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look the devil in the face and make it home safe ; ft. Danaän.
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Elijah Nyx Caedreach
Elijah Nyx Caedreach
The Crow : right hand of secret lust
Race Race : Vampire Supérieur
Dim 11 Nov - 14:38
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look the devil in the face and make it home safe.
Tes détours mentaux et des pérégrinations sentimentales commençaient enfin à se taire, laissant ton esprit plus clair, plus apte à des conversations étrangères et te laissait plus ouvert à tout ce qui t’entourait. Tu étais toujours morose, tu le serais toujours. Etait-ce le manque, l’absence, l’exil ? Tu ne savais pas ce qui t’avait véritablement conduit à devenir ainsi quand, enfant, tu étais la personnification du jovial, de la joie et du rire parmi les cendres de ton monde. Mais qu’importe, aujourd’hui, tu portais sur ton dos ton passé et essayait d’avancer à travers les époques, les âges, jusqu’à ce qu’un jour, la mort t’emporte finalement, pour de bon. Mais ce jour était encore bien loin et alors que tu contemplais silencieusement la barde, une question résonnait.. Comment les humains pouvaient-ils être aussi simples et inconscients quand la mort était pourtant si proche ? 100 années, dans la vie d’un vampire, ce n’était pas grand-chose, quelques grains de sables et un battement de cil mais pour les êtres humains, c’était terriblement différent. Ils avaient cette incertitude de devoir vivre dans des conditions qui étaient loin d’être optimales et cette certitude que leur mort pouvait être à chaque endroit du globe, à chaque instant, à chaque coin de rue. Tu ne pouvais donc t’empêcher d’imaginer à quel point il devait être difficile que de vivre dans la peau d’un être humain, sachant pertinemment que l’éternité n’était un choix que pour ceux dont l’affinité avec la magie était suffisamment haute. Pour les elfes et les nains, c’était différent. Ils vivaient plus longtemps, oui, mais ils étaient encore terriblement loin de la longévité des vampires. Ton espèce avait ce quelque chose qui réclamait de longues années de vie, peut-être étiez-vous fait pour devenir narrateur des espèces inférieures qui peuplaient cette terre ? Ce n’était pas ton objectif, mais tu savais que certains s’y prêtaient sans mal, devenant narrateur de légendes et de nouvelles histoires magistrales.

En regardant la jeune barde, tu te demandais aussi si elle avait déjà croisé le chemin d’un vampire supérieur, peut-être sans le savoir. Ils étaient nombreux à fouler cette terre, caché dans la masse humaine et veillant à n’être découvert sous aucuns prétextes. Certains ne se cachaient qu’à peine et c’était grâce à ce culot qu’ils survivaient, bien que la pratique soit hautement risquée et que tu ne l’approuvais absolument pas. Tu savais également que certains doyens s’étaient liés d’amitié avec des rois, il y a des siècles de cela, pour avoir un poids sur le monde et sur comment diriger son espèce vers une protection plus sûre tout en restant caché dans l’ombre. Bien que tu n’approuvais pas les méthodes, tu devais avouer qu’il y avait de l’ingéniosité. Tout comme pour ceux qui avaient créés le gwynt. Il y avait une certaine idée là-dessous, donné vie à des personnages par le biais de cartes, donné vie à des légendes sous forme de jeux stratégiques. Les nains s’étaient encore montrés excellents dans autre chose que l’art de la forge. Tu levas tes yeux vers la barde à sa réponse et tu esquissas un faible sourire avant de jeter un œil à tes cartes, laissant ton pouce passé sur la surface rigide et légèrement abimée de la carte de Sigismund Djisktra. Mort. « Je suis bien d’accord avec ton discours, cher barde. » Tu pris un instant pour observer le jeu de la demoiselle tandis que les cartes s’abattaient sur le terrain. Elle optait pour l’offensive, ne passant pas par quinze détours pour arriver à son but. Tu jouais d’espions et de cartes plutôt faibles pour faire gonfler ton jeu. « Bon nombres de nains sont d’ailleurs d’accord avec ce progrès, cette évolution du jeu par l’acquisition d’une nouvelle faction. Mais je comprends également ceux qui sont en désaccord. La faction a été faite dans leur dos, par un humain, de surcroît. Quand bien même la volonté est bonne… C’est un peu malvenu que de faire ça dans le dos de l’Amicale du Gwynt qui est si ouverte à toute proposition. Aller directement aux nains de Mahakam est compliqué, cela se conçoit, mais les Amicales sont nombreuses et cela aurait évité bon nombres de litiges. » Tu rajoutas, en plaçant silencieusement une carte sur le plateau, tes yeux suivant mouvement et lettres qui apparaissaient sur les cartes.

Un petit sourire, à nouveau, apparut sur tes lèvres aux mots de la jeune femme, sur petit oiseau. Une traduction assez peu représentative de ce qui se cachait derrière les mots vampiriques. Ceux que l’on nommait ainsi dans ton monde étaient généralement les fouineurs, ceux qui cherchaient à tout entendre et tout voir, comme les oiseaux ou les fouines. Le terme était plus généralement attaché aux enfants curieux, parfois trop, des affaires des adultes ou des doyens. Cela dit, cela représentait assez bien Danäan à tes yeux, elle qui cherchait à tout comprendre, à tout voir et tout savoir. Ici, tu avais appris que le petit oiseau était aussi significatif des chanteurs, ceux dont la voix transportait bien des âmes. Là encore, le terme était choisi pour coller à la personne que tu avais devant toi. Quelques éclats de voix au travers de la taverne te firent lever les yeux, légèrement, pour observer un semblant de dispute mais également une joyeuse conversation entre deux étudiants qui étaient ivres de rire suite à une histoire décadente. Tu allais poser ta carte suivante quand les mots de la barde te firent à nouveau lever les yeux de tes cartes. Tu l’écoutas, simplement, avec t’esquisser un sourire. Donc, elle avait bel et bien eu affaire à un autre vampire, un tatoueur de surcroit. Peut-être était-ce le même que celui qui avait gravé le symbole de ton clan dans ta peau ? Peut-être. Tu posas doucement ta carte sur le plateau avant de prendre le temps de répondre, déposant tes cartes face cachée pour pouvoir prendre une gorgée de ta bière. « Il a raison. Le pentacle que je porte à la poitrine ne vient pas d’ici. C’est un pentacle somme toute classique en apparence, mais les runes qui sont inscrites à l’intérieur du cercles appartiennent à ma famille. Il s’agit d’une prière ancestrale dont je ne saurais t’expliquer le contenu. » Tu soufflas, en premier lieu, un petit sourire sur les lèvres alors que le souvenir revenait en mémoire. Tu étais encore jeune lorsque l’on t’apposa cette marque, une marque d’appartenance véritable à ton monde, à ta famille. Tu pouvais choisir soit d’être dédié à ta famille soit d’être dédié à ton clan soit de ne pas le porter du tout ; beaucoup de vampires choisissaient cette dernière option. Tu avais choisi d’être dédié à ta famille. « Il m’est difficile de t’expliquer comment est mon monde, chaque clan, chaque famille a un territoire bien différent. Le mien était fait de sable gris, de pierres rouges, de terre orangée et de rivières violettes. Notre lune était rouge orangée, et nous vivions dans ce qui se rapproche le plus à vos montagnes. Là où j’habitais et vivais avec mon clan, il n’y avait que peu de végétation, où alors des plantes bien différentes des vôtres, tout comme la faune qui parcourait nos terres. L’animal que mon monde et le vôtre ont en commun est le serpent, le grand symbole de mon clan. » Pour démontrer tes paroles, tu remontas légèrement ta manche, dévoilant le tatouage de ton clan, une main dont trois doigts étaient relevés, le pouce et le dernier repliés vers l’intérieur de la main tandis qu’un serpent, enroulé autour du poignet, remontait entre les deux doigts pliés pour finalement s’extirper au-dessus des trois doigts relevés. « Mon monde était chaud, la plupart du temps, et nos coutumes étaient bien différentes des vôtres, nous sommes bien différents de vous, sur d’énormes points. Chaque clan fonctionnait d’une manière bien particulière, une manière qui lui était propre et nous ne rencontrions que très rarement les autres. Mais lorsque cela se faisait, c’était pour un voyage de plusieurs jours jusqu’au centre de notre monde, un territoire presque sauvage, intouché par notre présence, où la végétation était fleurissante, abondante et où un seul et unique temple se dressait pour attendre nos offrandes, pour des dieux que nous prions. Notre monde est sombre par essence, dans sa structure et dans ses ressources. » Tu finis, attendant ses probables questions. Il t’était difficile de parler de ton monde sans pouvoir t’exprimer dans tes mots vampiriques. Tu rajoutas cependant. « Nous avions un ‘enfer’ physique, réservé aux exilés, ceux qui refusaient d’être dans un clan ou qui ont commis des crimes impardonnables par rapport à notre code. Une terre où la désuétude régnait mais où les habitants avaient réussis à en faire quelque chose. La magie que nous possédions permettait aux exilés de se rendre directement là-bas. Personne ne sait véritablement comment se présente cet enfer, rares sont ceux qui ont réussis à racheter leurs crimes. »
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TAKE MY HEART, MAKE IT GLOW
If you are the sun then I wanna be the moon. I wanna reflect the light that shines from you and if this is war then I'm gonna draw my sword, this time I know what I am fighting for. I wanna let you know I want everything you are. I'm the one knocking on your door making all this noise, Whatever it takes I give it all away. I wanna show my love in a thousand ways.


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Danaän Peryite
Danaän Peryite
Bard of a thousand words
Race Race : Humaine
Ven 16 Nov - 23:16
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Elijah Nyx
Caedreach

Danaän
Peryite

「 Look the devil in the face and make it home safe 」
La courte longévité des humains, c’est cela qui faisait le sel de leur vie, faisant de chacune de leurs actions un acte désespéré pour leur survie, pour la rendre plus agréable, légitime peut-être. L’imprévu, les risques encourus, donnés un semblant de sens à leur vie, la part d’excitation à leur errance éphémère et Danaän avait toujours cru pouvoir s’en contenter. Mais cette certitude semblait de plus en plus encline à changer. Ce n’était pas son ami tatoueur qui avait provoqué ce revirement, mais les paroles de Nyx qui avait réveillé un instinct de survie jusque-là effacé chez la jeune femme, au profit de sa témérité. Elle aurait voulu s’assurer de vivre assez longtemps pour honorer les promesses qu’elle avait faite à son père, celle de faire quelque chose de plus grand de sa vie, de plus poétique. Mais, simple humaine, elle était bien incapable d’aller à l’encontre de sa triste condition. Elle enchainait les gorgées de bière, essayant de ne pas, elle aussi, sombrer dans la morosité. « Certes, les méthodes sont répréhensibles, mais enfin, ce qui est fait est fait, on ne peut pas revenir en arrière » répondit-elle, ne réalisant pas tout de suite son ton bien plus fataliste qu’elle ne l’aurait souhaité. « Je crois que je remporte cette manche, mais je doute que ce soit le cas de la prochaine » ajoutât-elle constatant avec légèreté que le nombre de cartes présentes dans la main de son adversaire était plus élevé que dans la sienne du fait de ses espions.

Elle se répétait le surnom dont Nyx l’avait affublé, tentant de le faire correctement résonner dans son esprit sans se figurer à quel point il était bien choisi. Elle avait appris la langue ancienne au côté de quelque connaissance elfe au cours de ses pérégrinations, et elle était arrivée à la maitriser plutôt bien. Voilà que l’envie lui prenait de faire de même avec la langue des vampires. Elle avait constaté qu’une langue conditionnée une manière de penser. Apprendre une langue c’était apprendre une vision du monde. Les concepts sont limités par le nom qu’on leur donne et ils peuvent changer d’une langue à l’autre, ainsi que leur porté, alors elle comprenait que la traduction soit approximative. Mais apprendre le vampirique serait certainement plus ardu que la langue ancienne, car encore fallait-il trouver un professeur enclin à partager cette locution avec elle.

Elle eut un sourire en coin en captant la chute d’une blague graveleuse qui fut précédée par des éclats de rire à quelques tables d’eux. Les étudiants présents semblaient passer une soirée arrosée des plus agréables à l’exception de quelques contentieux. Mais tout ce brouhaha n’était pas suffisant pour détourner la barde de son interlocuteur. Elle semblait d’ailleurs avoir captivé son attention en évoquant un autre vampire de sa connaissance. Elle avait évité de le nommer comme tel devant témoins, déjà parce que cela n’était pas des plus judicieux mais également parce qu’elle n’était pas encore sûre que cet affublement ne blesse pas le thanatopracteur. Elle sourit en repensant à ses paroles de leur soirée précédente supposant qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait et qu’elle ferait mieux de prendre ses jambes à son cou si elle en croisait un. Mais elle se garda d’évoquer à nouveau ce débat, se contentant d’en sourire. Elle l’écouta répondre avec le plus grand intérêt, réellement captivée par ses descriptions. Elle tentait de se figurer les paysages qu’il était en train de lui dépeindre, Ils semblaient tout droit sortir d’un rêve des plus fantaisistes mêlant des couleurs improbables. Son imagination était malheureusement limitée par ce qu’elle connaissait, les contrées de son propre monde. Car bien qu’elle en ait parcouru une grande patrie, rien ne ressemblait aux descriptions oniriques de Nyx. Elle pouvait comprendre qu’il aspire à y retourner plus qu’à n’importe quoi d’autre. Elle n’en était que plus curieuse et fascinée qu’il puisse exister de telles différences entre les mondes. Même la faune et la flore étaient différentes ? Elle savait que les monstres d’ici, qu’elle connaissait très bien, n’était pas de ce monde, il était pourtant devenu un quotidien difficile à dissocier de ces paysages. Elle se remémora la fascination qu’elle avait ressentie en les étudiants avec Luther, mais imaginer encore de nouvelles créatures, c’était… grisant. Surement que son père, qui y avait consacré sa vie, aurait lui aussi été curieux d’en savoir plus. Déformation professionnelle sans doute.

Elle observa le motif qu’il lui dévoila, une main autour de laquelle s’articuler harmonieusement un serpent. Elle sentait qu’il était de plus en plus ouvert et disposé à lui parler de lui et elle s’en réjouissait. La notion de clan, elle connaissait, c’était ce système qui régissait les îles dont elle était originaire, mais bien sûr, là encore les choses étaient bien différentes et elle ne pouvait que se l’imaginer pas le prisme de ce qu’elle connaissait de la politique de Skellige. Les vampires aussi avaient des dieux, cela devait être une constante chez chaque civilisation, comme si, qu’importe la puissance d’une race, tout le monde avait besoin de croire en une instance supérieure, en des êtres créateurs et destructeurs, en une punition et une rétribution divine. Elle aurait eu tendance à croire que ce genre de croyance se développait plus facilement chez les humains, les faibles et mortels humains qui avaient besoin de croire en un au-delà pour supporter leur condition. Mais visiblement, elle se trompait. Elle-même, malgré les quelques temps passés au temple de Freya, avait toujours eu du mal à s’adonner à une religion. Bien qu’elle ait un profond respect pour les traditions pagans qu’il lui arrivait de pratiquer. Mais les religions officielles, c’était autre chose et celle du feu éternel, n’en parlons pas... Son esprit était encore envahi de ses paysages imaginaires traversés par des clans vampires quand il marqua une pause. Il évoqua ensuite leur enfer et la jeune barde finit par en conclure que le vaste système de règles des vampires était très contraignant. Entre codes et obligations, ils ne devaient pas avoir le loisir de vivre dans l’insouciance totale. « J’aurais aimé pouvoir voir ça de mes propres yeux… Ces paysages, cette faune et cette flore. Ce monde doit te paraître bien fade en comparaison » finit par répondre Danaän en référence aux fantastiques couleurs du sien. « Je comprends que l’adaptation puisse être… délicate, voire déroutante... Tu as parlé de clans, cela semble être une composante centrale de votre société. Tu as toujours des contacts avec le tien ? Ou bien ils sont tous resté…»

Elle n’eut pas le loisir de finir sa question, un éclat de voix résonna dans la pièce, venant perturber leur conversation. « Et les raclées préventives, tu connais face de fion ? » La dispute qui s’était engagé entre deux clients semblait avoir dégénéré et le dos d’un des deux belligérants, que Danaän ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, heurta leur table en esquivant un coup. Dans un réflexe, elle c’était redressé en prenant sa choppe pour la mettre en sécurité, la voix de son père résonnant inconsciemment dans son esprit : On ne gâche pas de la bonne bière Danaän ! Elle posa ses cartes sur la table et de sa main libre, elle saisit l’inconnu par le col, plus qu'irritée d'avoir était interrompu dans cette conversation alors qu'elle avait enfin des réponses à ses questions . « Crétin ! Tu ne crois pas que tu ferais mieux d’aller t’occuper de ton petit frère au lieu de chercher les emmerdes ? C’est bien pour ça que tu fais des études, non ? » Assénât-elle avec colère avant de le lâcher, se sentant prise d’un soudain vertige. Elle s’appuya d’une main sur la table tandis que le visage de l’inconnu s’était tordu d’incompréhension et de scrupule comme s’il venait d’être frappé par le soufflet de la responsabilité. Il secoua la tête comme pour y ranger ses idées avant de quitter l’auberge précipitamment sans demander son reste ni prêter attention aux provocations de l’autre énergumène. Un profond silence s’était abattu sur l’auberge et les clients avaient observé la scène, comme avide de divertissement. Danaän leur jeta un regard mauvais, bien malgré elle et se rassit, une main sur le front. Elle semblait avoir du mal à reprendre le fil de ses idées. Elle ne savait pas pourquoi, mais une douleur insidieuse c’était soudain glisser dans sa tête avant de s’estomper progressivement. Elle releva les yeux vers Nyx, en tentant de reprendre une contenance, la douleur disparaissant aussi vite qu’elle était apparue et elle retrouva le fil de leur conversation en reprenant ses cartes. « Excuses-moi, j’ai tendance à réagir au quart de tour… Les clans donc… » Elle se stoppa au milieu de sa phrase sentant quelque chose d’humide au-dessus de ses lèvres, elle n’avait pas remarqué qu’elle s’était mise à légèrement saigner du nez.


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I must confess How hard I tried to breath Through the trees of loneliness. I think there’s a flaw in my code. These voices won’t leave me alone. Oh, my heart is gold and my hands are cold. × by lizzou.
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Elijah Nyx Caedreach
Elijah Nyx Caedreach
The Crow : right hand of secret lust
Race Race : Vampire Supérieur
Dim 18 Nov - 10:43
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look the devil in the face and make it home safe.
Tu avais toujours regardé la vie humaine comme un grain de sable qui s’écoulait rapidement dans le désert de l’univers, apparaissant et disparaissant avant même d’avoir le temps de s’attacher à ses créatures sorties du cœur du monde. Ils étaient impulsifs, c’était des créatures de l’action plus que de l’observation comme pouvait l’être ta race ou les elfes. Ils étaient enfermés dans une condition que tu trouvais assez peu enviable. Piégés dans un corps qui vieillissait trop vite par rapport à la hauteur de leurs rêves et de leurs espoirs, une âme qui se mourrait à hauteur que l’enveloppe charnelle se dégradait. Une âme si facile à emprisonner et à rendre muette au reste du monde. La vie des êtres humains était composée de promesses, de rêves, de désillusions, d’espoirs qui finissaient toujours par mourir lorsque le temps venait à manquer pour ces créatures éphémères. Si tu avais la certitude que la vieillesse ne viendrait pas avant quelques siècles, ce n’était pas le cas de celle avec qui tu partageais ta table. Rares étaient les êtres humains qui vivaient suffisamment longtemps pour voir un siècle entier. A l’exception des mages, mais eux… Ils défiaient les lois naturelles tout en puisant dans quelque chose de bien plus naturel que tout ce qui se trouvait autour d’eux. Tu levas les yeux vers elle, laissant l’ongle de ton pouce glisser sur la carte que tu avais en main tandis que tu réfléchissais un instant sur la vie naine, une vie longue assurément, ce qui expliquait beaucoup de leur sagesse et de leurs excès. « C’est fort vrai. » Tu appuyas ses propos avant de poser tes cartes, face cachée, pour prendre une gorgée de ta bière, tes yeux scannant sans mal le plateau où les points s’accumulaient sans mal de son côté, tandis que du tiens, tu cumulais espions et cartes supplémentaires. « On verra bien, cher barde. Je ne peux garantir le succès de mon jeu. » Tu répondis, avec un sourire tandis que tes lèvres retrouvaient le goût amer et sucré de la bière.

A mesure que la conversation s’alignait et se prolongeait, tu te plongeais toi-même dans les souvenirs de ton monde à mesure que les mots s’échappaient de tes lèvres. Il était tellement rare que tu parles de là où tu avais vécu, là où tu avais grandis. Tout naturellement, ton monde était ce qu’il y avait de plus beau. Les longues nuits passées à observer les étoiles qui entouraient la lune rousse de ton monde, perché sur de hautes caillasses où il suffisait de lever le bras pour pouvoir toucher les nuages. Ces mêmes hauteurs duquel tu te laissais tomber pour prendre ta forme de chauve-souris, une forme qui était propre à ta race. Les baignades de minuit, dans les rivières salées, à déguster une forme étrange d’alcool, semblable au sang humain. Tu te souvenais de ta maison, une demeure encastrée dans la roche montagneuse, d’où s’échappaient les feux de ce qui ressemblait à une cheminée. Tu te souviens du bois rouge qui composait les sols et les tapisseries d’or qui ornementaient les murs. Entre ces murs, les nuits étaient courtes, passées en compagnie d’autres vampires de ton espèce ou des êtres inférieurs, à essayer tant bien que mal de découvrir le fond de nos sentiments. Ton monde était pur, non souillé par la guerre et les morts inutiles. Le code vampirique était clair ; si désaccords il y avait, devant le doyen ils se réglaient. Si il y avait un crime, celui qui l’avait fait état envoyé en exil dans les enfers tandis que la victime était dédommagée par la famille de l’exilé. La pauvreté n’existait pas, ou du moins, pas de la même manière que dans ce monde, de même que la richesse non plus. C’était des critères matériels qui n’avaient pas son importance dans ton monde ; dans ton monde, c’était les actions qui importaient, la vertu. Plus un clan possédait des êtres dignes et remplis de vertus et autres actes de bonne fois contre les créatures qui menaçaient les territoires, plus le clan était haut dans la société, plus ce dernier avait la chance du sacrifice des dieux. Une coutume respectée par chaque clan. Une coutume qui te faisait grimacer en y repensant. Tes yeux se reposèrent sur la barde lorsque tu fus tiré de ta rêverie par ses mots. « Pas fade. Différent. Matériel. Violent. Cruel. Mais ce sont des critères de votre société. Votre monde est diversifié, différent, avec des couleurs bien plus lumineuses que dans le miens. » Probablement parce que vous étiez des êtres sombres, des êtres nocturnes, infernaux. Tu écoutais les mots de la barde jusqu’à ce qu’elle soit interrompue par une dispute qui ne t’intéressait pas le moins du monde.

Néanmoins, voyant Danaän se lever pour interpeller celui qui avait malencontreusement bousculé leur table, tu levas tes yeux vers celui qui provoquait délibérément. Tu plongeas tes deux iris dans les siennes, le regard noir mais le visage fermé, et tu le senti bouger, se reculant légèrement, se taisant pendant quelques secondes, le temps que la barde puisse en finir avec celui qui était provoqué. Tu lâchas son regard lorsque la tirade de la jeune femme fut passée, plongeant tes iris dans le liquide ambré que tu avalas sans mal, entendant à nouveau les jérémiades de celui que tu avais observé avec insistance. Le silence de plomb qui était tombé sur l’auberge en disait long sur les divertissements récurrents de la taverne mais tu n’en faisais rien, posant tes yeux sur la jeune femme qui recommençait à parler. Tu remarquas du sang coulant de son nez, et malgré ton sevrage, ton corps ne pouvait s’empêcher de réagir, laissant tes pupilles se dilater. Tu te raclas la gorge avant de prendre un mouchoir en tissus propre que tu gardais toujours dans ton manteau, pour les blessures impromptues. Tu le lui tendis avant de balayer ses excuses de la main, il n’y avait pas de quoi s’excuser. Et tu avais l’habitude de voir les humains se mêler d’affaires qui ne les regardait pas. « Tout va bien, jeune barde ? » Tu pris une gorgée de ta bière, gardant un calme olympien face à la vue du sang. « Je ne savais pas que le saignement de nez était une caractéristique de l’énervement humain. » Tu soufflas, une pointe d’amusement dans la voix en même temps qu’une ignorance bien couverte. Tu jetas un coup d’œil à la tavernière, levant la main pour qu’elle apporte une nouvelle tournée. Ton regard se reposa sur Danaän qui avait fini de nettoyer les traces de sang, et tu laissais ainsi ton corps reprendre son calme habituel, non habité par le feu de la vue du liquide rougeâtre.

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Danaän Peryite
Danaän Peryite
Bard of a thousand words
Race Race : Humaine
Sam 24 Nov - 0:20
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Elijah Nyx
Caedreach

Danaän
Peryite

「 Look the devil in the face and make it home safe 」
Les espions de Nyx lui avaient permis de piocher de nouvelles cartes alors que Danaän avait préféré s’assurer la victoire de cette manche. En y repensant, ce n’était peut-être pas un choix judicieux, mais qu’importe, il ne s’agissait que d’un divertissement, quand bien même il y aurait un enjeu. Dont elle ne savait toujours rien d’ailleurs. Elle lui sourit à sa réponse, hochant la tête et reprenant une gorgée de bière.

Elle ne savait pas quelles images défilées dans la mémoire de son acolyte, celles des souvenirs de la barde était déconcertant de banalité, en tout cas pour les habitants de ce monde. À la différence que sa mémoire était peuplée de plus de monstre et de manière bien plus quotidienne et moins effrayante. La vie d’un sorceleur est périlleuse, mais elle y avait très vite pris goût, pour elle c’était un choix contrairement à bon nombre de ces guerriers et elle ne l’aurait échangé contre aucune autre. Les souvenirs de son enfance se perdaient dans la contemplation de livre sur l’anatomie des monstres, dans de bestiaire tellement volumineux qu’il lui fallait les deux mains pour les porter. Elle se remémorait ses premières potions ratées qui, si Luther les avait bus, l’aurait plus intoxiqué qu’avantagé en combat. Elle se souvenait de ses entrainements dont chacune de ses cicatrices étaient le témoin. Elle se souvenait de son arrivée à l’académie et du regard dédaigneux des autres étudiants déconcerté de voir cette vagabonde ébouriffée et balafrée s’assoir dans leur amphithéâtre et exceller dans un domaine si noble. Ses souvenirs étaient ceux de voyages interminables mais jamais monotones ni ennuyeux au travers des Royaumes du Nord dont elle avait fini par connaitre les grands axes à la perfection. Ses souvenirs étaient ceux des prémisses de sa débauche qu’elle ne cessait d’entretenir. Mais il n’était pas question de ses souvenirs à elle, mais de ceux du vampire.

Maintenant que leur jeu était lancé et qu’une ambiance plus détendue c’était imposé, le sujet des origines de Nyx pouvait enfin être abordé. « Je me disais bien que l’adjectif « cruelle » siée davantage à ma race qu’à la tienne.» répondit-elle, un sourire en coin, lançant une nouvelle pique sur leur dernière conversation. « L’exotisme de l’inconnu peut, enfin doit, paraître plus lumineux, aveuglant peut-être. Je suis sûr, qu’en tant que parfaite étrangère, je serais tout autant aveuglé par le tien. Ton monde pourrait être une source intarissable de ballade, ne serait-ce que pour le décrire par le prisme de la nouveauté et la naïveté de l’ignorance. Belle utopie encore une fois. Je n’ai malheureusement pas d’élément de comparaison avec mon monde, mais tu as raison, la violence, la maladie, la décadence sont intrinsèques à ce monde. Même chez les créatures se targuant d’une plus grande noblesse… Combien d’elfe ont-ils été retrouvés agonisants, atteints de syphilis ou à cause de la dose de fisstech de trop. C’est effrayant, misérable, répugnant et pourtant j’y vois une poésie… Enfin la chose la plus difficile en ce monde c’est d’y vivre, on se contente d’y survire.» Dit-elle sans une once de fatalisme affichant même un sourire sereine.

Danaän se délectait de chaque information, chaque nouvelle image que lui livrait Nyx, sa colère était donc d’autant plus grande d’être interrompu de la sorte par un étudiant ivre. Certes, réagir comme elle l’avait fait n’était pas digne d’une demoiselle, mais elle n’avait pas était élevé comme tel et dans ce genre de cas, elle avait plus du rustre que de la jouvencelle. Trop occupé à réprimander l’inconnue et à endurer son mal de crâne, elle n’avait pas remarqué le regard de Nyx qui avait surement évité l’escalade et elle c’était rassise après son esclandre, se tenant le front. Elle entendit Nyx se racler la gorge alors qu’elle tentait de reprendre leur conversation et elle crut voir ses pupilles se dilater bien que son corps ne montre aucun signe de fébrilité. Elle comprit en voyant une goutte de sang tomber sur le bois rugueux de sa table que son nez s’était mis à saigner. Elle saisit, le mouchoir que le tenait le vampire, sentant que la contenance qu’elle avait tentée de reprendre s’évaporait de nouveau. Elle le remercia et essaya de rattraper les dégâts. D’aussi loin que remonte sa mémoire, il lui arrivait parfois de saigner du nez, mais pas plus que n’importe quel enfant. En grandissant, en revanche, ce phénomène devint de plus en plus fréquent, mais elle mit rapidement cela sur le compte de sa surconsommation de fisstech et cela n’avait rien d’illogique. Mais paradoxalement, les saignements survenaient, comme ce soir, quand elle n’en avait pas pris depuis un moment, jamais pendant les périodes où elle en consommait plus que de raison, et ils étaient toujours accompagnés de douleurs encéphaliques. Elle ne s’en était jusque-là pas inquiétée et décida que ce n’était pas ce soir qu’elle allait le faire. « Je vais bien, je te remercie » répondit-elle devant sa sollicitude, étonnée par son calme. « Ça n’en est pas une, cela m’arrive de plus en plus souvent, navrée » poursuivit-elle sincèrement désolée de l’avoir exposé à cela.

La dernière goutte de sang avait disparu quand l’aubergiste s’arrêta à nouveau près de leur table avec une nouvelle tournée. Elle posa les mains sur les hanches en regardant les joueurs de gwynt avant de parler, comme satisfaite d'avoir trouvé un sujet de ragot. « Il ne se passe pas un soir sans que les esprits ne s’échauffent ! Le type qui vient de partir par exemple, ne manque pas une occasion de s’attirer des ennuis. C’est triste de les voir fuir leurs responsabilités, je ne savais pas qu’il avait un frère pourtant je dois connaitre la vie de tous mes habitués. » L’aubergiste avait parlé en parcourant la salle des yeux. « Il venait pourtant de le dire, à l’instant… » Répondit Danaän qui aurait pu jurer de l’avoir entendu parler. La tenancière lui lança alors un regard surpris en haussant un sourcil, mais elle n’ajoutât rien, se contentant de récupérer des chopes vides et de partir. La barde se retourna alors vers Nyx, décidée à oublier cet incident et les remarque de l’aubergiste et bien décidé à reprendre leur conversation et leur partie de Gwynt .


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Elijah Nyx Caedreach
The Crow : right hand of secret lust
Race Race : Vampire Supérieur
Lun 3 Déc - 11:30
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look the devil in the face and make it home safe.
Les souvenirs de ton monde se faisaient de plus en plus rares, la difficulté de les garder en ta mémoire était grande si bien qu’il t’était parfois difficile de juste garder en mémoire les plus grands panoramas de ton monde. Tu usais de sorts et autres produits pour parvenir à étendre ta mémoire et ainsi te souvenir de tout. Tu savais que les souvenirs étaient là, quelque part, enfouis dans le creux de ton organe cérébral, mais plus tu vieillissais, plus tu passais du temps ici, plus ils s’enfermaient dans un coffre dont, bientôt, tu n’aurais plus la clé. Tu savais que d’ici quelques décennies, peut-être un siècle ou deux si tu avais de la chance, tes souvenirs disparaitraient complètement et la magie ne pourra plus rien faire pour les débloquer. C’était une fatalité, une dureté de ce que ton cerveau avait accepté il y a longtemps : que bientôt, ton monde ne serait plus qu’une hypothèse et que ton corps et ton esprit lui-même seront totalement imprégnés de ce monde. Tu n’avais pas fait attention, tu n’avais pas pris garde à écrire ou peindre ces champs pourpres de ton monde, à retranscrire les poupées de chiffon rouges et orangés qui berçaient la vie des enfants. Tu avais pris ton monde pour acquis et aujourd’hui, alors que tes mots peinaient encore à dépeindre ce monde que chérissais tant dans ton passé, était un souvenir flottant, vibrant de couleurs fanée derrière tes paupières lourdes par la remembrance. L’un des souvenirs les plus vivaces était celui du voyage que ta famille et toi avaient entrepris avant que ton frère ne disparaisse dans ce monde, pour le centre du monde, là où l’autel des dieux attendait sacrifices et chants. Tu rencontrais de nouveaux visages, de nouvelles formes tandis que les femmes chantaient, portant coupes remplies de sang animal, et que les hommes déposaient armes et outils aux pieds de statues, les émissaires des héros et des légendes de ton monde, ceux que vous considériez comme des dieux. Tu te souvenais des pétales de fleurs qui vous entouraient comme une farandole d’illusion, des tissus qui se mouvaient au grès du vent tandis que les prières et les chants peuplaient l’air. Le dernier souvenir de ta famille, unie, venant demander les sacres des dieux pour toi et ta petite sœur, les bénédictions des héros pour que vos rêves s’accomplissent. Tout ça, tout ce chemin parcouru n’était que futilité maintenant que tu te retrouvais coincé dans ce monde différent.

Tu regardais tes cartes, y trouvant un réconfort dans les images de héros et légendes de ce monde, trouvant une similarité avec le tien. Les héros étaient célébrés, de la même manière que les dieux, dans un jeu qui rassemblait tant d’êtres vivants. « Cet adjectif ne va pas seulement à la race humaine, mais malheureusement… Elle est prédominante, surtout lorsque l’on constate les dégâts faits dans le passé. Il est difficile de ne pas considérer votre race comme cruelle quand on voit le sort néfaste qu’ont connus les elfes à votre arrivée ici. » Tu répondis, la tête penchée sur le côté tandis que ton pouce parcourait méticuleusement une carte représentant la destinée, Ciri, Zireael, l’hirondelle qui avait provoqué la seconde conjonction des sphères. « Dans ce monde, ton métier prend tout son sens ; tu vis pour trouver la beauté dans un monde où ce critère est difficile à discerner de façon brute. Si la violence, la maladie et la décadence sont familiers à ce monde, ils ne le sont pas moins du mien. Nous sommes des créatures sensibles, très empathiques et nous ressentons tout de façon très forte. Nous avons des débordements de violence, dans des combats qui nous donneraient envie de mourir. Nous avons des soirées de décadence où luxure et ivresse perdent tout leur sens tant tout va trop loin. Et la maladie.. Nous connaissons. Nous sommes presque immuniser aux vôtres parce que nos systèmes immunitaires sont différents, mais nous avons des maladies similaires. Mon monde est loin d’être paradisiaque et utopique. Notre survie et notre équilibre se joue sur notre état primaire. Nous vivons par des lois et des codes qui encadrent chaque être et notre presque immortalité nous pousse à suivre chacune de ses lois pour ne pas rendre notre vie et celle de nos proches plus difficiles. Vous, les êtres humains, avez cherché plus que ce que la nature ne peut donner, par la ruse et la guerre parce que vous êtes mortels. La mortalité de notre espèce est ce qui la rend cruelle et violente par nature, imprévisible et instable à bien des égards. Il est difficile de comparer nos deux natures tant les convergences et divergences sont nombreuses sur bien des essences. » Tu repris, jetant ton regard sur la jeune femme en face de toi. Tu étais plus enclin à parler, plus enclin à laisser tes mots coulés comme s’ils n’étaient pas de toi. « Je détestais ce monde, quand je suis arrivé. Probablement parce que j’étais seul. Seuls quelques rares membres de mon clan avaient été envoyés ici, et je ne les connaissais pas plus que ça. Je détestais ce monde parce que je faisais des erreurs, parce qu’à peine un siècle s’était passé et j’étais déjà un exilé en péril, un vampire que l’on condamnait pour avoir enfreint une loi. Je pensais, naïvement, que rompre cette règle, m’emmènerait au plus près dans mon monde, dans l’enfer physique qui me rapprocherait des miens. Naïvement. Je détestais ce monde pour tout ce qu’il représentait et ne représentait pas, je vous détestais, vous, les humains, pour tout ce que vous représentiez : une menace, un hôte déplaisant, et un bourreau. Et pourtant, nous savons très bien qu’au moindre mouvement de notre part, vous pourriez disparaître du jour au lendemain sans même vous en rendre compte. » Tu rajoutas ainsi, laissant tes yeux vagabonder autour de la salle, observant chaque être qui était pour toi cette triade si viscéral qu’elle en était mortelle.

Tes souvenirs et tes paroles furent néanmoins coupées par l’esclandre qui s’entama dans la taverne et tu observas cette nouvelle preuve de normalité humaine avec curiosité, ne daignant pas bouger quand la barde le faisait elle-même. Tu n’avais pas besoin de te lever pour mettre fin à cela, la barde s’en occupait déjà et quand bien même, tu ne devais pas interférer avec ce genre d’histoires, c’était mauvais pour toi. Seulement, tu observas la jeune femme à tes côtés, lui tendit un mouchoir lorsque son nez se mit à couler de sang. Tu savais que tes yeux te trahiraient mais ton corps était un contenu de self-control que tu avais perfectionné avec l’âge. Voir le sang humain ne faisait bouillir le tien que pour quelques secondes avant que tout reprennes sa place. Tu penchas néanmoins la tête, un sourire amusé sur les lèvres tandis qu’elle te répondait, son ton désolé se faisant ressentir tandis que tu n’en voyais pas l’intérêt. « Serait-ce une surconsommation de fisstech alors ? J’ai vu quelques un de mes clients qui avaient un phénomène.. similaire. Je sais que cela ne vient pas de mes produits cela dit. » Tu te refusais à vendre un fisstech non pur, un fisstech coupé à autres substances illicites. Tu allais rajouter quelque chose lorsque la tavernière fit son apparition à vos côtés, avec deux nouvelles choppes de bière, prenant ainsi celles qui étaient vides dans ses mains. Tu pris quelques instants, pendant qu’elle discutait, pour prendre ta bourse et en sortir une poignée de couronnes que tu déposas dans une des choppes vides. Le regard médusé de la tavernière te fit soupirer légèrement avant que tu ne tournes ton regard vers les chaises brisées dans la course au plus fort. « Cela vous aidera à remplacer les chaises. Les temps sont durs. » Tu soufflas, reprenant ton air mi-sérieux, mi-amusé, tandis que tes yeux se posaient à nouveau sur les cartes que tu avais en main, la tavernière esquissant quelques mercis avant de retourner derrière son poste de travail. Certains habitués commençant à ranger le bazar qui venait d’être mis par les deux alcoolisés.
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TAKE MY HEART, MAKE IT GLOW
If you are the sun then I wanna be the moon. I wanna reflect the light that shines from you and if this is war then I'm gonna draw my sword, this time I know what I am fighting for. I wanna let you know I want everything you are. I'm the one knocking on your door making all this noise, Whatever it takes I give it all away. I wanna show my love in a thousand ways.


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Danaän Peryite
Danaän Peryite
Bard of a thousand words
Race Race : Humaine
Lun 7 Jan - 23:56
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Elijah Nyx
Caedreach

Danaän
Peryite

「 Look the devil in the face and make it home safe 」
Il y avait des jours où Danaän se demandait ce qu’avaient pu être les premières années de sa vie, parfois elle se demandait si ce rêve qu’elle faisait régulièrement était un indice des prémices de son existence. Mais bien vite, elle se disait que cela n’avait aucune importance. Elle n’avait pas envie de le savoir, de percer le mystère de son amnésie. Sa vie avait commencé avec Luther et c’est tout ce qui importait. Le visage de ses parents biologique, elle n’en avait cure. Son véritable nom ? Elle s’en fichait comme de son dernier verre. Elle s’appelait Danaän Peryite, du nom de son père et cela, rien ne pouvait le changer, même pas des souvenirs d’une vie qui n’était finalement plus la sienne. Pas même si le destin la mettait sur la route de ses géniteurs. Ils ne seraient alors que des inconnues qu’elle n’aurait même pas à cœur de connaitre. Peut-être étaient-ils des gens biens, peut-être étaient-ils mort, il n'était pas utile de le savoir, et plus facile de l'ignorer. Elle n’en avait pas besoin pour être elle, pour être entière et c’est pour cela que ses interrogations futiles n’avaient finalement aucune sorte d’importance. Il n’était de toute manière même pas certain qu’elle se souvienne de ses premières années même sans son traumatisme, celui que lui avait raconté Luther qui n’avait jamais voulu le lui cacher. Il n’avait même jamais essayé de se faire passer pour son vrai père, mais c’était inutile, elle l’avait choisi comme modèle et il l’avait choisi comme fille et le lien qui les unissait était en cela bien plus précieux que les liens du sang. La mémoire était une chose éphémère et ses si précieux souvenirs qui étaient pourtant toujours aussi vivaces allaient finir par s’estomper, c’était inévitable. Elle n’avait qu’une vingtaine d’années après tout, alors qu’en était-il des souvenirs de Nyx qui devait avoir plusieurs siècles de souvenir derrière lui ? Elle ne pouvait qu’imaginait ce que l’on ressentait en voyant sa mémoire s’effriter comme le vernis s’effrite sur la coque des bateaux de son enfance. Sa mémoire, elle ferait tout pour la préserver. Les événements les plus marquants de sa vie étaient déjà retranscrits en chanson. Des textes qui faisaient renaitre des journées et aventures sublimes chaque fois qu’elle les chantait. Mais cela, ne serait à terme, peut-être pas suffisant. Aucun de ses souvenirs, même les douloureux, n’était dispensable, car chacun d'eux avait fait de ce petit oiseau blessé, la femme qu'elle était aujourd’hui. Même les prières qu'elle avait été obligée d'apprendre au temple de Freya dans son enfance, s’imposaient parfois dans sa mémoire comme une mélodie qui tourne en boucle dans son esprit et dont elle ne parvient pas à se séparer une journée durant. D’autres souvenirs relevaient quant à eut du cognitif, comme des odeurs, des sensations ou des sons. Il lui arrivait parfois de s’endormir en entendant la complainte déchirante des échidnas et des sirènes volant au large d’Hindarsfjall. Un son qui n’avait pour elle rien d’inquiétant, lui rappelant au contraire ses îles natales. Des cris qui avaient le don de la bercer quand d’autres en auraient fait des cauchemars.

Nyx et elle avaient entamé une deuxième manche alors que le mugissement des vagues sur les falaises abruptes de Skellige résonnait encore dans l'esprit de la barde. Les illustrations des cartes ne ravivant que plus encore ces souvenirs froid et duveteux à la fois de ses terres aussi hospitalières que chaleureuse. « Serions-nous finalement tombé d'accord Elijah Nyx Caedreach ? » lança Danaän dans un entrain qu’elle ne pouvait réfréner, une étincelle dans le regard alors que leur débat de la dernière fois trouvait enfin un dénouement moins sinistre. Maintenant qu’il prenait le temps de discuter posément et en public, maintenant que la tempête de leurs débats était passée, il semblait bien plus simple de dialoguer et surtout de trouver des terrains d’entente et Danaän n’attendait que cela. Que le vampire s’ouvre un peu plus, qu’il puisse partager pour se comprendre et qu’elle puisse lui montrer la magnifique ambiguïté de ce monde qui n’avait rien de semblable au sien. Elle pouvait mieux entrevoir toute la complexité de ses créatures dans le discours de Nyx. Si dangereuse et fascinante, des êtres qui semblait alors si pur, immaculé en comparaison des humaines. Elle aurait presque pu y voir une corrélation avec des enfants encore inaltérés par l’influence du monde qui ressentent avec innocence toutes ses émotions sublimes. Ou des adolescents fougueux qui vivent avec une intensité tel qui font preuve d’une effusion démesurée et irraisonnée car encore loin de la sagesse qui les bridera par la suite. Mais elle n’irait pas jusqu’à froisser la fierté de son acolyte en le comparant à un chaste chérubin ou un adolescent sans retenue aucune, il ne l’était certes pas, ou plus. Il était dangereux, c’était indéniable mais elle n’avait aucune envie d’en avoir peur. Bien sûr elle avait lu ce que les bestiaires des sorceleurs disaient des vampires, son père lui avait mis tous les documents qu’il connaissait sur les créatures de ce monde et des autres dans les mains dès son plus jeune âge, mais rien, absolument rien ne valait les descriptions que Nyx voulait bien lui faire. Ils n’étaient pas les monstres sanguinaires des contes et légendes, du moins ils n’étaient pas que cela, loin de là et elle était contente d’en avoir la confirmation une fois de plus, bien qu’elle n’en doutait pas. Ils avaient atteint un équilibre dans leur société que les humains ne pouvaient que leur envier mais qu’ils ne pourraient jamais atteindre ni même frôler du doigt. La mortalité avait en cela qu’elle rendait instable, stupide même, désespérément déraisonnable. Il était bien normal qu’il déteste ce monde à son arrivée, parfois Danaän se prenait à le haïr, mais sa fibre poétique reprenait bien vite le dessus. Ce monde était détestable, sale, puant, putride, décadent, fait et défait, rafistolé. Mais, de ce qu’elle en voyait, Nyx s’était bien intégré à ce monde. Non pas qu’il se soit laissé corrompre par ce dernier, ça elle ne pouvait pas en juger en étant elle-même le fruit. Il était aussi bien naturel qu’il déteste les humains, ses insectes aussi purulents que l’univers qu’ils gangrènent. « Tu as très bien résumé les choses quant à mon métier et je ne vois rien à redire. J’ai toujours aimé des défis et celui d’être barde en est un des plus grisants, bien qu’il soit limité par les frontières de ce monde. Vous semblait avoir atteint un équilibre que les humaines, par leur mortalité, ne pourront jamais espérer atteindre, c’est peut-être dommage, mais naturel. Je comprends bien l’océan de divergences parsemé de ponts de similitudes qui rapprochent nos espèces. En tout cas, tes paroles ne cessent de titiller ma curiosité et pardonne-moi, mais je me pose la question. Si tu avais la possibilité de retourner dans ton monde, le ferais-tu ? » Demanda calmement la jeune femme qui n’avait désormais plus peur de laisser sa curiosité s’exprimer. Elle avait soulevé un désir de mort dans les paroles de Nyx mais cela ne l’avait pas étonné et elle décida de ne pas enfoncer cette porte entre-ouverte ce soir.

Cette soirée devait être dédiée à une atmosphère plus légère et à un jeu de cartes divertissant. En tout cas pour eux, car pour d’autres, c’était la beuverie qui l’emportait sur le reste manquant de perturber la partie de cartes plus que de raison. Le mal de tête de Danaän s'évaporait aussi vite qu'il était apparu à mesure qu'elle se fermait à tout ce qui l'entourait en dehors de son interlocuteur. Elle avait trop écouté, elle avait été trop attentive, curieuse, son esprit c'était comme ouvert à trop d'émotion, trop de pensées qui n'étaient pas les siennes apportant une douleur qui allait de pair. L'empathie était parfois bien douloureuse et sa discussion avec Nyx avait eu pour effet de l’exacerber encore davantage. Elle releva le regard de la goutte de sang qui maculés le mouchoir et le plongea dans celui de Nyx à ses paroles. Elle afficha alors un large sourire amusé devant le trafiquant qui défendait la qualité de ses produits, touchée par sa sollicitude et sa manière désinvolte de dédramatiser la situation. « Saches mon cher Nyx que je te suis fidèle ! Ce n’est pas une question d’éthique, simplement je n’ai jamais trouvé mieux ailleurs ! » Son sourire s’intensifia alors qu’elle haussait une épaule devant sa comparaison entre les relations amoureuses et les relations entre un dealer et son client. « Cela dit, c’était aussi ma théorie, mais tu viens par conséquent de la réfuter ! » poursuivit-elle toujours sur un ton amusé.  S’ajoute à cela le fait qu’elle n'avait rien consomme ces derniers jours. Cela commençait d'ailleurs à lui manquer sérieusement. « Je ne sais donc pas à quoi c'est dû, mais je n'ai pas envie de m'en soucier ce soir. » répondit-elle légèrement plus sérieusement en balayant l’incident d’un révère de la main. De toute manière, elle avait bien quelques idées pour trouver une réponse à ce problème.

La tavernière interrompue de toute manière leur questionnement. Et en voyant les quelques couronnes déposées par Nyx, Danaän leva un sourcil. « La prochaine tournée est pour moi, il me semble que je devais t’inviter » lança-t-elle dans un sourire en coin après le départ de l’aubergiste. La seconde manche commença peu de temps après et Danaän déposa un espion qu'elle avait préalablement subtilisé à l'aide d'un leurre, Sigismund Dijkstra. Elle récupéra ainsi deux cartes mais ce n'était pas encore suffisant pour égaler la main de son adversaire.


Little Bird
I must confess How hard I tried to breath Through the trees of loneliness. I think there’s a flaw in my code. These voices won’t leave me alone. Oh, my heart is gold and my hands are cold. × by lizzou.
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Elijah Nyx Caedreach
Elijah Nyx Caedreach
The Crow : right hand of secret lust
Race Race : Vampire Supérieur
Jeu 10 Jan - 12:01
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look the devil in the face and make it home safe.
Si les premiers temps en ce monde t’avaient donnés l’envie de sortir de ta chair pour t’enfuir, pour ne plus à avoir à subir les douloureuses lames de fond de ce monde, tu t’étais rapidement résolu à l’idée que tu ne pouvais t’en échapper. Tu devais te fondre dans la foule, prenant une apparence plus humaine et oubliant de loin tes formes primales. Si vous n’étiez pas magiques au sens strict du terme de ce monde, vous possédiez des compétences qui l’étaient. Vous étiez des polymorphes, dans une certaine mesure du terme. Par exemple, à force de temps et d’exercice, tu pouvais passer de ta forme humaine à ta forme vampirique simple en quelques secondes, tu pouvais également te transformer en fumée mais c’était une caractéristique presque basique de ta condition. De même, tu pouvais te métamorphoser en chauve-souris et en corbeau, si Asphodel t’y aidais. Tu n’étais pas encore capable de te changer en corbeau sans l’aide du tiens, et même si t’entrainais suffisamment dur pour le faire, tu savais que c’était ton âge grandissant qui rendrait la pratique plus simple. De même que récupérer la forme la plus primale et la plus violente de ta condition prendrait du temps, tant que tu n’étais pas provoqué pour qu’elle se forme. Cette forme était dangereuse, autant pour toi que pour les autres. Cette forme était l’instinct et l’éveil des sens dans sa forme la plus abstraite. Tu avais vu d’autres vampires se changer en cela, perdre leurs yeux mais voir tous leurs autres sens se dupliqués, posséder des ailes et des extensions de membres qui rendaient leurs mouvement d’autant plus puissants. C’était une forme qui poussait à la folie de l’esprit, à la perte de contrôle totale, et à une violence non négligeable qui réduirait des bâtiments en cendre sans que l’on s’en rende totalement compte. Tu ne voulais pas être provoqué jusque-là, car même si on ne la maîtrisait pas, elle se dévoilait lorsque le corps vampirique était au plus bas, notamment lors de combats contre ses paires. Tu n’avais jamais eu l’entraînement nécessaire, dans ton monde, pour pouvoir la maîtriser et ne serait-ce que l’invoquer. Mais tu sentais que tes années ici, dans ce monde, commençait à peser sur qui tu étais. Un vampire, tu le savais, tu t’en souvenais clairement mais… Il t’arrivait de l’oublier à force de te mettre dans le crâne que tu devais vivre parmi eux, que tu devais te fondre dans une foule qui n’était pas la tienne. Et tu te demandais encore si tu appréciais ce sentiment et cette perdition ou si tu la détestais. Néanmoins, tu avais appris à apprécier les petits morceaux de ce monde, en commençant par les gens. Ceux qui te tendaient la main au lieu de te plonger un poing contre la joue. Les mages et les bardes avaient été les premiers, suivis rapidement des elfes et des autres monstres. Les mages que tu avais rencontrés, pour la plupart, t’avait enseigné tout ce qu’il y avait à savoir sur ce monde à commencer par le langage que tu maîtrisas avec une rapidité exemplaire, les us et coutumes prirent plus de temps. Les bardes, que tu écoutais au fil de tes voyages, t’apprirent à voir ce monde comme une extension du tiens, un reflet difforme de ton monde mais qui possédait des couleurs et des formes similaires. Les elfes te donnèrent la compréhension et la compassion d’un avenir et d’un passé similaire tout en étant différent. Tu apprenais alors à comprendre, à apprécier les petites choses que ce monde t’offrait au lieu que tu te morfondes en permanence sur à quel point l’odeur du champ de fleurs à côté de ta maison te manquait.

Néanmoins, ton temps passé ici, aussi infime soit-il par rapport à d’autres vampires de ton espèce, t’avait appris à te fondre dans la foule pour ne plus détester ce monde gangréné au-delà de la surface, à apprécier l’espèce instable qui se voulait hôte de ta présence. Tu apprenais, lentement oui, mais tu apprenais et tu prenais le temps d’apprendre et de comprendre maintenant, tu ne refusais plus rien en bloc sous prétexte que cela ne venait pas d’un des tiens ou de ton monde. Un sourire discret passa sur tes lèvres aux mots de la barde tandis que tes doigts posaient une nouvelle carte pour pouvoir enchaîner sur la seconde manche. « Cela se pourrait, oui. » Mais qu’elle ne jubile pas trop, la dissonance et la discorde était le maître mot chez toi, rien que par ton physique. Tes yeux en étaient la preuve ultime, un iris émeraude et un iris azur, une dualité physique qui t’attirait nombre d’interrogations. Etait-ce magique ? Est-ce une maladie ? Est-ce contagieux ? Est-ce une malédiction ? Dans tous les cas, c’était un nom. C’était naturel. Tu étais né ici avec ces deux iris dissonants et c’était ainsi que tu contemplais ton visage et le monde qui t’entourait. Comme si tes deux yeux étaient la preuve même qu’une partie de ton âme appartenait encore et toujours à un autre monde, le dernier lien vers un monde que tu ne reverrais probablement jamais. C’était peut-être plus complexe que cela mais tu aimais à voir cette symbolique dans tes iris particuliers, comme si l’une des deux couleurs était celle qui te ramènerait chez toi. Mais possédais-tu encore un chez-toi ? Une maison où l’on t’attendait ? Tu te posais régulièrement la question, pour être honnête. Ta mère était peut-être morte, décidée à en finir maintenant que ses enfants avaient disparus de la surface du monde, et ainsi… Il ne te restait rien. Tu étais encore trop jeune pour reprendre la disposition de chef de clan, et quand bien même, tu ne méritais plus le titre pour un nombre de raison qui était incalculable tant c’était affligeant. Tu trouverais peut-être quelqu’un, rendrait à ta lignée une portée nouvelle, et finirais ta vie aussi paisiblement que la vie de vampire dans ton monde pouvait offrir. Mais est-ce que cela valait plus que ce que tu vivais ici ? Ici, tu avais du poids, tu arrivais à bouger, tu t’amusais parfois, et tu te complaisais dans le petit luxe que tu t’étais fabriqué. Tu avais un réel pouvoir dans ce monde que tu ne possédais pas dans le tiens. C’était peut-être cette illusion qui te donnait envie de rester ici, peut-être que c’était ça qui t’attachait encore véritablement à ce monde. Tu n’en savais rien, il y avait encore trop de flou dans la réalité de ton attachement à ce monde. Mais une chose était sûre, dans ce monde, tu ne finirais pas comme certains doyens des invisibles, enfermé dans une cave à patienter que les portes s’ouvrent à nouveau. Les sentiments ici aussi étaient plus forts, les sensations décuplées et beaucoup plus fortes à tel point que le sentiment d’amour te pousserait sans nul doute à mourir pour la personne qui posséderait le tien. Et à te laisser mourir si sa vie venait à être arrachée. C’était des questions auxquelles tu n’avais pas de réelles réponses et en existait-il seulement ? Tu n’en savais rien. Cette illusion de pouvoir et cette fausse ignorance te convenait pour l’instant. Tu n’avais guère besoin de plus pour ne plus détester le monde dans lequel tu étais piégé. Tu penchais légèrement ta tête sur le côté aux mots de la barde, l’écoutant avec une attention non dissimulée. Sa question te fait réfléchir, très légèrement avant que tes doigts ne posent les cartes, face contre la table, tandis que tes muscles se glissent contre la surface. « Les bardes sont ceux qui m’ont appris à apprécier, ne serait-ce qu’un peu ce monde, avec les mages. L’apprentissage des similitudes et de la beauté dans la laideur. Vous avez un travail chargé de responsabilités, dont celle d’apprendre aux nouveaux arrivants que vous n’êtes pas tous des bourreaux sur des terres pestilentielles. » Tu pris le temps de répondre à sa première remarque avant de contempler ton bras, dont la manche remontée dévoilait ton tatouage. Cette main, avec les trois doigts levés, striés de marques du temps et ce serpent, aux reflets rouges par l’encre, dont les crocs acérés menaçaient toute personne qui osait s’approcher de ta tribu. Tu cherchais en ce tatouage une réponse, tu cherchais ta loyauté pour ton clan, pour ton monde, pour ce qui restait de ton passé là-bas. « Je t’aurais répondu oui sans hésiter il y a quelques temps. Mais… Les variables ont changées, les enjeux et les conséquences aussi, tout à changer. Je ne sais pas si je serai capable de retourner vivre dans un lieu où rien ne m’attends. Ma sœur est arrivée ici, elle est jeune, beaucoup plus jeune que moi, beaucoup plus fragile et je ne peux la laisser tomber. » Tu murmuras, pour que seule Danaän entende tes paroles, dévoilant plus de vulnérabilité et de dualité que tu n’aimerais. « Rien ne m’attends dans mon monde, maintenant. Ma famille est morcelée, détruite et je serai prêt à parier qu’il ne reste que moi et Nyleen. Pourquoi retourner dans un monde où rien ne m’attends ? Je suis trop jeune pour être chef de clan, trop impétueux, trop irréfléchi pour l’être. Il y a des années, je t’aurai dit oui et j’aurai tout donné pour retourner dans ce monde où les paysages sont tous des peintures vivantes. Aujourd’hui, je ne suis pas si sûr que je donnerai quelque chose pour finalement mettre les pieds là-bas à nouveau, là où rien ne m’attends. C’est peut-être la possibilité de voyager entre les deux mondes qui est attrayante et agréable, la possibilité de retrouver les paysages et la stabilité qui me manquent tant mais retourner là où je me suis fatalement fait une place, une place faite à défaut mais qui ne me déplaît pas tant que j’aimerai le faire croire. » Tu souffles. Tu ne t’es que peu rendu compte de tous les mots et toutes les vérités que tu libéras, dont le nom de ta petite sœur et le probable destin de ta mère. Mais plus que cela, tu t’étais ouvert, un petit peu, sur cette possibilité de rentrer chez toi et sur le manque d’envie que tu éprouvais maintenant. Les enjeux avaient changés. Tu avais changé. Ce monde t’avait changé.

Tu faisais disparaître ses drôles de pensées en même temps que ta bière, laissant les cartes danser à nouveau entre vous. Le saignement de nez de la barde t’interpella même si tu savais très bien que cela ne venait pas de tes produits. Tu n’étais pas négligent à ce point, tu possédais une minutie toute particulière pour tes produits, de façon à ce qu’il y ait le moins d’effets négatifs secondaires possibles, c’est pour ça que ta poudre était plus chère mais de façon équivalente, meilleure que d’autres vendues dans les basses-ruelles. Néanmoins, voyant la barde esquiver le sujet d’un revers de mots, tu levais un sourcil avant de reprendre tes cartes. « Je vérifierais tout de même mes produits. Il se peut que je me sois fait avoir par mon fournisseur, même si je lui ai fait comprendre il y a bien longtemps qu’il ne le devrait pas. J’ai encore des échantillons de la dernière dose que je t’ai vendue. Si jamais c’est ce produit qui est en cause, tu recevras un remboursement, c’est le mieux que je puisse faire. » Tu mentionnes, un léger sourire sur les lèvres tandis que ton inquiétude pour la barde s’évapore aussi vite qu’elle est apparue. « Mais si cela continue, tu devrais penser à consulter un mage. On ne sait jamais avec ces choses-là et il vaut mieux être trop prudent que pas assez. » Tu rajoutas avant que la tavernière n’arrive pour débarrasser vos choppes vides alors que tu déposais des couronnes pour les désagréments causés dans la taverne par les ivrognes de basse besogne. L’invitation de Danaän te fit à nouveau arquer un sourire alors que tes yeux étaient fixés sur le jeu qui reprenait, la voyant usé d’espions. « Je te remercie, mais ce sera ma dernière. J’ai de la route à faire demain et un peu de sommeil ne serait pas de trop. » En effet, il te fallait retourner auprès de Novigrad pour donner ton rapport à Francis Bedlam et tu trépignais d’impatience, véritablement. Tu avais adoré cet homme pendant longtemps mais maintenant ? Tu avais juste envie d’encastrer son crâne dans le bois de son bureau.
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Danaän Peryite
Danaän Peryite
Bard of a thousand words
Race Race : Humaine
Ven 11 Jan - 23:28
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Elijah Nyx
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Peryite

「 Look the devil in the face and make it home safe 」
 Il arrivait à Danaän d’observer patiemment son corbeau, décrivant chaque mouvement fébrile de Jaskier, rêvant parfois de voir le monde au travers de ses yeux, du haut du ciel qui était son empire et dont elle était si loin. Elle se demandait ce que pouvait être la sensation de voler, de planer au-dessus de ce monde, le voir d’en haut. Regarder toutes ses choses si effrayante et putride d’un lieu inaccessible et pure car l’homme ne l’avait pas encore conquis. Le ciel était le seul eldorado dont Danaän pouvait rêver, loin de connaitre d’autre monde, loin de pouvoir voyager entre ceux-là. Le ciel était alors la seule contrée encore intacte qu’elle pouvait contempler et elle pouvait presque parfois la toucher du doigt allongé sur le toit de sa maison de Novigrad, dans les prairies de Velen, au-delà de la canopée des arbres qu’elle aimait escalader. Elle avait ce désir de découverte, de conquête aussi peut-être, propre aux êtres humains et s’estimait alors heureuse que le ciel reste bien trop haut pour qu’ils puissent en faire leur domaine. Car si elle y voyait la beauté, d’autres pouvaient y voir le pouvoir. À quoi ressemblerait un monde où les humains auraient conquis le ciel ? Surement que des bâtiments immenses se dresseraient devant son champ de vision pour lui cacher cette étendue bleue. Peut-être que les hommes auraient trouvé le moyen de s’y rendre, d’y bâtir des maisons, des villes entières flottant dans les cieux, cachant les astres, et ils auraient alors perdu de leur beauté, si pure, si simple et complexe à la fois, car l’homme y aurait posé son emprunte perverse. Pour elle, l’homme ne devait pouvoir toucher le ciel qu’en entendant les bardes et les poètes en chanter les louanges, les écrivains le décrire de ses mille couleurs et les peintres le représenter dans toutes ses humeurs. C’était une chose à laquelle Danaän songeait souvent et l’évocation du monde de Nyx l’avait replongé dans ce voyage céleste. Car faute de pouvoir se visualiser son monde aussi bien qu’elle l’aurait voulu, elle pouvait laisser son esprit s’évader dans ce ciel qu’elle ne faisait jamais que contempler. Elle tentait depuis quelque temps de retranscrire toutes ses magnifiques facettes dans un poème sans jamais être satisfaite, sans jamais parvenir à trouver les mots justes pour faire passer toute sa splendide complexité par des mots si terre à terre. C’était à ce jour sa plus grande frustration de ne pouvoir lui rendre hommage comme elle le voudrait, peut-être y parviendrait-elle un jour. Mais pour l’heure, sa difficulté à mettre des mots sur sa contemplation pouvait faire échos à la difficulté de Nyx de se remémorer les détails de son monde coloré comme les palimpsestes de sa mémoire.

Elle sourit devant l’aveu de Nyx, plongeant son regard dans ses iris dissonants. Si elle n’avait pas connu une magicienne arborant des yeux vairons par le passé, peut-être en aurait-elle été étonnée, bien que cela soit peu probable, elle avait vu bien plus de choses incroyables en compagnie de son père que bon nombre de personne. Mais elle ne pouvait s’empêcher de les trouver d’une rare harmonie malgré leur hétérochromatisme. C’est en les observant qu’elle écoutait toujours attentivement les paroles de Nyx en réponse à sa question. Elle aimait décidément beaucoup sa manière de parler, il n’avait rien à envier à beaucoup de bardes qui, contrairement à lui, pratiquaient la langue commune depuis leur naissance. « Eh bien, je ne peux pas parler pour les mages, mais je suis heureuse que mes confrères se soient acquitté de leurs responsabilités auprès de toi. » annonça-t-elle dans un sourire. Danaän nota le mouvement de son regard sur son tatouage et le suivit comprenant aisément qu’il était une composante de sa réflexion.

Le cœur de Danaän se serra progressivement en entendant les confessions de Nyx. Si jusqu’à présent, elle n’arrivait pas à savoir si un jour il lui ferait confiance, elle commençait à se dire que non seulement c’était possible, mais peut-être déjà en partie le cas. Elle ne savait pas ce qu’elle avait pu dire ou faire pour qu’il change ainsi son opinion sur elle, ne voyant plus une quelconque menace, même dérision, mais une oreille attentive et peut-être même bienveillante. Elle se demanda alors ce qu’il avait fini par voir en elle. Était-elle toujours une simple cliente et leur rapport reprendrait-il leur cours normal s’en tenant à des échanges purement commerciaux ? Même si elle en doutait, elle le redoutait. Mais il serait compliqué après les deux soirées qu’ils venaient de passer ensemble à parler ouvertement de faire marche arrière et oublier purement et simplement qu’ils s’étaient mis à nu. Elle l’écoutait attentivement, avidement, relevant chaque détail qu’il voulait bien lui révéler. Elle avait du mal à crois qu’il était trop jeune, irréfléchis et impétueux pour devenir un chef digne de ce nom et ceux malgré l’incontrôle qu’il avait montré devant elle la dernière fois. Mais elle lui faisait confiance pour porter ce jugement, elle-même en étant bien incapable ne connaissant pas leur fonctionnement en dehors de ce qu’il avait dévoilé, ni son âge d’ailleurs. Mais ce détail n’était finalement sans grande importance, il était âgé, bien plus qu’elle et elle n’avait besoin de guère plus pour l’instant. « Je comprends ce que tu veux dire et ne peut qu’imaginer ce que tu as dû ressentir d’être arraché ainsi à ton monde. »  Répondit-elle simplement, bien incapable d’en dire plus. « Mes condoléances pour les membres de ton clan que tu as perdu dans ce voyage sans retour. » Ajouta-t-elle des plus sincères et loin de se doutait que les pertes ne se limitaient pas aux personnes restées dans l’autre monde. « Ta petite sœur a de la chance d’avoir quelqu’un sur qui compter. C’est bien la seule chose qui importe réellement sur cette terre. » Dit-elle en ignorant le pincement de cœur qui la tirailla à cet instant, réalisant soudain que de son côté, elle n’avait plus aucune épaule sur laquelle reposer sa tête. Elle décida alors de ne pas poser plus de question, consciente qu’elle l’avait déjà poussé à s’ouvrir, peut-être plus qu’il ne l’aurait voulu. Elle lui était reconnaissante de lui avoir parlé, révélé toutes ses choses et elle n’allait pas abuser de sa chance. Elle le remercia de sa sincérité d’un signe de tête avant d’avaler la dernière gorgé de sa bière.

Son sourire ne la quitta pas lorsqu’il l’assura de vérifier la qualité de sa marchandise suite à cet incident idiot. Elle ne put cependant pas empêcher ses iris de se dilater à l’évocation de la drogue qu’il possédait encore. Certes elle était parvenu à se contrôler jusqu’à présent, dissiper ses tremblements, essayant de penser à autre chose. Mais le temps depuis sa dernière dose commençait à dangereusement s’étirer et elle ne pouvait nier que sa consommation de fisstech était devenu une réelle addiction de laquelle elle aurait du mal à se défaire, à supposer qu’elle en avait envie. « Si cela peut finir de te rassurer, ces regrettables saignements de nez on commençait bien avant ma première dose, depuis d’aussi loin que je me souvienne à vrai dire, alors toi et tes produit n’êtes définitivement pas en cause, mais libre à toi de faire ta vérification. » Dit-elle en réprimant sa fébrilité.  « Et j’ai prévu prochainement de remédier à ces déconvenues, j’ai déjà ma petite idée pour y parvenir. » Elle irait voir un mage, certes, mais elle ferait d’abord ses propres recherches et peut-être même un tour à l’académie d’Aretuza pour satisfaire sa curiosité d’un part et son appétit de connaissance de l’autre.  

Le jeu reprit alors que Nyx déclinait son invitation. Elle n’en fut pas vexée le moins du monde, c’était peut-être mieux ainsi, la jeune femme ayant aussi certainement besoin de sommeil après cette semaine d’insomnie. « Comme tu voudras ! » Répondit-elle dans un sourire en haussant une épaule. Le jeu se poursuivit et la jeune femme passa la seconde manche pour ne pas user trop de carte, pouvant se le permettre en ayant gagné la première. Lors de la dernière en revanche, elle fut bien obligée de s’incliner. Les cartes qu’elles avaient piochées n’avaient pas suffi à rattraper son retard de points et elle sourit en posant la dernière carte qu’elle avait dans la main face découverte en dehors de la zone de jeu. Une carte « ciel dégagé » qui lui était bien inutile dans le cas présent. Elle s’étira doucement, se déridant la nuque avant de féliciter son adversaire avec joie. « Je m’incline, tu as gagné, toutes mes félicitations ! As-tu eu le temps de réfléchir à une récompense ? » Demanda-t-elle avec son traditionnel sourire espiègle.


Little Bird
I must confess How hard I tried to breath Through the trees of loneliness. I think there’s a flaw in my code. These voices won’t leave me alone. Oh, my heart is gold and my hands are cold. × by lizzou.
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Elijah Nyx Caedreach
Elijah Nyx Caedreach
The Crow : right hand of secret lust
Race Race : Vampire Supérieur
Sam 12 Jan - 14:17
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look the devil in the face and make it home safe.
Le secret, la possession d’un ou de plusieurs et garder cela confiné, dans un écrin de velours formé par les abysses de l’esprit. Un secret. Les secrets faisaient partis des cauchemars, tu l’avais compris très tôt et pourtant, tu t’obstinais à garder dans de choses en toi pour qu’elle ne s’échappe pas. Ton monde était devenu un secret, enfoui dans les profondeurs de ton esprit afin que jamais tu n’oublies et pourtant… En parlant avec la barde, tu te rappelais à quel point les dessins, les paroles, les odeurs et tout ce qui composait ce secret, devenaient flous, disparates. C’était comme si ta propre conscience arrachait, petit à petit, les morceaux de ton monde afin de te faire croire que tu avais toujours vécu ici. Tant de choses étaient désormais perdues si bien que tu te demandais si tu avais véritablement un jour existé là-bas, si ce dont tu parlais n’étais plus un secret mais une utopie pour t’ancrer dans un monde où tu ne vivais plus et où tu ne vivrais jamais plus, une illusion de ta propre démence et de ta propre maladie. Les personnes que tu avais connues, que tu avais côtoyés pendant des années n’étaient plus que des ombres sans visages et sans détails, reflétés par le prisme d’une lumière trop tamisée pour pouvoir en discerner les contours. Tu ne te souvenais presque plus du visage de ta mère, et ton père…. Encore moins. Tout était si flou, si brouillon, ton secret se brisait au fur et à mesure que ta vie passait et que le temps s’écoulait dans le sablier de ton infinité. Comment en étais-tu arrivé ici ? A ne plus comprendre et à ne plus imaginer les contours de ce qui avait forgé ton existence avant de parvenir dans ce monde où tout te semblait si douloureux. Tu te droguais moins, depuis quelques temps, tu ne chérissais plus la douleur de la remembrance, tu ne regardais plus ton monde par le prisme du kaléidoscope qu’était la drogue. Rien ne te soulageait plus que de ne pas essayer de te souvenir, la douleur si vivace et pourtant si salvatrice. Les mots étaient vains, insignifiants et ton imagination devenait fébrile, presque intangible tant le fil qui reliait tes souvenirs devenaient fin, au bord de la coupure nette et assassine qui suivait chaque morceau. Un secret. Il n’en était plus un, mais il faisait pourtant toujours parti de ton cauchemar. Tu te voyais, dans les plus vivaces que tu avais, marcher dans les champs colorés, observer la lune rougeâtre tandis que les roches stagnaient dans l’air, les livres éparpillés aux quatre vents, les feu-follets ravageant les morceaux de bois éparpillés, et tu essayais d’atteindre cette personne devant la lune sans pouvoir distinguer les contours de l’ombre qui semblait si proche. Les miroirs apparaissaient, illuminés par les rayons rouges et assassins d’un astre que tu ne savais plus s’il s’agissait de la lune ou d’un soleil presque mort, et ton reflet se réfléchissait sur tous, déformant ta forme par d’autres. Tes anciens compagnons apparaissaient tous, les uns après les autres, déformés également par les rayons et par les reflets flous. Tu ne voyais pas par leur visage, tu n’entendais pas leur voix mais tu sentais leur présence, intangible et pourtant concrète. Une violence inouïe dans un paysage à la douceur omniprésente. Et tu te réveillais, le souffle court, la peau humide et poisseuse par la transpiration et la douleur revenait, sinueuse sous tes pores, tes yeux brûlaient si bien qu’il t’était arrivé à plusieurs reprises d’enfoncer tes doigts contre tes tempes en espérant que les orbites arrêteraient leurs soins. Tu sentais encore les brûlures des rayons de l’astre contre ta peau, comme si tu étais de nouveau là-bas mais que ton corps ne pouvait supporter d’y retourner. Un condamné.

Alors oui, tu avais écouté les bardes et les mages à ton arrivée ici, espérant trouver des similitudes dans leurs discours, dans leurs paroles pourtant si vides de sens à tes yeux. Tu t’accrochais à cette maigre espérance qu’un jour tu rentrerais, qu’un jour tout disparaîtrait, que ce monde brûlerait et que tu le regarderais brûler. Mais non. Tu t’accrochais à leurs mots parce qu’ils donnaient vie à quelque chose que tu considérais comme pourri et souillé, ils donnaient de la beauté là où tu n’en voyais aucune et tu commenças à croire leurs paroles comme mots d’évangile, comme une vérité absolue à laquelle tu devais te raccrocher si tu voulais survivre. Et tu en étais arrivé ici. Avec les mots de tes mentors, des compagnons de fortune et des bardes sur ton chemin, la cendre et le sang suivant chacun de tes pas comme un boulet. Et tu appréciais presque, maintenant, de vivre ici, malgré ce sentiment de ne pas appartenir, d’être un intrus dans une terre sacrée, d’être une nuisance à éliminer. Tu profitais de chaque petite chose qui se rendait bonne et sans lueur de violence, un jour à la fois, sans trop de presser, tu avais le temps. Mais même si ton esprit commençait enfin à guérir, ton corps avait beaucoup trop subit pour que tu oublies les erreurs et les cauchemars. Alors ils revenaient parfois, hantant ton corps pour les heures qui suivaient comme une ombre collée à ta peau, murmurant les délices d’un monde que tu ne verrais plus. En parlant avec la barde, tu comprenais énormément de choses qui jusqu’alors t’avaient échappées, et c’était presque salvateur. Lors de votre dernière rencontre, tu ne pensais pas que ses mots puissent avoir un impact aussi flagrant sur toi. Peut-être était-ce parce qu’elle était humaine ? Que son imprudence t’ait touché là où aucun autre être humain n’avait essayé ? Les humains étaient fragiles, avaient peur, ne connaissaient pas les limites ; elle n’en faisait pas exception sur certains points, mais elle avait su où se stopper là où d’autres auraient enfoncés une lame juste pour voir si tu pouvais saigner comme eux. Une confiance presque aveugle dans un être comme toi était dangereux et tu l’avais laissé faire. Peut-être avais-tu bien fait, tu n’en savais rien. Tu étais probablement aussi aveugle qu’une partie des humains avec qui tu traitais en permanence. Une belle hypocrisie que tu avais là ; détester tes hôtes et pourtant t’occuper d’eux et traiter avec eux comme des égaux. Peut-être voulais-tu juste qu’on te regarde autrement que comme un monstre ? Peut-être. Danaän ne te regardais pas comme si tu étais un monstre, mais comme quelqu’un avec une histoire, un passé enfoui si profond qu’il était indiscernable de ta personnalité actuelle, de ton identité actuelle et de toutes celles qui ont précédées. Alors tu souris, doucement, aux mots de la jeune femme. « Je leur en suis reconnaissant, même si ce n’était pas volontaires de leur part. Je ne sais pas si tu as un jour déménagé d’un pays à un autre véritablement différent, mais mon expérience peut se résumer ainsi, bien que simplifié. Je suis arrivé dans un monde où on me détestait par logique, et que je n’aimais pas car j’ai été forcé de le détester vu que je ne voulais pas venir ici. Tu ne comprends rien à la langue qu’ils parlent, tu ne comprends par leurs lois, leurs mœurs, leur culture et… Les bardes ont ce pouvoir de te faire apprendre, de te faire apprécier les maigres expériences que tu peux avoir dans ce monde. C’est salvateur. Je ne le comprends peut-être que maintenant, mais mieux vaut tard que jamais. » Un dicton humain, même ta façon de parler devenait similaire à la leur. Pendant longtemps, tu avais eu du mal à parler comme eux, avoir cette même nonchalance dans l’utilisation d’idiomes, d’expressions qui n’appartenaient qu’à eux. Maintenant, c’était comme si tu avais toujours connu la langue, presque aussi simple que ta langue natale qui elle, devenait de plus en plus difficile à prononcer. Tu la pratiquais toujours, pour des raisons de nécessité, mais elle te semblait de plus en plus étrangère.  C’était inquiétant mais tu ne voulais pas t’en formaliser.

Ce qui était également inquiétant et sur ce quoi tu te formalisais maintenant, c’était cette facilité avec laquelle tu avais répondue à la barde. Là où même à tes plus proches amis n’arrivaient parfois par à t’arracher ce genre de réponses, une barde arrivait à te décrocher les pensées les plus intimes que tu avais à ce sujet. C’était comme si, en utilisant les bons mots, tout était devenu plus clair dans ton esprit, comme si la révélation finale de tes souhaits les plus intimes s’était dévoilée à tes yeux et que tu n’avais pu contrôler la fluidité de tes mots. Peut-être était-ce parce qu’elle était plus une étrangère qu’une amie à tes yeux ? Tu ne connaissais pas assez à son sujet pour la considérer comme telle mais pourtant, tu ouvrais ta psyché à ses oreilles en dévoilant les profondeurs de tes souhaits les plus refoulés, de tes pensées les plus intimes. Tu avais mal rien que de penser aux mots que tu avais prononcés, sans aucun filtre, sans aucune retenue ; des mots purs, brutes, sur des choses que tu ne t’étais jusqu’à présent pas dévoilés à toi-même. Une partie de toi hurlait que si tu pouvais rentrer tu le ferrais, mais elle était si minime, une toute petite voix à l’arrière de ton crâne dont les hurlements ressemblaient plus à des murmures au souffle coupé. Tu ne voulais plus rentrer. Rien ne t’attendait là-bas. Ta mère était morte, probablement, ton père tenait ce qui restait du clan, ta sœur était ici. Tes paires ? Ils te détestaient probablement. Tu étais devenu une créature indigne du rang de membre du clan, alors que l’on t’appelait le prince de la nuit lorsque tu étais plus jeune, fougueux et plein de vigueur pour faire les choses biens. Aujourd’hui, tu n’étais qu’un déchet parmi la supériorité de ta race, quelqu’un qui s’était perdu en chemin, qui se sentait toujours comme un intrus mais pas seulement dans ce monde mais aussi dans ton monde natal. Car même s’ils ne savaient pas ce que tu avais fait, tout était écrit sur ta peau, ton odeur était souillée par celle du sang, ton âme était prisonnière des échecs que tu avais commis, des bêtises dans lesquelles tu t’étais entraîné sans le vouloir. Il n’y avait plus rien qui t’attendait au-delà du miroir, plus rien qui ne t’attendait au-delà des portails à part peut-être le souffle clair de souvenirs, de remembrance qui finalement, te faisait souffrir plus que cela ne t’apaisait. Alors à quoi bon y retourner ? A quoi bon revenir quand finalement, beaucoup de choses ici semblaient te plaire suffisamment pour que tu ne te poses plus la question ? Car toute la profondeur de ta réponse découlait de cela : tu ne t’étais plus posé la question depuis longtemps. Mais tu connaissais la réponse. La preuve en était, la facilité que tu avais eu d’en parler avec Danaän, elle qui aurait pu mourir sous tes griffes lors de votre dernière rencontre, était déconcertante. Tu ne regrettais pas tes paroles, aucunement, tu ne comprenais juste pas comment le degré d’intimité dans votre relation avait pu s’élever au point de lui dévoiler ce détail. Parler de ton monde était une chose, tant qu’il t’en restait des souvenirs, mais parler de ça ? De ton envie presque inexistante de rentrer chez toi parce que chez toi c’était ici ? C’était ouvrir ton torse à mains nues et laisser les pensées coulées comme si elles ne t’appartenaient pas. Il fallait que tu te reprennes un minimum avant de perdre la totalité de toi-même dans une chope de bière. « Je te remercie, pour ta compréhension. » Tu soufflais, légèrement abasourdi par la force de tes mots précédents et la facilité à ce qu’ils s’échappent de tes lèvres quand rien que la mention d’être vampire arrachait les pores de tes lèvres avec une violence presque sourde et pourtant si douloureuse. Un petit sourire se posa sur ces dernières à la mention de Nyleen, mais tu secouais très légèrement ta tête de droite à gauche aux mots de la barde. « Elle n’a pas besoin de moi, c’est une force de la nature et je sais qu’elle peut se débrouiller seule. » Mais toi, le pouvais-tu maintenant ? Tu avais vécu des années sans sa présence dans ta périphérie et maintenant, c’était toi qui te reposais sur elle plus qu’elle ne le faisait. Elle avait grandie trop vite et tu savais que c’était en partie ta faute. En disparaissant de votre monde, tu lui avais laissé la charge d’un clan qu’elle était trop jeune pour comprendre dans sa totalité. Sans le vouloir, tu l’avais condamnée à grandir bien trop vite et maintenant, elle était indépendante. Elle n’avait pas besoin de toi pour vivre dans ce monde, elle était bien trop similaire à ton frère Lysandre. Amoureuse de ce monde, une curiosité sans bornes comme toi mais qui n’était pas teintée par la haine que tu pouvais avoir à tes débuts. Elle était une force de la nature, personne ne lui marchait sur les pieds et elle n’avait même pas besoin de faire valoir sa forme vampirique pour qu’on le sache. Elle serait une fabuleuse chef si l’opportunité lui était donnée, peut-être même une doyenne si son souhait l’était. Nyleen était beaucoup de choses que tu n’étais pas, et tu l’admirais énormément, espérant trouver ton propre courage dans le sien, ta propre force dans la sienne. Quand tu étais le prince de la nuit, Nyleen en était la reine. C’était elle qui te protégeait de ton clan, te protégeait de leur courroux pour tes actes et pour ton absence pendant des années, pour ta disparition après la mort de ton frère parce que tu savais que tu ne méritais aucunement une place auprès d’eux. Elle tenait tête à des vampires bien plus vieux qu’elle et faisait valoir ta place devant eux sans fléchir. Une reine glorieuse qui, dans quelques siècles, serrait aussi puissante qu’un Doyen des Invisibles.

Et toi, dans cette histoire ? Tu deviendrais le bouffon, avec un peu de chance, le valet de la reine, celui qui travaille dans l’ombre avec ces drogues et ces antiquités humaines. En voyant le saignement de nez de la jeune femme, tu commençais à te demander si la came que tu vendais aussi bonne que tu l’espérait, aussi pure. Tu t’efforçais à faire les choses biens, à ne pas vendre la même merde que les autres vendaient dans les ruelles sombres, à ne vendre que ce qu’il y avait de meilleur sur le marché illicite et pourtant… Même si la barde semblait essayée de te rassurer sur le fait que non, ce n’était pas ta marchandise, tu ne pouvais t’empêcher de réfléchir à tout ce qui aurait pu causer ça et à réévaluer, dans ta tête, chaque produit que tu vendais. Tu allais faire un inventaire et trier à nouveau tes contacts pour être certain que chaque came était la bonne et pas une mauvaise herbe que l’on t’offrait dans un coffret d’argent. Il était hors de question que tu te fasses embobiner par qui que ce soit cette fois, il était peut-être trop tard pour Danaän si cela venait de tes produits, mais tu n’allais pas laisser la peste s’installée dans ta demeure, il en était hors de question. Tout comme il était hors de question que tu tues qui que ce soit dans ce processus. Certains étaient déjà morts par le passé parce qu’ils avaient essayés de t’entuber, de te rouler dans la boue, notamment quand tu commençais, mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est que tu testais la marchandise toi-même. Tu savais distinguer une drogue pure d’une coupée, maintenant, de quelque chose qui était véridique et d’une pâle copie amer et sans saveurs. On ne pouvait plus si facilement te rouler dans la farine mais ce n’était pas pour autant que tu allais laisser tes griffes recouvrées leurs usages avec la violence qu’elles attendaient si fermement. Oh, bien sûr l’envie était présente. Cette rage intérieure qui te suppliait de glisser ta griffe contre leur gorge pour laisser s’en échapper le liquide carmin ainsi que leurs gémissements plaintifs, mais tu n’en faisais rien. Tu essayais de te contenir, de devenir meilleur, de ne plus succomber à ces folies vampiriques et tu y arrivais de mieux en mieux même si parfois, l’envie était telle que ton corps hurlait à ton esprit de le faire. Le contrôle devenait si mince qu’il était difficile de distinguer ta personne de celle qui apparaissait sous les coups de la véhémence. « Ne va pas te fourrer dans tes combines dont tu ne pourras t’en sortir. Je sais que tu es friande d’aventure, mais ne va pas t’attirer des ennuis plus gros que ta personne et desquels tu ne pourras t’en sortir seule. Et protège ta vie, coûte que coûte. » Tu soufflas, un petit sourire aux lèvres. Les humains étaient fragiles et c’était parfois étonnant, à tes yeux, à quel point il fallait leur rappeler de faire attention à leur vie, d’être prudent et pas toujours guidé par l’instinct et l’impulsion. Leur mortalité était pourtant si évidente, autant pour eux que pour d’autres, et pourtant… Ils étaient si imprudents parfois, guidés par des émotions et une rationalité douteuse. Mais tu savais que la barde, qu’importe l’idée qui trottait dans son crâne, ferrait un minimum attention à elle. Elle tenait à sa vie, tu en avais été témoin.

Tout comme tu étais témoin de sa gentillesse lorsqu’elle te proposa une nouvelle bière, que tu déclinas par soucis de temps. Et pourtant, du temps, tu en possédais. Combien, c’était le mystère de toute ta vie et de tous les vampires mais tu en possédais. Mais tu savais aussi que les humains ne possédaient pas cette immortalité et que leur temps était plus compté que le vôtre, ainsi, lorsque tu avais des rendez-vous, tu te devais d’être à l’heure, ou du moins, le plus proche possible pour ainsi ne pas gaspiller leur si précieuse temporalité. Francis Bedlam n’était pas connu pour être quelqu’un de particulièrement patient, et tu savais à quel point il attendait avec impatience ces rapports sur les corps que tu avais observés aujourd’hui. C’était glauque, cette envie qu’il avait de savoir tout sur les corps meurtris d’êtres probablement assassinés, mais tu pouvais comprendre. Si pour peu ils étaient sous sa gouverne, tout son marché et toute la protection qu’il offrait tombait à l’eau avec sa crédibilité au sein de la population et de ses paires. Mais ça, ce n’était pas ton problème. Ce qui t’inquiétait, c’était la récurrence de ce genre d’attaques et d'événements, à Novigrad comme à Oxenfurt. Des humains et des monstres, mélangés sous les mêmes attaques, avec des sorts et des techniques différentes, comme si deux vengeurs se trouvaient dans les deux villes et arpentaient les rues pour en assassiner les habitants. Une saveur étrange, amère et follement assassine qui planait et qui rendait tout beaucoup plus charnu que ce n’était censé l’être. Un jeu de chat, peut-être, un jeu de pistes, tu ne savais pas et tu n’essayais pas plus de te renseigner. Tu étais bien suffisamment exposé grâce au Roi des Mendiants, tu n’avais donc pas  vraiment envie de finir en ligne de mire, obligé que ta sœur te retrouve et te remette sur pieds pour les années à venir. Ce n’était vraiment pas dans ta liste de souhait pour les années à venir. Mais s’il s’agissait d’un jeu, la partie allait devoir se terminer vite avant qu’il n’y ait plus âmes qui vivent dans Novigrad. Un jeu assez similaire à celui que tu entretenais avec Danaän où les cartes disparaissaient petit à petit, laissant apparaître les forts au milieu des faibles, les espions parmi les loyales et les catapultes au milieu des soldats. Et tu te voyais gagner, étrangement. Tu n’étais pas le meilleur joueur avec ce deck ci, et tu étais franchement étonné de gagner la partie que la barde avait lancée. Tu auras parié que sa main aurait été la gagnante mais une fois de plus, tu étais en tort. Tu relevas ainsi tes yeux vers elle lorsqu’elle parla de récompenses et un léger sourire passa sur tes lèvres, reflétant une partie de son espièglerie. « Je te le dirai la prochaine fois que l’on se verra, j’ai l’esprit un peu trop embrumé pour trouver une quelconque récompense. Mais si je n’ai rien la prochaine fois, tu pourras me donner ta récompense, comme si tu avais gagné. » Tu répliquas. Tu n’avais vraiment pas eu le temps de réfléchir et tu auras aimé, pour pouvoir avoir quelque chose à donner, mais tu n’avais rien, vraiment rien. Ton esprit était vide de l’espièglerie que tu montrais sur le bout de tes lèvres, embrumé par les pensées sinistres qui s’étaient évadées comme si tu avais ouvert la boîte de Pandore et la fluidité de tes mots face à une personne qui ne faisait pas vraiment partie de ton cercle privé. Ton comportement était étrange, pour ne pas dire inquiétant et il allait falloir que tu te reprennes très vite avant que cela ne te porte préjudices. Et tu allais tout de même enquêter un peu sur ce qui se passait dans les deux villes. C’était suffisamment inquiétant pour que tu essayes d’avoir un mot avec quelques-uns de tes contacts à ce sujet. Ton regard se plongea dans celui de la barde, un peu plus sérieux, toute espièglerie disparue pour laisser place à l’avertissement que tu allais offrir. « Je vais te laisser, le sommeil est quelque chose de capricieux et je ne souhaite pas vraiment jouer avec ma chance ce soir. Mais avant. Je ne sais pas si tu as entendu ce qui se passe en ville, les meurtres, autant sur les monstres sur les humains, toutes origines et professions confondues pour l’instant. Je travaillais sur des victimes aujourd’hui. Ce n’est pas beau à voir, alors fait attention. Je ne veux pas émettre d’hypothèses là où il n’y a encore aucuns faits avérés par la garde, mais à mon avis, il y a deux meurtriers en ville alors en rentrant à Novigrad et en quittant Oxenfurt, fait attention, on ne sait pas où ils peuvent traîner. » Tes mots portaient la gravité de la situation, une situation qui dépassait même les gardes d’Oxenfurt et Novigrad, voir même la pègre qui ne savait plus où mettre les pieds de peur d’irriter un peu de trop ce meurtrier sauvage. Il n’était pas impossible que les meurtres se stoppent la semaine suivante, mais alors que tu rangeais ses cartes, tu préférais la mettre en carte. Une question de sécurité car même si la jeune barde pouvait être irritante et beaucoup trop curieuse pour ton propre bien si bien que tu te retrouvais à déballer tes entrailles comme si elle était une amie de toujours, tu n’espérais pas l’avoir sur ta table d’autopsie.
© 2981 12289 0


TAKE MY HEART, MAKE IT GLOW
If you are the sun then I wanna be the moon. I wanna reflect the light that shines from you and if this is war then I'm gonna draw my sword, this time I know what I am fighting for. I wanna let you know I want everything you are. I'm the one knocking on your door making all this noise, Whatever it takes I give it all away. I wanna show my love in a thousand ways.


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Danaän Peryite
Danaän Peryite
Bard of a thousand words
Race Race : Humaine
Dim 13 Jan - 23:27
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Elijah Nyx
Caedreach

Danaän
Peryite

「 Look the devil in the face and make it home safe 」
 Les coutumes des îles Skellige n’étaient certes pas les mêmes que dans les royaumes du nord, les insulaires étaient certes loin de ressembler aux continentaux, mais voyager de l’archipel jusqu’à Novigrad n’avait rien de semblable avec le fait de changer de monde. Danaän avait certes beaucoup voyagé dans sa vie encore jeune, guidé par la recherche de contrats de son père ou la simple envie de trouver un toit au-dessus de sa tête pour passer la nuit. Mais non, elle ne c’était jamais retrouvé dans un pays dont elle ignorer tout, même la langue, alors elle pouvait difficilement visualiser ce que l’on devait ressentir d’être catapulté dans un inconnu duquel on ne peut se sauver pour retrouver la chaleur de ce qui nous est familier. Mais elle était heureuse d’entendre les paroles de Nyx, flatter aussi peut-être, que son métier est cette capacité à rendre plus vivable les terres hostiles. Elle n’en avait jamais eu la confirmation directe, bien que ce soit sa vocation, mais le vampire venait de lui offrir la preuve que son travail n’était pas vain, qu’un jour peut-être ses textes auraient le même effet sur une âme égarée. Les bardes étaient en quelque sorte la vitrine de ce monde qu’ils tentent de dépeindre non pas dans son entièreté crue et cinglante, mais dans sa complexité sans bornes. Danaän se contenta d’accueillir ses paroles silencieusement en levant sa bière à ce qu’il venait de dire, comme pour acquiescer ses propos.

Elle avait vu Nyx s’ouvrir ce soir, consciemment et non contre son gré comme la derrière fois. Elle l’avait vu s’ouvrir et l’avait écouté avec attention, sans porter de jugement, en tentant simplement de comprendre. Comprendre aussi ce qui le poussait à se dévoiler maintenant. Loin de pouvoir répondre à cette question, et ne souhaitant pas le questionner à ce sujet, Danaän appréciait simplement cette proximité nouvelle, se promettant de prendre soin de ses confessions comme s’il lui avait confié le soin de veiller sur une petite chose fragile, une infime partie de lui. Peut-être n’était-elle finalement que le réceptacle de ses réflexions profondes, un réceptacle qui écoute, répond parfois, mais dont on n’a pas besoin de connaitre l’histoire car l’on sait que nos paroles ne seront pas trahies, que le réceptacle n’en fera pas étalage. C’était peut-être réducteur, mais la jeune femme était prête à s’en contenter si c’était le prix pour parvenir à comprendre le vampire. Il n’avait pas besoin de le remercier pour sa compréhension. Démêler le monde, le décortiquer pour le comprendre était devenu une seconde nature pour Danaän. Mais elle hocha la tête dans un sourire bienveillant, consciente que la compréhension est bien la seule chose que l’on attend après s’être livré de la sorte. Elle devinait ce que cela lui coutait alors qu’il avait eu autant de mal à s’avouer vampire. Il avait même évoqué sa sœur, chose qui était loin d’être anodine. Danaän était alors terriblement curieuse de la connaitre, elle devait être tout aussi fascinante que son frère à n’en pas douter. Mais être une force de la nature ne faisait pas tout, on peut être le plus robuste du monde, le plus intrépide et indomptable, cela est bien morose lorsque l’on a personne sur qui se reposer et à qui confier ses tourments les plus secrets. « Même lorsque l’on est capable d’avancer seule, il est toujours réconfortant de savoir que quelqu’un couvre nos arrières. » Répondit Danaän à la réponse du vampire sur sa sœur. La jeune femme était seule depuis quelques années déjà. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu’elle ne s’était confié à personne d’autre qu’à une pierre tombale. La solitude était bien ce qui pesait le plus sur sa vie pourtant dépourvue de secret.

C’est la solitude qui l’avait fait sombrer dans cette addiction dangereuse, à cette drogue qu’elle n’avait d’abord pris que par curiosité. C’était dans les moments ou son organisme était rempli de ces substances que cette solitude, cette douleur, se faisait moins pensante alors que ses souvenirs semblaient se matérialiser devant elle. Danaän était une femme joviale, sociable, et pourtant, elle était seule. Plus aucune personne après Luther n’avait réussi à la toucher, plus personne après lui ne c’était soucié de ce petit oiseau balafré. C’était elle qui cherchait à connaitre les autres, pas l’inverse, elle était le réceptacle, dont on ne cherche pas à connaitre l’histoire. Elle se fit alors la réflexion qu’elle aurait dû se rationner au lieu de tout consommer aussi vite, elle aurait dû en garder car la bière était bien insuffisante pour lui faire oublier sa solitude. Elle releva une nouvelle fois les yeux vers Nyx, quelque peu étonné par cette sollicitude renouvelée, d’abord quant à son saignement de nez et maintenant face à l’éventualité qu’elle se fourre dans des ennuis dont elle ne pourrait s’extirper. S’il continuait comme ça, elle allait commencer à croire qu’il s’inquiétait vraiment de ce qui pouvait lui arriver. « Je n’ai pas l’intention de perdre la vie bêtement, je veux au moins que ce soit grandiose » répondit-elle sur le ton de l’humour. Mais sous sa plaisanterie, elle prenait les paroles de Nyx très au sérieux. Luther en aurait certainement prononcé de semblable. Un pincement au cœur accueillit cette pensée et quand bien même elle aurait voulu reprendre une bière pour tentait de l’anesthésier, elle devait bien reconnaitre que Nyx avait raison, il était préférable de décliner, de finir la partie qu’ils avaient commencée et de tenter de trouver le sommeil en espérant que les tremblements de manques ne se fassent pas trop violents. Après tout, elle pourrait toujours se réfugier dans la réserve d’alcool qu’elle réapprovisionnait à chaque fois qu’elle retournait dans son ancienne maison pour saluer Luther. Le jeu était d’ailleurs fini, et la jeune femme avait perdu. Tant pis, elle n’était pas mauvaise joueuse, accueillant la défaite avec humilité, curieuse de connaitre la récompense demandée par son adversaire. Une récompense qu’elle connaîtrait à leur prochaine rencontre, elle pouvait le comprendre, la nuit était déjà bien entamée et il fallait bien écourter cette soirée qui fut encore riche d’introspections. « Très bien, je prends note ! » annonça la jeune femme en rassemblant les cartes de ses decks dans un sourire.

Un sourire qui s’effaça devant le soudain sérieux de son acolyte qui évoquait des meurtres qui avaient eu lieu en ville. Danaän avait en effet entendu les membres de la troupe qu’elle avait rencontrée plus tôt dans la journée parler de ses faits divers, disant qu’ils étaient heureux de ne pas s’attarder davantage dans une ville aussi peu sécurisante. Elle ne s’était cependant pas penchée sur le sujet, concentré sur sa représentation à venir. Mais maintenant que Nyx l’évoquait, elle était très intriguée par ses événements qui n’avaient pourtant rien d’inhabituel dans ces villes souvent sordides. Se souvenant de son travail de thanatopracteur, la jeune barde eut alors envie de poser des questions sur ce qu’il avait appris, la disposition et profondeur des plaies, la présence d’éventuels éléments suspects sur les cadavres, c’était un réflexe qu’elle avait gardé de sa vie avec son père et qui ne ressortait qu’en de rares occasions. Elle n’était pas sorceleuse mais elle avait après tout lu tous les ouvrages et bestiaire indispensable à leur apprentissage. Et quand bien même elle n’était pas capable d’en combattre un seul, elle était capable de fabriquer des appâts à fiellon, de reconnaitre un spectre de minuit, de faire la différence entre une sirène et une échidna. Elle avait appris à reconnaitre les blessures des différents types de monstre, leurs empreintes, leur régime alimentaire, leurs faiblesses. Alors cette curiosité de sorceleuse refit surface mais elle la réfréna, ne voulant pas empiéter encore davantage sur le sommeil du vampire. Maintenant qu’elle était au courant de ses éléments, elle pourrait faire son enquête de son côté, au moins pour déterminer si l’assassin est humain ou monstre.

Cependant, elle haussa un sourcil devant la nouvelle marque de sollicitude que montré Nyx à son égard. Parmi toutes les créatures qui peuplent de ce monde, elle venait de passer la soirée certainement avec la plus dangereuse et toute et pourtant, elle n’avait pas eu peur une seule seconde de lui. La jeune femme savait se défendre. Mais elle sourit à cette mise en garde, réellement touchée. «Attention Nyx, je vais finir par croire que tu t’inquiètes pour moi et nous savons tous les deux que ce serait grotesque. » Dit-elle en se levant de sa chaise après avoir fini de ranger ses cartes et déposer les dernières couronnes qu’elle devait. « Mais je prends note de l’avertissement, je serais prudente. » La jeune femme s’arrêta alors près de lui et se pencha pour déposer un léger baiser sur sa joue comme pour le remercier de sa considération et tenter d’apaiser quelque peu les souvenirs qu’elle avait fait resurgir. « Je te souhaite une bonne nuit Nyx, en espérant que le sommeil ne se montre pas trop retord. » ajouta-t-elle avant de quitter l’établissement pour prendre la route de la chaumière en bordure de forêt à l’est d’Oxenfurt sur le dos de Naga, Jaskier posé sur son épaule. Elle passerait surement le reste de la nuit à écluser quelque bouteille en parlant à une pierre tombale, incapable de trouver le sommeil une fois de plus.


Little Bird
I must confess How hard I tried to breath Through the trees of loneliness. I think there’s a flaw in my code. These voices won’t leave me alone. Oh, my heart is gold and my hands are cold. × by lizzou.
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