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When you're deep of the hole, keep digging. ft. Elijah Nyx Caedreach
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Race Race : Humaine
Dim 29 Juil - 23:12
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Malgré le sérieux de leurs conversations et leurs circonstances clandestines, Danaän aimait parler avec le trafiquant. Ils avaient des opinions communes sur certains points mais heureusement, pas tous. Sans désaccords il n’y a pas de débat et sans débat, il n’y a pas d’évolution ou de prise de conscience. Non pas que cette conversation aller changer le monde mais peut-être la barde en sortirait elle grandit ou au moins riches de nouvelles perspectives. Concernant la puissance des mots, sans qu’elle ne puisse le savoir, leurs avis divergeaient. Danaän voyait le langage comme un outil, une arme au tranchant parfois émoussé mais lorsqu’il était maitrisé, aussi acéré qu’une lame. Pour elle, user de paroles pertinentes représentées une action en tant que tel. Les mots peuvent faire et défaire bien des choses, des paix, des guerres, des romances, des antagonismes, des abstentions ou des algarades. Des grands discours ont parfois fait bien plus que des coups d’épée. Elle n’était cela dit pas une pacifiste, les conflits et les guerres représentaient l’essentiel de son fonds de commerce après tout… « Faire naitre des émotions chez mon auditoire, c’est en tout cas tout ce que j’espère. Apporter une étincelle éphémère de réconfort et de poésie… » répondit-elle avant de poursuivre « Je ne doute pas de la quantité d’informations que tu dois détenir, plus que je ne pourrais en amasser au cours de ma vie. Mais j’imagine qu’un réseau d’informations, au-delà du faite qu’il soit déplaisant d’après tes dires, ne serait pas judicieux et mauvais pour tes affaires. Cela pourrait te couter des clients sans aucun doute. Mais tu as raison, je ne me plains pas de la difficulté d’obtenir des informations. Si elle était trop facile à obtenir, il n’y aurait alors plus aucun défit, le jeu en deviendrait bien fade et n’en vaudrait plus la chandelle. » Une fois encore Nyx la ravissait de sa répartie. Il était plaisant d’entendre quelqu’un répondre par autre chose qu’un assentiment pur et simple ou un désaccord non argumenté. Et Nyx savait argumenter. « J’aurais tendance à dire que les noms d’emprunt en apprennent donc autant que les noms véritables, si ce n’est plus sur ce que l’on veut montrer et donc cacher, car c’est un nom que l’on choisit et non pas que l’on hérite. Me voilà donc curieuse de connaitre ton véritable nom, à supposait que ce ne soit pas celui-ci que tu ferais passer pour ton masque au profit d’un autre. Ainsi je pourrais tenter de savoir ce qu’il me relèverait de toi. Mais si je ne le connais pas encore, c'est que tu ne veux surement pas me le révéler » dit-elle en lui souriant gracieusement. Elle avait relevé l’allusion à une autolyse par pendaison. Nyx se détestait-il donc à ce point ? Est-ce son activité qui en était la cause ou son passé si inaccessible ? Dans ce cas, elle ne voyait pas en quoi se cacher derrière un masque pouvait le sauver de lui-même et de ce qu’il pensait de lui. Le reflet que l’on voit dans le miroir reste le même, non ? Et on ne peut pas facilement oublier les choses que l’on fuit. Même si les autres ignorent ces blessures, elles sont enracinées en nous. Bien qu’il est commencé, elle se demandait s’il était judicieux de le questionner sur une éventuelle tentative de suicide avant de se raviser. Mais surement aurait-il eu une bonne répartit à ce sujet également. « Et tu as raison, c’est là que réside l’intérêt dans la quête de réponse dissimulé. Les personnes les plus récalcitrantes à dévoiler leur secret sont les plus intrigantes et il est alors grisant de les dévoiler. Peut-être aurais-je du devenir espionne … dommage que la politique ne m’intéresse pas. Enfin, il est vrai que l’inconstance des hommes et des non-humains a tôt fait de bannir toute confiance de l’équation et légitime donc l’utilisation de masque pour se préserver, voir duper pour son propre compte et au détriment des autres. » Alors qu’elle parlait, Danaän ne quittait pas Nyx du regard, et captait tous ses mouvements, ses sourires, essayant de les comprendre, les interpréter. À aucun moment il n’avait eu l’air médisant ou mesquin. Il avait même l’air bienveillant par moments, ce qui ne manquait pas de la surprendre. « Je n’appellerais pas cela de l’innocence, mais soit. L’exposition de ce que je suis serait dangereuse s’il était possible de me blesser en se servant de cela. Mais comme je te l’ai dit, j’ai pleinement conscience de ce que je suis et de mes travers. On ne peut blesser quelqu’un qu’en se servant des défauts qu’il tenterait de cacher, d’ignorer, de voiler. Or, je connais les miens et les accepte. Mais je suis touché par ta sollicitude bien qu’elle semble contraire à ton éthique. Si je me trouvais un jour blessé dans mon orgueil j’aurais alors davantage de raison de revenir vers toi pour oublier mes tourments. Et si un jour je dois tomber à cause de mon innocence, c’est que j’aurais finit par me voiler la face quant à ma nature et que je l’aurais par conséquent perdu ». La jeune femme s’étonna que le trafiquant s’inquiète ainsi qu’elle préserve ce qu’il appelait de l’innocence, mais cela ne manqua pas de la toucher. « J’ai décidé de faire de cette honnête vulnérabilité, une force et un bouclier imbrisable, je ne sais s’il le restera mais du moins je l’espère. Après tout, peut-être qu’un jour je me mettrai à avoir honte ou à regretter mes actes, personne ne sait de quoi demain sera fait. » La jeune femme était persuadée, convaincue que son assurance rendait tout attaque inutile et vaine à la blesser. Peut-être avait-elle tord mais jusqu’à maintenant aucune de ses rencontres ne l’avaient démenti.

Nyx semblait sincère. Il décrivait le travail des bardes mieux qu’elle aurait pu le faire. Mais les choses qui nous paraissent naturelles n’ont plus lieu d’être expliquées et il parfois dure de décrire quelque chose qui nous est tellement proche... Mais Nyx avait une manière presque poétique de dire ces choses et une sincérité que Danaän ne put s’empêcher de trouver très agréable. Elle aimait donc ces mots qui réveillaient en elle ses désirs de reconnaissance, de postérité. Elle voulait être vue comme une source de divertissement poétique salutaire. « En effet, j’avais omis de voir les choses sous cet angle, j’ai parlé d’être libéré de responsabilités et un ouvrier n’en a pas la possibilité, ou alors ne veux pas prendre le risque et c’est compréhensible. Soit, je me considère donc chanceuse de ma liberté sans laquelle je ne pourrais pas être épanoui, les voyages devenant une composante indispensable de son métier… Et je me rends compte que parler d’épanouissement après être venu faire des achats chez toi est bien discordant. Quoi qu’il en soit, je me porte donc garante d’apporter le monde aux oreilles de ceux qui ne peuvent le voir. Je suis contente que tu fasses référence à Maître Jaskier, qui est d’ailleurs un nom d’emprunt, on y revient toujours… C’est lui qui m’a insufflé cette vocation dans ses écris et j’aspire à ce que mon œuvre atteigne ne serait-ce qu’un dixième de sa légende. Encore une fois je te remercie pour ta prévenance et j’espère atteindre mes objectifs aussi audacieux soient-ils » Danaän était encore jeune, elle le savait. Maître Jaskier avait vécu bien plus d’aventure qu’elle n’en connaîtrait sans doute dans sa vie, mais elle ne perdait jamais espoir de marcher sur ses traces. Elle repensa soudain à leur précédente conversation sur les masques et une dangereuse innocence, en fin de compte, ses espoirs étaient surement sa principale faiblesse et elle ne supporterait sans doute pas de voir ses rêves briser et de mourir dans l’oubli de tous sans n’avoir rien apporté à ce monde déliquescent dont elle voulait tout connaitre. Elle repensa donc aux paroles de Nyx et une triste évidence lui sauta aux yeux. Peut-être que son assurance dissimulée la peur d’un possible échec, peut-être est-ce cela son masque… Un pincement au cœur accueillit cette pensée mais elle tenta bien vite de l’oublier en se concentrant sur leur conversation en essayant de ne rien laisser paraître, mais il était difficile de se découvrir subitement une faiblesse au détour d’une conversation qui se voulait anodine au-delà de son sérieux. « Je ne sais pas si je peux te donner raison car bien qu’en combat je puisse considérer mon corps comme une arme, étant dépourvu de griffe je vois mes dagues comme le prolongement de mes bras et malgré toutes mes capacités, je doute que ma force brute soit suffisante pour briser des os, tordre des cous ou alors transpercer l’abdomen d’un homme de part en part. S’il s’agissait d’un enfant peut-être… » Ajouta-t-elle en haussant doucement des épaules d’un ton neutre. « Me voilà donc navré que tu vois en moi quelqu’un de navrant » dit-elle sans même se soucier d’avoir l’air désolée. « Cela dit, je serais tout de même d’accord avec toi pour dire que tuer de ses mains, sans artifices serais plus humain, cet adjectif étant à mon sens très approprié aux actes de barbarie. L’humain n’étant véritablement doué que dans l’art de la destruction de ce qu’il crée, ne comprend pas ou tout simplement de lui-même.» Il s’agissait là d’une certitude qu’elle avait acquise dès ses premiers instants dans ce monde, lorsqu’elle ne connaissait alors qu’une grotte humide et puante, la douleur de blessures infectées et le toucher d’un homme infâmes, monstrueux, humain… En fin de compte, la personne la plus humain qu’elle avait connu, selon les critères de ce monde, était un mutant rejeté et conspué de tout.

En parlant de sa solitude, Danaän se rendit compte qu’elle était comme les clients qu’elle avait blâmé quelques temps auparavant et qui se confiaient plus facilement à leur dealeur qu’à n’importe qui d’autre. Elle n’avait pas pour habitude de parler d’elle, de ses émotions ou de son passé, mais étrangement et indépendamment de sa volonté, Nyx avait réussi à lui délier la langue. Peut-être était-elle plus à l'aise avec lui qu’elle ne l’aurait cru… Qu’importe, impossible de revenir en arrière, les informations étaient lancées et étrangement, cela était libérateur dans une certaine mesure. De toute manière elle savait que Nyx ne ferait rien, et ne pouvait rien faire de cette information et elle pourrait difficilement en être blessée dans tous les cas car c’était un fait et elle ne pouvait rien y faire. Comme le disaient certains philosophes stoïciens, il était inutile de se torturer avec des évènements qui n’étaient pas de notre ressort ou de notre fait. Mais elle ne pensait pas qu’une conversation avec Nyx la concernerait autant. Danaän écoutait la réponse de Nyx, curieuse de savoir ce qu’il aurait à dire sur ce sujet et lorsqu’il commença à parler, son oreille musicale crut déceler un feulement tapi sous ses mots. Peut-être avait-elle rêvé, peut-être est-ce la fatigue… « Mon père… » Dit-elle simplement en serrant son médaillon de l’ours dans sa main légèrement tremblante avant de reprendre son aplomb. « En effet, le vide laissait par les personnes disparues ne se comble jamais et même si le temps arrive au bout d’un moment à estomper la douleur, le manque reste et les souvenirs demeurent déchirants, cruels ou simplement amers. Solitude mortifère… Tu as bien résumé les choses, à croire que tu souffres du même mal… ?» Le regard de la jeune femme était toujours plongé dans celui de Nyx. Il semblait maîtriser son masque à merveille, parvenant à rester placide, limite flegmatique, ou alors elle ne parvenait pas à voir les signes pouvant trahir ses émotions, trop occupé à se noyer dans les siennes…

Danaän n’avait pas prévu de parler d’elle ce soir, et ses provocations étaient un moyen de reprendre le dessus sur ses tristes sentiments et détourner la conversation de sa personne. Mais elle n’avait pas prévu ce qui avait suivi. Elle avait déjà rencontré un vampire supérieur dans sa vie, et pas des plus jeunes, mais elle n’avait jamais eu peur et ne s’était jamais senti menacée, en danger. Nyx pourtant, avait réussi à lui faire douter de ses capacités et surtout, il avait réussi à lui faire sentir toute la violence dont il pouvait faire preuve par ses simples mots, ses simples gestes qui étaient pourtant des plus lent et à la limite de la tendresse. Elle sentit son ongle glisser sur sa peau, la trancher presque laissant un frisson à son passage. Elle n’avait d’autres choix que de le regarder dans les yeux et n’avait de toute manière pas l’intention de s’y soustraire. Mais elle eut l’impression que l’intensité de son regard n’avait encore jamais été aussi incisive, presque douloureuse. Elle calma son rythme cardiaque qui s’était emballé l’espace d’un instant et parvint tout de même à maintenir son regard impertinent, imprudent peut-être. Des battements d’ailes de Jaskier se firent entendre, visiblement inquiet d’une subite proximité et un croassement d’avertissement résonna sur les murs de la demeure. Il se calma cependant alors que sa maîtresse reprit la parole, comme rassurer par sa capacité à garder un semblant de contrôle sur la situation. « Tu sembles porter une estime toute relative à cette race. D’un côté tu loues leurs capacités, de l’autre tu fustiges jusqu’à leur existence. Étrange. Cependant ne me sous-estime pas ! J’ai conscience qu’un affrontement me couterait la vie et je ne suis pas suicidaire. De toute manière, si un vampire en a après ma vie, je n’aurais pas le loisir de jouer avec le feu, n’est-ce pas ? Et que puis-je perdre au-delà de la vie ? Tu as l’air bien renseigner sur le sujet alors peut-être sera tu prompt à me l’apprendre. » Dit-elle avec arrogance alors qu’elle portait le goulot de la bouteille de vin à ses lèvres enfin libérée de l’étreinte tranchante du trafiquant. Elle avait décidé de ne pas avoir peur, après tout elle avait élevé par un sorceleur et Luther lui, n’avait peur de rien. Peut-être est-ce là son erreur mais qu’importe. Voilà que Nyx passait son doigt sur son cou pour récupérer une goutte ruisselante de vin. Celle fois l’analogie avec un prédateur était une évidence. Bien que les propos de Nyx disent le contraire, ses gestes faisaient gronder l’instinct de la barde. Chacun de ses gestes semblait vouloir prouver sa supériorité physique et chercher à lui faire comprendre qu’elle était à sa merci et encore en vie par son bon vouloir. Elle garda son regard ancré dans celui de l’homme alors que sa voix laniaire franchit à nouveau ses lèvres. Danaän était loin d’être la seule à maitriser la rhétorique, c’était certain et peut-être la maitrisait-il mieux qu’elle. Il tentait de démentir ses insinuations et il aurait pu y parvenir s’il n’y mettait pas autant de soin et si ses gestes ne la confortaient pas dans ses suppositions. Au demeurant, bien qu’elle n’en ait pas les capacités ou l’instinct, elle avait reçu l’éducation d’un sorceleur et avait appris à déceler la nature des monstres et des gens. Son habilité à cerner les individus, elle l’avait perfectionné avec le temps et au cours de ses voyages. «  Tu as raison, il n’y a pas d’obligation à s’identifier à un groupe pour en faire partie, mais ne penses-tu pas que c’est un pan de notre personnalité, de notre individu que l’on renie alors en bloque ? On n’en demeure incomplet, imparfait. Je ne suis pas adepte du déterminisme mais je pense que nous sommes conditionnés par ce que nous sommes et l’endroit d’où l’on vient, qu’il s’agisse d’une classe sociale ou d’une patrie. Il est difficile d’aller à l’encontre de sa nature, de s’en détacher, elle finit toujours par ressurgir… Ou alors il faut porter un masque particulièrement infaillible ». Conclut la jeune femme dont le corps avait cessé de frémir mais dont l’esprit était encore troublé. Il était bien difficile de se découvrir une faiblesse lorsque l’on se pensait infaillible.



Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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Race Race : Vampire Supérieur
Lun 30 Juil - 16:46
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania


Il t’était déjà arrivé, à plusieurs reprises, d’assister à des concerts menés par des bardes, que ce soit à Novigrad ou ailleurs. Généralement, tu étais caché dans l’assemblée, comme une ombre inoffensive, ce que tu devais bien avouer être rarement. Cela dit, il y avait une certaine fascination qui émanait de ces concerts, la façon dont les histoires étaient racontées, narrées et chantées de façon à donner au public une version parfois édulcorée des faits. Tu avais eu la chance d’assister à un concert de Maître Jaskier, lors d’un de tes voyages à Beauclair la belle. Ainsi, la discussion sur le métier de la barde qui était chez toi était somme toute intéressante et plus que pertinente au vu de ton intérêt pour les arts, surtout la musique. Bien sûr, cela restait une discussion assez triviale qui pourtant, par le poids des mots, demeurait sévère et sérieuse en tous points. « Et le monde ne demande pas plus, n’est-ce pas ? Ton art, ton métier, est une bulle de réconfort, une forme de sanctuaire pour ceux qui viennent t’écouter, et si jamais tu te demandes, oui, je t’ai déjà entendu en concert à Novigrad. C’est un métier honorable, difficile parce qu’il faut savoir édulcoré une histoire de mots aussi légers que peut être l’amour, et qu’il faut savoir manier les mots comme si cela était inné, ce qui ne l’est absolument pas. L’art de la rhétorique n’est pas un art pour rien, n’est-ce pas ? et il n’est pas étudié et enseigné pour rien non plus. C’est fascinant, je dois dire. » Tu étais sincère et bien que cela soit quelque chose qui arrivait rarement, tu n’arrivais pas véritablement à te résoudre à ne pas l’être avec Danaän. Elle avait cette flamme innocente en elle qui t’obligeait à dire la vérité ou à éluder pour ton propre bien. « C’est exactement ce que je dis. La difficulté des informations à percevoir dans ton métier est ce qui ranime la flamme d’une telle profession pour bien des bardes. Certains jouent de leur date, s’amusant du Grand Jeu de l’aristocratie et de la bourgeoisie ou des charmes d’une peau frêle et d’un visage poupin. Mais je pense que le plus excitant dans cette quête d’informations est le jeu, le défi qui s’élève à pouvoir maîtriser son partenaire seulement par des mots, par des lettres bien ajustées et des rimes chantante. Et je suis sûr, Danaän, que tu y arrives particulièrement bien, au vu de ton esprit éclairé. » le prénom de la demoiselle résonnait extrêmement bien à tes oreilles, tu trouvais. Elle avait presque un nom qui pourrait aller à un vampire, mais tu savais bien qu’elle n’avait rien de cette race, elle était purement et simplement humaine. Cela se voyait dans sa condition, dans son regard. Les vampires n’avaient pas cette flemme dans les yeux, cette envie de vivre, cette petite étincelle à la moindre information que tu dévoilais sur toi. Aux mots de la jeune femme, un nouveau maigre sourire éclaira ton visage partiellement. « Les gens ont tendance à oublier de regarder devant eux quand on leur donne quelque chose, s’imaginant être sûrs ou pensant simplement s’être trompés. Mon véritable prénom n’est pas un secret. Il est un autre masque, bien évidemment. Quelqu’un comme moi se doit d’en avoir plusieurs à disposition. Cela dit, mon prénom, celui qui m’a été donné par ma génitrice, n’est pas un secret, juste une identité, juste de tes lettres alignées pour m’identifier auprès de ceux qui travaillent avec moi de jour. Ceux qui viennent à la nuit tombée me connaissent sous ce penchant lunaire, et ne se donnent rarement la peine de découvrir qui se cache derrière cette identité syllabique. Mon prénom est marqué sur cette maison, ancré dans les racines mêmes de cette demeure, il suffit juste de bien regarder pour pouvoir le découvrir. Cela dit, le savoir ne t’apportera que la satisfaction d’avoir peut-être plus d’intelligence que la majorité des camés qui viennent pleurer à ma porte au beau milieu de la nuit. Il te faudra creuser davantage pour savoir ce qui se cache sous la surface et ça… Ça dépendra de ce que tu es prête à donner pour le savoir, ce que tu es prête à laisser de toi. » La menace était sourde. Quiconque s’approchait ou s’attachait trop à toi au point d’en laisser quelques informations sur ta personne prenait des risques. Après tout, toute personnalité qui avait réussi à comprendre ton jeu, tes masques était morte aujourd’hui. Vieillesse ? Meurtre ? Maladie ? Peu importait. Si tu te sentais menacer, tu annihilais ce qui te faisait du tort. Les explications étaient futiles dans ces cas ci. Tu avais le pouvoir de remédier à nombreuses situations épineuses sans pour autant sentir la culpabilité te ronger, tu en profitais. L’un des rares avantages à être un vampire, peut-être ?

Seulement un de rares. Car il y en avait peu. D’où tes nombreuses tentatives d’en finir, d’achever cette vie qui t’emmenait si loin de ce que tu étais, de ceux pour qui ton affection était intemporelle. Tu ne te détestais pas, mais presque. Tu cachais des doutes, des sentiments, des peurs derrière cette carapace assurée, cet homme enjôleur qui plaisait aux femmes et aux hommes, derrière ce bourreau, ce trafiquant au passé inconnu. Mais ton reflet, dans le miroir, était toujours celui d’un homme triste à en mourir. « Les personnes les plus récalcitrantes sont parfois aussi les plus dangereuses et celle dont il faut se méfier à tout prix. » Tu pris une pause, douce, ton regard fixé sur elle. Il n’y avait pas de menace, juste un conseil sous de bonnes paroles. Tu savais à quel point s’approcher de toi pouvait être destructeur. Déjà parce que tu l’étais pour toi-même et parce que la pitié ne faisait plus partie de toi depuis bien longtemps. « Cela dit, tu as raison. La haine presque viscérale de l’inconnu, de l’étranger, et j’appuie sur ce mot, a tôt fait de rendre paranoïaque les autres, de pousser tout le monde à porter un masque, au détriment des sentiments d’autrui, parfois même pour jouer avec ceux-ci. C’est triste, lorsqu’on y pense. On est en droit alors de se demander si les relations dites d’amour sont réelles, s’il ne s’agit pas d’un piège quelconque. Que les relations d’amitiés ne sont finalement pas tout simplement basées des échanges concrets d’informations ou d’autres éléments de ce type.. Où est la confiance lorsque tout le monde se cache ? » Tu demandas, presque à toi-même. Tu comprenais un peu d’où venait ta méfiance mais aussi le pourquoi les gens n’osait pas t’approcher. Ton masque était effrayant mais ta véritable nature l’était presque tout autant. Comment se révéler et être honnête quand le monde entier te détestait juste pour ton existence, sans même connaître ce qui pouvait se cacher sous la surface ? Comme être juste et droit quand le monde entier te méprise pour ce que tu représentes ? Tu soupiras doucement. Des mensonges d’omission, de survie, voilà à quoi était rythmée ta vie. Même avec ta petite sœur, finalement. « Je trouve cela admirable, cela va sans dire. Mais comme tu l’as dit toi-même, les mots sont dangereux et tu n’es pas innocente au fait que quelqu’un peut remonter tes propres défauts, que tu as accepté, contre toi, pour te mettre au plus bas. Cela dit… C’est effectivement contraire à mon éthique professionnelle. Personnellement, le monde se porterait mieux sans toutes les saloperies que je vends. Mais il faut bien quelqu’un pour faire le sale boulot. Il faut bien quelqu’un pour offrir un réconfort que personne d’autre n’offre, non ? Chaque client en moins est une perte dans la bourse mais au final, c’est peut-être un mal pour un bien. » Après tout, tu ne prétendais pas être le mal incarné non plus, contrairement à ce que les humains essayaient de faire croire. Tu avais des sentiments, des valeurs, et personne ne pouvait d’arracher cela. Tu les cachais, au fond de toi, pour que personne ne vienne les briser mais ils étaient là. Tu pouvais hurler de dédain, cracher du venin ou tuer de sang-froid mais une personne en moins dans ta liste était possiblement une place pour toi dans ce monde. « Je suis bien d’accord avec cela. Demain est chose bien incertaine et il n’y a que les nobles pour être aussi sûrs de leur futur. Cela dit, fait attention à ce que ton bouclier reste à jamais intact. Les lendemains sont durs, le futur n’apporte rien de bon, et peut-être découvriras-tu une faille dans ta composition ? » Un nouveau sourire insuffla à ton discours la bienveillance rare que tu souhaitais transmettre, sans pour autant omettre le danger qui résidait dans que honnêteté et innocence. La mention de maître Jaskier donna cependant un nouveau souffle à la conversation que tu gardais rivé sur la jeune femme plutôt que sur toi-même. Il n’était guère question de t’exposer, mais si ta confiance vis-à-vis de la jeune femme était plus ou moins grandissante à bien des titres. « Ce n’est pas si discordant. Tu prends la liberté de trouver plaisir et confort chez moi par le biais de ce que je vends plus que pour ma conversation, ce n’est certes guère admirable pour moi mais c’est ce qui donne une forme d’épanouissement, surtout si tu trouves une forme de bonheur dans ces produits. Tu as la liberté et le luxe d’en prendre, c’est, malgré ce que l’on en dit, rare. Ton métier te donne la possibilité d’ouvrir le réconfort aux autres et un peu d’égoïsme est loin d’être néfaste tant que tu ne fais de mal à personne, je pense. Pour ce qui est de Maître Jaskier, je ne suis point étonné que ce soit Julian qui ait insufflé ton désir de devenir barde. Bien d’autres sont passés avant toi et d’autres viendront après toi mais son œuvre demeure presque intemporelle. Sa légende se montre par ses proses et ses rimes, à toi de suivre l’exemple et de former ta propre légende. » Tu remarquas, non sans un peu d’observation, la petite flamme de tristesse qui enflamma les yeux de la jeune femme en face de toi. A quoi avait-elle bien put songer, pendant ces maigres secondes ? Probablement réfléchissait-elle à son avenir, tu n’en savais rien et tu ne pouvais la questionner à ce sujet, là n’était pas ton devoir et tu ne pouvais te permettre une curiosité des plus déplacés. Ce qui se passait dans la tête de Danaän n’appartenait qu’à elle et tu ne pouvais la forcer à te parler quand toi-même tu gardais beaucoup au fond de toi, comme un coffret à secrets dont la clé n’appartenait qu’à et à toi seul.

Tu te rendais compte par la suite, que ton avis sur le combat en disait beaucoup sur ce que tu étais, par essence et que tu avais fait une erreur, presque catastrophique. Mais tu ne pouvais ravaler tes mots et encore moins remonter le temps. Certains mages en avaient peut-être le pouvoir mais tu n’étais pas mage, juste vampire. Cela dit, tu écoutas tout de même les mots de la jeune femme, la tête légèrement penchée sur le côté, curieux des mots qu’elle allait employer. « Je ne peux qu’être d’accord sur ce point. L’humain a été, on dirait, conçu pour détruire ce qu’il crée. Il n’y a rien qu’à voir le nombre d’enfants tués par leurs parents, ou pire, vendus en esclavages. Et ces guerres incessantes contre quelqu’un qui lui ressemble ? C’est injuste, c’est malsain et barbare. Cela dit, lorsqu’il est question de combat, je pensais essentiellement au meurtre et à l’assassinat plus qu’au combat de survivance. J’utilise moi-même des dagues, des kukris plus exactement, pour me battre lorsque le combat en demande. Mais au lieu que l’homme ait développé ce besoin de création destructrice, il aurait été intéressant qu’il développe sa position à être fort et à faire par lui-même le mal qu’il génère, tu ne penses pas ? Être capable de tuer d’un seul mouvement de la main est réservé à si peu de gens que la beauté de l’assassinat devient factice, illusoire… Pourtant, il n’y a rien de plus beau, je trouve, qu’un assassinat. Se trouver sur la victime, entouré du sang ou des réminiscences d’un corps. Les meurtres et assassinats passionnels sont les plus excitants, je pense, en plus d’être les plus destructeurs pour l’esprit. Tuer la personne que l’on aimait, lui offrir le dernier repos, c’est.. Grisant.. » A nouveau, une forme de ronron, de grognement guttural, s’échappa de ta gorge en sentant l’adrénaline du meurtre. Tu avais tué, plusieurs fois, des personnes pour qui tu avais de l’affection. Ton frère était exempt de cette catégorie puisque son meurtre t’avait brisé. Mais tu avais déjà tué une amante, que tu étais sur le point d’aimer mais qui se jouait de toi brillement. Tu l’avais tué d’une griffe au niveau du cœur ; sentimental. Tu étais resté, pendant plusieurs heures, près de son cadavre, jusqu’à ce qu’il soit totalement dénué de chaleur. Seulement, l’acte t’avait grisé au plus ou moins. Tu étais malsain. Tu ne le cachais pas et visiblement, tu ne le cachais à pas Danaän non plus. Les vampires étaient des animaux, violents, sauvages difficiles à apprivoiser, et si elle ne se doutait peut-être que d’un quart de sa nature, il fallait qu’elle soit consciente du danger qu’elle prenait si elle en côtoyait un, même si ce n’était pas voulu de ta part. Ce genre de feulement, de grognements, c’était terriblement instinctif et lorsqu’ils venaient à s’échapper, cela allait généralement contre ton envie, sauf pour certaines occasions particulières. Si tes mots avaient pour but de découvrir un brin de vérité sur la jeune femme, tu ne t’étais pas attendu à ce qu’elle réponde véritablement, même si elle avait annoncé plus tôt qu’elle était toujours honnête. Omettre ou ne pas répondre n’était pas du mensonge ou de la malhonnêteté. « Mes condoléances. » Tu soufflas, un nouveau feulement soulignant tes mots tandis que ton regard restait ancré dans le sien, remarquant bien à quel point elle tenait au médaillon entre ces doigts. Un sorceleur ? Père ? Voilà quelque chose de peu commun, tu devais bien l’avouer, et tu allais peut-être trouver quelque chose à ce sujet dans tes affaires. Tu te décidas à lui offrir un peu d’honnêteté de ta part, à sa question. « J’ai vécu longtemps Danaän. Ce serait mentir que de dire que la mort n’a pas été présente à chacun de mes voyages. Les souvenirs sont tout ce qu’il me reste aujourd’hui, presque. Vivre dans le passé, dans les souvenirs, n’est pas bon mais que reste-t-il d’autre quand tu es ce que je suis ? Un trafiquant ne se fait que rarement des amis, encore moins des amours. On vit du malheur des autres en espérant que cela que l’on commet ne nous tuera pas. La solitude mortifère, comme tu dis, est un mal dont chacun souffre au moins une fois dans leur vie, je n’en suis pas exempt. Une personne comme moi vit dans la solitude et les souvenirs. Mais tu es jeune. Ne t’enferme pas là-dedans. Cela te tuera avant même que tu aies l’occasion de t’en rendre compte. » Ton regard s’éloigna, pendant quelques secondes, de celui de la jeune femme, observant l’orage s’abattant dehors comme une tornade. Sans surprise qu’il n’y ait que peu de clients ce soir au vu de ce temps. Ils devaient s’enfermer dans les égouts.

Une adrénaline nouvelle se glissa sous ta peau lorsque tu t’approchas du visage de la jeune femme, tes iris bicolores l’analysant jusqu’au moindre détail de son visage. Tes doigts marquant de façon invisible les lieux où tu pourrais la tuer, rien que sur cette parcelle de chair, se complaisant de la douceur qui était sous ton épiderme. Le corbeau de la jeune femme ne t’intéressa pas le moins du monde lorsqu’il croassa. Tu pouvais très bien le faire taire d’un seul mouvement, mais tu décidais que non. Ce serait trop en révéler sur toi et ton essence, et tu en avais bien assez dit pour l’instant. Ainsi, tu lâchais, presque à contrecœur la peau de la jeune femme, te redressant très légèrement avant d’avoir un petit rire à ses mots, un feulement se faisant sentir également. Tu étais si proche de l’être animal, et si lointain de celui était accordé à ta race. Une panthère, peut-être. Qu’importe, tu divaguais encore. « Cette race est le cancer de ce monde, vois-tu. Des invités, détestés et anéantis par les êtres humains, encore et encore pour leur violence, pour leur goût du meurtre… N’est-ce ainsi pas normal de les détester et de fustiger leur existence ? Ils n’ont rien à faire dans ce monde et devraient retourner là d’où viennent mais la magie. Ah la magie ! Quelle délicieuse invention. Cela dit, tu as raison. Tu n’auras jamais l’occasion de jouer avec le feu avec un vampire, surtout s’il a décidé de faire de toi sa proie. Si il est conciliant, ce qui s’avère être rare parmi cette race mortifère, peut-être auras-tu le droit de t’échapper avant qu’il ne t’étripe comme un vulgaire animal. Si tu crois que le pire qu’un vampire peut faire à un humain est le tuer, crois-moi, c’est terriblement faux. La mort est le salut. Un vampire peut.. » Tu pris une pause, te rapprochant à nouveau de la jeune femme, glissant ta main entière autour de son cou, ton pouce dessinant une arabesque sur sa peau. Tu ne serais pas ta prise. « te réduire en esclavage, rien qu’avec des mots ou avec l’attrait du sang. Il peut très bien te détruire l’esprit et te laisser pour compte. Il peut te torturer jusqu’à ce la vie soit à deux doigts de te prendre sans pour autant jamais t’offrir ce plaisir. Il peut te violer jusqu’à ce que ton corps brûle de douleur, il peut t’affliger les pires tortures physiques et psychiques que tu n’oserais imaginer. Il peut t’enfermer dans une cage, te laisser te vider de ton sang rien que pour voir les vampires inférieurs devenir fous à l’odeur du sang. Il peut t’enlever tout ce qui fait de toi, toi. Je te le dis, la mort est un salut de l’âme, surtout pour eux, pas une finalité triste. Oh non. » A chaque mots que tu avais prononcé, ta main avait bougé, glissant de son cou jusqu’à son visage, tes ongles s’enfonçant très légèrement dans la chair de sa mâchoire, glissant dans ses cheveux. Tu voulais lui montrer la puissance d’un vampire simplement par la douleur de certaines caresses anodines. Tu t’éloignas alors très légèrement d’elle, à nouveau, ton regard furibond posé sur elle, dont l’insolence grisait ton esprit au plus profond de ton être, dont la provocation était si forte que tu pourrais trouver du plaisir à la tuer alors qu’elle jouait avec les malheureuses insinuations que tu avais lâché. Elle était fille de sorceleur, elle devait se douter de ce que tu étais. Ca ne te plaisait que peu. Mais tu ne pouvais la tuer sur une simple supposition, ce n’était pas éthique et tu n’étais pas d’humeur au ménage. « Je ne pense pas. L’imperfection par l’indépendance à un groupe, c’est peut-être plus une spécificité ou une originalité. Ne pas ressembler à ce qu’ordonne ton groupe d’essence, n’est-ce pas une originalité en soit, quelque chose de bien particulier qui te rend si unique aux yeux des autres, à tes propres yeux ? Seulement, je suis d’accord, plus tu caches ton essence et ta nature, plus elle tend à revenir. Ce n’est pas pour rien que le masque est obligatoire dans ce genre de cas, comme tu le dis. C’est pour ça que je porte le mien en permanence et que mon indépendance est prise depuis bien longtemps. » Il sourit doucement, un nouveau léger ronron s’échappant de sa gorge tandis qu’il glissait sa main vers les cheveux humides de la jeune femme, déplaçant une mèche derrière son oreille. « Mais ce n’est pas de ton ressort, n’est-ce pas ? Tu ne portes pas de masques, tu es honnête et tu embrasses ta race et ta naissance. Alors pourquoi ce questionnement, chère Barde ? » Tu te doutais bien que la raison de cette interrogation venait du mystère qui s’échappait de ton être.




Relieve the pain in the night
And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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Race Race : Humaine
Mar 31 Juil - 17:41
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Alors comme ça Nyx l’avait déjà entendu chanter ? Danaän se demanda à quelle occasion il avait pu assister à un de ces concerts mais plus encore, elle était curieuse de savoir ce qu’il avait bien pu en penser. Bizarrement son avis, plus qu’un autre, l’intéressé, et au vu de leur conversation et de ses opinions des plus pertinentes son avis serait certainement constructif, qu’il soit négatif ou non. Elle ne l’avait jamais vu pourtant à une de ses représentations, en même temps, elle n’avait pas réellement cherché… Et pour cause, une fois qu’elle avait déterminé un angle d’attaque en quelque sorte dans le choix de son répertoire, elle se plongeait dans la musique, se concentrant sur les notes, sa voix, se laissant transporter autant que son public dans l’onirisme d’une chanson, car comment transmettre des émotions si nous ne parvenons pas nous-même à les ressentir ? Danaän exprima son assentiment au propos du trafiquant par un sourire cordial et un hochement de tête. Il avait raison, à leur manière leur métier avait une finalité commune : apporter un réconfort éphémère que ce soit par l’ingestion de drogue ou l’oubli de ses problèmes dans la contemplation des aventures des autres. « Trouver les bons mots pour atteindre l’auditoire, c’est là le défi, comme trouver le bon dosage d’une drogue pour soulager ses maux. En effet, la rhétorique s’apprend et se perfectionne toute la vie et j’ai bien peur qu’on ne puisse jamais prétendre la maitriser totalement. ». Danaän n’aurait jamais osé imaginer que discuter avec Nyx deviendrait aussi naturel et évident. Si cet orage n’avait pas prolongé cette visite, peut-être serait-elle vite rentré chez elle, regarder les étoiles de sa mansarde, l’orage ce soir en l’occurrence, s’abreuver de fisstech et non de conversation. Elle ne regrettait finalement pas la tournure qu’avait prise cette journée si mal partie à l’origine. « Et c’est un jeu dont je ne me lasserais surement jamais. »  répondit la jeune femme, cette fois avec un sourire franc, espiègle. « C’est dans cette quête d’informations que l’usage de la rhétorique prend tout son sens, je suis d’accord et je te remercie au passage pour le compliment. Mais ce n’est qu’en la présence de personnes pertinentes que les esprits éclairés comme tu dis, peuvent s’éveiller. »  Dit-elle, flatter de ce compliment auquel elle ne s’attendait pas. Décidément, il ne cessait de la surprendre et la flatterie dissimulée que lui adressa la jeune femme était aussi sincère que semblaient l’être ses paroles. L’usage des mots était d’autant important pour elle qu’elle en avait était privée durant la moitié de sa vie. On pourrait penser qu’après avoir retrouvé l’usage de la parole, Danaän en aurait usé et abusé pour rattraper toutes les années de silence perdues et s’exprimer sur absolument tout, mais il n‘en fut rien, habituer au silence ce n’était pas quelque chose qui l’effrayer et contrairement aux autres, elle était consciente de l’importance de ce don et n’avait pas l’intention de le gâcher en discoure futile et inepte. Ainsi autant que possible elle essaye de peser ses mots afin de ne pas parler à la légère. Il s’agit là d’un trait de caractère qu’elle ne partage pas avec son modèle artistique Maître Jaskier, mais après tout, elle n’avait pas pour vocation d’en devenir une pâle copie, elle souhaitait simplement marcher dans ses pas pour forger sa propre légende en gardant son identité.

« Elijah Nyx Caedreach, soit, je suis observatrice »  affirma-t-elle ayant déjà eu vent du nom complet du trafiquant. « Mais rien ne me dit que dans ses trois mots se trouve ton véritable nom. Il pourrait s’agir là encore d’un subterfuge pour te dissimuler. Après tout, quel moyen aurai-je pour savoir si je ne suis pas dupé ? On en revient à la notion de confiance. Il est tellement difficile de démêler le vrai du faux à force de se cacher. »  Annonça-t-elle en tentant de le sonder de son regard d’acier. « Eh bien, j’ai bien envie de me donner la peine de découvrir qui se cache derrière cette identité syllabique, derrière Nyx. J’aurais alors la prétention d’avoir un brin d’intelligence en plus que le reste de ta clientèle. » Danaän ne s’offusqua pas, elle pressentait que l’attaque n’était pas personnelle, mais tenter de toucher l’orgueil de ses interlocuteurs et sa volonté de brouiller les pistes ne faisait que renforcer l’intérêt de la jeune femme. Les personnes qui se donnaient autant de mal à se dissimuler, soit finissait par se noyer dans les faux-semblants, soit n’arrivaient plus à se cacher à force d’avoir oublié eux-mêmes ou était le masque. « Je suis curieuse, que réclamerais tu en échange des fragments d’information que tu laisses entrevoir ? » Au vu de tout ce qu’il disait, des avertissements et conseils dissimulés, Danaän aurait pu abandonner l’idée de connaitre mieux cet homme, peut-être le devrait-elle. Mais il avait titillé l’un de ses plus gros défauts ou sa principale qualité, tout dépend du point de vue. Danaän était curieuse et pour l’instant, son désir de connaissance n’était pas assouvi, alors qu’importent les risques, elle voulait tenter encore une fois avant de songer à abandonner… pour l’instant.

Danaän ne s’aurait dire depuis combien de temps il parlait, l’affrontant presque du regard, bien que toute animosité soit absente. La barde était toujours autant concentrée sur la conversation. « Peut-être est-ce de la naïveté de ma part, mais j’aime à penser que certaines émotions sont difficiles à feindre de manière crédible, qu’importent nos talents pour la comédie. Car si même les sentiments d’amours sont factices, alors cela invaliderait la souffrance de bien des gens ainsi qu’une bonne partie de mes chansons et je trouverais ainsi dommage de devoir me détourner d’une partie de mon œuvre. »  Dit-elle avec amusement bien que le sujet n’avait à son sens rien de risible. L’amour et les sentiments qui en découlé, l’amitié, étaient pour elle des forces puissantes pouvant rivaliser avec le destin. C’est l’amour qui crée des vies et en brise de manière irrémédiable. L’amour était capable de fonder des nations puissantes ou provoquer des guerres, par amour d’une autre personne ou simplement de soi-même. Qu’importe comment il se manifestait, ce sentiment était l’un des moteurs de ce monde. Et c’est le penchant de cet amour, la haine, animait bon nombre d’individus, les maintenant en vie. Ces sentiments sont si puissant, souverain qu’il submerge les raisons, les existences, rendant chacun esclave. Alors non, pour elle, les émotions ne pouvaient pas être forcée, ou du moins pas toute et encore moins par tout le monde, car on ne pouvait pas être esclave d’émotion feinte, du moins, elle voulait y croire. « Mais la confiance demeure, parce qu’elle est vitale, sinon à quoi bon les rapports sociaux ? L’humain et par extension tous les peuples de ce monde sont des êtres sociaux qui ont besoin d’interaction pour vivre. Nourrissez un nouveau-né en le privant d’amour et il finira par dépérir de lui-même, non pas de mauvaise santé, mais d’une carence fatale en empathie»  Plus la conversation évoluée, plus Danaän avait la sensation de sentir le masque de Nyx s’amenuiser, certes c’était d’une manière quasiment imperceptible, mais la barde avait l’instinct pour ces choses-là et elle se demandait alors s’il tentait délibérément d’éloigner les gens. Sa froideur aurait pu la décourager aussi mais à l’inverse, et c’était évident depuis le début, elle se sentait attirée comme un aimant. « C’est un risque que j’ai décidé de prendre. Le monde souffre assez d’hypocrisie pour que j’en rajoute, non ? Et il faut bien que quelque personne se dévoue pour qu’un peu d’honnêteté subsiste dans ce monde. »  Elle n’avait pas envie de paraître naïve, elle ne l’était pas. Elle connaissait la nature du monde et Nyx devait l’avoir compris, mais elle n’avait pas pour autant cédé à la misanthropie, ce qu’elle aurait pu faire depuis longtemps, surtout au vu des circonstances de sa naissance dont la marque était toujours visible. Ces vêtements ne cachaient que rarement la cicatrice traversant son buste et même lorsqu’ils couvraient davantage sa poitrine, il restait difficile de ne pas la voir dépasser. Elle restait là pour lui rappeler la cruauté de l’homme, sa monstruosité, mais également sa capacité à faire preuve d’une sensibilité rédemptrice. « Si des personnes comme toi existent, ce n’est pas pour rien. Et je pense au contraire que le mal et la souffrance sont nécessaires pour exalter les individus. ».  Danaän se dit que ces dernières paroles se suffisaient à elle-même et n’avaient pas besoin d’explications dispensables. Elle ne cherchait pas à justifier les activités de Nyx, simplement elles faisaient partie intégrante de ce monde qu’elle aimait, aussi abject soit-il. Nyx semblait décidément avoir une piètre image de lui-même ce que la jeune femme n’arrivait pas à comprendre.

« Il est prévenant de ta part de me trouver des excuses, qui plus est pertinente. En fin de compte, j’ai trouvé dans ta conversation autant de soulagement et de distraction que dans ce que j’étais venu chercher et j’étais loin de l’imaginer, sans vouloir t’offenser. J’étais loin de me douter que j’aie un jour l’occasion de converser avec toi de cette façon » La jeune barde marqua une pause en faisant rouler sa pipe à fisstech entre ses doigts fin et agile, capable de faire vibrer les cordes d’un luth avec une aisance déconcertante. Peut-être était-il en train de maudire les dernières paroles de la jeune femme, soudainement inquiet qu’elle vienne davantage pour discuter que pour acheter. Elle n’avait pas l’intention de faire passer ce message, il était simplement question de lui faire comprendre qu’en dépit de son aversion pour lui-même et sans doute également son métier, sa compagnie n’était ni désagréable, ni repoussante.

Mais elle était déroutante. Durant la suite de la conversation, Danaän était troublé, elle restait impassible, mais quelque chose semblait s’être brisé dans son esprit. Elle se mit à avoir peur de l’avenir qu’elle imaginait pourtant si prometteur. Elle réfréna un grommellement de mécontentement et maintient son visage placide. Elle écouta, patiemment, sans détourner à nouveau son regard ne serait-ce que l’espace d’une seconde. Comme si rester figé sur l’objet de son trouble nouveau pouvait le conjuré. Futile. Elle l’écouta, en silence.  Elle ne répondit cependant rien cette fois, il avait raison. Ce futur lui semblait plus incertain qu’il ne l’avait jamais été, plus effrayant et solitaire encore. Finalement, son assurance parvint à reprendre le dessus, comme si elle avait déjà réussi à maitriser ce masque nouvellement découvert pour cacher sa peur et elle reprit bien vite le cours de la conversation. Un nouveau sourire se plaqua sur ses lèvres et elle se demanda comment la conversation avait pu devenir aussi personnelle pour elle.

Pour elle mais aussi pour lui, car il semblait soudainement s’impliquer dans le sujet de la violence et des combats, comme animé par une délectation absolument pas coupable, ce qui redonna du souffle à la jeune femme. « Si l’humain emploi son énergie à créer des armes, des stratagèmes et des poisons toujours plus performant pour tuer, ne serait-ce pas parce qu’il aurait conscience de sa propre faiblesse et son incapacité à développer cette force que tu sembles apprécier ? Preuve en est l’existence des sorceleurs. L’humain, dans son impuissance face au monstre, a réfléchi à un moyen de créer mieux qu’un humain, un mutant et ainsi laisser la chasse au monstre à ces nouvelles créations et s’épargner ainsi cette peine. Mais certes, peut-être aurait-il été plus louable d’infliger de ses mains toute la violence à laquelle on prétend. Question de légitimité peut-être »  Danaän marqua un pause, décidément très intrigué par les propos de Nyx. Il semblait ressentir un plaisir non feint à l’évocation de ses tueries et il le disait d’ailleurs lui-même. Cela avait un côté inquiétant et pourtant, ce ne dénotait pas du reste du personnage. Le trafiquant restait raccord dans ses gestes et ses paroles et Danaän exprima son amusement devant ses propos et la concupiscence que cela semblait lui provoquer par un sourire mutin faisant ressortir les fossettes sur ces joues. « C’est amusant de t’entendre parler ainsi, et tu sembles avoir une curieuse vision de l’amour. »  répondit la jeune femme toujours souriante et cette fois elle en était sur et entendit les feulements accompagnant le discours de Nyx ne faisant que renforcer l’impression de plaisir qu’il prenait à dire ces mots. De son côté, Danaän avait déjà eu l’occasion d’assassiné à proprement parlait, mais elle n’employait visiblement pas les mêmes méthodes que Nyx. Elle préférait frapper dans le dos, cela pouvait paraitre lâche mais elle s’adaptait à ses capacités et à sa force. Elle avait toujours était doué pour se montrer discrète, silencieuse, l’infiltration n’était donc pas un secret pour elle et bien que rare, plusieurs occasions s’étaient déjà présentées durant lesquels elle avait dû user de ses talents. Et généralement, devant l’absurdité de ce qui avait amené à cette tuerie, elle ne prenait pas le temps de contempler son œuvre, elle ne se délectait pas d’infliger la souffrance. De la voire, de l’écouter, oui d’une certaine manière avec une curiosité professionnelle, mais l’infliger, non. Elle le faisait uniquement si c’était nécessaire, pas par plaisir car comme déjà évoquer, ce n’était pas le faite de tuer qui lui plaisait, mais le faite de se battre, ainsi elle préféré les confrontations frontales, bien que dangereuse, au meurtre furtif.

Elle avait donc eu un nouvel aperçu d’un aspect de la personnalité de Nyx et cette dernière ne semblait pas simuler, mais instinctif, animal. Danaän se sentit presque chanceuse d’assister à cela, à tort ou à raison. Quoi qu’il en soit, elle aussi se retrouver de plus en plus dévoilée au cours du temps passé avec lui. Elle lui avoua le décès de son père. Elle ne parlait quasiment jamais de son passé, rare était les personnes à le connaitre et sur le coup elle se demanda pourquoi il méritait de le connaitre, mais qu’importe, elle avait commencé à parler. Et qu’est-ce que cette perte avait d’exceptionnel après tout ? Qui dans ce monde n’avait pas perdu un parent, une sœur, un frère ? Dans ce monde en proie aux flammes, chacun était un orphelin. Visiblement, la franchise apporte la franchise et la recherche de réponse de Danaän semblait donc nécessiter un échange de bon procédé, soit. Danaän releva chacun de ses mots, les retournant dans sa tête, les ancrant dans sa mémoire. Il avait vécu longtemps… Il parlait comme l’aurait fait l’âge vénérable ressassant des années lointaine et révolu et Danaän ne manquait pas une miette. « Je te remercie » articula la jeune femme face au condoléance du trafiquant, « Je n’ai pas l’intention de me laisser mourir de solitude, je garde espoir de guérir, comme une promesse… » dit-elle simplement devant cette nouvelle marque de considération de la part de Nyx. Elle suivit le regard de son interlocuteur vers la fenêtre. L’orage n’avait pas faibli, comme s’il soulignait l’austérité et la violence de certains de leurs propos, accompagnant à merveille leur humeur brumeuse, mélancolique et parfois impétueuse.

La proximité qui s’était immiscé entre le trafiquant et la barde était plus troublante encore que chacun des mots prononcés jusqu’à présent. Elle sentait la main de Nyx sur sa peau, son cou maintenant. Son instinct lui criait de s’enfuir, sa raison lui disait de se défendre mais son corps était incapable de bouger, figé dans une peur et une contemplation malsaine. Elle écoutait ses paroles, chacun de ses mots heurtant ses oreilles, traversant son esprit comme autant d’aiguilles effilée, mais elle ne bougeait pas, en réalité, même si elle l’avait voulu, elle en aurait été incapable. Son sourire s’était estompé jusqu’à disparaitre, mais ses yeux… Ses yeux étaient restés fixé sur les siens. Elle ne voulait surtout pas montrer une quelconque faiblesse, ce n’était même pas une question de fierté, mais encore une fois d’instinct. Elle ne voulait pas baisser les yeux, elle voulait l’affronter, avoir pleinement conscience de ces mots, de ce qui se passait et qui était susceptible de se produire par la suite. Elle suivait les mouvements de sa main, bougeant de concert. Lentement. « Je pense que le monde souffre de bien d’autres cancers plus virulents que celui-ci pour ma part. J’aurais presque tendance à dire qu’ils sont victime des circonstances et de la bêtise humaine. »  L’ambiance était subitement devenus pesante, aussi lourde que l’orage grondant au-dessus de la ville. Percutante comme les paroles cruelles de Nyx. Sincèrement, que cherchait-il encore à cacher sur sa nature maintenant qu’il en avait implicitement tant révélé ? Comme il l’avait lui-même dit, elle était capable de faire parler les autres par la simple maitrise de la rhétorique. Il semblait s’être piégé à son propre jeu et Danaän ne pouvait que s’en réjouir, s’en amuser presque. Ces précédents propos prenaient de plus en plus de sens. Tu as vécu longtemps Nyx, pourtant tu ne sembles pas avoir plus d’une trentaine d’années. Et pourtant tu as vécu assez pour paraître accabler pour le poids de ton passé et toute l’absurdité du monde. Tu apprécies la férocité, que dis-je, la beauté, des combats à mains nues, durant lequel tu ne fais usage que de ta force, de ta sauvagerie, de tes griffes sans doute ? Qu’espérais-tu encore me faire croire ? Après une telle démonstration d’autorité bestiale, espérais-tu que je te vois comme un triste humain noyé sous des mystères surement exagérés ? Espérais-tu m’avoir fait assez peur pour que je cesse d’essayer de te comprendre, ou encore mieux, que je parte en courant ? Il n’en est rien. Mes suppositions semblaient tendre vers la conviction et tu ne pouvais plus rien y faire. Avais-je peur pour autant ? Peut-être. Te détestais-je ?... Non. J’avais presque envie de te remercie et encore plus maintenant qui tu m’avais fait part de ses explications. Elle t’écoutait parler et dans son esprit, elle ne put s’empêcher de remplacer chaque évocation des vampires dans ton discoure par un seul et même mot : la drogue. Oui sous cet angle, les vampires ne semblaient pas différents des drogues avilissantes. La drogue, comme un vampire, referme progressivement son emprise sur sa victime, la main sur sa gorge. La drogue s’emparer de son consommateur jusqu’à effacer toute volonté et toutes traces de ce qu’il avait pu être. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien hors mi le vide et l’envie permanente et à jamais inassouvis. La drogue peut te réduire en esclavage, rien qu’avec un avant-gout ou avec l’attrait de l’inconnu. Elle peut très bien te détruire l’esprit et te laisser pour compte. Elle peut te torturer jusqu’à ce que la vie soit à deux doigts de te prendre sans pour autant jamais t’offrir ce plaisir. Elle peut te violer jusqu’à ce que ton corps brûle de douleur, Elle peut t’affliger les pires tortures physiques et psychiques que tu n’oserais imaginer. Elle peut t’enfermer dans une cage mentale, te laisser te vider de ton sang rien que pour voir les autres camés devenir fous à l’odeur du fixe. Elle peut t’enlever tout ce qui fait de toi, toi. Je te le dis, la mort est un salut de l’âme, surtout pour elles, pas une finalité triste. Oh non. À la fin de son discoure, la jeune femme n’était habitée que par des certitudes, déroutante certes, mais inéluctable. « Être esclave d’un vampire qui nous anéantit ou d’une drogue aux effets similaire et pas extension de son dealeur, n’est-ce pas du pareil au même ? » Articula-t-elle de sa voix résolue. Elle avait senti sa main bouger sur sa gorge, marquer sa domination. Une fois de plus, Danaän avait envie de le repousser violemment, dégainer une dague et le forcer à reculer, furieuse d’être ainsi à la merci de quelqu’un. Elle voulait lui montrer qu’elle n’était pas une petite chose fragile et qu’il ne pouvait pas l’effrayer comme n’importe lequel de ses autres clients. Elle voulait lui montrer qu’elle n’avait pas peur de lui. Mais elle n’en fit rien, restant immobile, ancré dans son regard perçant, hypnotisant. Elle avait compris que son impulsivité lui couterait surement la vie et que les confidences qu’ils avaient partagées n’y changeraient strictement rien. Elle se demanda alors de quoi lui avait peur ? Il craignait qu’elle le mène en place publique pour le montrer du doigt comme un monstre ? Il craignait qu’elle brise ses efforts pour s’intégrer, qu’elle brise son empire en révélant sa nature ? Peut-être que d’autres l’auraient fait, mais pas elle. Elle n’avait rien à y gagner et au-delà de ça, elle n’en avait pas envie. En entendant la suite de ses propos, l’envie de provocation était encore grande. Danaän était décidément bien imprudente. Mais cette fois, non sans l’affichait sur son visage, elle tut ses paroles. Elle avait pourtant envie de lui faire comprendre qu’elle avait réussi à entrevoir sous son masque l’espace d’un instant. Que ses paroles, ses silences, ses gestes en disaient plus que ce qu’il ne pensait. Mais peut-être le savait-il déjà ? Elle décida tout de même de répondre à sa dernière question, bien qu’elle puisse être rhétorique pendant qu’il replaçait une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille montrant une nouvelle fois la facilité avec laquelle il pouvait déployer son emprise « Parce que, bien que je sache que cela est impossible, ma curiosité me pousse à vouloir tout connaitre de ce monde et tu en fais partie qu’importe ton aversion à son encontre. »



Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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Race Race : Vampire Supérieur
Mer 1 Aoû - 0:49
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania


Bien évidemment que tu l’avais déjà vu jouer. Tu serais un bien piètre trafiquant si tu ne savais pas ce que faisait véritablement chacun de tes clients. Pour certains, bien évidemment, un coup d’œil suffisait à comprendre le fin mot de leur histoire mais pour d’autres, c’était une toile plus large que tu t’amusais à démêler lorsque le temps te l’offrait. Cela dit, pour Danaän, c’était plus un coup du sort, une chance particulière qui te poussa à un de ses concerts, tu devais bien l’avouer. Elle jouait dans une taverne, probablement celle de la place du hiérarque, et tu avais des affaires à régler avec le tavernier, une histoire de mauvaise livraison, si tu te souvenais bien. Cela n’avait guère d’importance, tu savais juste que tu devais y être et régler ça par toi-même avant que cela ne dégénère et que tu finisses par tuer le pauvre homme d’un coup sur la nuque. Cela dit, tu étais tombé en plein milieu d’un concert et tu ne manquas pas de reconnaître Danaän. Ta tenue, cependant, ne laissait à personne l’espoir de cacher un mince trait pouvant te faire reconnaître. A ton départ, juste avant la fin de la chanson, tu laissas néanmoins quelques pièces au tavernier pour la demoiselle avant de retourner à ton travail. Elle chantait bien, tu devais l’avouer et son maniement des mots était judicieux, tout comme ces métaphores, ce qui était le cas de la conversation présente. Tu haussas légèrement les épaules à ses mots. « Il y a du vrai, je dois bien avouer même si la métaphore est assez étrange. Cela dit, tu n’as pas tort. Un gramme de trop et c’est ta vie qui s’écoule sous tes pieds, cela dit.. Je doute que la rhétorique est ce pouvoir si mortel. Elle a ce pouvoir de confort et d’apaisement, mais au point d’en être mortel ? Voilà un pan bien intéressant à développer. Il faudrait soumettre l’idée au chapitre de l’académie d’Oxenfurt, ils se ferraient un plaisir de décortiquer chaque petite virgule de cette question. Cela dit, je dois bien avouer que je te rejoins sur ce dernier point… La rhétorique, comme la parole et les mots, est une constante évolution, prétendre la maîtriser jusqu’au sommet de son évolution, c’est prétendre presque être éternel pour pouvoir voir son point culminant dans quelques siècles. Peu sont ceux qui en auront le privilège. » Tu rajoutas, pour poursuivre légèrement la conversation, teintée d’un brin d’humour par la mention du chapitre de l’académie, composé de vieux croulants qui tenaient à leur siège comme s’il s’agissait de toute leur vie. Les pauvres bougres qui n’avaient jamais regardés le monde en face, s’étaient évertués à rendre l’Académie si bonne en bridant tant les élèves que la chute mortelle du nombre d’inscrits était révélatrice de leur incompétence. Enfin, c’était une conversation longue et barbante qui se profilait s’ils s’arrêtaient sur ces croulants et tu n’avais guère envie de les mentionner plus que ça, à part pour te moquer de leur âge avancé. Chose que tu ne devrais guère faire, du haut de tes 600 ans. Cela dit, chez les vampires, tu ne serais considéré que comme un vulgaire adolescent, un jeune adulte peut-être. Plus le temps passait, plus tu oubliais la culture dans laquelle tu avais grandis. Tu accordas un mince sourire à la jeune femme à ces mots. « Je ne peux qu’être d’accord, même si je doute être l’esprit le plus éclairé que tu croiseras dans ta frêle vie, jeune femme. Mais parfois, être avec le peuple, c’est ce qui a de plus revigorant. Pas de chichis, de blablas inutiles et de paperasserie sanglante. » Tu balayas tes mots d’un revers de la main, comme si tu envoyais valser un nobliau qui voulait te faire la conversation. Ils étaient peu intéressants, tu l’avais compris au fil des années. Tu en avais côtoyé nombreux lorsque tu habitais encore à la capitale Nilfgaardienne et tu avais bien compris qu’ils poussaient comme des champignons, surtout lorsque tu étais différent de ce qu’ils connaissaient. Mais c’était d’un répugnant et ennuyeux à souhait à tes yeux. Les femmes battaient des cils et roulaient des hanches, les hommes parlaient fort et bombaient le torse dans le simple but d’être vus et reconnus. Cette attitude te rendait malade, à ne pas en dire. Cela dit, tu avais bien compris qu’il te fallait rentrer dans les clous si tu souhaitais faire de ton maigre commerce un empire possiblement viable à long terme. Enfin, long terme. Une cinquantaine d’années tout au plus avant que tu ne le legs à quelqu’un de plus jeune pour partir et reprendre une nouvelle identité. Le carrefour de ta vie : le voyage, les multiples destinations et cette fuite presque perpétuelle. Peut-être qu’un jour tu te laisseras mourir ou comme ton frère, tu demanderas à un confrère de te tuer pour t’achever de cet éternel.

Tu humas doucement lorsque la jeune femme récita ton prénom et nom complet, trouvant un certain plaisir à ce que ton nom soit récité ainsi. Tu penchas à nouveau la tête sur le côté aux mots de la jeune femme. « Cela pourrait, effectivement. Mon nom et mon prénom pourraient n’être que des subterfuges, que des identités fausses que je porterais comme des manteaux à chaque nouvelle saison. Elijah pourrait n’être qu’un prénom d’usage, pris sur un client décédé, Nyx pourrait n’être qu’une illusion de ce que je suis, et ma foi, Caedreach serait juste une suite de lettres sans saveur ni sens. Cela pourrait, effectivement. Après tout, je doute que tu trouves quoi que ce soit sur moi, même auprès du Roi des Mendiants. Dans mon métier, on apprend à souvent changer de noms, je doute que tu me retrouves un jour si jamais je venais à disparaître d’ici. » Ton regard se plongea sur la salle, l’imaginant vide, avec seulement des cadavres de bouteilles et de papiers laissés sur le sol. Tu imaginais les étages supérieurs, vidés de tout ce qui t’était personnel, rendant le lieu aussi hostile que lorsque tu avais décidé d’acheter cette demeure. Tu imaginais la cave, dont le sol était encore tâché de quelques gouttes de sang, le registre brûlé dans un coin de la pièce. Tu imaginais ton départ avant même d’avoir décidé de le préparer. « Ma foi. Qui suis-je pour t’arrêter ? Les femmes ont prouvées, à bien des titres, être têtues, je doute que tu fasses exception. Quand bien même je te dirais qu’il n’y a rien à trouver derrière mon masque si ce n’est les espoirs brisés d’un homme, tu ne pourrais t’empêcher de fouiner, n’est-ce pas ? Pour trouver le dernier de mes vices ou de mes vertus, pour peu que j’en aie encore aujourd’hui. » Tu lui adressas un sourire amusé jusqu’à ce que sa question résonne dans ton crâne, te faisant perdre le sourire pendant quelques rares secondes. Tu voyais en elle une forme de double de ta personne, pour ce qui était de la curiosité. La jeune femme était innocente, ne se rendait probablement pas compte des dangers encourus à vouloir en savoir sur qui tu étais. La dernière personne à qui tu avais révélé tes secrets avait décidé de se suicider, ne désirant ni te revoir dans la vie ni dans la mort, ça en disait long sur ce que tu cachais. « Rien de ce que tu possèdes n’a la valeur suffisante à une information sur mon être. » Ce n’était pas que tu estimais ta vie et ton passé comme suffisamment riche pour en valoir mille, mais… A part une vie de souffrance ou une mort rapide, elle ne gagnerait rien à savoir cela, au contraire. Et il serait véritablement dommage qu’elle se noie là-dedans. Tu avais bien trop vu les gens se perdre dans tes souvenirs, dans ton passé outrageusement sanglant. Cela dit, tu t’intéressas rapidement aux mots prononcés par la jeune femme, chassant les images de torture et de sang qui se fabriquaient contre ta rétine à ton insu. Tu balançais légèrement la tête sur le côté, intrigué par ses mots comme s’ils n’arrivaient pas à résonner complètement en toi mais qu’ils trouvaient tout de même une place, aussi fine soit-elle. « Je.. Ce n’est pas totalement faux. Les émotions sont difficiles à feindre, les sentiments aussi. Mais cela arrive pourtant. Nombres de mariages ne sont faits ni d’amour ni de désir, seulement des allégations politiques qui poussent les époux à se montrer bienveillants devant la foule et haineux dans le privé. Qu’en est-il des hommes qui quittent leur femme le matin d’un baiser sur les lèvres pour se retrouver entre les cuisses d’une catin le soir ? Même si le sexe et l’amour sont deux choses différentes, ils sont pourtant si liés qu’on peut se demander si un acte n’invalide pas un sentiment et inversement, non ? Bien évidemment, l’amour existe et je n’abolis absolument pas des chansons ou ce que la poésie raconte, mais.. La réalité des choses est parfois plus compliquée que ce que l’on laisse transparaître par les arts. » Tu étais quelque peu perturbé par cette conversation, elle te ramenait beaucoup trop à ta différence vis-à-vis des êtres humains. Lorsque tu vivais chez les vampires, dans ton clan, beaucoup avaient une compagne et généralement, c’était pour la vie. Les sentiments existaient mais de façon très pure, très débridée et absolument pas cachée. Tu avais appris à ne rien manifester ici et face à cette jeune femme qui exultait de la libération et l’honnêteté des sentiments et des émotions, tu étais perdu. Ce qui devait probablement se voir par le froncement de sourcils que tu n’arrivais pas à te dépêtre. « Ce n’est pas faux, là non plus. Le contact social est important, mais est-ce que la sincérité et l’honnêteté de ses contacts est essentielle pour lui de survivre ? Nombres de parents, pour reprendre ton exemple, élèvent leurs enfants sans les aimer, juste parce qu’il faut une descendance et que le mari ne tolère pas le refus. Pourtant… ça ne les empêche pas de grandir, d’être ce qu’ils sont aujourd’hui, j’imagine. » Tu ne comprenais pas ce concept d’empathie. Tu avais du mal à ressentir pour les autres. C’était probablement dû au fait que l’on t’éjectait toujours parce que tu étais différent, ainsi tu ne pouvais que te sentir antipathique vis-à-vis des autres. C’était une question pour une autre fois, une question que tu ne pouvais te poser qu’à toi-même, finalement, car personne dans ce bas monde ne pouvait t’aider à y trouver la réponse que tu trouvais juste. Tu ne répondis pas aux mots suivants de la jeune femme, te contentant d’hocher la tête, les mots de la jeune femme te perturbant encore énormément. Tu étais un enfant perdu, finalement. Tu sentais la spirale qui commençait à se former dans ton crâne, les mots de ta mère se susurrant derrière ton oreille comme un poison dont tu ne pouvais te dépêtrent et tu soufflas légèrement, grognement dans la voix, chassant ses pensées qui n’avaient pas lieu d’être ici. Tu relevas soudainement les yeux vers elle à ces mots, surpris par la gentillesse qui s’exaltait de ses paroles. « Probablement une histoire d’équilibre du monde, n’est-ce pas ? Le bien et le mal, l’homme et la femme, le plaisir et la souffrance. Un équilibre si fragile, quand on y pense. Un rien peut faire basculer un monde en enfer, un plaisir peut si vite devenir une souffrance et le mal peut très vite devenir le bien lorsque l’on y met le ton. Un étrange équilibre qui se maintient cela dit, probablement parce qu’il se joue à la paire et non à l’individualité. » Tu fis glisser ta langue contre tes crocs, réfléchissant un instant à la place de l’étranger dans cette fascinante dualité. Un nouveau sourire éclaira ton visage, très rapidement à ses mots sur l’étrange confort qu’elle avait trouvé dans ta conversation pour ce soir. Tu repris ton masque impénétrable, un sourire joueur sur le visage et les bras croisés négligemment contre ton torse légèrement découvert pour cause d’une chemise mal mise plus tôt. « Voyons, voyons mademoiselle, la flatterie ne vous amènera nulle part avec moi, sachez-le. Une conversation ne t’obtiendra pas une dose de fisstech gratuite ! » Tu t’amusas doucement de la situation, renversant celle-ci à ton avantage en prenant le contrepied de l’amusement pour faire passer la soudaine douleur qui s’était dressée dans ton crâne face à tes interrogations multiples.

Le rapport aux armes humains et à cette distraction propice à la destruction te permit d’échapper quelque peu aux tiraillements crâniens dont tu souffrais malheureusement. « Bien sûr que l’humain a conscience de sa propre faiblesse physique, ou mentale peu importe, mais il préfère s’employer à la construction de machines sous son commandement plutôt que de dominer ce qu’il y a de plus bestial en lui, ce qu’il a de plus animal et instinctif, c’est ce que je regrette. Les machines sont dépourvues d’âme, elles n’ont que pour fonction de satisfaire un désir humain de destruction, elles ne sont que des outils. Une catapulte est si vite détruite, les épées sont différentes à bien des égards, je dois l’avouer. Je dois t’accorder que la question de la légitimité se pose, en effet. Mais à quel essor ? Qui est plus légitime à tuer ? L’homme, le monstre ou le mutant ? » Tu lui demandas, un léger grognement dans la voix, l’adrénaline de la mort et de la bestialité te rendant presque plus instinctif. Un pas de travers et tu pourrais te transformer sous ses yeux, il fallait que tu sois prudent, tu le sentais. Ton corps était un corps d’exalté, tu aimais l’être mais il fallait y faire attention. Cela dit, aux mots suivants, tu soulevas un sourcil, curieux et inquisiteur en directement de la jeune femme. « Je t’en prie, développe le fond de ta pensée. Que pourrait bien être ma curieuse vision de l’amour si ce n’est de la passion, du désir et quelques sentiments déposés comme du sucre sur un gâteau ? » Tu eus un léger petit rire, te trouvant toi-même légèrement niais sur la facilité de la chose. L’amour était tellement plus que s’en était effrayant, surtout pour toi. Tu n’arrivais pas à faire la distinction réelle de ce genre de chose, tu étais beaucoup trop effrayé et perdu dans ce monde pour apporter de l’importance aux nouveaux sentiments qui se créaient en toi. Un enfant, Elijah, un enfant. Les mots étaient portés par la voix de ta mère et tu avais envie de hurler, tes muscles se contractant brusquement. Tu ne supportais pas cela. Tu ne supportais pas cette forme schizophrénique qui venait avec le fisstech lorsque ton humeur déclinait aux aurores.

Tu décidas, cependant, de te reprendre et de ne pas pousser la jeune femme sur le thème de la solitude. Tu voyais bien qu’elle était aussi empêtrée que toi dans ce schéma malheureux qui n’attaquait que les plus faibles à sa méprise. Après tout, tu pouvais crier aussi fort que tu le voulais que tu étais un vampire supérieur, cela ne te rendait pas plus fort mais plus faible, plus propice à être tué comme un porc, comme un indigène ou tu ne savais quelle autre créature dont on se voulait se débarrasser. Cependant, lorsque ton corps se rapprocha de la demoiselle, une dualité nouvelle s’exerça. Tu avais un nouveau besoin terrible au fond de toi, que tu n’arrivais pas à décrire. Une proie. Danaän aurait pu être une proie parfaite sur qui tu aurais pu t’épandre sans te soucier des pleurs nocturnes et en même temps, tu te sentais être la proie sous son regard courroucé. Qui était la proie, qui était le chasseur ? C’était une question qui flottait tandis que tes doigts glissaient sur la peau cristalline de la jeune femme. Tu étais bestial et auprès d’elle, ton instinct reprenait le dessus. Ce besoin de marquer ton autorité, presque de marquer ton territoire, de ne pas t’avouer vaincu ni perdant, d’affirmer une dominance que tu avais pourtant perdue il y a si longtemps et que tu ne souhaitais que peu retrouver. Tout revenait, dans un savant mélange de ce que les hommes appelaient la testostérone. Tes yeux brûlaient d’un éclat nouveau tandis que tes crocs te démangeaient soudainement, mais tu savais te maîtriser. Tu n’étais pas un vampire d’une centaine d’années, tu savais te comporter, surtout à l’approche du sang et de la chair fraîche. « La bêtise humaine ? Qu’est-ce que tu entends par là ? Tu serais prête à soutenir la vie de ces infamies si l’humain, par sa bêtise, ne l’avait pas rejetée ? Tu délires, Danaän. Est-ce que tu te rends ne serait-ce compte de ce qu’ils ont faits et de ce qu’ils font, chaque jour ? L’incident de Beauclair n’a pas suffi à t’insuffler la peur de ses créatures abjectes ? » Tu te mis à rire, un rire guttural suivit par un feulement discret. Tu te rendais bien compte que la jeune femme ne face de toi, sous ta prise, commençait à percevoir les craquements dans ton masque. Elle était fille de sorceleur, ceux qui anéantissaient ou sauvaient ta race, il avait dû lui apprendre à reconnaître ton espèce. Etais-ce une raison suffisante pour la faire disparaître ? Tu ne savais pas encore. Tu étais perplexe, plongé dans une spirale de doutes. Si elle savait, tu étais en danger. Si elle découvrait, tu étais en danger. Il fallait faire diversion, briser ses hypothèses et ses doutes un par un mais tu sentais que plus tu t’évertuais à énoncer la haine de ta race, plus tu t’embourbais dans la définition même de la psychologie inversée. Tu étais dans un pétrin dont tu ne pouvais t’en sortir que par la mort. Et pourtant… Tu t’y refusais, pour une raison qui t’était obscure, tu refusais de la tuer. Ces mots ramenèrent ton esprit face à elle, et tu plissas les yeux. « La différence se situe dans la complaisance et le consentement, ma chère. Un vampire ne te demandera jamais ton avis. La drogue, c’est parce que tu l’as choisi. La différence est là.. Un vampire te torturera jusqu’à ce que ta gorge ne puisse plus souffler un mot, la drogue te tuera de bonheur, au final. Tu seras bien heureuse de mourir d’une dernière dose puisque tu ne t’en rendras pas compte.. Un vampire te fera sentir chaque millième de seconde de ta vie, un châtiment peu enviable, nous en conviendrons. » Tu ajoutas, desserrant doucement ta prise et donc ta domination sur la jeune femme. Tu t’étais éloigné, un peu, suffisamment pour la laisser respirer mais pas assez pour qu’elle ne se sente pas confiner. C’était ta demeure, ton territoire et tu devenais animal, bestial lorsque l’on menaçait tout ce que tu avais pu un jour construire. Sa réponse à ta question te fit bouger, le regard posé sur elle, la toisant de toute ta hauteur pendant quelques secondes, essayant de trouver le mensonge derrière ses mots, en vain. Tu ne pouvais pas la laisser dire cela comme si de rien n’était, elle ne pouvait pas savoir. Tu étais en même temps terrifié, grisé et furieux par tout ce qui pouvait transparaître dans ses mots. Tu ne savais plus lire ce qui se voyait, tu étais noyé dans des suppositions et autres pensées douteuses. Tu te penchas alors légèrement, une main appuyée sur le dos de la chaise derrière elle tandis que ta seconde main venait attraper un peu violemment le menton de la jeune femme pour redresser son visage vers le tien. Tu sentais son souffle sur son visage, la possible peur qui se dégageait au contact de tes mouvements brusques et bestiaux. Ton pouce glissait le long de sa mâchoire, ton ongle râpant contre sa peau sans pour autant la marquer brutalement, y laissant juste une petite traînée pâle contre une peau déjà si claire. « Il y a tellement de choses que tu ignores et que tu ignoreras toujours. Cette curiosité t’amènera à ta perte, jeune femme. Si tu ne veux pas y perdre la vie, je te conseillerais de te raviser. Quand il est trop tard, c’est ta vie qui est sur la balance et il serait dommage qu’elle le soit, n’est-ce pas ? » Sur ses derniers mots, tu avais légèrement forcé le visage de la jeune femme à se tourner, laissant ton visage se rapprocher légèrement, humant l’odeur si humaine qui se dégageait du corps de la barde, un sourire presque malsain, presque conquis sur les lèvres. Tu dominais le terrain. C’était ton jeu. Et même si un jeu se jouait à deux, tu en étais le maître, qu’importent les circonstances. Rares étaient ceux ayant eu raison de toi sur ce jeu. « Ou alors est-ce l'attrait du danger qui te pousse à t'embusquer des pires pourritures de ce monde juste pour apprendre à connaître cet univers? Ça ne m'étonnerait pas de toi. L'attrait du danger, du risque.. C'est grisant, n'est-ce pas? Surtout lorsque l'on pense avoir le contrôle, que l'on sait que l'on peut tourner le jeu en sa faveur, jusqu'à ce que ça ne soit plus le cas.. »




Relieve the pain in the night
And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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Race Race : Humaine
Mer 1 Aoû - 17:48
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Danaän n’avait passé que deux ans à l’académie d’Oxenfurt, elle s’était vite lassée de la monotonie des cours et de la vie d’étudiante. L’inconnue l’appelait toujours plus fort et quand elle jugea qu’elle n’avait plus rien à apprendre, elle était partie sans le moindre remords. Finir son cursus lui aurait peut-être encore apporté plus de connaissances et elle aurait peut-être gagné en notoriété ne serait-ce auprès de ses pairs, mais elle n’était pas faite pour les études et trouver plus satisfaisant d’apprendre par elle-même. Durant ses deux années, elle avait pu constater la suffisance et l’égotisme de ses doyens et la remarque de Nyx le fit sourire. « Tu sous-estimes la puissance des mots. Dans le cas de ma profession c’est vrai que je n’ai aucun mort à déplorer, mais les mots peuvent être aussi tranchants qu’une lame et dévastateur qu’un ouragan. Mais tu as raison, je laisse le soin à ces vieux lettrés de réfléchir sur le sujet. »  Les échanges du tandem étaient devenus plus cordiaux de manière inattendue, mais la jeune femme prompte à faire des compliments lorsqu’il était mérité, s’amusa de la réaction de Nyx. « Je ne suis pas allé jusqu’à te faire cet éloge Nyx »  répondit la jeune femme, ces fossettes toujours plus visibles et ses yeux brillant de malice.   « J’ai parlé de personne pertinente, cela n’exclut en rien les gens du peuple avec lesquels j’ai plus en commun que les grands de ce monde. »  La jeune barde avait certes parfois accès à des cours seigneuriales pour y chanter et divertir les nobles de ses histoires, mais ces moments, bien qu’intéressant ne valait pas les soirées bouillantes et arrosées qu’elle pouvait passer avec des ouvriers, des travailleurs de la terre, des soldats, voire même des brigands venant trouver un peu de réconfort dans la chaleur d’une auberge ou d’une taverne après leur dur labeur. Ces conversations, bien que triviale, avait bien souvent plus de sens et de portée que les considérations des nobles qui attachait plus de valeur à leur place dans la hiérarchie qu’à autre chose. De plus, bien que la politique ne l’intéressait pas outre mesure, la jeune femme en apprenait surement bien plus auprès du peuple au franc-parler bien plus enviable que les courbettes et les faux-semblants pompeux.

Danaän sentait bien que la conversation sur les noms de Nyx ne menait nulle part. Elle commençait à perdre l’espérance d’en connaitre plus sur son identité et son passé, mais Nyx avait raison, elle était têtue et même si ce soir ne satisfaisait pas sa curiosité, peut-être qu’au détour d’un nouveau rail de fisstech elle en apprendrait davantage. Cumulant les fragments d’informations, d’existence au fil du temps pour parvenir à un tableau complet bien que flou. Elle ne cherchait pas à démasquer chacun de ses vices et vertus comme il le supposait, elle voulait juste comprendre le mystère qu’il demeurait à ses yeux et qui avait eu le don de l’intriguer. Restait donc à la jeune femme à se pencher sur sa nature qu’elle devinait tout autre que ce qui laisser supposer.…  « Très bien, je consens à t’appeler Nyx en me persuadant que je ne suis pas dupé ». L’allusion à une supposée obsession de la jeune femme qui la pousserait à le rechercher ou qu’il aille en essayant à tout prix de connaitre son nom lui fit lever un sourcil. S’imaginait-il qu’il avait subitement pris autant d’importance pour elle ? Les trafiquants ne sont pas durs à trouver. Les bons, oui cela dit. Mais les personnes pertinentes… Peut-être après tout avait-il pris de l’importance. Une dernière tentative et le sourire de Nyx s’effaça un instant en même temps que celui de Danaän. Elle avait conscience qu’une barde à la réputation incertaine et à l’existence bien courte n’avait pas un grand intérêt, mais accordait-il tellement de cette valeur à sa personne ? Elle le trouva quelque peu contradictoire devant ce dédain de lui-même et cette soudaine importance et elle ne put s’empêcher de se vexer légèrement devant ce soudain ego qui s’appliquer à écraser le sien. « Très bien, les informations sur ta vie ont donc tant de valeur, j’espère un jour avoir de quoi en payer le prix. »  dit-elle sur un ton légèrement acerbe mais benin. Que pouvait-il cacher de si effrayant ? Est-ce pour se protéger ? Assurément. Essayait-il par là même de protéger ses interlocuteurs ? Danaän se posait la question. Elle avait conscience que sa curiosité était depuis devenue de l’insistance et de l’indiscrétion, mais c’était devenu plus fort qu’elle.

Tout en parlant, Danaän avait la sensation étrange que Nyx parlait des sentiments parfois comme s’ils lui étaient étrangers. Sa question sur la véracité des relations amoureuses  et amicales évoquée plutôt interpellait la jeune barde. Elle avait l’impression que certain aspect de ces traits si brutalement humains lui était quelque peu éloigné, comme s’il se refusait d’y succomber, du moins en partie. « Cet exemple n’en demeure pas moins empli d’émotions irrépressibles. Les mariages arrangés sont nés d’un désir quelconque des parents ou tuteurs, car même les manœuvres politiques découlent d’un sentiment qu’il soit une soif le pouvoir, de vengeance ou que sais-je encore. Le mari qui trompe sa femme peut le faire autant par haine, dans l’optique de la faire souffrir, par simple dédain pour cette femme ou encore par amour pour une autre. Rares sont les actions menées sans être dictée par une émotion quelle qu’elle soit. Les émotions nous gouvernent et sont parfois bien trop impérieuses pour être factice et lorsqu’elles le sont, c’est bien souvent flagrant. En cela, un acte n’invalide pas un sentiment il résulte simplement d’un autre. Mais en effet, les arts ne montrent la réalité que par le prisme du regard de l’artiste. »  Danaän observait les réactions de Nyx, était-il troublé ? Difficile à croire et pourtant ses micros expression laissaient deviner un débat intérieur et Danaän n’était alors pas désolée de ce litige qu’il semblait affronté, un peu coupable peut-être, mais pas désolée. «  Non, l’honnêteté et la sincérité ne sont pas une constante des rapports sociaux, mais je trouve cela dommage, bien que tristement normal. Dans mon exemple, le contact dont je parle inclut aussi le contacte physique qui est tout aussi primordiale. Car une mère peut ne pas aimait son enfant, mais le faite de le prendre dans ses bras est déjà salvateur. »  Danaän se questionna alors sur sa propre enfance. Elle n’avait aucun souvenir de ses parents biologique mais elle devinait qu’ils ne devaient pas l’aimer ou alors être mort pour ne jamais avoir cherché à la retrouver. En y songeant, qu’ils soient morts était préférable au final, mais c’est une chose qu’elle pouvait difficilement vérifier. Elle se disait alors que si Luther ne l’avait pas soutenus, soigner, n’avait pas montré de l’empathie et de la compassion à son égard en restant près d’elle avant même de développer une affection puissante pour cette fillette, elle aurait très bien pu se laissait aller à dépérir, perdre sa soif de vivre et se mettre à détester se monde qui ne lui avait montré que violence abjecte.

Encore une fois, Nyx avait très bien résumé les choses et ils étaient d’accord. Le monde fonctionnait par paires, c’était un fait aussi naturel qu’inéluctable. Danaän ne rajouta alors rien, les derniers mots de Nyx trouvant une grâce parfaite à ses yeux et ne nécessitant pas d’être appuyé outre mesure. Elle manifesta donc son accord par un regard, un sourire, un hochement de tête. Le langage corporel étant parfois tout aussi éloquent que les mots. Sa pipe à fisstech se figea dans sa main alors qu’elle éclatât d’un rire aussi soudain que naturel devant l’insinuation de Nyx. « Là n’était pas mon intention Nyx ! Je ne cherchais pas à te flatter à des fins vénales. C’était un compliment désintéressé, rassures-toi ! »  La jeune femme reprit son sérieux sans se départit pas de son sourire.

Un sourire qui demeurait tout au long de leur discussion sur la violence. « Chacun développe ses compétences naturelles comme il le peut et les humains ont choisi l’ingéniosité. »  Dit-elle simplement devant le fatalisme des comportements des peuples de ce monde. « Mais l’homme peut parfois se montrer aussi bestial et violent qu’une bête, il n’est pas exempt de son animalité et les exemples sont nombreux, ne serait-ce qu’en temps de guerre. »  en disant ses mots, des images de la grotte lui étaient revenues. Les humains étaient capables de se terrer dans des trous, renier tout ce qui faisait d’eux des êtres humains, sociaux, civilisés, cherchant à blesser, violer, tuer comme des bêtes, se nourrir de son prochain. Le cannibalisme n’était après tout pas un mythe, mais il s’agissait là d’une digression. « Je n’ai pas de réponse à ta question puisque chacun d’eux prend la liberté de le faire et qui suis-je pour leur dire s’ils ont raison ? Qu’ils tuent pour survivre, s’étendre, dominer, s’enrichir, protéger ou pour le plaisir, tous les moyens seront toujours bon et on peut trouver une légitimité à chacun d’eux ».  Danaän le sentait légèrement tiraillé, comme s’il tentait de refréner quelque chose à l’intérieur de lui. Une chose qui se manifester par ses grognements dissimulés et elle nota son intérêt quant à sa remarque. « Eh bien, au-delà du passionnel, tu sembles mettre ce sentiment sur un pied d’égalité avec un désir de violence. Tu parles de tuer une personne que l’on aime comme s’il pouvait s’agir d’un ultime geste d’amour, grisant qu’il plus est. Je me trompe sans-doute, mais tu considères peut-être l’amour comme une domination, une lutte pour déterminer lequel en sortira indemne et lequel verra son cadavre meurtri scruté par le survivant. Le fait que tu évoques l’amour alors même que nous parlons de bestialité dans les assassinats est surement révélateur. Peut-être qu’en réalité tu l’exultes et tu en as peur. Après tout, qu’y a-t-il de plus violent et destructeur de l’amour ? Mais ce ne sont que des suppositions ».  Danaän sentait, qu’elle comme lui, c’était beaucoup impliquer dans la conversation, surement bien plus que ce qu’il aurait voulu. Peut-être était-elle en train de le pousser à bout, de tester les limites de sa patience. Il se montrait toujours affable, mais que se cachait-il derrière ce visage aimable ?

Elle eut la réponse à cette question. Comment en étaient-ils arrivés là ? À quel moment la situation avait dégénéré ? Danaän ne s’en souvenait plus, sa vision était fiévreuse et son esprit encore délicieusement embrumer par le fisstech. Impossible donc de se souvenir de l’élément déclencheur mais elle était persuadée que c’était son imprudente curiosité qui en était la cause. Il n’était plus question de revenir en arrière, c’était impossible et elle devait maintenant assumer les conséquences de ses paroles qui se voulaient pourtant innocentes. Elle semblait avoir réveillé quelque chose par ses paroles. Est-elle allait trop loin dans sa quête de réponse ? Il s’était montré presque intransigeant sur son passé et elle avait peut-être tenté avec trop d’avidité de le faire se dévoiler. Il avait parlé plutôt de sa persévérance dans l’obtention de réponse, mais il se trouvait tout aussi têtu dans le dédain de sa nature et sa volonté de la cacher alors qu’elle débordait de son masque. Ses mots, une nouvelle fois, étaient tranchants, prouvant encore la puissance de la parole. Certains semblaient lui assener des coups violents, manquant de la déstabiliser. Elle se sentit acculée dans un espace qu’elle ne maitrisait pas, sur lequel elle n’avait aucun pouvoir. Son touchait devenait brulant, lui arrachant une partie infime de sa volonté à chaque instant. Elle avait l’impression de se perdre dans un tourbillon d’émotions, de colère un peu plus à chaque caresse. Jamais son regard ne quitta le sien, jamais il ne faiblit d’intensité. Bien différent de l’homme qui lui avait ouvert la porte, Nyx semblait laisser libre cours à une pulsion qu’il n’avait jusqu’alors pas laissé entrevoir, ou à peine. Étrangement, elle eut l’impression de le voir pour la première fois, comme si l’homme au regard cruel qui était penché au-dessus d’elle, le visage menaçant bien trop proche du sien, était une partie une véritable Nyx. Il continuait de nier ce qui était devenu une évidence, mais qu’importe, Danaän jouerait avec lui le jeu de l’autruche qu’il avait commençait longtemps auparavant. Toujours prisonnière de l’étreinte tranchante de sa main, sa voix résonna d’un ton incisif.  « Si je pensais que tu étais un vampire, je déplorerais le fait que comme les humains, tu ne cherches pas à voir au-delà des apparences. Mais puisque tu es un homme, cela doit être normal… Oui les vampires ont perpétré des tueries infâmes, à Beauclair notamment mais il s’agissait surtout de vampires inférieurs non ? Tous les vampires ne sont pas responsable des décisions d’un petit nombre tout comme les hommes ne sont pas tout responsables des actions condamnables de certain. De plus nous n’en connaissons pas les motifs et les humaines n’ont pas fait mieux dans leur histoire, enchainant guerre, massacre, génocide. Alors je me demande, vas-tu condamner tous les scoia’tael parce qu’ils ont voulu se battre pour sauver leur race des humaines et ainsi s’assurer un avenir ? Et pourtant eux aussi ont commis des crimes infâmes. Sont-ils pour autant plus pardonnables ? Les vampires, comme les autres non-humains doivent survivre dans un environnement qui leur est hostile et dominé par l’hégémonie destructrice des hommes. Les vampires sont des étrangers dans ce monde, et n’ont souvent pas choisi d’y venir alors oui, ils sont victimes des circonstances et j’ai choisi il y a longtemps de ne pas rejette la différence et les non-humains car j’ai était élevé par l’un d’entre eux et que je l’ai vu se faire conspuer alors qu’il était plus humain que n’importe qui d’autre. »  Danaän se tut un instant, surprise par l’agressivité qui s’était progressivement imposait dans sa voix, l’affrontant toujours du regard. Elle mettait dans yeux toute la violence qu’elle refrénait dans ses poings. « Alors non, je n’ai pas peur des vampires et je ne m’abaisserai pas à les condamner comme tous le monde! ».  Danaän ne se souvenait pas avoir un jour était aussi tendu qu’à cet instant. Chacun de ses muscles était prêt à entrer en actions à chacun instant. Sous son calme apparent, c’est son corps entier qu’il fulminait d’être ainsi enserré et elle se sentait tressaillir au contact toujours plus dévorant de Nyx. Son souffle, bien que régulier, se faisait plus profond dans une tentative de calmer sa fureur. Les mots de l’homme résonnaient à ses oreilles comme l’écho perpétuel dans une montagne. Elle réalisa que malgré ses connaissances, malgré les mises en garde, elle n’avait jamais vu un vampire supérieur en action dans ce jeu malsain et mortifère de torture si sauvage mais pourtant si élaborée à la limite du poétique. Encore une fois, le vampire supérieur qu’elle avait déjà rencontré ne lui avait jamais laissé entrevoir cette dangerosité, peut-être s’était-elle donc laisser bercer. Mais pour autant, elle pensait chaque parole qu’elle avait prononcée et aussi monstrueux soient-ils, elle ne les condamnait pas. Enfin Nyx la libéra de son touché mortifère et s’éloigna légèrement, sans pour autant la libérer de son autorité puissante. Elle aurait voulu rebondir sur les propos du trafiquant. On ne gardait jamais longtemps notre assentiment face aux drogues, sinon elle n’en serait pas. Mais elle sentait que ces paroles n’auraient pas de poids et avait le pressentiment qu’aucun discours n’irait à l’encontre des faits qu’il venait d’énoncer, après tout, il savait de quoi il parlait. De plus, elle n’avait pas envie de se retrouver une nouvelle fois, la gorge emprisonnée dans ses doigts tranchant sous peine de voir sa patience s’amenuisait définitivement avant de s’envoler dans des éclats d’argent. Mais cette liberté ne dura pas et les mots de la jeune femme provoquèrent un nouvel assaut acéré. Elle l’écoutait attentivement, mais la violence de son regard ne pouvait pas échapper au chasseur. Peut-être était-ce la fierté d’un animal acculé, dos au mur, pointé d’une flèche mortelle qui défiait une dernière fois son bourreau avant la fin. Ou alors l’ultime fierté d’une enfant devenue grande mais toujours considérée comme un être frêle et irréfléchi. Une dernière inspiration lente profonde précéda un bruissement d’aile soudain et furtif. Le corbeau fonça sur Nyx, frôlant son visage de ses griffes avant de s’envoler aussi vite qu’il était venus pour tournoyer dans la pièce sans se poser. Les oiseaux aussi étaient des chasseurs. La jeune femme profita de cette seconde de confusion pour repousser Nyx de ses deux mains et se redresser d’un bond sur ses jambes, elle s’éloigna d’un pas le regard toujours aussi brulant, les épaules tendues. Droite et fière sur ses jambes elle lui faisait face. Jaskier n’avait pas blessé Nyx, ce n’était pas son intention, mais il ne pouvait tolérer de voir sa maitresse dans cette posture. C’était un animal intelligent, plus que bien des hommes et il avait agis comme s’il savait que l’on n’agressait pas l’hôte du toit sous lequel on se trouvait. Mais ses premiers avertissements n’ayant pas été entendu, il ne resta pas passif. Il était surement aussi fier et intrépide, voire inconscient, que la jeune femme. Après tout, les deux êtres s’accordaient à merveille. Danaän toujours face à Nyx se mit à faire un pas sur le côté, un pas lent, mesuré sans le lâcher une seule seconde du regard. Elle avança aussi doucement qu’il était possible de le faire, entamant un cercle autant de lui. Les humains étaient aussi des prédateurs, pas les plus performants, mais des prédateurs tout de même. « J’ai conscience que ma courte existence ne me permettra pas de tout connaitre, mais je peux quand même essayer, même si je meurs en essayant. Et puis en quoi cela serait-il dommage ? En quoi ma vie aurait-elle plus de valeur que celle de n’importe quel autre imprudent ? Tu as raison, c’est peut-être l’attrait du danger qui me fait parler, mais il faut bien trouver quelque chose pour se sentir vivant, les drogues ne font pas tout. Si ce n’est qu’un jeu, il faut être prêt à perdre, et je ne suis pas mauvaise perdante. »  La voix de Danaän était redevenue plus calme, douce même et la violence s’était quelque peu estompée dans son regard, sans disparaitre pour autant, maintenant qu’elle était libérée de cette emprise. Le défi et la facétie avaient repris le dessus sur son visage, consciente qu’elle poussait à bout le chasseur alors qu’elle n’était qu’une biche. Aucun d’entre eux n’était décidé à perdre.



Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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Race Race : Vampire Supérieur
Jeu 2 Aoû - 0:44
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania

Si tu sous-estimais la force des mots ? Probablement. Tu trouvais les actes toujours plus parlants que les mots et les voix, même si elles avaient une importance indéniable. Cela dit, tu étais peut être vieux jeu ou beaucoup trop étranger à ce monde et ainsi, tes opinions divergeaient considérablement à ce genre de propos. Les actes parlaient tellement, le langage corporel aussi. Tu avais beaucoup appris de ce dernier, surtout auprès des humains qui parfois, sans le vouloir, parlaient plus avec leur corps qu’avec les mots. C’était quelque chose de difficilement camouflable, même avec un masque bien ficelé et impénétrable. Toi-même tu souffrais de ce maux : celui de ne pouvoir totalement contrôler ton langage corporel qui te trahissait bien souvent, surtout lorsque tu essayais de dissimuler des choses, des opinions, des vérités. Tu ne disais pas souvent des mensonges, te complaisant dans les formes de vérités, et tu préférais éluder plutôt que mentir, au mieux, tu omettais. Mais ton langage corporel ? Il disait la vérité, contre ton gré. « Ce n’est pas impossible que je les sous-estime, en effet. Tu n’as pas tort, les mots sont dévastateurs lorsqu’utilisés à bon escient. Cela dit, je préfère les actes, ils sont plus… parlants, je dirais. Un acte peut dire tellement plus que des mots, dans bien des cas. Cela dit, tu marques un point sur ce domaine et je ne vais pas argumenter pendant une éternité, surtout lorsque je parle avec une experte dans le domaine. » Tu n’empêchas, là encore, pas un léger rire aux mots qui suivirent de la jeune femme. Et tu admiras, pendant quelques maigres instants, le visage rayonnant de la jeune fois, première fois qu’elle paraissait si détendue depuis son arrivée dans la demeure. « Navré d’avoir mal interprété tes propos, jeune femme. Cela dit, là encore, je soutiens ton propos. Les gens les plus simples ont les conversations les plus intéressantes, parfois, et même les informations les plus pertinentes. Ce ne sont pas toujours les plus instruits qui donnent le plus de morales justes. » Et c’était vrai. Les nobles se plaignaient de leur nourrice, arrivée en retard la veille.. Les petites gens ? C’était parfois plus gros que ça. Les rumeurs allaient souvent de bon train et tu les attrapais au vol, apprenant de merveilleuses nouvelles ou de tristes augures par le biais de ceux qui vivaient dans les rues et qui côtoyaient le monde vu d’en bas. C’était un maigre prix à payer pour quelques informations, que de traîner auprès des sans-abris puant la bière et la pisse. Cela dit, cela ne te gênait plus. Si l’odeur nauséabonde te déplaisant tant, tu serais probablement déjà parti de Novigrad. Peut-être t’étais-tu habitué, finalement ? Tu ne sais pas trop, mais tu te complaisais dans la cité libre, pour un temps, certes, mais pour un temps quand même qui s’éternisait de plus en plus. Mais qu’importe, le futur n’envisageait rien pour l’instant pour toi et tu aimais à te complaire de cette singularité et dans le quotidien que tu portais entre tes mains. Pas besoin d’être héro, tu étais le trafiquant du quartier, l’assassin des nuits, le vampire de Novigrad. Ton prénom fut le sujet de quelques phrases que tu jugeais presque triviale même si elles se regroupaient sous le même label au fur et à mesure de la conversation. Tu balayas doucement du revers de la main les mots de la jeune femme, un sourire de malice sur les lèvres tandis que tes iris s’étaient fermés au contact pour quelques secondes. « Fais ce qui te plaît et crois en ce qui te permet de mieux dormir la nuit. Là n’est pour le fait, pas de mon ressort. » Après tout, tu ne pouvais forcer les gens à te croire quand bien même tu disais la vérité. Elijah et Nyx faisaient partie des multiples prénoms que tu possédais mais il s’agissait des seuls que tu avais consentis à garder véritablement dans ton arrivée dans ce monde. Tu pouvais aisément en rajouter trois autres pour compléter ton nom original, que tu gardais graver dans ta mémoire, seulement pour toi. Elijah Nyx Ysistis Kandros de Fürtdet Caedreach. C’était long, pénible à écrire et pourtant tu portais ces petits prénoms et noms comme un rare étendard de ta vie passée, de ton passé sulfureux. Tu savais qu’un jour, tu porterais Kandros dans une nouvelle ville, ou peut-être Ysistis, peut-être Siderian, peut-être Solus, peut-être Alenko. Tu avais tout un formulaire de prénom que tu gardais, au cas où que tu doives disparaître de Novigrad pour ailleurs. Les erreurs arrivaient si vite et tu ne voulais être pris de court. Mais chaque nom, chaque prénom, portait une part de ton identité originelle, celle que portais aujourd’hui même à Novigrad comme le Chat l’avait fait avant toi. Tu n’étais ni si original ni si intéressant. « J’en doute, mais libre à toi d’y réfléchir. » Tu lanças, avec un flegme non dissimulé. Ce n’était pas une question d’égo mais de protection, pour toi, pour eux. Tu protégeais ta vie comme si elle était en permanence menacée, parce que l’être humain était imprévisible, terriblement instinctif malgré sa bonne volonté pour se faire paraître civilisé. Triste réalité que celle-ci.

Et la jeune femme, probablement pour la première fois depuis longtemps, réussie à te clouer le bec en démontant avec astuce ton argument et tes exemples. Tu étais surpris, pour le moins que l’on puisse dire, mais surtout confus. Tu n’arrivais pas véritablement à croire en ce qu’elle disait et pourtant cela te paraissait étrangement familier. Tu vivais ainsi et pourtant tu t’y refusais, essayant de toujours voir par delà la logique existante dans le schéma. Et pourtant… Pourtant tu vivais de tes émotions, tu tuais par amour et désir, tu vendais par soif de pouvoir et avidité, tu couchais avec d’autres pour le désir, tu … Tu vivais de tes émotions et pourtant tu te sentais si déstabilisé par cela que tu en perdais pied. « Ce.. Ce n’est pas faux, je dois bien l’avouer. Cela dit, est-ce que un sentiment ou une émotion ne peut pas corrompre une autre et ainsi l’invalidité dans bien des cas ? C’est bien compliqué, quand on y réfléchit sérieusement. Nous sommes pourtant dicter par nos sentiments et émotions et pourtant il est si difficile de décrire leur impact, un véritable casse-tête. » Tu masquais ta confusion sous un voile d’amusement, feintant la moindre faiblesse qui se laissait transparaître dans ton argumentaire. Tu étais à court, tu devais bien l’avouer, mais la jeune femme savait très bien se défendre, pour ta propre défense et tu avais dû mal à rétorquer face à un tel argumentaire. C’était rare, mais tu n’allais probablement pas lui laisser le temps de s’en complaire. Tu n’étais peut-être pas bon dans ce domaine, du moins pour l’exprimer mais tu n’allais pas non plus te laisser avoir. « Finalement, un acte sans sentiment est un mensonge déguisée en vérité. Cela n’a ni d’impact ni d’intérêt si ce n’est que d’être un masque, un voile sur la vérité de la chose. C’est presque plus malsain et plus sadique que de ne rien faire du tout, c’est beaucoup plus hypocrite et violent. Tu ne trouves ? Un geste dénué de sentiment accompagnant originellement ce dernier devient tout de suite plus faux et peut-on véritablement considérer ce genre de gestes comme sains ? Comme salvateurs, comme tu dis ? » En même temps que la questionnais sur le fait, tu te questionnais également, sur la nature des sentiments, sur la véracité de ceux-ci et leur sincérité. Tu n’avais jamais questionné les sentiments des autres, lorsque tu vivais parmi tes paires. Vous étiez habitué à être très honnêtes, originellement, sur ce que vous ressentiez, même si cela se ressentait par les actes plus que par les mots. Le sexe, tu avais appris, était quelque chose de très différent dans ton monde que dans celui-ci. C’était généralement signe d’un accouplement durable, quelque chose qui devait vivre sur le long terme, même si les exceptions existaient, tu en faisais partie. Ici, tu avais appris que le sexe n’était pas si important, il n’y avait pas tant de symbolique. Il t’arrivait d’y penser parfois, de regarder la personne qui était sous tes yeux et de n’y voir ni lien ni sentiment et … ça te peinait, parfois. Tu te ressaisis cependant aux mots de la jeune femme, répondant au même humour que le tient, te laissant sourire pendant quelques vagues minutes, décidant cependant de ne pas répondre, ce n’était pas nécessaire. Le langage corporel parlait, dans ses moments de silences confortables. La discussion sur la violence, cela dit… te ramena à des pensées plus primaires de ton espèce, et parfois même à ton aversion de la fragilité humaine, de tes hôtes, finalement. « Ce n’est pas faux. Mais l’ingéniosité est-elle une arme ? Là encore, ce serait une question honorable à bosser aux bureaucrates d’Oxenfurt. Cela dit, je suis d’accord. L’homme sait parfois se montrer à la hauteur de ses origines en utilisant ses instincts et sa bestialité la plus primaire, bien que je n’approuve pas certains comportements tels que le viol ou le pillage, c’est … bas. C’est au-delà de l’ingéniosité si fortement primé par les êtres humains. » la question de la légitimité te fit néanmoins basculé la tête sur le côté, ta hanche légèrement découverte par le tissus s’appuyant contre le petit meuble à tes côtés pour plus de stabilité. C’était une curieuse question que tu avais posée et tu avais hâte d’écouter les propos de la jeune femme face à cette immense question. Sans le savoir, tu glanais des informations sur son approche des monstres. Tu haussas doucement les épaules, peu convaincu par sa réponse. « Certes. Mais quelqu’un qui tue pour survivre contre quelqu’un qui tue par plaisir, le premier est plus légitime car il attente à la vie d’un autre de se protéger. Mais là encore.. Cela remet en question la possession de l’homme à avoir le contrôle sur la vie d’autrui pour la sienne. Cruelle question philosophique, n’est-ce pas ? Un débat que maître Jaskier aurait probablement enrichi de sa diatribe harmonieuse et de ses arguments pour le camp des mutants. Quoique peut-être aurait-elle été contrebalancée par son contact avec un monstre, à voir. Curieuse discussion, cela dit. » Tu rajoutas, ne fermant pas totalement le débat. Après tout, rien que se poser la question d’une légitimité en amenait une autre, comme un cercle sans fin dont il fallait se dépêtré du mieux que l’on pouvait sans perdre les plumes. Tu humas à nouveau à ses paroles, savourant le plaisir d’écouter une brève analyse de ton personnage qui pourtant, s’avérait étonnée sur quelques points. « Il y a du vrai et il y a du faux dans ton analyse. Peut-être me suis-je mal exprimé à certaines reprises ? Ah, fort probable. Cela arrive si souvent. Néanmoins, je dois bien avouer que ton analyse n’est pas complètement idiote, bien loin de ça même, pour être honnête. Cela dit, des morceaux ne vont pas ensemble sur ma vision de la chose. Mais je te laisse le plaisir d’y songer et d’y méditer, si le cœur t’en dit. » Tu souriais doucement. Bien sûr que la bestialité avait à voir avec l’amour mais pas forcément de la manière dont elle l’imaginait. Tu ne voyais pas l’amour comme une forme de domination à exercer sur autrui, oh non. Tu trouvais cela bien trop… Primaire à ton goût pour que cela soit véritablement ça. Ta domination, tu l’appuyais par ton physique, ta force physique, que ce soit pour le sexe ou pour le combat. Ton charisme y aidait. Mais dans l’amour, ta domination n’était plus celle qu’elle était, ou du moins, tu ne l’exerçais de la même manière.

Cela dit, la soirée prenait une tournure inattendue à tes yeux. Tu exprimais à nouveau la domination de ta présence, défiant l’insolence et la provocation de la jeune femme ouvertement. Tu laissais ton masque tomber peu à peu, laissant apparaître un peu plus le vampire que tu essayais tant de camoufler derrière tes manières et des faux-semblants, oubliant ton masque pour ton essence la plus primaire, pour ta bestialité et ta subtilité mélangée. Tu maîtrisais ton espace, tu maîtrisais ton domaine et ton emprise sur la jeune femme était palpable, fragile et pourtant si imprégnée. Tu pourrais la tuer, là, d’un seul mouvement de tes doigts, sans ne serait-ce bouger le reste de ton corps. Ce serait si simple et pourtant si peu amusant à tes yeux. Tu en mourrais d’envie et pourtant, tu ne voulais lui faire aucun mal. Tu avais juste peur, à nouveau, car tu étais un enfant dans un corps d’adulte, tu ne voulais pas grandir et faire face à tout ce que tu avais refoulé. Tu exultais ta domination comme une force naturelle, ton essence jouant sur ce charisme qui appuyait chaque mouvement de ton autorité sur la jeune femme. Tu jouais peut-être le jeu de l’autruche en camouflant ton essence de tes mots mais tu savais ô combien ton corps parlait pour toi, ô combien il te fourvoyait à de nombreuses reprises mais tu devais bien l’admettre : en avais-tu quelque chose à faire encore ? Tu avais inconsciemment brisé toute tes barrières, ou tu avais laissé la jeune femme passer sous ta peau comme un virus, et tu ne pouvais plus contrôler une machine déjà en marche. L’agressivité qui s’échappait des mots de la jeune femme te décontenançait, au bas mot. Tu n’arrivais pas à voir l’once d’une passible haine vis-à-vis de ta race, peut-être même un mince espoir d’être apprécié à ta juste valeur par ses mots. Tu te mentais si souvent à toi-même mais tu étais pourtant incapable de mentir aux autres et toute ta bêtise te sautait maintenant aux yeux. « Tu marques un point, jeune femme. Mais qu’est-ce qui te dit que sous le couvert d’actions de survie, il n’y a pas le désir égoïste d’un homme, d’un vampire ou d’un elfe de reprendre quelque chose ? ou simplement de tuer pour une désir futile, intéressé, peu important, trivial même ? Rien. Ce ne sont que des hypothèses. Nous parlons d’hypothèses en exposant des faits dont la documentation est si faible que rien ne nous oblige à y croire véritablement. La Duchesse s’est fait un tel plaisir de camoufler l’événement à Beauclair, il y a de ça deux ans… Un malin plaisir à descendre en ridicule toute les races qui ont souillées son duché si précieux qui pourtant appartenait aux elfes avant que la race humaine ne rase l’essentiel de ce qui leurs appartenaient de droit ! Les humains et les monstres ne sont pas différents l’un de l’autre, ils sont régit par les mêmes impulsions, mais sont-ils en droit de faire ce qu’ils font pour la question de la différence ? Les vampires ont-ils le droit de se rebeller lorsqu’ils ne sont que de vulgaires invités dans un monde qui n’est pas le leur ? Les elfes possèdent-ils encore le droit de se plaindre d’injustice quand tout ce qu’ils ont fait, c’est ne pas se défendre au moment importun ? La lâcheté, la vulgarité, l’agressivité, la domination, la conquête, l’adversité, la passivité, l’hypocrisie.. Tant de mots pour définir des races qui se ressemblent et s’affrontent comme des bêtes pour un lopin de terre qui n’a ni sens ni définition. Ne pas faire de différences entre eux vient à ne pas les considérer tout court, si tu veux mon avis. Mais soit ! N’aie pas peur de la race qui tue un humain d’un souffle, ne les condamnes pas si ça te chante, mais aie au moins la présence d’esprit de les considérer comme ils sont : des monstres, si proches des humains que la différence est dure à faire. » Tu divaguais, tu le savais, mais tu sentais une colère vis-à-vis de cette femme, que tu ne connaissais pas. Pas une colère vis-à-vis de ses mots qui étaient justes, tu refusais justement qu’ils le soient, tu refusais qu’elle ait raison et qu’elle éprouve une once de sympathie pour ta race. Peut-être avais-tu peur qu’elle t’atteigne.. Qu’en savais-tu ? Rien. Peu importait. Tu te sentais comme une proie, en danger et tu suivais ton instinct : celui de rétablir la domination, de rétablir le contrôle et de l’assumer comme il se devait. Tes mains sur la peau de la jeune femme, son odeur dans tes narines, envoûtante, hypnotique. Tu pouvais la mordre, goûter les épices de ton sang et pourtant tu n’y faisais rien mais tu savais que ton aura portait, le corbeau te le fit savoir. Tu regrettais presque de ne pas assumer ta domination sur le lieu tout entier, comportant le corbeau. Ce dernier te déstabilisa suffisamment pour que la jeune femme ait le temps de te pousser, te faisant juste reculer de quelques pas, tes hanches roulant dans le mouvement brusque. Ta chemise tombant sur un côté de ton épaule plus que de l’autre, laissant apercevoir le pentacle que tu portais sur ta chair de ton pectoral. Un tatouage, rien de plus, mais un indice supplémentaire pour qui savait interpréter ce genre de signes. Tu ne bougeais pas, ne la quittant pas du regard tandis qu’elle s’éloignait de lui dans un cercle. Tu ne te sentais pas acculé, mais curieux de voir ce qu’elle pouvait bien faire. Tu joignis doucement tes deux mains, l’écoutant tandis que les battements d’ailes de l’oiseau avait fait disparaître quelques bougies, plongeant la pièce dans une lumière tamisée qui aurait pu être propice à l’apparition de certaines de tes facultés. Tes iris bicolores portés sur elle, tu te penchas doucement, ramassant une nouvelle bouteille entamée. Elle savait. Tu le sentais dans ses mots qu’elle savait. Elle était aussi facile à lire qu’un livre ouvert et pourtant, tu venais de le comprendre seulement maintenant. Pour une fille de sorceleuse, sa posture laissait pourtant tant à comprendre. Elle savait à qui elle avait affaire. Elle ne se mettrait pas ainsi si elle ne savait pas qu’elle était en présence d’un monstre. Tu soufflas. « Soit. Laisse toi porter par l’aventure et le danger de la curiosité, de l’apprentissage incessant que portera ta vie. Si tu n’es pas mauvaise perdante, quel jeu proposes-tu ma chère ? Je n’en ai aucun en tête qui ne t’amènerait pas vers une pente bien dangereuse. » Tu pris une longue gorgée du vin avant de la laisser exploser au sol, glissant fatalement et consciemment de tes doigts pour que les débris se fracassent contre le sol. Tu te rapprochas d’un pas d’elle, ton regard ayant perdu la diligence de sa violence, trouvant une douceur et surtout une tristesse à se savoir démasquer. Tu ne pouvais plus jouer ce jeu. Tu commençais à être épuisé, et tu savais. Tu savais qu’elle était au courant, qu’elle avait deviné. Tu t’étais fourvoyé beaucoup trop de fois pour être convaincu du contraire, comme si, intentionnellement, ton corps avait laissé les indices qu’il voulait, ne suivant aucunement les ordres de ton esprit. « Dis-moi, Danaän, toi qui es curieuse de nature, qui veut connaître le monde et en chanter ses louanges. Qui suis-je ? » Tu lui soufflas un sourire tandis que tu te rapprochais à nouveau, ton aura dégageant à nouveau la violence de la domination. Tu lui laissais la possibilité de s’enfuir, de s’envoler à jamais ; celle de te dire la vérité de ce qu’elle savait ou encore celle de t’attaquer parce que tu te rapprochais dangereusement et que tu n’allais pas hésiter à tuer cet animal de malheur si il revenait s’attaquer à ton visage. Elle avait les cartes en main. A elle de faire le choix qu’elle décidait le plus juste. Mentir ou dire la vérité ? S’enfuir ou rester et rire ? T’attaquer et mourir ou s’enfuir et vivre ? Tant de possibilités. Et tu laissais le choix alors que tu aurais pu la tuer. Tu étais bien contradictoire, ce soir.




Relieve the pain in the night
And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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Race Race : Humaine
Jeu 2 Aoû - 11:59
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

Combien de fois Danaän avait été témoin de vie brisait à cause de paroles prononcées sans réfléchir, de manière imprudente ? Combien de fois on lui avait rapporté des histoires grotesques et fatidiques de quiproquo aux conséquences désastreuses ? Les mots étaient puissants et elle était bien placée pour le savoir. Danaän prit quelques secondes pour réfléchir aux paroles de Nyx, sa vision des choses était tout à fait défendable. Et à sa grande surprise, considérant les paroles comme des actions, elle s’était complainte dans cette certitude sans chercher forcément plus loin, à tort. « Je comprends ton point de vue. Si les actes ne suivent pas les paroles, elles n’ont alors aucune valeur… Mais dans certains cas, parler c’est déjà agir, tu ne crois pas ? »

Danaän hocha gracieusement la tête aux paroles suivante. Il était certain que les grands de ce monde, sûre de leur supériorité, en oubliaient la vacuité de leurs jugements. La morale des puissants tournait bien souvent autour de leurs hégémonies et la manière de la garder. Cela n’avait alors que peu d’intérêt car en réalité, il ne dominait véritablement personne étant eux-mêmes entièrement dépendant des autres. Car s’il n’y a plus de peuples, il n’y a alors plus de classe sociale et ils ne sont alors les supérieurs de personne. Tous ses nobles emmurés dans leur palais étaient bien trop loin de la vérité de ce monde pour le comprendre et véritablement s’en faire le juge. Le franc-parler de la jeune femme vis-à-vis de la suffisance des nobles lui avait d’ailleurs parfois couté son salaire avant d’être chassé comme une malpropre hors de la cour. Cela pouvait compliquer sa carrière, entacher sa réputation, mais c’était un maigre prix à payer pour garder son intégrité et comme elle l’avait fait comprend à Nyx, Danaän n’avait pas l’habitude de mentir ou de cacher ses opinions derrière les courbettes d’usages. Et puis elle savait que ceux qui avaient conscience de leur condition ne se vexaient pas de ses remarques et c’était ceux-là qu’elle estimait. Nyx semblait d’ailleurs pleinement embrassait sa condition de trafiquant et elle jugea rapidement qu’il faisait partie de cette catégorie, quand bien même il faisait des mystères. La conversation sur ses noms avait donc fini en impasse, tant pis. De toute manière elle n’avait jamais eu l’intention de l’appeler autrement. Nyx résonnait très bien pour elle, c’était suffisant. Elle avait davantage cherché à le faire relever quelques aspects de sa vie qu’elle ne connaissait pas plus qu’à connaitre à tout prix son nom. Mais il ne semblait pas disposait à lui donner cette satisfaction et elle s’était résigné pour ce soir. Elle ne s’attendait pas à mieux bien qu’elle soit un peu déçue que cette conversation soit restée quelque peu stérile. Elle aurait pu croire qu’il aurait fini par l’estimer davantage, pas lui faire confiance, c’était quelque chose de fastidieux et long à obtenir, mais au moins un infime rapprochement. Dommage mais tant pis, elle ne pouvait pas se permettre d’être naïve.

Danaän était surprise, les haussements de sourcils de Nyx présageaient une victoire argumentaire et elle ne pouvait qu’en être fière. Pour autant elle n’était pas du genre à se flatter pour la simple satisfaction d’avoir raison et de le montrer. Ainsi, comme à son habitude, elle resta humble, bienveillante, souriante. Elle perçut par le biais des hésitions dans les paroles de Nyx qu’elle avait touché un point sensible. Elle aurait pu s’engouffrer dans la brèche, mais malgré sa curiosité, elle n’était pas malséante et n’avait pas envie de le braquer davantage, il était déjà inédit qu’elle obtienne un dialogue aussi conséquent et intime avec lui. Il semblait l’interroger sur les émotions comme on aurait interrogé un professeur, c’était déroutant et amusant. « Bien sûr qu’elle le peut, les émotions ne sont pas éternelles et les sentiments peuvent changer radicalement, l’amour devenant haine, la haine devenant dédain et ainsi de suite. Tu as raison, il s’agit là d’un casse-tête interminable et les certitudes sont rarement de mise en matière de sentiment. »  Cette conversation sur les émotions donna l’impression à la jeune femme d’en apprendre plus sur Nyx qu’au cours de toutes leurs conversations précédentes et elle se sentait assez satisfaite de ce constat. Il pouvait toujours tenter de cacher son trouble, c’était tout aussi pertinent sous le regard d’une barde aimant analyser les tourments des hommes. « Cela peut être vrai, ce genre de geste, aussi anodin soit-il, renferme une grande violence, mais le but étant de transmettre des émotions, l’objectif est atteint, que ce soit en bien ou en mal, le tout étant de ressentir, et ressentir est salvateur. »  En prononçant ses mots, Danaän réalisa son opinion. Elle n’avait encore jamais énoncé ces convictions de vis voix et se demanda alors ce qu’elle serait devenu si les gestes de Luther s’étaient avérés renfermer des émotions toutes autres. Heureusement, elle n’avait pas à se poser cette question sérieusement. Cet homme avait fait d’elle la femme qu’elle était en lui inculquant cette empathie qu’elle chérissait tant. Il lui avait appris tant d’émotion, le respect, l’amour, le courage, la persévérance, la fierté, la curiosité, la méfiance, la colère et enfin la tristesse. Et tout cela pouvait paraître bien inouï, les sorceleurs étant réputé pour être dépourvu d’émotion, à tort. Sans même connaitre ses parents, elle s’était persuadé qu’ils n’auraient pas fait mieux. Ce monde était complexe, contradictoire, tristement délétère, hideux, et si beau. Ces attributs étaient visibles à chacun instant et chez n’importe qui.

Ils étaient visibles dans l’art de la guerre, de la violence, de l’assassinat. « L’humain a fait de l’ingéniosité une arme faute de pouvoir rivaliser par la force brute et par sa bestialité, qu’importe à quel point il aurait voulu la développer, la laissait s’exprimer comme cela arrive parfois. C’est exact, ses comportements sont loin de l’ingéniosité que revendiquent les hommes et c’est pour cela qu’ils les réprouvent en public pour mieux les adopter en priver. »  La question sur la légitimité de la violence et des meurtres que lui posait Nyx était intéressante et Danaän après une première réponse, prit le temps de repasser l’interrogation dans sa tête pour se figurer une opinion peut-être plus tranchée. Opinion que Nyx sembla réclamer par son intervention. « Je ne sais pas si je peux dire lequel est le plus légitime. Certes la réponse évidente serait de privilégier l’homme qui se défend, mais l’individu qui tue pour le plaisir, bien qu’il soit condamnable, voit une légitimité dans son geste dans la mesure où elle lui apporte une satisfaction peut-être indispensable à sa propre survie. »  Danaän réfléchissait sérieusement à la question et cela devait être perceptible dans le ton de sa voix qui trahissait sa réflexion. « J’aurais été curieuse de connaitre sa critique sur le sujet pour sûr. En effet cette question est bien épineuse, voudrais-tu là encore la soumettre aux doyens de l’académie d’Oxenfurt ? »  Demanda-t-elle avait amusement et une pointe de sarcasme. Elle l’écouta donner son avis sur son analyse avec le plus grand intérêt. Elle sourit en se disant qu’il aurait été étonnant qu’elle vise parfaitement juste du premier coup. Cela pouvait fonctionner sur bien des gens, mais Nyx était plus complexe et bien difficile à cerner, à percer à jour et il ne lui facilitait pas la tâche. « Je tâcherai de revoir mon analyse si tu laisses transparaitre d’autres éléments qui me sauteraient aux yeux »  et c’est ce qu’elle espérait, conclut la jeune femme en lui offrant un sourire complaisant.

Une complaisance qui avait quelque peu disparu par la suite. Au départ, la jeune femme n’avait-elle pas simplement supposé une éventuelle différence des effets du fisstech sur les humaines et sur les vampires ? Nyx s’était trahi tout seul en s’offusquant de cette remarque qui certes était une provocation mais qu’il aurait pu éviter avec plus de simplicité et de discrétion. Il avait surement voulu la punir de son insolence, mais Danaän était impétueuse et les réactions de Nyx entrainèrent instinctivement de nouvelles provocations dangereuses. Elle avait conscience du danger qu’elle courait, après tout, Nyx lui-même l’avait mis en garde et conseillait de ne pas jouer avec le feu. Mais tout retour en arrière était impossible et Danaän n’était pas du genre à se rétracter, alors autant poursuivre le jeu en espérant ne pas perdre la partie durant laquelle elle ne comptait pas tricher. « Quand bien même ce serait le cas, ne serait-ce pas légitime ? Les elfes dépossédaient de leur terre n’ont-ils pas le droit de tout mettre en œuvre pour s’en emparer de nouveaux ? Et les vampires n’ont-ils pas le droit de lutter pour se trouver une place dans ce monde qu’ils n’ont pas choisi et qui ne veux pas d’eux ? Ils n’ont pas le choix d’être là et donc de s’adapter, et nous n’avons pas le choix de l’accepter et de leur céder une place dans notre monde. Et même si toutes ses actions sont motivées par des ambitions personnelles, n’est-ce pas logique puisque tristement courant dans ce monde individualiste ? Rien ne prouve le motif de ses actions et à vrai dire je m’en contre fou car aucune race n’est plus légitime qu’une autre à faire valoir son droit d’exister. Tous les attributs que tu viens de citer appartiennent à ce monde et à chaque race qui y cohabitent de gré ou de force. Je ne renie pas leurs différences, loin de là, je me contente simplement de ne pas hiérarchiser ces individus et j’ai pleinement conscience de ce qu’ils sont, qu’ils soient vampires ou toute autre chose car au risque de me répéter, je ne suis pas naïve. »  Danaän pouvait sentir sa colère aussi intensément qu’elle sentait son emprise sur sa peau. Elle avait réveillé une bête qui ne semblait pas prête à l’être et elle devait assumer les conséquences. Mais il y avait encore tellement de choses qu’elle ne comprenait pas. Pourquoi cette colère si intense ? Était-ce si préjudiciable de ne pas tenir les vampires en horreur ? De quoi avait-il peur bon sang ? En quoi une frêle petite humaine, aussi agile et acerbe soit-elle pouvait-elle présenter une putain de menace ? Pourquoi s’était-il murait dans cet état défensif à l’instant même où elle avait évoqué de manière dissimuler des soupçons qu’il s’évertuait à démolir en les fondant au contraire ? Que pouvait-elle dire devant l’aversion qu’il semblait portait sur ses propos, sur elle ? Elle n’avait cherché qu’à défendre son opinion, défendre sa nature à lui. Mais il semblait le prendre comme une attaque, comme si justement elle l’avait mené devant le juge, jusqu’à l’échafaud. Cette colère injuste qu’il lui jetait en plein visage n’avait fait que renforcer la sienne.  Elle n’avait pas l’intention de se renier pour satisfaire son confort bafoué, quand bien même elle était chez lui et qu’il était maitre des lieux. Elle pouvait être désolée, oui, mais elle n’allait pas désavouer ses propos pour autant. Il semblait vouloir se débarrasser des affirmations de la jeune femme, la faire plier sous la peur, la domination, mais c’était vain. Se rétracter ne faisait pas partir de sa nature et elle ne pouvait plus oublier ce qu’elle avait vu et entendu, c’était bien trop tard. D’autant plus qu’avec l’intervention de Jaskier, Danaän put enfin se relever, faire face du haut de son autorité dérisoire face à celle du vampire. Celui qu’elle avait rencontré quelques années auparavant était tatoueur itinérant, il ne lui avait pas appris l’iconographie de son monde, elle ne s’en sentait pas le droit, mais elle avait eu le loisir d’observer certains de ses dessins et le tatouage qu’elle découvrit sur le buste de Nyx correspondait à cette esthétique. Une preuve de plus. L’ambiance était alors plus sombre suite à l’intervention de l’oiseau. Les quelques éclairs qui déchiraient le ciel illuminés alors bien mieux la pièce de leur lumière bleutée, vive, froide. Elle l’observa, à la faible lumière des bougies à la lumière des éclairs. Sous sa cruauté apparente, la violence de ses mots, de son regard, une soudaine fragilité apparaissait clairement aux yeux de la jeune femme. Elle réalisa alors qu’un sentiment de culpabilité venait s’insinuer dans son esprit. Elle se rendit compte de la violence et de l’insistance avec laquelle elle l’avait mis au pied du mur. Elle était une invitée chez lui comme lui était un invité dans ce monde. Elle n’avait pas le droit de l’exposer ainsi contre son gré. Elle essayait de se persuader que c’était lui qui avait cédé à la provocation et avait montré son vrai visage, mais en vérité n’est-ce pas ce qu’elle avait ardemment voulu ? Les gestes de Nyx étaient toujours aussi mesurés, détaillés tandis qu’il ramassa une bouteille. Toute provocation et effronterie disparurent de la voix de Danaän et de son visage. « Je suis déjà sur cette pentes dangereuse, n'est-ce pas ? Et je crois que j’ai déjà gagné à un jeu auquel aucun de nous n'avait réellement envie de jouer, du moins consciemment… » Elle avait gagné au jeu de la vérité. Il s'était dévoilé alors qu'elle avait avec un sérieux avantage, celui de rien avoir à cacher et que lui avait celui de la peur et l'asservissement. « Ou alors j'ai tout perdu… »  La voix de la jeune femme n’était ni fière ni agressive, elle était seulement déconcertée par cette soirée qui n’avait plus lieu d’être à l’origine et qui avait dégénéré dans cet affrontement mortel. Elle énumérait ses quelques mots, presque désolée. Contrairement à Lui, Danaän n’avait jamais rien cachait d’elle. Elle l’avait dit, elle était sincère, maintenant allait-il tenter de l’utiliser contre elle, de se venger de cette innocence ? Le fracas de la bouteille volant en éclat au sol aurait pu la faire sursauté si elle n’était pas autant concentrée sur ses mouvements, sur le qui-vive en permanence. Elle se demanda alors si cet objet cassé n’était pas annonciateur de son sort. Les bris de verre figurant ses os, le reste de vin figurant les maigres gouttes de sang qu’il lui restera alors. Elle observait son visage, son regard et vit la tristesse qu’il laissait doucement ressurgir. L’avait-elle blessé ? Il se rapprochait doucement d’elle, mais elle sentit que son agressivité s’était amoindrie. Avait-elle une chance de s’en sortir sans se retrouver à nouveau comme un pantin entre ces griffes ? La jeune barde ne bougea pas, elle savait que le dénouement de cette soirée était imminent et elle avait pris bien trop de risques pour ne pas rester humble devant cette échéance. Son sentiment de culpabilité se faisait plus présent encore et le visage triste et résolut de Nyx ne fit que l’amplifier. Elle eut soudain envie de faire disparaitre toute cette agressivité qui était survenue. Elle voulait lui montrer le penchant de ses propres gestes à lui. Poser une main douce sur sa joue, montrer que la violence n’était pas la seule voix de la domination. Mais le scion brulant qu’il avait laissé sur sa peau était encore trop vif pour qu’elle s’abandonne à ce genre de geste. Il se rapprochait d’elle et elle ne bougeait pas. En prit une voix douce et conciliante. Qu’importe l’issu de la marche qu’il avait entrepris dans sa direction, elle avait provoqué tout cela, elle ne pouvait maintenant qu’en affronter les conséquences.   « Tu es donc persuadé que je le sais Nyx ? Tu sais que je ne suis pas adepte du mensonge mais voudrais-tu que je fasse une exception ?... Tu es ce que tu montres au monde et bien plus encore. Tu n’es pas d’une simplicité déconcertante comme je le suis, si peux complexe que je n’ai rien à cacher sous un masque. Tu ne peux pas fuir ce que tu es et tu peux pourtant être qui tu veux. Tu es un animal perdu dans un environnement hostile et comme tout animal déboussolé, tu es dangereux. Tu as peur Nyx. Peur que quelqu’un arrive un jour à lire en toi et découvre tout ce que tu détestes. Tu as peur qu’on puisse t’atteindre, te rejeter, te haïr, te comprendre et au-delà de cela, t’accepter. Car tu es hanté par ce que tu as vécu, ce que tu as fait aussi certainement. Tu ne veux pas y être confronté dans le regard d’un autre. Qu’importe ta race Nyx, tu es un être doté d’émotions multiples comme chacun et n’est-ce pas tout ce qui compte ? »  À la fin de son discours, Danaän fit le dernier pas qui les séparait encore se retrouvant de nouveau tout proche de lui, son regard toujours plongé dans le sien. Elle ne pouvait plus reculer. Ses épaules s’étaient légèrement détendues, elle n’avait pas baissé les bras, elle était simplement résolue à accepter ce qui allait suivre.



Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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Race Race : Vampire Supérieur
Ven 3 Aoû - 0:43
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DEEP IN A HOLE
ft. Danaän Peryite
Night time
Lacehalls
Novigrad, Redania

Cette conversation tournait en rond, tu lui donnais des points, elle te les rendait et finalement, vous tombiez assez justement d’accord, en usant néanmoins plus de paroles qu’il y en avait de nécessaire. Tu n’étais pas si bavard habituellement, te complaisant dans la sérénité du silence et dans les discussions courtes qui allait au bout. Ces discussions avec Danaän étaient bien différentes, cette soirée en elle-même était bien différente. Beaucoup de choses étaient différentes de ton quotidien, de ce que tu étais habitué à faire en temps normal mais.. Tu n’étais pas désagréable, ça te plaisait presque, ce genre d’entente mutuelle basée sur une relation particulièrement professionnelle. Lorsqu’elle avait frappé à ta porte, tu avais presque regretté de ne pas l’avoir laissé dehors pour profiter du calme une fois le bavard éloigné, mais finalement… Cette soirée était enrichissante à bien des égards, tu devais bien l’avouer. « Vu ainsi, c’est le cas. Mais ce n’est pas toujours le cas. La preuve en est avec les politiciens qui se complaisent à discuter d’éventualités au lieu de s’allier et d’attaquer l’ennemi de front, que ce soit pour un jugement ou pour la guerre. Ils aimaient à barboter de mots, de possibilités, de minuscules hypothèses qui ne peuvent apparaître que si un cratère ou une troisième conjonction apparaît. » Cela dit, là encore, cela revenait à ce que les mots aient de la valeur et puisqu’ils en avaient, ils ne devaient pas être gâchés pour les futilités mondaines ou les discussions à rallonge des politiciens, et pourtant… Pourtant, de nombreuses guerres avaient été perdues parce que les politiques trouvaient toujours à y redire alors que le général ne demandait qu’une chose : la victoire. Cela dit, les avis étaient partagés sur la question, tu en avais ouïe dire. Certains préféraient la stratégie et la paperasse amenant à un taux de quatre-vingt-dix pourcent de chances tandis que d’autres préféraient l’action et des chances amoindries. Ce que tu trouvais admirable, dans toute ses discutions, cela dit, c’était ce besoin de trouver la victoire. Ils ne se battaient pas pour participer comme le ferait deux amis, mais se battaient pour réussir la mission qu’il leur avait été donné. Tu voyais une forme de domination là-dedans, une forme de motivation toute nouvelle qui encourageait de nombreux humains à la guerre, que ce soit pour la victoire ou la gloire. Après tout, même mort, un soldat garde la gloire de ses combats et de sa lutte contre l’envahisseur. Et tu pouvais comprendre, tu luttais toi-même, étant un envahisseur, certes minime, mais un envahisseur quand même. Ta race était parvenue dès la première conjonction sur ses terres, se faisant engouffrer petit à petit par la magie au fur et à mesure qu’elle apparaissait et vous vous battiez, en silence, pour le peu de reconnaissance dont vous aviez besoin pour vivre. Vous n’étiez pas comme les elfes, à quémander des terres, mais juste à être laisser comme tel. Quand bien même, tu chassas aussi vite ses pensées que celles concernant ton nom et prénom. Un débat stérile, sourd, peut-être même muet mais un débat et un combat pour savoir si elle pouvait lui faire confiance ou non. Tu ne te faisais pas confiance alors dire à quelqu’un d’autre de te faire confiance pour autre chose que de la marchandise ? C’était un défi haut en couleur et probablement mortel sur le long terme. Certes, ta confiance en la demoiselle s’était agrandit quelque peu, mais au point de lui dévoiler plus qu’un nom et prénom ? Ce serait de la folie pure pour ta sécurité et tu savais que tu l’as mettais en danger bien trop souvent, à croire que tu ne pouvais t’en empêcher, comme un besoin irrémédiable de savoir que tu pouvais marcher sur cette ligne sans pour autant le faire. Grisant, en effet, mais pas suffisamment pour avoir le courage de le faire véritablement. La preuve en était, tu ne disais ni oui ni non à ce que ton prénom soit véritablement celui qu’elle pensait qu’il était, la laissant planer dans un doute intéressant. Tu avais cet effet, tu en étais conscient, mais c’était assez intéressant de le voir de tes propres yeux, tu devais bien l’avouer. Cela dit, c’était tout ce que tu t’accordais à dire pour l’instant. Elle n’avait pas à en savoir plus, pour ta propre survie et peut-être même pour la sienne. Qu’est-ce que ça lui apporterait de savoir que ça faisait 400 ans qu’il déambulait dans ce monde ? Qu’il avait l’âge d’être l’un de ses ancêtres plutôt que son amant ou ami ? C’était troublant et c’était le genre de choses qui rendaient mal à l’aise, une fois abordé, tu pouvais bien le concevoir. Elle savait suffisamment pour l’instant, le reste des informations étant superflues et non avenues dans ce cas précis.

Cela dit, si le doute faisait partie de ton âme, la curiosité aussi. Et toute cette discussion réverbérant tes doutes et tes sentiments commençait à te mettre sérieusement mal à l’aise. Tu ne savais pas où te positionner dans cette conversation, perdu dans ce que tu pensais être des figures immuables et qui finalement, s’inter changeaient pour donner de nouvelles formes. La jeune femme n’arrivait guère à éclairer ton esprit et tu te retrouvais à y penser plus que d’ordinaire. Une nouvelle feuille de curiosité avait germé dans ton esprit et tu te complaisais à ne rien y comprendre malgré que tu essayes, inconsciemment, de démêler ce qui paraissait vrai et faux à tes yeux. Ce monde avait mis, dès ton premier jour ici, toutes tes croyances en doute, tout ce que tu étais persuadé de connaître et de maîtriser, tu avais dû apprendre à l’exploiter à nouveau. Les sentiments brus, à vif, et tes émotions, âpres et écrus, tu devais apprendre à les reconnaître, à les maîtriser à nouveau et à ne pas les exprimer de la même manière qu’avec tes confrères, dans ton monde. Ici, tout était différent, tout était parsemé d’une once de superficialité ou de politesse. Dire à quelqu’un que tu l’aimais était plus difficile que dans ton monde, parce qu’il y avait toute une décence à avoir, des règles à suivre et tu ne pouvais juste pas aimer quelqu’un, tu n’en étais bien rendu compte. Sans compter tous les opposés et les différences d’espèces. Les relations inter-espèces étaient ce qui t’avait intéressé dès le départ, te faisant te détourner de ta propre essence et de tes paires au profit de la nouveauté, pour finalement n’être que déception lorsque tout se ressemblait. Ton monde et celui-ci n’étaient pas si différents, mais ils l’étaient en tant de choses, justement parce qu’il te fallait être modulable à leurs croyances, à leurs coutumes. C’était exténuant, tu devais bien l’avouer. « J’en suis bien conscient. Seulement… As-tu remarqué la tendance humaine à ne pas avouer le changement de sentiments ? C’est pourtant.. Un sentiment est si brut, si cru, il ne devrait pas être modulé par des facéties, par des mensonges et une invalidation d’un autre. L’évolution naturelle devrait amener à la communication, pas à l’invalidation d’un sentiment par un autre. C’est terriblement compliqué, je dois bien l’avouer. On y pense assez peu, finalement, puisqu’on les sent, ils sont là, ils nous guident de bien des manières, mais on pense assez peu à ce qu’ils sont et comment ils coexistent au sein de nous. Cela dit, je ne suis pas d’accord avec toi… Ressentir n’est pas forcément salvateur. Cela donne cette notion d’exister, de vivre, d’être présent mais les séquelles sont parfois plus graves et destructrices que si rien n’avait été fait, tu ne crois pas ? Un enfant qui apprend qu’il n’ait pas aimé, mais qu’il a été bercé toute sa vie par des actes qui disent le contraire des sentiments risque d’être traumatisé ou d’avoir des blocages dans la suite de sa vie, n’est-ce pas ? N’est-ce donc ainsi par une destruction prolongée plutôt qu’une pseudo salvation sur le court terme ? Que le contact ne soit pas là est destructeur, mais mentir sur des sentiments par un acte qui n’en vaut aucun est pour moi aussi ravageur si ce n’est pire. » Peut-être avais-tu abattu tes dernières cartes sur le sujet ? C’était fort probablement. Le sujet semblait s’étirer sans pour autant trouver de vainqueur dans l’argumentaire, peut-être était-ce une bonne chose. Après tout, c’est avec des divergences d’esprits et d’opinions qu’un monde se forge à l’image de ce qu’il y a de meilleurs et de pires. Mais converser avec un vampire était une toute autre expérience, bien qu’elle ne le sache pas. Après tout, tu apportais des arguments qui n’étaient peut être valides que dans ton monde, tu ne connaissais pas suffisamment celui-ci pour te permettre un quelconque jugement excessif et rapide. En tout cas, sur le sujet.
Cela, dit, si les sentiments étaient un sujet qui te troublait, l’art de la guerre et de l’assassinat, c’était tout autre chose. C’était des sujets qui t’exultaient, qui te ramenaient à tes phases les plus primaires, à tes instincts animaux et essentiels. Mais encore, là, tu trouvais des arguments que tu n’avais jamais vu et tu devais bien avouer que discuter avec la jeune humaine ravivait ta curiosité parfois si enfouie, et animait les nouvelles passions que tu avais dans cette curiosité parfois mal placée. Considérant l’homme et son habitat naturel, il était plutôt normal d’être curieux même si tu étais toutefois méfiant et prudent quand il s’agissait d’informations sans sources. Mais ça ne t’empêchait pas d’être curieux. « En privé dis-tu. Mais n’est-ce pas là encore une preuve que l’être humain est lâche ? Et peut-être même plus violent qu’un animal ? Réprimer ses pulsions, certes, est un fait. Les relâcher en privé, c’est tout autre. Qu’est-ce que l’on sait qu’il se passe derrière les portes fermées ? Une femme battue ? Un homme battu ? Un enfant battu parce qu’un homme n’a pas su se contrôler ou s’est trop réprimé ? C’est mettre en péril les gens que l’on peut apprécier pour des pulsions qu’il serait plus honorable de relâcher en public, dans une arène, par exemple. Mais la fierté, ah ! Perdre un combat devant une foule peut être si mauvais pour la fierté, l’égo, surtout masculin, je dois dire. C’est tout de même loin de l’ingéniosité humaine. » Tu soufflas, après avoir plus ou moins réfléchis sur le sujet. Nombres de femmes que tu retrouvais dans ta morgue, les joues boursoufflées, les yeux enflammés et injectés de sang à force d’avoir été battue jusqu’à son dernier souffle… Et ce n’était que ce qui était visible à première vue. Les mains taillées, les signes de brûlures, de cigarettes ou de tisonnier. Les marques de viols, les bassins fracturés, les seins taillés de cicatrices toute les plus laides que possibles. Non pas que les cicatrices étaient laides en elles-mêmes, c’était ce qui se tramait sous cette cicatrice qui la rendait hideuse à tes yeux. « C’est une trop grande question pour être tranchée entre nous deux. Chacun voit ce qu’il peut voir par son expérience, mais je dirais qu’aucun n’a la légitimité de tuer. Nous ne sommes Dieu, ou je ne sais quelle divinité, peu importe, et nous ne devons pas prétendre l’être en estimant un geste plus légitime qu’un autre. Un meurtre, un crime, est un crime, qu’il soit de défense, de survie ou de plaisir. C’est un choix que nous faisons, lorsque la lame glisse sur la peau, que de celle d’attenter à la vie d’un autre parce que la nôtre a plus d’importance. » Tu soufflas, tes doigts traçant négligemment une vieille cicatrice dans le creux de ta main. Une vieille marque, laissée à jamais sur ta peau. Tu l’avais bien voulu cela dit. Avec ta régénérescence, tu aurais pu la camoufler à jamais mais tu avais décidé de la garder, comme souvenir. Tu étais si sentimental avec les souvenirs, c’était presque malsain. « Laissons-leur la primauté de cette question. Après tout, ils trouveront bien des évidences dans leur débat que nos yeux manquant de cultures et d’histoires pourraient voir. » Tu haussas les épaules par la suite, amusé. Tu répondis par le silence à la jeune femme à ce qu’elle te lança sur son analyse. Après tout, libre à elle, tu n’étais ni son père, ni son amant ni quoi que ce soit et même en ces termes, tu n’aurais rien à dire. Son esprit était libre et tu préférais les esprits libres que ceux enchaînés par des contraintes et des coutumes obsolètes. Seulement, les esprits libres étaient également faits pour s’entretuer, se détruire et se meurtrir, et avait besoin de savoir que leur territoire leur appartenait toujours. C’est ce que tu faisais. Tu t’autodétruisais en laissant des traces évidentes de qui tu étais tout en imposant une domination presque sans faille sur la jeune femme. Cependant, avant même que tu t’en rendes comptes, ton masque était fissuré, l’illusion se désagrégeait comme si elle n’avait jamais été puissante et pourtant tu avais toujours veillé à ce que tout soit sous ton contrôle. Ce n’était plus le cas. Tu sentais tout te filer entre les doigts à mesure que la voix de la jeune femme résonnait dans la pièce pourtant si silencieuse habituellement. L’insolence et l’impudence, l’opulence de quelques mots et tout s’éclatait comme un miroir brisé à tes côtés. Tu avais envie de hurler mais tu savais bien mieux que quiconque que ça ne servait à rien et que ce n’était pas toi. Tu n’étais pas homme à hurler, tu étais mesuré, même lorsque tu déraillais. La colère froid plus que la colère chaude était quelque chose de plus vicieux que le reste, plus meurtrier parfois même. La crainte s’inspirait de ton inflexion, et tu n’avais plus peur de te dévoiler, maintenant que le rideau était tombé. Tu transpirais de ton essence et si elle avait un nez aussi fin qu’un vampire, elle aurait senti la fureur et la mélancolie, la déception et la rage qui s’évaporaient de tous tes pores comme une odeur indolore et pourtant si traitreusement étouffante. « Les elfes ont été insolents et faibles à bien des égards, ils ont pris les armes trop tard face à l’envahisseur qui n’avait que faire de cette espèce ! Les elfes s’étaient évaporés dans des discours futiles, concernant le future de leur race tandis que leurs jeunes se faisaient massacrés au combat pour sauver des ruines et des enfants ! Il a fallu que Shaerawedd montre l’exemple pour qu’ils comprennent où était leur erreur ! Et pourtant ! Et pourtant ils ne se sont pas battus, pour beaucoup ils ont fui dans un autre monde, entouré de marbres blancs et protéger par les licornes ! Et maintenant, ils se révoltent parce qu’ils se sentent en danger ? La légitimité est vague, la lâcheté est profonde ! Les vampires n’ont pas choisi de vivre ici mais n’ont rien fait pour que l’humanité leur accorde un sourire. Les meurtres, les saccages, la violence, l’expression même d’une essence crue et brut contre des humains qui ne connaissaient rien à cela parce qu’obnubilés par leur individualisme et leurs désirs de conquêtes incessants. Est-ce que cela encourage le massacre de Beauclair ? Non ! J’étais là, ma chère, pas très loin de la ville lorsque j’ai vu les vampires fondre sur les gens comme des meurtriers sanguinaires, arrachant tripes et boyaux pour quelques minuscules gouttes de sang impures ! Et ils pleurent de n’être pas acceptés ? C’est lâche. Être incapable de se fondre dans le moule parce que le sang les excite, bouillonne leur propre sang pour donner forme à des monstres dont tu n’as même pas conscience ! La lâcheté n’est pas une vertu propre à ceux qui se veulent justes de leurs droits, c’est celle propre à ceux qui finalement, se plaignent sans en s’armer des erreurs du passé. » Tu conclus, ta voix froid et sans appel tandis que la jeune femme n’hésitait pas à amener la même véhémence. Tu l’étais peut-être plus, sans nul doute sur le sujet mais tout ce sujet te ramenait à des souvenirs de violence que tu n’avais jamais pensé subir un jour. Tu avais été là, non loin de Beauclair, lorsque le vampire du nom de Dettlaff lança l’appel sur Beauclair. Tu n’y avais pas pris part, tu étais là pour affaire, suffisamment proche de la ville pour entendre l’appel et voir les horreurs. Mais tu avais compris la vengeance, la haine et l’amertume qui se traduisait dans l’appel dans vampire amoureux et trahit. Il était plus vieux que toi, tu le savais, et tu aurais dû suivre son appel mais tu avais décidé de ne pas participer à ce qui te faisait détester de plus en plus ta race. Tu étais contradictoire mais tu avais appris que vivre dans l’ombre ici rallongerait ta vie et tu ne détestais pas suffisamment ce monde pour vouloir y mourir. Ton rêve de mort était dans ton monde, parmi ta famille et ce clan que tu avais perdu, pas de la main d’un sorceleur ou de quelques soldats armés de fourches et d’ail comme si cela allait les sauver. Tu avais refusé de perpétuer la mort plus que tu ne le faisais déjà, tu te refusais à tuer des innocents pour cet homme en mal d’amour. La vengeance était une chose, la rage aussi, mais celle qui avait été perpétué il y a de cela deux ans était égoïste, purement égoïste et les avait tous mis en danger en l’espace d’une nuit. La nuit des longs crocs fut la plus longue, la plus difficile à vivre quand tout le monde était suspicieux de tout le monde. Tu avais vu des habitants s’entretuer, pensant voir une canine un peu trop aiguisées ou des doigts un peu trop longs, des ongles pas assez coupés. Tu avais eu peur cette nuit, en voyant cette humanité ravagée. Comment les vampires pouvaient-ils réclamés une vie de tranquillité quand ils sabotaient leur passage en rendant l’humanité aussi folle et bestiale qu’eux ? Les vampires jouaient un jeu dangereux, tout comme le faisait Danaän à l’heure actuelle, mais à raison du vampire de Beauclair, tu n’allais pas lancer tout l’assaut sur la ville ni même sur elle par simple souci d’égoïsme. Tu te contentais de la guide en dehors du pétrin dans lequel elle s’était mise. « Bien deviné. Peut-être as-tu tout perdu, peut-être as-tu tout perdu mais dans tous les cas, tu t’es mise en danger seule. Ton désir, peut-être quelque peu égoïste, d’en apprendre trop te fait glisser sur de pentes raides mais es-tu sûre de pouvoir te rattraper au vol ? Ton corbeau ne sera jamais suffisamment fort pour t’extirper de là. » Au moment où la bouteille se fracassa au sol en un millier de morceaux plus fins et les uns que les autres, le sang coulant de tes doigts en même temps que des reste de vin, fut celui où ton propre corbeau décida de faire son approche. Possiblement concerné par la détresse de son maître, l’animal était plus volumineux que celui de Danaän, montrant clairement qu’il n’appartenait pas à ce monde. Il ne t’appartenait pas vraiment non plus. Il appartenait à ta famille et avait accompagné ta sœur dans ce monde, cette dernière te laissant laissée à son départ d’Oxenfurt. L’animal, dont le nom était Tiran, étira ses longues ailes en s’appuyant contre une vitrine laissée à l’écart, imposant sa domination sur l’autre corbeau présent sans pour autant bouger ni faire le moindre bruit. Tu ne le détestais pas, mais tu étais plus adepte des félins. Cela faisait d’ailleurs quelques mois que tu essayais d’échanger avec Beauclair pour récupérer une panthère, que tu confierais à un mage pour quelques temps, pour que sa vie soit rallongée et apte à te suivre. Tu suivis finalement la jeune femme, ancrant à nouveau tes yeux sur elle, soufflant, résigné. Tu étais résigné, abattu, défait et le seul et unique son fait par ton corbeau te rappela à quel point tu étais faible, pathétique ainsi lâche. « Malheureusement, tu es probablement trop jeune pour savoir tout ce que cela implique et à savoir à quel point être doué d’émotions multiples n’a que si peu d’importances. Ce monde est hostile, qu’importe la race dont j’ai été doté à ma naissance. Les envahisseurs ont un désir bien trop grand que d’être supérieurs à tout le monde quand bien même ils ne le sont pas mais qu’importe ma race, nous devons nous incliner et espérer que le massacre sera retardé suffisamment pour que les portes s’ouvrent à nouveau. Mais tout ce que je dis n’a guère d’importance puisqu’importe mon essence, ma mortalité n’est qu’un fait et est la volition de tant de monde qu’il est difficile d’imaginer une scène de crime sans sang. Il est difficile d’imaginer une mort honorable dans un combat perdu d’avance. » Tu soupiras à nouveau alors qu’elle traversait le dernier pas vous séparant. Tu baissas les yeux sur elle, l’observant au travers de tes cils. Toute ton aura dominatrice était retombée, ta colère aussi, comme une pluie battante sur ton dos. Tout n’était que futilité maintenant. Tu sentais, dans ses mots, qu’elle savait très bien qui tu étais dans ton essence. Elle ne captait pourtant que quelques minces volutes de ta personnalité et de ton caractère et c’était pourtant bien suffisant. Elle ébranlait quelque chose chez toi que tu refusais d’admettre et de voir et pourtant… Et pourtant, tu soupiras à nouveau, laissant ton front retomber contre le sien, les yeux clos, une main crispée sur son épaule sans pour autant appuyer autant de force que ton corps le voulait. Tu étais là. « La fatalité est bien triste lorsqu’on la regarde en face. Il n’y a pas d’échappatoire, pas d’issue, pas de nouvelles directions à prendre. L’enfer est pavé de bonnes intentions et le paradis de mauvaises, comme on dit. Une dualité perpétuelle face à une fatalité inexorable. Il n’y a rien de plus difficile, dans ce monde, que d’être un être doué de sentiments et d’émotions. Et n’essaye pas d’éluder la question, je sais que tu sais, Danaän. Je suis peut-être aveugle mais pas idiot. Si je me suis fourvoyé, tu l’as fait tout autant. » Tu soupiras à nouveau, gardant tes yeux clos et ta respiration des plus calme. Chaque mot était mesuré par la lassitude que tu transportais avec toi comme un boulet. Tiran émit un nouveau bruit, tentant de redresser ta domination par ses cris mais rien n’y faisait. Pour ce soir, tu avais baissé les bras, sans admettre quoi que ce soit.




Relieve the pain in the night
And I'm so high I'm numb, Living fast, I'm lapping 'em liquor, drugs, and sex addiction, I'm all of 'em wrapped in one. Stay in control up until you spiral out of it, living fast as freeways, I ain't slept in three days, making money three ways, keep on running these plays.× by lizzou.
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Race Race : Humaine
Ven 3 Aoû - 21:03
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When you're deep of the hole, keep diggingft. Elijah Nyx Caedreach

La nuit était tombée sur la cité libre depuis un moment déjà. La pluie ruisselait sur les tuiles usées des maisons endormies. Le ciel accablé déversait des torrents d’eau et d’électricité. Des enfants effrayés c’était recroquevillé dans les bras de leurs parents, des clients esseulés se réfugier dans les bras de prostitué, les chiens aboyaient contre ce ciel déchainé et le reste de la nature s’était plié à la domination de ce temps maussade et violent. Sous ce déferlement, la maison de Nyx raisonné de conversation pertinente et inattendue. Des conversations longues, peut-être trop mais il s’était laissé entrainer dans une rhétorique inédite et cette découverte nouvelle de la sémantique de l’autre poussé l’élongation et le renouvellement de ces discussions. Certaines discussions se soldaient par une entente sur le sujet, d’autres par une impasse et parfois ils avaient tout simplement des opinions divergentes et c’était bien normal. Pour ce qui était de la puissance des mots, Danaän s’était rangé à l’opinion de son hôte. Elle connaissait l’importance de la parole, l’importance de l’utiliser à bon escient. Il n’y avait rien de plus détestable à ses yeux qu’un sophiste aux discours abscons. La parole était pour elle un bien trop précieux, une arme trop puissante pour qu’elle ne soit utilisée que pour une rhétorique inepte. En cela, le politicien évoqué par Nyx avait le don de déconcerter au plus haut point. Pour autant, elle ne privilégiait pas les actions irréfléchies, une unique phrase pouvant désamorcer bon nombre d’évènements, simplement, certaines situations se passent aisément de mot. Danaän lui fit part de son assentiment, jugeant qu’il n’était pas utile de débattre d’un sujet sur lequel ils étaient tombé d’accord, ce serait ainsi jouer le jeu des sophistes qu’elle avait en horreur. Elle n’allait pas pour autant se mettre à agir avant de parler, mais l’issue demandait réflexions. Au cours de ses échanges, et malgré les réticences de Nyx à parler de lui, Danaän eut la sensation qu’ils n’étaient plus des inconnus. Ils n’étaient pas de devenu proche, pas subitement en une soirée durant laquelle ils avaient partagé du fisstech. Mais tout de même, il lui serait difficile à l’avenir de le voir comme le vulgaire dealeur qui lui procurait ses doses au détour d’une introspection trop douloureuse.

Le genre d’introspection que Danaän semblait avoir imposait à Nyx malgré elle. La jeune femme s’était toujours complaint à observer les émotions dans leur manifestation les plus pures. Elle ressentait une fascination irraisonnée envers la multitude de sentiments qui parcourait le monde et leur manifestation dans le cœur des hommes. Les émotions étaient inhérentes à tous ces individus et pourtant, bien qu’ils en connaissent l’appellation il était encore très difficile pour bien des gens de décortiquer ses concepts et comprendre ces choses qui leur tordaient les tripes et leur faisait faire des actions qu’il n’avait pas l’intention d’accomplir. Tout le monde a beau savoir ce qu’est l’amour mais comme le disait Maître Jaskier, c’est une chose bien difficile à décrire et il en va de même pour nombres d’autres émotions. Elles étaient encore obscures, même pour Danaän et c’était cela qui animait sa vie d’une énergie infinie pour comprendre toutes ses choses et toutes les convenances qui les enrobés. Ses chansons parlaient de tous ses affects pour mieux les mettre en contexte, leur donner corps, les rendre si concrète que leur compréhension pouvait ainsi être à sa portée. Entendre les récits d’inconnu n’avait de cesse d’alimenter cette quête de connaissance et de compréhension. C’était une recherche perpétuelle qui lui accaparerait surement sa vie entière, mais qu’importe, c’était pour cela qu’elle vivait. Pour sa part, Danaän avait toujours essayé de ressentir les choses avec la plus grande sincérité, mais ce n’était pas toujours le cas. Sa tristesse, elle avait encore du mal à vivre avec, sinon elle ne serait pas ici ce soir, chez ce vendeur d’oubli et de réconfort éphémère. Elle ne passerait pas des soirées et ses nuits à vider des litres d’alcool et les journées suivantes à comater, tellement éteinte et apathique que toutes ses émotions qu’elle chérissait tant, elle n’était plus capable de les ressentir. À vraie dire, elle avait un rapport conflictuel aux émotions. D’un côté, elles étaient devenu sa raison d’être, de l’autre, elle avait parfois envie d’être suffisamment endurcie pour oblitérer ses souffrances. Mais elle savait que cela était impossible et que quand bien même ses émotions à elle, elle en serait débarrassée, elle déborder d’une empathie bien trop souveraine pour ne pas ressentir celle des autres. Et puis même si elle s’employait à l’oublier, sa tristesse faisait partie d’elle et elle ne voulait pas abonner une facette de sa personne aussi désagréable soit-elle. Là était sa contradiction, Elle voulait allait mieux me ne surtout pas se débarrasser de la source de son mal finalement. Et à ce moment précis, Danaän ressentait les hésitations de Nyx, Elle comprenait ses questionnements. Il était normal de vouloir comprendre ses forces qui régissaient le monde, c’était le but qu’elle s’était fixé après tout. L’opinion qu’elle s’était forgé sur les émotions devait parfois être bien cruelle, elle en avait conscience, mais elle avait acquis la conviction qu’il était préférable de grandir dans la violence de ses émotions qu’en l’absence totale de sentiment. Ainsi une évolution était toujours possible tandis que d’apprendre à ressentir, c’était un tout autre défit. « Tu en demande peut-être trop à cette espèce aux émotions encore bien primaires et animales. Oui l’homme pourrait être plus sincère dans sa façon de ressentir, que ce soit envers lui ou envers les autres, mais il en ait encore incapable. Peut-être qu’un jour nous seront en mesure de ressentir ses émotions pures comme nous le faisons déjà, mais sans chercher à les renier comme c’est si souvent le cas. C’est en tout cas ce que je souhaite, mais nous en sommes encore loin et il faudrait d’abord que l’homme arrête de considérer la plupart de ces émotions comme des faiblesses rédhibitoires. Et oui les gestes sans émotions sont destructeurs et malsains, mais je suis convaincu qu’il est préférable de ressentir qu’importe les émotions plutôt que d’en être dépourvu. Car ses émotions négatives peuvent toujours changer alors qu’il est difficile d’apprendre l’empathie. Je crois que c’est une question qu’il sera difficile de trancher.» Oui décidément les émotions étaient une chose bien obscure malgré leur omniprésence. C’était une chose dont on pouvait parler des heures durant sans pour autant entrevoir un début de réponse. Parfois Danaän se demandait s’il n’était pas plus simple de se contenter de ressentir sans rechercher à comprendre, mais sa curiosité parfois maladive reprenait très vite le dessus.

Une curiosité qui portait sur bien des domaines car l’assiduité des hommes dans sa recherche de la violence était tout aussi passionnante. « Évidemment que l’être humain est lâche, puisqu’il est faible. Et c’est une chose sur laquelle je suis bien d’accord, un exutoire est à bien des égards préférables pour ne pas souffrir de ses abominations. Tu as sans doute raison au final, si les hommes employaient moins leur énergie à refréner leur bestialité, ils auraient surement un rapport plus sain à leur nature en la laissant débridé. Mais d’un autre côté c’est la porte ouverte à toutes les violences et les débordements. Si l’humain réfrène ses pulsions c’est parce qu’il sait qu’il est incapable d’en faire bon usage et de les contrôler. Alors il se cache derrière des conventions et des réprimandes divines persuader qu’il est plus simple de se dédouaner de ses actions en appelant à un ordre divin. C’est vrai que tout cela est bien risible, l’homme est si démunie devant sa nature qu’il se congratule d’une ingéniosité qui ne lui sert finalement qu’à exprimer cette violence par des biais plus convenables et civilisés sans doute. » L’avis de Nyx sur la légitimité des meurtres était très intéressant aux yeux de la jeune femme et elle se demanda alors s’il adoptait cette vision concernant ses propres crimes. Car il avait implicitement avoué qu’il prenait lui-même plaisir à tuer, alors trouvait-il une légitimité à ses actions ? « Là encore, difficile de trancher donc. Mais s’il appartient à une quelconque déité de juger les hommes et la valeur de leur vie et que l’homme se fait porte-parole de cette déité, ou pire, son créateur, alors c’est un cercle sans fin et il s’octroie lui-même une légitimité. » Danaän se tut, cherchant dans sa mémoire, dans ses opinions ce qu’elle pouvait bien penser de cette question, mais finalement elle secoua la tête doucement en affichant un sourire résolut. La soirée avait était suffisamment remplit de réflexions hasardeuses pour qu’elle ait encore l’esprit à réfléchir sur cette question certes intéressante mais épineuse. De toute manière, la soirée avait changé de ton et était devenu le théâtre des émotions dont ils avaient parlé plus tôt.

La colère était un sentiment puissant, difficile à feindre et à refréner et c’était bien de la colère qui avait fini par les animer, Nyx poussé à se dévoiler malgré lui et Danaän conspuer pour ses opinions qu’il semblait trouver inacceptable. Malgré toute la colère qu’il devait ressentir, Nyx se cantonnait à cette prise tranchante sur la gorge de la jeune femme quand il aurait pu faire bien pire. Cela dit, cette vive colère semblait s’effacer à mesure que les mots s’entrechoquaient. « J’entends ce que tu dis et je ne peux alors m’empêcher de penser : et alors ? Les elfes sont lâches soit, mais ils ont tenté de voir l’intérêt de leur race, qu’ils aient agi judicieusement ou non. Car quand il est question de survie, la rationalité est rarement prompt à s’imposait dans les esprits. Depuis un moment déjà, tu n’as pas hésité à souligner l’absurdité de certains caractères humains, conspuant leur incapacité à laisser parler leur bestialité comme le font les vampires. Tu critiques les lacunes d’une race que tu sembles plus apprécier que les vampires alors que ces lacunes que tu condamnes n’affecte justement pas les vampires. Je me demande sincèrement pourquoi tu les hais autant. Ce sont pourtant les humains qui pourchassent les autres races, qui les marginalisent pour garder le monopole de la civilisation. Aucune race n’est condamnable parce qu’en réalité elles ne sont toutes et je préfère vivre entouré d’individus imparfaits, bardés de défauts, de cruauté que de vivre dans un monde d’apathique dépourvut d’émotion. Les vampires n’ont pas fait de pas vers une entente avec les humains, soit. Mais comment approcher une race qui rejette en bloc la différence comme avec les autres non-humains ? Les vampires tuent les humains, les humains se tuent entre eux, quelle différence ? Je ne recherche pas d’excuse, j’essaye simplement de comprendre. Et si les rôles avaient été inversés et que les humains avaient atterri dans l’autre-monde, n’auraient-ils pas adopté une politique de conquêtes comme c’est le cas à chaque fois ? N’auraient-ils pas essayé de prendre l’ascendant sur les vampires que ce soit possible ou non ? Les luttes de pouvoir sont inévitables dans un sens comme dans l’autre parce que comme tu la dis, nous sommes différents. Tu parles de te fondre dans le moule ? Et ainsi renier son individualité, son essence, son existence. Je comprends que personne n’est envie de le faire. Tu aimerais que tout le monde se mettent à adopter des comportements humains ? Sous quel prétexte ? Qu’ils sont plus nombreux ? Qu’ils ont le pouvoir de la reproduction ? Fadaise ! Les humaines sont des invités dans ce monde tout comme les vampires ! Et tout comme eux ils exultent leur puissance et leur soif de sang, leurs manières ne sont justes pas les mêmes. Les humais n’ont pas besoin des vampires pour se montrer cruel entre eux et tu le sais.» La jeune femme se tut, inspira profondément dans l’optique de réfréner sa colère avant de conclure d’une voix plus calme. « Nous ne sommes pas d’accord et nous ne le serons peut-être jamais. » Danaän lui offrit un regard empli de doutes, de compassion peut-être. D’après ce que Nyx lui disait, il était la preuve vivante que tous les vampires n’avaient pas cherché à faire couler le sang des humaines cette nuit-là, comment peut-il se leurrer à ce point ? Elle comprenait la crainte des hommes et des vampires à l’encontre de l’autre race. C’était naturel, mais bien qu’elle se soit forgé des opinions au fil du temps, elle avait décidé de ne pas porter de jugement trop sévère envers ce monde et ses habitants parce qu’elle savait que chacun ne chercher qu’à se sauver des autres. Elle savait que ce monde était absurde, monstrueux, affligeant, mais elle ne pouvait pas le changer, peut-être que personne ne le pouvait, alors à quoi bon le condamner tout bonnement. Elle voyait dans les yeux de Nyx qu’elle avait fait une erreur en l’obligeant à se dévoiler, mais encore une fois, c’était trop tard. Il avait raison, elle s’était montrée égoïste, mettant sa chère empathie de côté sans s’en rendre compte au profit de sa curiosité. Bien sûr que non elle n’était pas sur de survivre, comment savoir à quel moment nos paroles pouvait nous couter la vie ? Elle s’était laissé emporter dans cette confrontation sans filet, mais elle avait accepté depuis longtemps les conséquences de son imprudence. « J’ai bien conscience qu’à ce stade, ma capacité à me rattraper en vol comme tu dis, ne dépend plus que de ton bon vouloir ». L’agressivité qui primait dans sa voix encore quelques instants auparavant avait disparu. Son ton n’était pas celui de la supplique, simplement de la constatation. Sa vie n’était plus entre ses mains et pourtant, la peur ne s’était toujours pas emparée d’elle. Peut-être avait-elle fini par avoir confiance en cet homme, qui, s’il avait voulu la tuer, l’aurait fait bien avant. Son aversion pour son essence lui avait donné l’espérance qu’il ne succombe pas à la bestialité qu’il exaltait autant qu’il détestait. Cette espérance fut ébranlée par l’apparition d’un corbeau, bien plus imposant que le sien. D’un signe quasiment imperceptible de la main, elle intima à son animal de se poser en retrait pour ne pas risquer un affrontement duquel il ne sortirait pas vainqueur et elle ne voulait surtout pas perdre le seul être qu’elle pouvait véritablement appeler un ami. Jaskier se posa alors sur une chaise derrière elle, immobile et silencieux, conscient de son infériorité comme elle était consciente de la sienne devant Nyx. Il avait suffisamment appuyé sa domination pour que cela devienne une évidence. Pour autant cette domination certaine semblait s’être évanouie, comme si Nyx avait définitivement abandonné l’idée de se cacher. Et cette résignation émanait de lui comme une souffrance éreintante. Le grand corbeau aurait pu réanimer cette ascendance, mais il n’en fut rien, Nyx semblait épuisé. Elle écouta ses paroles, respectueuse devant cette reddition forcée. Elle l’écoutait et ne disait rien. Que pouvait-elle bien répondre ? Il s’agissait là d’un ressenti immuable exhalant de sincérité et ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait discuter. Il semblait redouter l’escalade de barbarie entre les races. Il semblait n’attendre qu’une seule chose, la possibilité de rentrer chez lui. Danaän sentait chacune de ses déceptions, elle ne put empêcher son cœur de se serrer devant tant de détresse. Toute la fragilité de cet être perdu lui sautait aux yeux, lui assenant le coup brutal de la réalité et de la cruauté de ses propres paroles. Elle n’avait pas voulu cela, elle n’avait pas imaginé déclencher un tel désarroi. Elle n’en était pas à l’origine, elle le savait, elle n’avait fait que le faire ressurgir, mais c’était déjà dommageable. Elle se rapprocha de lui, finalement aussi désemparé qu’il pouvait l’être. Elle ne s’attendait cependant pas à ce qu’il baisse les bras purement et simplement, déposant son front sur le sien. Elle eut une légère inspiration de surprise avant de se figer. Ce contacte soudain, bien différent de tous ceux qui avait précédé lui arracha un nouveau pincement au cœur. Plus aucune violence, plus aucune menace, plus aucune domination. Elle eut alors l’impression qu’il était le condamné et qu’elle était le bourreau. Sa main reposant sur son épaule comme pour la supplier de l’achever ou de partir et de l’épargner. Elle était perdue, il semblait totalement sincère pour la première fois et pourtant elle ne comprenait absolument plus rien. Les tourments de Nyx étaient bien au-dessus d’elle, bien plus profond, plus acerbe que tout ce qu’elle pouvait imaginer. Ces simples gestes l’ébranlèrent comme jamais auparavant. Bien plus que ses griffes sur son cou. La culpabilité qui n’avait fait que s’insinuer doucement en elle avait maintenant pris le dessus et embrasait toutes ses certitudes. Sa voix résonna à nouveau à ses oreilles, douce et douloureuse. Ses yeux se fermèrent et une longue inspiration souleva sa poitrine meurtrie par sa naissance. Elle ouvrit à nouveau les yeux, ses doigts frôlèrent le tatouage découvert de Nyx, décrivant les contours par un toucher quasiment imperceptible. Une nouvelle colère se mit à gronder en elle, mais cette fois elle était tout entière diriger vers elle. Elle se mit à maudire sa curiosité, maudire son impudence et son audace. Elle n’avait pas de masque parce qu’elle pensait qu’on ne pouvait pas utilisait ses défauts contre elle ? Elle venait pourtant de s’infliger la pire des attaques. Sa personnalité si sincère avait violemment blessé quelqu’un qu’elle avait fini par estimer. Finalement personne n’est à l’abri d’être confronté à l’absurdité de son être. Il avait raison, diablement raison. Les émotions sont mortifères et cela n’avait jamais été aussi évident qu’à cet instant. Danaän eut du mal à ouvrir la bouche, sa voix tordue par sa cruelle culpabilité. Pour la première fois de sa vie, elle avait honte. « Je ne vais pas prononcer les mots que tu attends Nyx, j’aurais peur qu’il résonne comme une insulte et je t’ai suffisamment offensé… » La voix étranglée de la jeune femme s’évanouit tandis qu’elle ferma les yeux et sera le poing dont l’épaule soutenant Nyx. « Je suis désolée. » articula-t-elle simplement. Elle ne savait plus quoi dire, n’avait sans doute plus le droit de dire quoi que ce soit. Elle en avait assez fait. Elle savait qu’il ne lui restait plus qu’à partir, abandonner Nyx dans la détresse dans laquelle elle l’avait plongé sans le vouloir. Mais elle resta immobile encore quelques instants, figé dans se contacte, sa main toujours posée sur son cœur. Elle devait partir, elle le savait, mais elle risquait alors de se détester encore davantage de ne pas avoir essayé de se faire pardonner. Partir après avoir tant chamboulé les choses, c’était faire preuve de la lâcheté dont parlé si bien Nyx. En avait-elle le droit ? Pouvait-elle partir ? Pouvait-elle rester encore ? Que pouvait-elle bien faire ? Elle avait beau chercher, aucune solution ne s’imposait à elle. Sa main glissa lentement sur la peau de Nyx jusqu’à s’en détacher et retomber le long de son corps frêle. Elle huma une nouvelle fois, serrant ses paupières et finit par détacher son visage de celui de Nyx. Elle plongea une dernière fois son regard dans le sien refreinant une étreinte et baissa une nouvelle fois les yeux, désolée, minable. Elle entreprit alors de s’éloigner, passant lentement à côté de lui. Elle saisit son luth qu’elle remit dans son dos, Jaskier se posant silencieusement sur son épaule. Elle jeta un dernier regard à cet homme blessé. Ah cet instant, il n’avait rien des prédateurs qu’il haïssait. Elle hésita une seconde de plus. Devait-elle rester encore un peu, tenter de le soutenir ? Ou devait-elle partir dans l’instant et éviter d’aggraver les choses car elle sentait que rien de ce qu’elle pourrait dire ne pouvait les arranger... Elle hésita mais elle finit par se détourner de lui. Elle ouvrit la porte par laquelle il l’avait accueilli et la franchi sans se retourner une nouvelle fois. Le bruissement de la pluie battante lui parut soudain assourdissant. Les gouttes d’eau ruisselant sur son visage lui parurent acérées, glacées. La porte se referma derrière elle et elle s’avança vers Naga qui n’avait pas bougé, endurant la pluie. Elle saisit les rênes et prit le chemin du quartier de l’Argentin laissant dernière elle cette confrontation éprouvante. Ce soir encore elle se retrouverait seule sous sa mansarde observant le ciel déchainé en tentant d’oublier qu’elle n’était finalement pas aussi forte qu’elle le pensé. Elle repenserait aux recommandations de Nyx sur le Lunar plus fort que d’habitude qu’elle lui avait achetée. Elle hausserait les épaules en se disant qu’une recommandation ignorée de plus ou de moins, elle était plus à cela près pour ce soir. Et elle finirait par s’endormir d’un sommeil sans rêve.




Little Bird
What a day to be Alive. What a day to realize i'm not dead. What a day to die trying ? What a wonderful life now all aligned. What a day to say goodbye. Bring on the evening as I cry. What a day to give a damn ? What a day to start again.. × by lizzou.
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