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Une leçon de vie. ft. Ruz Tan Hoal El Damani
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Une leçon de vie
S’Inna était très irritée. Cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait pas trouvé de contrat et par là même, l’occasion d’assouvir son désir irraisonné de sang. De plus, les habitants de Beauclair devenaient de plus en plus prudents, ne se promenant plus jamais seul dans les rues de la ville. Ce qui était tout à fait normal, après les évènements de la nuit des longs crocs deux ans auparavant et la recrudescence de disparition, à laquelle la jeune vampire n’était pas étrangère. S’Inna était donc très irritée. Elle avait plusieurs fois tenté de trouver une victime dans les environs de la capitale, mais elle se sentait épiée en permanence par ses fichus vieux vampires qui pensaient lui apprendre à discerner le bien du mal… Depuis sa naissance, on ne cessait de lui dire qu’un vampire devait se mêler aux humains, passer inaperçu, ne pas faire de vagues pour sa sécurité et celle de ses pairs, qu’il devait adopter des comportements humains et ne pas boire leur sang. Mais S’Inna n’avait décidément jamais compris cette obsession qu’avaient les anciens à ressembler à ces êtres si fragiles et mortels. Pourquoi devaient-ils s’abaisser à essayer de ressembler à ses insectes à la force et la longévité tellement risible. Les vampires étaient supérieurs en tout point aux humains et elle regrettait qu’ils cherchent à tout prix à se cacher, refréner leur nature pour ressembler à des humains minables qui ne faisaient de toute manière que les détester. Pourquoi ne devait-elle pas boire leur sang ? Pourquoi ne devait-elle pas leur rappeler qu’ils étaient faibles et qu’elle était forte ? Pourquoi devait-elle les considérer autrement que comme un réservoir illimité d’élixir enivrant ? Car en plus d’être faible, les humains passaient leur temps à se reproduire. S’ils avaient voulu les élever comme du bétail pour leur propre plaisir les vampires n’auraient pas fait mieux. Mais la voix de son mentor résonnait toujours au fond de son crâne comme le bourdonnement désagréable d’un insecte invasif. Malgré tous ses efforts pour penser le contraire, ce vampire était tout de même celui qui l’avait recueilli et élevé, et elle n’arrivait pas à oblitérer le respect qu’elle lui devait. Ainsi elle se cantonnait à des victimes insignifiantes, des sans-abri, seuls, des brigands condamnés. Mais tout cela était tellement réducteur et indigne de sa condition de prédateur. Alors pourquoi était-ce mal ? Elle n’avait décidément pas de réponse à cette question et ce n’est pas ce soir qu’elle allait tenter d’elle trouver une.

La jeune vampire était sorti déambuler autour de la capitale de Toussaint espérant trouver une victime après ses longs jours d’abstinence. Elle s’était retrouvé à marcher au milieu des tombes de personnages illustres reposants dans le cimetière Mère Lachaise. C’était un endroit très apaisant en journée ou régnait une sérénité bucolique. Mais durant la nuit, l’ambiance devait plus sinistre alors que les silhouettes des tombes se dessinaient, menaçante, dans l’obscurité naissante. Mais cette ambiance ne dérangée pas S’Inna, elle était assuré de s’y retrouver seule et de pouvoir extérioriser sa rage en paix. Comme si inconsciemment, elle se disait qu’il était plus prudent de rester dans des endroits déserts pour ne pas être encore plus tenté. D’autant que dans son état, il lui serait difficile de résister à l’attrait du sang d’une innocente personne. Malheureusement, ou heureusement donc, la nuit était désespérément calme et déserte de toute âme humaine. Sa soif était tenace, lui enserrant les tripes, faisant trembler ses membres alors que sa tête bourdonnait sans cesse. Elle ne pourrait pas passer une journée de plus sans une rasade de sang…

Mais elle n’en aurait peut-être pas besoin. Le cimetière, d’ordinaire si calme, résonna des pas d’une jeune femme, le traversant à vive allure. S’Inna sentit alors ses sens s’éveiller, son aspect vampirique menaçant de ressurgir à chaque seconde, ses crocs la titillaient douloureusement alors que ses ongles s’allongeaient déjà. Elle se rapprocha de la silhouette, se dissimulant derrière les pierres tombales. D’ordinaire, elle aurait essayé de gagner la confiance de la jeune imprudente, affichant sons statue de chevalier, lui proposant une escorte. Elle aurait alors appris que cette jeune femme courait rejoindre son amant en cachette, ses parents refusant cette union. Mais la vie de sa victime ne l’intéressait pas, tout ce qu’elle avait en tête à présent s’était le gout que pouvait avoir le sang de cette jeune femme haletante. Il devait filer à toute allure dans ses veines, excité par l’effort, il devait être bien chaud et avoir le gout de la jeune pureté, immaculé des traces d’alcool et de drogues qu’elle avait l’habitude de sentir dans le sang de ses autres victimes. La jeune vampire en salivait d’avance et elle sentit son visage se déformait, ses yeux s’injecter de sang alors que ses crocs avaient fini par surgir de ses gencives. Elle était de plus en plus près, tapit dans l’ombre, elle sentait le parfum de la jeune femme, un délicat arôme de fleur qui excita encore davantage les sens du chasseur. Finalement elle sortit de l’obscurité, bondit devant la jeune femme, arrachant un hurlement de panique à sa victime qui s’écroula, inconsciente sur le sol rocailleux du cimetière. Le visage déformé de la vampire l’avait tellement effrayé qu’elle s’était évanoui de peur dans l’instant, frôlant la crise cardiaque, mais heureusement, elle n’était pas mort, cela aurait fortement contrarié la vampire. Ne lui restait donc plus maintenant qu’à se servir, mordre dans sa peau de porcelaine et se délecter du sang tant attendu. S’Inna se pencha sur la jeune femme inconsciente, la redressant légèrement pour atteindre sa nuque. Elle sentait très bon, avait surement un gout exquis et son sang devait être particulièrement enivrant. Depuis qu’elle avait bu du sang pour la première fois, S’Inna était devenu totalement dépendante de cette sensation d’enivrement absolument délicieux, sentir sa tête tourner, toutes sortes de doutes et de remords l’abandonnaient alors que son corps semblait flotter dans une agréable félicité. Elle n’avait plus qu’à se servir pour gouter à nouveau à cette sensation. Elle n’avait plus qu’à se servir. Et pourtant. Elle ne ressentait jamais aucun remords pour ses autres victimes, ses brigands, voleur, violeur, rebut de l’espèce humaine, mais cette fois une désagréable culpabilité lui empêcha tout mouvement. Finalement, elle émit un grognement de rage et laissa retomber sa victime au sol avant de se redresser, le visage enfouit dans ses mains jusqu’à retrouver une apparence humaine. De nouveaux mugissements s’échappèrent de sa gorge tandis qu’elle essayer de faire disparaitre ce sentiment si désagréable. Ce n’était pas encore ce soir qu’elle allait étancher sa soif.
Jeu 9 Aoû - 19:02
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Une leçon de vie
La nuit si délicieuse tombait enfin sur le monde, sur Toussaint, la recouvrant de son voile d'obscurité si délicate. La ville, éclairée par de simples lumières luisant ici et là, ouvrant la voie aux humains nocturnes et si fragiles, ces créatures dont le manteau ténébreux de la nuit cachait leurs actes infâmes. Son sourire s'agrandit sur son visage, alors qu'elle observait ces proies et jouets insignifiants, grouillant comme une fourmilière géante baignée dans le luxe et l'ivresse du vin. Rien n'était plus somptueux que les voir courir, leur odeur alléchante empestant l'alcool à plein nez pour la plupart, tous comme leurs péchés de luxure et d'orgueil. Mais ça ne serait pas elle qui leur en voudrait, oh ça non, loin de là. Malgré tout, aucun d'entre eux n'attira suffisamment son attention. Ils étaient tous aussi pathétiques les uns que les autres, et les voir courir et rire aux éclats de choses futiles ne l'intéressait guère en cette nuit si calme. Bien trop paisible, même.

Elle se laissa retomber au sol, dans une ruelle sombre, prenant dans sa chute son apparence de fumée noire afin de se dissimuler au mieux dans les ombres. Elle n'était pas une idiote ni une naïve inexpérimentée. Elle savait bien que ces pauvres erres paniqueraient en voyant de telles puissances, frôlant probablement des infarctus, ou mourant sur le coup. Qu'ils étaient fragiles, ces pauvres petits humains. Il fallait les chouchouter, les dorloter afin qu'ils ne fuient pas ni ne crient au monstre. Mais qui était le vrai monstre, en réalité ? Ceux qui se cachaient derrière de bons sentiments et des excuses toutes aussi foireuses et immondes que leurs actes ? Ou ceux, comme elle, qui étaient différents et qui ne se dissimulaient pas derrière un visage angélique ? Quoi qu'elle n'était pas la mieux placée pour cela, car elle-même usait de manipulation. Mais sans cela, ne serait-ce pas moins amusant ? Les voir ramper à ses pieds et implorer son attention, s'offrant à elle corps et âme jusqu'à ce qu'elle cesse son emprise psychique après avoir obtenu ce qu'elle désirait. Il était tellement amusant de les voir tels des larves devant des êtres qui leur étaient supérieurs en tous points. Elle reprit un visage plus neutre, bien que toujours aussi souriant, lorsqu'elle sortit de la ruelle sombre, regagnant les lumières de feu suspendues aux maisons. Son long manteau voletant derrière elle, le sol martelé de ses bottes à talons plats, elle marchait, errant dans les rues luxuriantes et marbrés de Beauclair. La nuit promettait d'être belle, mais sans doute bien trop tranquille. N'y aurait-il donc aucun jouet pour la divertir en cette nuit majestueuse ? Personne n'allait-il donc se dévouer pour offrir sa chair à la vampiresse aux cheveux rouge sang ? Ses pas la menèrent dans des lieux plus en retrait, hors des sentiers parcourus si fréquemment.

Le cimetière de la Mère Lachaise. Ses yeux pétillèrent d'amusement, la joie l'envahissant. Les amants éconduits et les gourgandines si frivoles aimaient utiliser ce lieu désolé comme rencontre de fortune, échappant aux regards inquisiteurs afin de laisser aller leurs pulsions. Ses doigts caressèrent les tombes encore fraîches des trépassés, ces êtres si frêles qui pouvaient se briser avec tant de facilité, mourir si aisément. Une simple lame en travers de la gorge, et voilà qu'ils crachaient jusqu'à leurs poumons, se vidant du liquide précieux de la vie, le gaspillant inutilement en en abreuvant le sol. Ou bien alors ceux qui avaient dit-on cette chance de périr dans leurs lits, soit entourés de leurs êtres chers, soit dans un acte de luxure des plus déplorables, leur cœur bien trop peu accroché pour tenir la cadence.

En parlant de chair fraîche... Ses narines en humèrent l'odeur non loin d'ici. Qui serait-ce donc ? Une fille dont les parents refusaient l'union avec un paysan bouseux ? Ou un mari souhaitant retrouver sa maîtresse et goûter aux plaisirs de la chair parmi les morts qui sauront garder le silence de cet adultère ? Non, ni l'un ni l'autre. Deux jolies jeunes femmes, dont l'une n'était pas une humaine. Une vampiresse en armure ? Voilà qui n'était pas commun. Avait-elle donc décidé de vouer sa vie à protéger ceux qui pourraient la nourrir ou du moins l'enivrer dans un plaisir intense ? Voilà qui était bien stupide, ou alors, c'était incroyablement malin, si elle avait décidé d'utiliser l'armure des chevaliers afin de gagner leur confiance plus aisément. Elle se planta devant elles, son regard se plongeant d'abord sur la future victime inconsciente. Future, car aucune odeur de sang ne vint caresser son odorat, ce qui faisait naître d'autant plus de questions dans l'esprit de Ruz Tan. Elle s'assit sur l'une des pierres tombales, croisant ses jambes avec sensualité, son regard porté sur les deux femmes, son sourire à la fois charmeur et carnassier se dessinant sur son visage légèrement mat.

« Es-tu venue pour la sauver de tes griffes ou pour l'y plonger ? »

Sa voix était à l'image de son sourire, un timbre légèrement rauque mais emprunt de sensualité. Elle se retenait de rire, ou plutôt de ricaner, devant ce spectacle qu'elle trouvait quelque peu pathétique. Pourquoi n'avait-elle donc rien fait ? Pourquoi n'avait-elle toujours pas plongé ses crocs dans sa chair et volé de son sang inconsciemment offert ? Serait-ce parce qu'elle l'avait interrompue juste au dernier moment, craignant des représailles d'une autre de sa race ? Ou bien était-ce par couardise ? Elle semblait bien jeune, mais peut-être que la vampiresse se fourvoyait. Leur âge physique était bien trompeur quant à leur âge réel, celui de leur naissance vampirique.

Son regard oscilla entre les deux demoiselles, ou dames, quelque peu amusée de ce spectacle qui s'offrait à elle. Quelle bonne idée elle avait eue de parcourir les rues oubliées de Beauclair, évitant les présences humaines futiles et déjà imbibées d'alcool.
S'Inna Lunacy Ahrhan & Ruz Tan Hoal El Damani
Jeu 9 Aoû - 19:56
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Une leçon de vie
Durant sa jeunesse, S’Inna avait été abreuvé de concepts moraux totalement abstraits et forcés. Son mentor n’avait de cesse de lui répéter que la force qui était la sienne et celle de sa race devait non pas servir à rependre le sang et la ruine, mais à protéger ceux qui ne le pouvaient pas. Elle n’avait jamais compris mais soit. Elle c’était ranger à cette idée, un temps du moins car la curiosité de l’interdit n’avait de cesse de titiller son esprit encore confus. Elle avait donc suivi l’enseignement des chevaliers par conviction, du moins au départ et passé la cérémonie d’adoubement avec fierté. Mais ces belles convictions et cette belle morales qu’elle se forçait à brandir avaient été mises à rude épreuve après la seconde conjonction des sphères. Elle s’était alors sentie changer, ses pulsions devenant plus puissantes, souveraines. Et voir de nouvelles créatures se déverser dans ce monde, de nouveau vampires insinua une nouvelle pensée dans son esprit. Ce monde finirait-il par appartenir aux monstres, aux créatures de la nuit ? À tous ces êtres à la férocité et à la puissance bien supérieure aux hégémonistes fragiles de ce monde ? Tout tendait à le lui faire croire car il était de plus en plus nombreux, et elle était de plus en plus puissante. Si bien que ses pulsions finirent par faire voler ses convictions en éclats les remplaçant par des doutes et des certitudes approximatives le jour où elle but du sang pour la première fois. Bien sûr elle n’abandonna pas son métier de chevalier. Elle avait pris gout à ce statut mais commença à le voir autrement. Elle continua de venir en aide à ceux qui en avait besoin et effectuer des contrats d’utilité publique, mais sa détermination avait changé. Elle ne faisait plus ça pour une quelconque conviction, bien que subsistent les paroles de son mentor, mais pour assouvir une soif toujours plus sauvage. Personne ne pouvait venir lui reprocher la mort de bandit dont la tête avait était mise à prix. Mais ce soir, il ne s’agissait pas d’un bandit. Elle aurait pu montrer le même dédain, le même détachement, mais elle n’y parvenait pas et cette sensation était insoutenable. Le corps inerte de l’imprudente gisait aux pieds de S’Inna et elle l’observait avec un appétit certain, le visage tendu par l’envie et la frustration. Devait-elle laisser cette pauvre petite chose inconsciente à la merci de toutes les créatures nocturne ou devait-elle la réveiller et lui ordonner de fuir ? Elle était tiraillée, confuse, assoiffée. Elle semblait réfléchir intensément, peser le pour et le contre, essayer de trouver une bonne raison pour renoncer, ou aller au bout de ce qu’elle avait commencé. Après tout, il n’y avait aucun témoin. Certes, retrouver le cadavre exsangue d’une jeune femme attirait les soupçons de ses détracteurs sur sa personne, mais ils ne pourraient rien prouver. Raah, un nouveau mugissement sortit de sa gorge tandis qu’elle faisait les cent pas devant sa victime. Finalement, elle reporta son attention sur le corps inerte gisant au sol. Elle pouvait l’entendre respirer faiblement, elle pouvait voir sa poitrine se soulever imperceptiblement, elle pouvait presque percevoir le frémissement de son sang pulsant dans ses veines, les battements de son cœur fébrile. Elle se fichait de ce monde, mais elle n’avait d’autres choix que d’y vivre. Devait-elle se plier à ces foutues règles ? Elle jeta un dernier regard aux alentours, personne n’avait assisté à la scène, elle n’aurait donc pas à craindre d’être trainée en place publique pour y être exécuté. Les humaines n’avaient aucune pitié pour ceux de son espèce, pas plus que les vampires n’avaient de pitié envers ceux qui ne respecter par leurs règles. Mais elles étaient seules, elle n’aurait de compte à rendre à personne, et personne pour la réprimander. Vraiment ? S’Inna ne put refréner un sursaut et dégaina instinctivement son épée en voyant une silhouette apparaitre face à elle. La femme qui se tenait dans le cimetière n’était pas humaine, cela ne faisait aucun doute. Dans un mouvement instinctif, s’Inna s’était mise en garde, l’épée pointer vers l’inconnue. Chaque fois qu’elle avait rencontré des vampires, elle avait été obligé de se défendre, c’est dernier ne voyant pas d’un très bon œil sa manière de vivre ou alors interférant avec son métier comme ce fut le cas avec une magicienne de Beauclair. Quand était-il de celle-là ? Allait-elle juger ses actes répréhensibles comme les autres de ses pairs ou allait-elle tentant de lui voler cette victime ? Dans les deux cas elles feraient bien vite face à un litige. La jeune vampiresse n’osa pas bouger, arme au clair, elle attendait une réaction de l’inconnue qui semblait la narguer de son sourire suffisant. Elle la regarda s’asseoir sur une pierre tombale, son long manteau retombant sur cette dernière, ses cheveux rouges luisants à la lumière lunaire tandis que la jeune chevalière ne baissait pas sa garde. Le regard de S’Inna passa de la jeune femme inconsciente à la vampiresse dans une confusion bien visible. C’est alors que la nouvelle arrivante décida de mettre fin à ses interrogations en prononçant des paroles qui ne manquèrent pas d’interpeller la rousse. « En quoi la réponse serait-elle susceptible de vous intéressait ? » finit-elle par demander, sur la défensive avant de poursuivre « Êtes-vous venus m’en dissuader ? » La voix de S’Inna se voulait ferme et incisive mais sa posture ne trompait pas. La jeune vampire avait conscience que la situation n’était pas à son avantage. Elle n’était pas en mesure de déterminer l’âge de son interlocutrice, mais elle présentait que c’était son ainé et en cela elle ne pouvait que se méfier. Le dernier vieux vampire qu’elle avait croisait mettait tout en œuvre pour lui mettre des bâtons dans les roues, sabotant certains de ses crimes, la privant de plusieurs de ses cibles et cela avait le don de l’exaspérer au plus haut point.
Mer 15 Aoû - 15:24
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Quelle délicieuse enfant que cette vampiresse qui semblait prise en proie aux doutes. Devait-elle se nourrir ou au contraire éveiller la jeune femme ? Une question à laquelle Ruz Tan désirait voir la réponse, mais elle ne ferait strictement rien pour la guider sur l'un des chemins, l'un ou l'autre, qu'importait le dénouement. Ses yeux noisette lorsqu'elle se camouflait de son apparence humaine, se posèrent sur l'épée brandit avec menace vers elle. Quel délicieux objet tranchant d'une torture alléchante... ôtant la vie, les vêtements ou simplement un peu de sang, cela ne dépendait que de l'usage qu'on souhaitait en faire. Se redressant sur ses pieds, laissant volontairement une tension se dégager entre elles, par le silence coupé des grillons nocturnes, ses longs doigts caressèrent la lame, sa langue léchant ses lèvres. Finalement, d'un geste brusque, elle saisit la lame et la plongea dans le creux de sa main, grande ouverte et aux doigts tendus. Son sourire doté d'une pointe de sadisme et de masochisme accompagna son regard luisant qu'elle posa désormais sur sa comparse.

« Qu'est-ce que tu fais croire que tu pourrais me faire quoi que ce soit... ? »

La douleur était présente, mais son plaisir l'emportait sur cette sensation exquise, alors que son sang coulait le long de sa peau et de son poignet, quelques gouttes tombant pour abreuver la terre à leurs pieds.

« Tu ne peux pas... »

Elle retira sa main que la lame avait froidement pénétré, de sa propre volonté. Son regard amusé se posa sur la plaie qui n'allait pas tarder à entamer sa cicatrisation, sa langue parcourant le breuvage délicieux et enivrant. Mais certainement pas autant que l'était celui parcourant les veines de ces pauvres jouets insignifiants, qui n'avaient d'autre but que celui de mourir après avoir vainement tenté de donner à leur piètre existence un sentiment d'importance. Sa main intacte vint frôler de ses doigts aux ongles vernis de noir, la joue de l'autre vampiresse, sans aucun doute plus jeune. Elle attendait une réponse, la pauvre enfant égarée.

« Je suis simplement curieuse de voir ta décision. »

Sa caresse cessa après ces mots, alors que son regard se posa ensuite sur la possible future victime. Quelle délice de voir un plat offert devant soi. Mais ce n'était pas sa proie, alors Ruz Tan ne comptait nullement y toucher, ce serait voler le plat de l'autre qui s'était sans doute donné bien du mal pour l'attraper. Ainsi, pour prouver sa bonne foi et son respect envers les pitances des autres, de ses camarades, elle recula de quelques pas, laissant le champ clairement libre à l'autre femme.

Mais ses mots l'avaient intriguée. Pourquoi l'aurait-elle dissuadée de se nourrir, de se faire plaisir ? C'était d'une absurdité presque déconcertante. Certains croyaient-ils encore que les humains devaient être élevés à des rangs similaires à ceux des Vampires, et qui plus est, des Vampires supérieurs ? Alors qu'ils n'étaient que des créatures frêles, devrait-on réellement leur offrir une place de choix en les mettant au même titre que de véritables prédateurs qui n'ont besoin de rien à part leur propre corps pour traquer ? Ces pauvres petits êtres insignifiants qui se pensaient maîtres du monde alors que sans leurs inventions pathétiques, ils ne seraient pas plus importants que des brins d'herbes... Ils pouvaient bien se cacher derrière leurs armes, mais sans elles, ni leurs armures dont ils étaient si fiers, ils ne pouvaient rien, ils ne valaient rien.

Et c'était tout aussi bien le cas pour cette humaine gisant au sol, inerte, respirant simplement. Peu importait la raison de sa venue ici, elle n'allait pas avoir une nuit des plus tranquilles. À moins que ça ne soit le but de cette vampiresse ? But auquel elle n'aspirait peut-être pas au tout début ? Que de questions ! Un jeu qui s'annonçait plutôt fascinant, si la nuit perdurait. Mais malheureusement, un chronomètre était lancé, en la personne de cette demoiselle soupirante, dont le réveil ne faisait que se rapprocher au fil des secondes qui défilaient. Un tic-tac régulé par sa respiration lente qui soulevait sa poitrine et dont le son sortait de ses lèvres. Jamais un chronomètre n'avait été aussi séduisant ni appétissant.

Mais la décision finale ne lui appartenait pas. Bien au contraire, elle se réinstalla sur l'une des pierres tombales, croisant de nouveau ses jambes, attendant un mouvement de la part de cette vampiresse déguisée en chevalier. Une nouvelle façon de se fondre parmi les humains afin de mieux les approcher ? Elle en souriait, et d'un ton désinvolte, lui donna un conseil.

« Si tu crains des représailles de ces vieux fous, ne lui prends pas tout son sang. Qui te blâmerait alors ? Tu n'auras pas tué mais ta soif sera étanchée. N'est-ce pas idéal ? »

Le contrôle de soi était bien complexe à trouver, et tout autant à mettre en application lorsque le sang faisait tourner la tête. Mais avec de la pratique, on pouvait y parvenir. C'était ainsi que vivait Ruz Tan lorsqu'elle se faisait plaisir avec ses jouets du moment... Elle les gardait en vie mais s'enivrait de leur sang, ce précieux liquide vital aux humains mais aux saveurs délicieuses pour ceux de son espèce. Ainsi, pas même le doyen ne pouvait la réprimander, car elle ne tuait personne...

« Je peux t'apprendre... »
S'Inna Lunacy Ahrhan & Ruz Tan Hoal El Damani
Mer 15 Aoû - 19:57
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S’Inna tenait l’inconnue en joug. Elle avait la naïve habitude de voir ses adversaires prendre peur devant elle une fois qu’ils avaient vu qu’elle était aussi capable que ses homologues masculins. Mais à ce moment précis, sa menace semblait totalement dérisoire, voire risible devant le regard amusé, lubrique même, de la vampiresse aux cheveux rouges. S’Inna était pourtant si désinvolte, sûre d’elle, en temps normal. Mais elle se trouvait bien démunie, prise en flagrant délit. Son assurance habituelle était quelque peu ébranlée et ne restait plus que son effronterie et sa méfiance. La jeune militaire la regarda se relever, s’avancer vers elle sans savoir quelle attitude elle devait adopter hormis celle de la méfiance. Elle pressentait qu’elle n’aurait pas le dessus, que la force de l’inconnue était bien supérieure à la sienne. Elle sut encore moins comment réagir en la voyant toucher la lame avec… envie ? Elle fronça les sourcils la voyant se lécher les lèvres comme un animal devant son repas ou un enfant devant une sucrerie, surprise par cette attitude déconcertante. S’Inna faillit alors sursauter quand la vampiresse penta sa propre épée dans sa main tendue, observant, comme hypnotisée, le sang se déverser de sa blessure et s’écouler lentement le long de sa lame étincelante avant de s’égoutter au sol. Elle fut encore plus décontenancée de voir le regard concupiscent, vicieux de l’inconnue alors qu’elle prononçait quelques mots. Elle semblait prendre un plaisir certain et non dissimuler devant la vive souffrance qu’elle devait ressentir. Qui était donc cette vampiresse lascive au regard obscène ? S’Inna ne pouvait pas la blesser ? Elle n’avait pas besoin d’argumenter pour s’en rendre compte. Non seulement elle devait être plus vieille et puissante qu’elle mais en plus la douleur semblait lui procurer un plaisir sexuel certain. Elle porta alors son propre sang à ces lèvres sous le regard toujours aussi circonspect de la jeune vampire. Cette sensation d’impuissance et de doute fut renforcé par la caresse inattendue de la femme aux cheveux rouges qui finit de faire baisser sa garde à S’Inna dont la pointe de l’épée vint heurter le sol dans un mouvement d’impuissance.

La militaire écoutait sa voix rauque et suave décidément perdue devant ce personnage énigmatique. Mais elle avait beau avoir abaissé son épée, elle n’en était pas moins sur ses gardes, prête à pallier au moindre geste agressif de la part de l’inconnue. Elle était curieuse de voir sa décision ? S’Inna était perdu… Était-elle là pour la réprimander ou pas ? Elle suivit son regard sur la jeune humaine inerte, elle pensa alors l’espace d’un instant qu’elle était effectivement venu lui voler sa prise mais sa théorie s’avéra fausse lorsque la vampiresse recula de plusieurs pas comme pour lui laisser le champ libre. Elle aurait pu lui faire le geste de se servir que cela n’aurait pas été plus évident. La rousse pensa alors à un piège. Peut-être avait-elle été envoyé par le vieux vampire qui en avait après elle pour qu’elle commette la faute de trop et qu’il puisse enfin faire valoir la justice de leur race. Elle ne savait décidément pas sur quel pied danser. Et tandis que l’inconnue se réinstaller sur une pierre tombale, elle rengaina son épée après avoir essuyé les quelques gouttes de sang qui la maculé et les avoir porté à ses lèvres une lueur de défi dans le regard, jugeant que cette arme serait de toute façon inefficace contre une représentante de son espèce. S’il devait y avoir un affrontement, autant que ce soit avec leurs griffes et leurs crocs, avec toute la fureur de leur nature et non les artifices humains encombrants et biens moins maniables.

La voix désinvolte de la vampiresse résonna une nouvelle fois dans le silence du cimetière qui n’était troublé que pas le frémissement des animaux et insectes nocturnes. Ces vieux fous ? Elle parlait des doyens ? De ses pairs plus âgés et bien-pensants ? Cela voulait-il dire qu’elle aussi aller à l’encontre d’un règlement bien trop stricte pour leur condition de prédateur parfait. S’Inna écoutait toujours le discours de l’inconnue, silencieuse, essayant de déterminer ses intentions. Ses paroles l’intriguaient de plus en plus. Ne pas lui prendre tout son sang ? Comment était-ce possible ? Lorsqu’elle commençait, S’Inna avait toujours été incapable de s’arrêter, de se raisonner. Le gout du sang était bien trop enivrant, l’euphorie qu’il lui procurait était bien trop addictive et de toute manière ses victimes habituelles n’avaient plus le droit de vivre alors elle n’avait jamais essayé de se refréner. La vampiresse aux cheveux rouges venait donc d’offrir une nouvelle perceptive auxquelles elle n’avait jusqu’alors jamais pensé, autant grisée par l’idée de tuer que par celle de se nourrir. Mais si l’une pouvait être indépendante de l’autre ? Cette éventualité était très alléchante. De nouvelles interrogations, de nouveaux doutes prirent place dans son esprit déjà perturbé. Elle se sentait totalement incapable de s’arrêter, de laisser une victime en vie. Peut-être est-ce à cause de sa jeunesse de son inexpérience. Son regard était toujours posé sur la jeune femme, priant pour qu’elle ne se réveille pas tout de suite. Mais elle pouvait voir ses yeux frémir sous ses paupières closes et craignait que le moment de son réveil survienne plus vite qu’elle ne l’espérait.

Elle releva alors brusquement la tête de la jeune femme inerte pour plonger son regard bleu dans celui de la vampiresse. « Comment-ça m’apprendre ? Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous attendez de moi ? » S’Inna n’arrivait plus à freiner son flot de questions. La menace d’un piège tendu par son ennemi était encore présente. Après tout, elle ne savait rien des intentions de cette femme. Il serait alors peut-être plus prudent d’abandonner, de se contenir une longue journée de plus et attendre d’être seule et tranquille. Mais pouvait-elle seulement l’être un jour ?… À moins que…. Elle fixait toujours la vampiresse avec insistance, l’interrogeant du regard, ses yeux se posant parfois sur la plaie béante qui parcourait sa main. « Que pourriez-vous m’apprendre ? »

Mer 15 Aoû - 23:08
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