses quelques mots. « Si je rencontre un vampire et qu'il y a contentieux, je sais que je n'aurais aucune chance mais j'aurais au moins eu la satisfaction de lui donner du fils à retorde. » Dit-elle en ponctuant son discoure d'un sourire amusé et d'un haussement d'épaules. « Mais une chose est sûre, tu parles de l'humanité comme si tu n'en faisais pas partie… Heureusement que nous ne partageons pas une tasse de thé et des petits fours à la qualité toute relative. » . Dit-elle en saisissant doucement la bouteille de vin qu'il tenait pour en boire une longue gorgé avant de la lui tendre à nouveau, le tout sans se départir de son sourire et de son regard malicieux. Elle avait bien compris qu’il ne voulait pas aborder le sujet, mais elle tenait simplement à lancer ces dernières petites provocations.



Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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Race Race : Vampire Supérieur
Sam 28 Juil - 16:04
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania


Tu n’étais pas friand des longues conversations, tu estimais toujours que les actes parlaient plus que les mots. Rares étaient les humains qui captivaient suffisamment ton intérêt pour que la conversation dure plus que quelques minutes de politesse. Danaän avait quelque chose, et tu n’arrivais pas à saisir quoi, qui te poussait à parler. Tu aurais pu, peut-être, en d’autres circonstances, lui raconter tes voyages, de dévoiler plus que par des suppositions, des hypothèses et des opinions neutres que tu partageais à la volée. Pour toi, les mots n’avaient de la valeur que si les actes suivaient, les mots étaient un vent bruyant, une simple mélodie qui pouvait être aussi véhémente que tendre, c’est pour cela que tu t’en méfiais autant que tu en avais cure. Les actes, les actions, les faits étaient ce qui forgeait ton esprit et ton opinion plus que les mots que tu employais pour les décrire. Les mots avaient un pouvoir, parfois, celui de détruire ou d’assainir une âme mais tu savais plus que tout que la violence physique, les actes, étaient ce qui détruisaient un homme le plus facilement, avec ou sans douleur. « C’est là que nos deux occupations se ressemblent et se diffèrent. Comme tu l’as dit très justement, qui ne ferait pas confiance à son dealer, à celui qui occupe ses mains et qui emplit son être de substances infâmes ? Qui ne parlerait pas à celui qui aurait pourtant promis, tacitement, de ne rien dire tout simplement parce qu’il est l’exutoire le plus simple ? être trafiquant apporte son lot de secrets et je pourrais presque monter un réseau d’informations au vu de tout ce que je possède. Mais là n’est pas le plaisir. Ton occupation apporte plus de plaisir que pourrait en avoir un dealer dans toute une vie. Tu offres aux gens la possibilité d’être heureux, même pour quelques minutes, de se laisser aller sans pour autant mettre leur vie en danger. Alors oui, tu dois gagner leur confiance, tu dois te battre pour des informations, pour des miettes. Mais n’est-ce pas là tout l’enjeu d’être barde ? » Un sourire, faible, mais un sourire quand même traversa tes lèvres alors que tu écoutais les mots de la jeune femme, attentif. Tu l’étais de plus en plus, ta conscience prenait cette forme de mimétisme aux côtés de la jeune femme, suivant ses mots comme une histoire racontée par un doyen dans les temps anciens. Tu étais curieux de nature et même si, ô combien tu souhaitais que cette nature disparaisse, tu ne pouvais résister bien longtemps. Tu penchas la tête, curieux de ses paroles. « Un nom est un nom, j’en conviens. Un prénom n’est qu’une suite de lettres qui se lient ensemble pour former une phonétique particulière que l’on donne en identification à un individu. Correct ? Mais un nom est plus que cela. Un nom est une identité. Surtout dans mon domaine et dans le tien. Bon nombre de bardes se cachent derrière un nom de scène pour être tranquille, pour masquer vices et défauts ou même leur vertu. Nous ne sommes pas si différents et pourtant, nous ne connaissons rien de l’autre si ce n’est nos occupations primaires. Mon masque t’empêche de voir ce qu’il y a derrière, ce que mon véritable prénom pourrait révéler à tes yeux et pourtant.. Ce masque n’est qu’une illusion, ce n’est pas comme si je cachais mon identité. Cela dit, pour revenir sur mes précédents propos, tu es obligée de contourner, de fouiner, pour trouver quelque chose que je ne dévoile pas délibérément, n’est-ce pas ? Cela donne.. Du défi, peut-être. Une curiosité supplémentaire à chercher. Cela dit, tu as raison. Le masque cache la vulnérabilité qui peut se masquer derrière un nom, derrière des lettres et des sons. Et même si je sais que tu ne le sous-entends pas, bien sûr que mon masque cache ma vulnérabilité et si il n’était pas là, cela ferait bien longtemps que ma tête serait sur pique ou mon corps sur un bûcher, ou peut-être même que je me serais pendu ? Va savoir. La vulnérabilité est une faiblesse que l’on ne doit montrer que lorsque la confiance est stable et même là… Sommes-nous vraiment apte à juger d’une confiance fondée quand on sait à quel point l’homme et les autres races sont versatiles à ce sujet ? » A nouveau, un sourire, tendre cette fois, en directement de la jeune femme qui était face à lui ; ouverte comme un livre, laissant transparaître tout ce qu’il était possible de transparaître dans ses émotions. C’était attachant, c’était touchant pour toi de voir une telle ouverture de la part d’une humaine et tu ne pouvais que trouver cette vulnérabilité solide charmante. Deux parts de toi se battaient : celle voulant briser cette vulnérabilité, voulant briser tout ce qui pouvait être fragile et l’autre qui ne souhaitait garder cette innocence et cette vulnérabilité ouverte protégée. « Cette innocence, Danaän, préserve-là. C’est si rare en ce monde. Mais prends garde, tout le monde n’est pas aussi appréciateur que moi. L’innocence et l’acceptation de la vulnérabilité au grand jour est dangereux, tu t’exposes ainsi à ce que l’on s’attaque à toi. Non, pas physiquement, moralement, mentalement, psychologiquement. Et cette vulnérabilité, cette ouverture pourrait être ce qui causera un jour ta perte. » La vulnérabilité, c’était dangereux, même si tu étais conscient que la femme que tu avais en face de toi était peut-être capable de te mettre à terre au moins pour quelques secondes. Tu savais qu’elle pouvait se battre et se défendre, mais que pouvait-on faire lorsqu’on attaquait sur des choses ancrées dans l’âme ? C’était une question à laquelle tu ne pouvais répondre, toi porteur du masque.

Tu laissas les mots de la jeune femme percutés tes oreilles, souriant doucement à chaque mot qui venait effleurer les murs. Elle n’avait pas tort, cependant, tu n’étais pas totalement d’accord avec elle sur tout. Vous n’étiez pas cent pour cent compatibles sur vos idées, et en cela, c’était bien normal. Tu aurais trouvé ça subitement étrange que vous partagiez tout deux les mêmes opinions en ayant des vies diamétralement différentes, une différence s’étendant même jusqu’à l’essence même de vos âmes. Après tout, tu n’étais pas humain ; tu agissais comme tel, vivait comme tel, parlait comme tel mais tu étais tellement loin d’être un humain. Tu étais un monstre qui avait pris le voyage comme un exil, comme un châtiment presque divin et c’était ta croix. Tu savais que dans, quoi, 10 ou 20 ans, tu devrais partir de nouveau, par peur d’être découvert. Tu ne savais pas ce que le futur te réservait et tu ne voulais tenter le diable. Même si, dans cette pièce, à cette heure tardive, tu étais celui portant le masque du diable. « Si l’on exclut les nobliaux, le voyage est un luxe. L’ouvrier qui doit se rendre sur le même chantier tous les jours pour ramener un maigre morceau de pain sur sa table le soir ne peut avoir le luxe de voyager. Il est cantonné à une routine qui le tient attaché à là où il est sans aucune option d’échappatoire. Je ne suis pas si différent de lui, à cet égard, même s’il m’arrive de voyager. Mais c’est en cela que ton travail devient une véritable spécialité. Tu voyages, tu découvres, par ton simple désir de liberté et de vivre ainsi et parce que tu n’as aucune attache nulle part, tu n’as nul endroit où tu dois être chaque matin ou chaque soir pour assumer ta propre survie. C’est en cela que le voyage est un luxe. Tout le monde en rêve, comme un songe dans lequel un ouvrier est le héros, mais rares sont ceux, de basse fortune toujours, qui peuvent jouir de ce plaisir que de découvrir les terres qui les entourent. Et c’est ce qui forme ton inspiration, comme tu le dis. Je ne dirais jamais assez que la spécialisation en tant que barde est un travail aussi épuisant que fascinant à bien des égards. Nombreux sont ceux qui plongent dans l’assassinat à force de ne pas réussir à conquérir par les mots, mais ce sont ses derniers les plus fiers symboles de leur occupation. Ceux qui comme Maître Jaskier débusquent dans les mots une symbolique nouvelle, qui trouvent dans l’absurdité et l’insolence la beauté et le sublime, qui s’amourachent de paroles plus que d’actes mais qui se comblent d’ouvrages et de musique. J’aimerais à dire que vous êtes une espèce à vous tout seul, vivant par vos propres lois et faisant fi de ce qui existe déjà. C’est un noble métier avec risques et plaisirs, si bien équilibrés qu’il en est difficile d’être maître. Cela dit, je te le souhaite. » Tu étais sincère, ton regard bicolore scannant la jeune femme en quête d’une quelconque volonté à devenir ce que tu avais énoncé. Cette jeune femme avait du potentiel, c’était certain, elle était gracieuse et volatile, comme la fumée, harmonieuse et insolente, comme pourrait l’être un oiseau. Tu aurais pris plaisir, il y a quelques années, à la torturer de mots et d’actes désillusionnés, mais l’innocence qui s’évaporait de ses pores te poussaient à lui laisser la liberté et à ne jamais se mettre en travers de son chemin, rester l’ombre qui lui servait sa poudre. Tu n’étais qu’une ombre, à bien y penser. Pas véritablement humain, pas véritablement monstre, une ombre planquée dans les coins des pièces, contemplant l’éternité avec un dégoût passible d’un suicidaire. Tu étais jaloux, parfois, de cette mortalité presque facile d’accès des humains, eux qui pouvaient jouir d’aimer et de mourir avec la personne la plus appréciée. Toi ? Tu te contentais d’apprécier pour quelques heures car l’attachement venait avec la peur de la mort, aussi futile soit-elle à tes yeux. Tu savais que ton cœur ne serait probablement jamais pris, jamais libre de faire ce qu’il veut, pour la simple et unique cause que ton éternelle vie serait une cause suffisante pour te faire disparaître. De plus, tu savais suffisamment de faiblesses comme ça. Rajouter à cela une personne au compteur ne ferait qu’aggraver ta situation en plus d’avouer délibérément que tu avais un fétiche pour les êtres humains et que tu abhorrais ta propre race en tant que partenaire. « Cela est bien vrai. Il suffit de voir comment ils font la guerre : catapultes, arbalètes, épées et fourches. C’est insuffisant. C’est navrant, presque. Quitte à tuer, autant le faire soit même avec ses armes naturelles et si tu n’en es pas capable, tu ne tues pas. L’acte est d’autant plus beau et fertile lorsqu’il est fait avec tout notre être, comme une communion entre la mort et l’âme, c’est jouissif. Je trouve cela plus humain de tuer de ses propres mains qu’avec une arme, un outil. La culpabilité peut-être plus forte, cela dit, mais c’est un détail. Enfin, qu’importe, là encore, tout est relatif. » Tu balayas tes propres d’un revers de la main avant de suivre la conversation qui cette fois-ci portait sur la solitude. Si tu n’avais pas encore compris que la jeune femme avait perdu quelqu’un, il était temps pour toi de le comprendre mais tu l’avais pressenti. Comme elle l’avait dit plus tôt, ton travail te donnait lieu à ce genre d’observation et ce genre de conclusions. Ceux qui venaient solliciter tes produits ou tes faveurs ne venaient pas parce qu’ils étaient heureux : ils ne l’étaient pas. Ils étaient tristes, en rage, seuls, mortifiés. La perte d’un être faisait partie de ses qualifications et au fur et à mesure que la jeune femme parlait, ta main te picotait dangereusement.

Une envie, malsaine, te prenait de la prendre avec toi, de soigner les plaies qui visiblement étaient toujours ouvertes et cette main, non gantée, porte vers la violente, cette même main qui avait tué le matin même, souhaitait se poser sur la peau de porcelaine de la jeune femme et tu le refusais. Un léger grognement s’échappa de tes cordes vocales, que tu camouflas par tes mots, plus rapides que prévus. Qu’importe, tu n’étais plus à une erreur près à ce stade. « A tes mots, il n’est pas difficile d’imaginer la perte de quelqu’un dans ta jeune vie de barde, n’est-ce pas ? Il est difficile de voir les êtres partir, surtout les êtres aimés. La solitude est la solution la plus probable à ce genre de problèmes. S’enfermer dans sa tête dans l’espoir que le chagrin laisse sa place à autre chose, qu’il s’en aille pour embêter d’autres âmes en peine. Seulement non. Ça n’arrive jamais, n’est-ce pas ? Quand bien même il se substitue, cela reste là, ancré. La solitude est dangereuse, c’est une arme mortelle qui ferrait n’importe quoi pour que l’on reste dans ses bras, pour que l’on se meure avec elle. Mais trouver la bonne personne qui peut soigner cela est peut-être un combat des plus compliqués pour une existence. Certains ne la trouvent jamais ou se perdent en chemin. Telle est la dureté de cette vie, n’est-ce pas ? » Tu demeurais face à elle, accolé au mur comme le roi de cette demeure, comme si tu étais encore le prince de la nuit de ton monde. Tu n’étais qu’une pâle copie de ce que tu étais auparavant. La drogue ne te faisait que peu d’effets, juste un léger tourbillonnement, quelques frissons ci et là mais tu étais lucide, à ton grand désarroi. Il en fallait beaucoup pour mettre un vampire en déroute, c’était bien dommage. Ton regard restait percé sur la jeune femme ; elle était presque hypnotisante à sa façon. La manière dont son corps réagissait à la drogue te faisait presque frémir, ça avait l’air plus agréable que les sensations que ton propre corps éprouvait face à la drogue. Tu aurais aimé, pour une fois, être humain, ne pas être un monstre aux yeux de tous. Si Danaän se posait véritablement la question de pourquoi il portait un masque, il suffisait de contempler l’histoire dans sa grandeur. Chaque invité de l’être humain était voué à la destruction par ceux-ci et même si au fond de toi, tu rêvais d’avouer ta nature, tu ne pouvais prédire les conséquences.

Cela dit, tu t’amusas des réactions humaines de la jeune femme. Chaque frémissement de sa peau, tu l’avais senti alors que répondais à son insolence et sa provocation. Tes narines respiraient l’odeur presque envoutante de l’humaine que tu aurais pu tuer en un seul mouvement. Un petit sourire se plaqua sur tes lèvres tandis que ta main libre se posa sur son visage, ton ongle glissant le long de sa mâchoire pour relever son visage vers le tien, l’obligeant à te regarder dans les yeux. Tu observas ses traits pendant quelques fractions de secondes, tes iris bicolores ne perdant aucunes miettes de ce qui était présent. « Je doute que tu aies un jour la chance de donner du fil à retordre à un vampire, cher demoiselle. Si je peux te donner un conseil, ne joue pas avec le feu avec ces monstres-ci, tu y perdrais plus que ta vie. Bien évidemment que ta vie, tu pourrais faire une croix dessus, mais il y a tellement plus à perdre que cela, peut-être l’ignores tu, peut-être que non. Cela dit, il serait dommage de gâcher une vie comme la tienne juste pour avoir une réponse si peu pertinente de la part d’un être si peu intéressant qu’un vampire. » Tu espérais mettre suffisamment le doute dans sa tête pour qu’elle ne se doute absolument pas que la personnalité qu’elle avait en face d’elle, faisait partie de cette caste que tu méprisais de tes mots. Tu gardas ton doigt sous son menton pendant quelques secondes, ne le retirant que lorsqu’elle prit la bouteille de ta main. Ton regard fut immédiatement attiré, pendant quelques maigres secondes, vers son cou où une goutte de vin avait glissé. Une fois la bouteille rendue, tu glissas ton doigt sur la peau si frêle et si pâle du cou de la barde, récupérant la goutte de vin. Tu éloignas légèrement ton visage, restant néanmoins proche d’elle, ton regard bicolore fixé sur elle, tel un prédateur observant sa proie. Sauf qu’elle n’était pas une proie. « Est-il vraiment nécessaire de s’identifier à quelque chose pour en faire partie ou pour en parler ? Hm, laisse-moi en douter. Après tout, regarde-moi, je suis trafiquant mais je suis aussi consommateur et pourtant, je crache du venin sur ceux qui achètent mes produits parce qu’ils sont perdus et pourtant.. Je ne suis guère mieux qu’eux à bien des égards. L’humanité ne concerne pas seulement l’être humain, elle concerne également les elfes que l’on dénigre bien trop souvent, cela concerne les nains, les dryades et toute espèce vivante, pensante et sensitive de ce monde, non ? » Tu penchas légèrement la tête, glissant le doigt qui avait récolté la goutte de vin entre tes lèvres, nettoyant cette dernière de ta langue avant de prendre une gorgée de la bouteille de vin que tu avais de nouveau dans ta main.




Relieve the pain in the night
And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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