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sinking feeling and wretched shades ; ft. Faelan. (+18)
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Mer 2 Jan - 1:00
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sinking feeling and wretched shades. Tu connaissais les dictons, les mots, les similarités dans les nuances sémantiques quand on te les soufflait à l’oreille. Après tant d’années d’existence auprès de ses populations, la sémantique n’était qu’un jeu de mots et de syllabes articulées donnant sens à des concepts aussi étrangers ou familiers qu’ils pouvaient l’être. Tu en reconnaissais certains, liés par des formules de politesses ou des singularités éphémères, donnant lieu à des contes et des poèmes sur les milles et unes créatures de ce monde. Le premier qui résonnait régulièrement était au sujet de ta race ; les vampires, buveurs de sang, tueurs de sang-froid, corps sans âmes venant annihiler toutes formes de vie à la lueur de la lune. A éviter à tout prix. Asphodel en soit témoin, ton corps quémandait presque cette violence par laquelle vous étiez dépeint quand bien même ta conscience te poussait dans les tréfonds de la bonne politesse, du savoir vivre et tu révulsais ce besoin d’annihiler cette ville qui puait le poisson mort et qui regorgeait d’hommes de peu d’esprit. Le tavernier que tu avais vu, en cette fin d’après-midi, t’avait conté des nouvelles moins réjouissantes qu’à son habitude, t’avait fait part des derniers ragots qui trainaient sur la place du hiérarque. Si, habituellement, ses mots étaient sans saveur à tes oreilles, la description si précise et si douce de celui qui martyrisait ton organe le plus vital rendit ton attention si frénétique que le bois sous tes ongles craqua. Ton oreille si peu attentive aux ragots par habitude s’affûta aux mots de l’homme qui servait bières et vins à son modeste bar tandis que tu remplissais les comptes de la marchandise ; apprenant bien vite les déboires de celui qui s’appelait Faelan et qui partageait ta compagnie depuis quelques temps. Tu écoutais la suite sans réel intérêt, réglant rapidement les derniers détails de cette transaction qui amenait mauvaises nouvelles et maux nouveaux, sentant ton organe vital se plier et se tordre à chaque mot et à chaque seconde qui s’écoulait. La peinture vendue et déposée, la dose de Fisstech glissée sous le comptoir et ton argent enfin remit dans sa bourse, tu te retrouvas bien vite face aux derniers bûchers de Novigrad. Contemplant la noirceur des cendres sur les pavés humides, l’odeur des flammes glissant contre ta peau tandis que tu tendais très légèrement ton bras pour que ton corbeau, Asphodel, s’y attache. Tu glissas une missive à déposer chez Francis Bedlam ainsi que quelques mots dans une langue que personne dans les environs ne pouvait comprendre avant que l’animal aux plumes noires ne s’éloigne à nouveau, planant au-dessus de la ville comme le maître des cieux.  Tes pas te guidèrent au-delà de la place, ton corps se mêlant à la foule comme si tu avais toujours eu ta place parmi eux. Les contes oubliaient toujours des éléments dans leurs histoires, préférant la terreur à la réalité, même quand celle-ci était plus douloureuse et angoissante que les mensonges. Les vampires sont des êtres vivants de leurs émotions les plus fortes, laissant leurs sentiments guidés leur loyauté et parfois, leur rage, leur incompréhension. Les vampires sont des êtres de sentiments, impulsifs, vivants de toute émotion qui les gagne, mêmes âgés. Rien n’est pire pour un vampire qu’un sentiment de trahison ou d’incompréhension, surtout lorsque l’amour y est mêlé d’une manière ou d’une autre. Car s’il y a bien un sentiment plus fort que la rage naturelle, c’est celui-ci. Tu n’en faisais pas exception. Tu étais juste encore incapable de véritablement mettre des mots sur ce qui tiraillait ton cœur en deux.

Néanmoins, ta conscience n’avait pas besoin d’être pleinement au courant pour mettre ton corps en marche. Ainsi, tes pas te guidèrent au Caméléon, la chaleur chaude de la bâtisse n’éteignant en rien le tumulte émotionnel qui se battait à l’intérieur de ton enveloppe charnelle. Tu aurais aimé que l’ambiance, la musique et les conversations te plongent dans une spirale plus amusé, mais non. Tu étais dans une incompréhension totale, dans un flou qui faisait bouillonner ton sang et faisait naître une colère étonnement froide. Tu jetas maladroitement une bourse de quelques couronnes à celui qui prenait la place de Maître Jaskier, tes pas te guidant là où Faelan séjournait lorsqu’il ne traînassait pas sur un de tes canapés. Fermant soigneusement la porte derrière toi, tu t’autorisas un soupir avant d’allumer quelques bougies, la lune illuminant les rues et la chambre dans laquelle tu étais, les rideaux encore ouverts comme c’était le cas pour la maigre terrasse. Tu t’installas sur le bord du lit, face à la porte, prenant ton mal en patience, sachant que tôt ou tard, il ferrait son apparition. Tu profitais de ce temps pour calmer ce tumulte qui se déchaînait dans tes veines et rendait ton esprit aussi flou que les eaux abyssales. Lorsque la porte craqua, tes iris hétérochromes se portèrent sur le résident de la pièce, ta voix grave suivant le mouvement lent de la porte et du corps que tu chérissais sans honte. « Faelan. » Quand bien même la température de la pièce était aux normes du bâtiment, la froideur qui s’évadait de ton humeur et ton enveloppe charnelle finissait par envelopper chaque morceau de bois composant la structure, comme une fumée empoissonnée qui s’étendait telle une épidémie. Ta présence était tout sauf un bon présage, et en cela, les contes n’avaient peut-être pas tort.  
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Mer 2 Jan - 12:49
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Si la nuit est fraîche, elle reste claire et la lueur blafarde de la lune n'est pas de trop pour Faelan. C'est vrai, s'attarder dans les mauvais quartiers après le crépuscule n'est pas la meilleure idée qui soit. Ceci dit ce n'est pas comme s'il était parfaitement sans défense. La plupart du temps il a juste à changer d'apparence pour se tirer d'un mauvais pas. C'est fou comme certaines personnes peuvent soudain avoir peur de lui pour la seule raison qu'il n'appartient pas au genre humain ! Et pour les courageux que sa nature de doppler n'effraie pas, eh bien il n'a qu'à prendre la poudre d'escampette. Se battre quand ce n'est pas absolument nécessaire ne l'intéresse pas. Sûrement parce qu'il estime avoir largement eu son compte dans les premières années de son existence.
En y repensant, un léger soupir s'échappe d'entre ses lèvres. Malgré tout il y a une part de lui qui aime ça. L'odeur du sang, sentir les os craquer et les chairs se déchirer, entendre les borborygmes d'agonie d'un adversaire auquel il vient d'arracher la gorge et qui ne peut que se noyer dans sa propre hémoglobine. Parfois ça lui manque, et ce fait l'inquiète. Pour se rassurer il se dit que ce n'est rien de plus qu'une vieille habitude qui a la vie dure, sans doute qu'il ne parviendra jamais à s'en débarrasser. Forcément que cela persiste, chaque geste, chaque parole de son "propriétaire" avait été proféré en ce sens. Il voulait effacer tout ce qui faisait du jeune doppler un être conscient pour ne laisser qu'une créature fonctionnant à l'instinct de survie. En un sens, il avait réussi.

Faelan secoue doucement la tête avec un grognement contrarié pour chasser ces sombres pensées tandis qu'il pousse la porte du Caméléon. La maison, enfin. Un sourire s'esquisse sur ses lèvres alors que l'effervescence générale lui saute au visage. C'est sans doute pour ça qu'il a choisit cet endroit plutôt qu'un autre. Ici on ne s'ennuie jamais. Et puis l'agitation qui règne presque en permanence le rassure. Le silence l'a toujours quelque peu angoissé.
D'un geste de la main le polymorphe salue l'une de ses connaissances installée à une table plus loin avec quelques compagnons de beuverie, visiblement très occupé à relater l'une de ses aventures à travers Velen. En pensant qu'il leur a probablement déjà raconté comment il aurait affronté la terrible Beauté Noire, il lève les yeux au ciel d'un air amusé. Ce nain finirait par s'attirer des ennuis à force de disperser ses bobards aux quatre vents. Mais enfin, ça rend sa compagnie agréable.

Les pas du doppler l'éloignent finalement du tumulte du rez-de-chaussée, grimpant les marches tranquillement. Pas de fête pour lui ce soir, là il rêve de tranquillité. Se glisser dans son lit avec un bon livre qu'il dévorerait à la lueur d'une chandelle jusqu'à ce que ses yeux piquent de sommeil.
Quand finalement le battant de sa chambre s'ouvre... Faelan sursaute avec un juron, pris de court. Heureusement la silhouette qui se découpe dans la faible lumière des quelques bougies est familière, tout comme la voix qui l'accueille.

- C'est pas vrai, t'as failli me faire avoir une crise cardiaque... ! maugrée-t-il en refermant la porte derrière lui. Maintenant que la surprise est passée, il sent bien que quelque chose cloche. Il se dégage d'Elijah comme un froid polaire, accentué par l'obscurité omniprésente de la pièce. Le coeur de Faelan se serre, il commence à imaginer à peu près tout et n'importe quoi. Ce n'est pas qu'il ait peur du vampire, ça non et même s'il aurait certainement dû pour d'évidentes raisons de survie, mais en revanche il a peur de ce qu'il pourrait lui annoncer. L'espace d'un instant fugace, l'envie de couper court à tout potentiel conflit en se jetant à son cou pour l'entraîner dans une partie de jambes en l'air qui l'empêcherait de parler est très tentante. Ceci dit une petite voix en son for-intérieur lui murmure que là, ça ne marchera pas. Quoi qui puisse se profiler, il va devoir l'affronter.

- Qu'est-ce qui se passe pour que tu viennes me trouver directement ici ? Tout en lâchant cette question, le doppler ouvre un tiroir pour attraper quelques bougies supplémentaires qu'il allume avec celles qui se consument déjà, et les pose là où la lumière manque le plus. Avec un imperceptible soupir, il se tourne pour faire face à Elijah qu'il ne quitte pas du regard. Cela fait deux ou trois jours qu'ils ne se sont pas vus, non ? Parfois Faelan perd un peu la notion du temps. Toujours est-il que le métamorphe aimerait aller se pelotonner contre lui sans oser le faire. L'aura qui se dégage de son amant n'est pas habituelle, pas à son encontre du moins, et il doit bien avouer, ça l'inquiète un peu.
(c) DΛNDELION


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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Mer 2 Jan - 14:05
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sinking feeling and wretched shades. Malgré la couche de vêtements chaudes que tu portais, composé d’un manteau de cuir usé, noir, une chemise suffisamment épaisse pour absorber et conserver la chaleur tout en laissant ton pentacle légèrement visible, tu avais froid. Ce n’était pas un froid auquel tu étais habitué. C’était un froid glacial qui rendait tes veines aussi dures que la glace tandis que ton organe vital tremblait d’une douleur indescriptible pour des raisons que tu n’arrivais pas à nommer. Tes ongles glissaient contre les fils détachés de la couverture sur laquelle tu étais assis, arrachant certains morceaux sans pour autant découdre totalement le seul outil contre le froid que Faelan possédait dans cette pièce. Tu étais peut-être énervé et perdu, mais pas suffisamment au point d’anéantir toute chance pour le doppler de dormir ou de trouver le réconfort dans cette pièce. Tu souffrais d’un mal sur lequel tu ne pouvais mettre de mots, quand bien même tu les cherchais et essayais de les appréhender parmi ton dictionnaire sémantique ancré dans le fond de ton crâne. Tu observais avec curiosité l’habitacle où vivais celui qui était à l’origine de ta douleur ; tu ne venais que rarement, sachant à quel point tu étais un intrus dans ce genre de lieu pleins de vie, d’humour et d’amusement. Tu étais une tâche noire dans un tableau coloré, sachant pertinemment que ta place n’était pas là, que le quartier de la dentelle allait mieux à ton teint. Chaque objet était presque ordonné, placé à une place qui lui était définie et qui devenait la sienne. Tu ne savais pas si c’était l’affaire de Faelan ou celle d’un quelconque serviteur ayant le devoir de nettoyer les chambres pendant les absences des locataires. Avait-il un réel intérêt à le savoir ? Tu n’en savais rien. Mais chaque objet que tu ne reconnaissais pas serrait un peu plus l’organe vital tremblant dans ta poitrine, comme si la personne que tu connaissais depuis peu redevenait un inconnu à l’ombre tremblante. Lorsque les mots du tavernier étaient apparus à ton oreille, l’envie de voyager et de quitter la ville pour quelques jours était revenue, violente, sinueuse ; l’envie de fuir. Ce que les contes ne racontaient pas, c’est que bien des vampires étaient lâches et préféraient fuir plutôt que de se battre. Tu n’en faisais pas exception. Rejoindre Ruz Tan à Beauclair pour quelques jours, retrouver calme olympien et ton détachement naturel pour tout ce qui t’entourait. Mais non. Tu étais resté, décidé à confronter l’origine du problème, même si cela pouvait avoir une issue dramatique, que tu essayerais d’éviter à tout prix.

Le sursaut de Faelan à ta vue t’aurait originellement attiré un demi-sourire, il n’en fut rien. Ta main quittait doucement le confort de la couverture pour se poser sur le cuir rugueux et tanné de ton pantalon, ton pouce grattant dans un tic nerveux un clou placé sur la moitié de ta cuisse. Tu l’observes se mouvoir dans son habitacle avec une aisance qui te décontenance un peu ; était-il toujours aussi à l’aise qu’importe où il allait ? Une question qui reste en suspens, enfermée dans un coin de ton esprit tandis que tes iris se posent sur son visage. Le tiens est fermé, froid, tes traits profondément tirés, la fatigue se dissimulant sous tes iris émeraudes et saphirs, tes lèvres attaquées par quelques morsures du froid. Tu devines que tes yeux ont perdues de leur lueur, de leur saveur, de leur éclat ; des iris aux couleurs différentes devenant un vague reflet de ton aspect intérieur. Ce qui avait toujours fait ta différence et ton honnêteté devenant deux joyaux aux couleurs ténues par le froid et la douleur. « A ton avis ? » Tu réponds, sans prendre le temps de réfléchir à ta réponse, laissant la morsure amère de ton sarcasme et de ta douleur glisser dans le ton que tu emploies et dans les mots que tu utilises à usure. Tes iris quittent le regard de ton amant, se plongeant dans la fausse contemplation de ce qui se passe à l’extérieur, ton corps ne bougeant pas d’un centimètre à l’instar de ton visage qui se tourne légèrement. Chacun de tes muscles te crient de fuir, de quitter le conflit que tu t’apprêtes à mener ou de rejoindre les bras de ton amant, juste pour quelques instants. Tu n’en fais rien. Tu restes figer sur place, les doigts serrés et tes épaules tendues. « La ville est bavarde, tu sais. Chacun trouve quelque chose à dire sur tout le monde. Et j’écoute, parfois, ce qu’on me dit, surtout quand ça concerne ceux qui me sont proches et à qui je tiens. » Tu laisses la confession glisser de tes lèvres sans t’en rendre compte tandis que tes paupières se ferment à moitié, ne laissant que très légèrement filtré la couleur de tes iris. Tu laisses tes mots en suspens, voir s’il sait de quoi il est question ou s’il va feindre une innocente réelle ou mesurée. Tu sais que Faelan n’a pas peur de toi, et à raison. Tu ne lui ferrais probablement jamais de mal.
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Mer 2 Jan - 15:11
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Lui qui espérait pouvoir s'endormir sur l'un de ses romans d'aventures favoris, voilà qui est raté. Le doppler ne peut que laisser cette charmante perspective s'envoler sans espoir de la rattraper, au profit d'une situation bien plus inconfortable. Car oui, elle l'est. Si d'ordinaire la proximité d'Elijah lui est douce, si bien qu'il n'hésite généralement pas à lui imposer sa présence un peu quand cela lui chante sans se soucier de débarquer à un moment opportun ou non, à cet instant précis... C'est différent. Faelan ne parvient pas clairement à mettre le doigt sur ce qui ne va pas, mais chaque fibre de son être lui hurle qu'il y a un souci. Intérieurement le polymorphe jure contre lui-même d'être incapable de deviner ce qu'il se passe. Il n'en a même pas la moindre petite idée.

En revanche, croiser les prunelles du vampire lui fait l'effet d'un coup de poing en plein estomac. Est-ce que c'est... De la détresse ? Un sentiment qui s'en approche, en tout cas. Impossible de se tromper, surtout lorsque comme lui, on commence à bien connaître l'être qui se trouve en face de lui. Une pointe de panique gagne Faelan alors que ses neurones se précipitent désespérément à la recherche d'une explication. Pourquoi ? Comment ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Puis viennent ces trois petits mots, question purement rhétorique, qui le cloue sur place. Subitement le doppler comprend et la culpabilité s'engouffre dans la brèche pour mieux lui dévorer la conscience. Pourtant il parvient à rester calme d'apparence, bien que sa mine soit un tantinet soucieuse, c'est vrai. Après tout, il se fait sûrement des idées. Non, ça ne peut pas être ça, n'est-ce pas ? Impossible qu'il en ait entendu parler, Novigrad c'est si grand et lui n'est qu'un petit non-humain de rien du tout, qui se soucierait de ce qu'il fait, hein ? Et quand bien même, tient-il vraiment à lui au point que ça le marque ainsi ? Il en doute.

Avant même que Faelan puisse trouver quoi répondre, son amant le devance. Et là, impossible de continuer à faire l'autruche. Un peu comme si on lui mettait le nez en plein dans sa propre bêtise, il est forcé de constater que Elijah fait bel et bien référence à la soirée qu'il a passée l'avant-veille, ici-même. Tout comme il lui est devenu impossible de nier que de toute évidence l'attachement qu'il éprouve pour le vampire est réciproque. Bien qu'il lui faudra sans doute un peu de temps avant d'en être persuadé, angoissé qu'il est.
Quelques interminables secondes de silence passent avant que finalement le doppler retrouve sa voix, bien qu'il soit encore incertain de ce qu'il va pouvoir dire. Ce qu'il sait en revanche, c'est qu'il sera honnête. Mentir n'apporterait rien de bon.

- Peut-être que c'est pas ce que tu voudras entendre, mais... Je suis désolé. J'avais probablement trop bu, et ça n'a pas fait ressortir mon bon côté, c'est vrai. J'étais frustré et complètement dans le flou par rapport à nous deux, alors oui j'ai agi comme un crétin trop fier. J'ai laissé cette femme me faire du charme, et j'en ai probablement joué plus que j'aurais dû. Ceci dit il s'empresse d'ajouter : Mais c'est pas allé plus loin que ça. Je sais pas ce qu'on t'a raconté, mais il s'est rien passé de plus. J'avais pas vraiment la tête à ça, et puis... Sa phrase meurt dans un énième soupir sans qu'il ait le courage de l'achever. Bon sang ce qu'il peut se sentir idiot. Et si ce n'était que ça, encore.
Rongé par la culpabilité mais poussé par l'envie de recoller les morceaux brisés par sa propre maladresse, Faelan vient s'asseoir à côté du vampire, en silence. Là il s'interroge sur ce qu'il doit faire ou non, pèse le pour et le contre... Et finit par opter pour quelque chose de presque anodin. Sa main vient se poser sur celle d'Elijah, son pouce caressant doucement sa peau.

- Je suis désolé. Je pensais pas que ça te contrarierait autant. Tu comptes pour moi, tu sais. Ce n'est pas le genre d'aveux qu'il a l'habitude de faire aussi ouvertement, mais pour le coup le doppler a la sensation que c'est nécessaire.
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Mer 2 Jan - 17:56
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sinking feeling and wretched shades. Le silence s’étend et s’étire, arrachant à tes entrailles le souffle qui alimente chaque cellule de ton organisme pourtant si brutalement puissant. Tu te sens comme un équilibriste amateur, marchant sur un fil à une hauteur qui pourrait à tous les coups te briser chaque os, ayant peur de regarder le vide sous tes pieds mais jugeant l’horizon trop difficile à atteindre. Chaque fibre de ton être demande à fuir, à devenir la fumée que tu peux être et t’envoler pour ne plus revenir, fuir les responsabilités que tu peux avoir. Tu en as fuis déjà quelques une en te présentant chez ton amant, abandonnant les clients à ta porte, laissant ton trafic derrière toi pour quelques explications que tu n’es même plus sûr de vouloir entendre. Le silence te rend extatique, te ramène aux souvenirs sombres de ton passé, ceux où tu marchais dans le silence des ruines, où seules les cendres couvraient tes traces et où seule ta respiration minimale brisait le schéma de ton errance. Ce silence pesant te donne envie de vomir, le cœur au bout des lèvres tandis que chaque fibre de ton être se contracte et se serre autour de tes muscles endoloris par une nervosité que tu ne connais que peu. Une douleur sourde et glaciale qui t’enserre dans un étau dans lequel tu étouffes, te noie jusqu’à ne plus voir que la douleur, brute et nue. Les couleurs te paraissent fades, dénuées de sens alors que tu observes les environs de la pièce, n’osant qu’à peine lever à nouveau les yeux vers l’objet de ta détresse. Chaque seconde qui tombe est comme un torrent supplémentaire à ta noyade. Tu ne t’étais sentit ainsi que de rares fois, et tu détestes ce sentiment, cette impuissante face à des sentiments et des émotions que tu ne contrôles en aucun cas, un cauchemar bien réel dans lequel tu t’es plongé volontairement. Tu aurais pu partir, sans dire mots, brisé le cœur de cet homme qui est à tes côtés à l’heure actuelle, sans même te retourner, sans même battre un cil. Il n’aurait été qu’un malheureux souvenir dans ta vie bien trop longue, qu’une passade, mais non. Tu avais pris une décision et ta conscience te poussait à t’y tenir, à rester, à ne pas devenir une fumée violacée et t’évaporer entre les lattes du parquet pour rejoindre ta demeure et t’y enfermer. Tu te demandais encore si tu avais fait le bon choix quand sa voix brisa finalement l’attente et le silence. Tu absorbais chaque mot, la vérité enfonçant un peu plus les flèches entre tes côtes, te plongeant dans la torture mentale et la réalisation que vous n’étiez pas sur la même page, qu’il y avait des problèmes de communication et de compréhension entre vous. Ta faute, probablement. Seulement, cela ne rendait pas la vérité plus simple à absorber, ton cœur tremblant au bout de tes lèvres et ton épiderme frissonnant par la dure réalisation.

Tu ne réponds pas de suite, laissant les mots imbibés ton âme tandis que la chaleur de sa main rejoint la tienne, poussant tes iris à se figer dessus, se détournant de la fausse contemplation nocturne. Ton mouvement est lent, à peine maîtrisé, libéré par le flegme naturel de ta personne, ta paume se tournant et tes doigts se glissant entre les siens. Il reprend, ses paroles te touchant de plein fouet, libérant autant la pression qu’en affligeant à nouveau. Un soupir s’échappe de tes lèvres tandis que ta tête se fait légèrement plus basse, ta langue glissant contre un de tes crocs, sentant le sang qui s’est échappé d’une plaie interne, le métal liquide brûlant ta gorge comme un acide que tu connaissais pour y avoir été sujet. Cette situation échappe à ton contrôle et te fait plus de mal que de nombreuses tortures et morts que l’on t’infligea par le passé, les cicatrices étant témoins de ces nombreux maux. « Tu comptes pour moi, aussi. »  Tu souffles, la voix rauque par le manque de paroles. Toi qui n’étais jamais à court de mots, de phrases et de métaphores, tu te retrouvais soudainement dans l’impossibilité d’exposer ce qui déchainait une tempête dans tes pensées et ce qui rendait tes muscles si difficiles à manier. « J’ai entendu suffisamment pour venir ici. » Tu reprends, lui faisant comprendre à demi-mots que l’on avait probablement dit trop à son sujet et que tu avais également décidé de laisser tomber chaque rendez-vous que tu pouvais avoir ce soir, et donc, de possibles clients. Laissant à Asphodel le soin de garder ta demeure intemporelle. « Ce n’est même pas un personnel du Caméléon qui t’a vu, Faelan. Je ne traite pas avec eux, mais je traite avec celui du Martin Pêcheur, sur la place du Hiérarque, et forcément.. Il a langue bien pendue et de tous les foutus hommes de cette ville, il voit bien et sa mémoire est vive. » Tu rajoutes, ne daignant même pas faire abstraction du trémolo de colère qui se glisse dans ta voix. Tu redresses légèrement le visage, ne portant toujours pas tes iris sur ton amant, laissant chaque mot s’imprimer tandis que tu cherchais les bonnes tournures pour exprimer ce qui te rendait extrêmement fébrile et colérique. « Néanmoins, je pensais avoir été clair à notre sujet. Je ne pensais pas t’avoir laissé dans le flou concernant.. L’exclusivité, comme les humains aiment à appeler ça. » Tu fronces les sourcils. Malgré toute ses années de vie parmi eux, des concepts t’étaient toujours aussi difficile d’accès et les mots paraissent si différents du sens que tu leurs donnent. Tu croises lentement tes jambes, ta main libre se serrant en un poing contre la couverture du lit, tes iris perdues dans une contemplation de la porte, comme si tu pouvais y lire l’avenir et y trouver le réconfort.
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Faelan d'An Skellig
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Mer 2 Jan - 19:08
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Son impulsivité lui a rarement paru plus nuisible. S'il avait su se tenir tranquille, ravaler son mauvais caractère, éconduire la demoiselle un peu trop entreprenante, ils ne seraient pas empêtrés dans une telle situation. Tout ce que Faelan peut espérer est que son erreur ne lui coûtera pas aussi cher qu'il le craint, dans le pire des cas. Approcher Elijah a été long, difficile. Plus d'une fois abandonner a été tentant, c'est vrai. Mais la curiosité, la fascination pour ce qu'il charriait à sa suite et ce qu'il incarnait étaient toujours plus fortes. Alors il s'est accroché, quand bien même cela pouvait lui paraître vain. Et le jeu en valait tellement la chandelle. Le doppler ne regrette pas son acharnement et recommencerait exactement de la même façon sans la moindre hésitation. Et ce même s'il commence seulement à comprendre à quel point il peut être attaché au vampire, à présent. Sans le réaliser, alors qu'il parvenait lentement mais sûrement à obtenir d'Elijah qu'il s'ouvre toujours un peu plus, lui en faisait de même. Bien sûr bon nombre de zones d'ombres subsistent. Il y a certaines choses dont Faelan ne se sent pas prêt à parler, pas encore. Sans doute en est-il de même pour son amant. Ce qu'il comprend. Cette sensation de lien qui s'est tissé entre eux ne lui en paraît pas moins forte pour autant.

Les doigts du vampire se mêlent aux siens, ce simple geste rassérénant quelque peu le polymorphe, qui en retour serre légèrement sa prise sur la main de son compagnon. C'est silencieusement qu'il accueille ses paroles. Trouver quoi répondre est assez difficile en soi. Surtout lorsque son esprit s'égare et commence à imaginer ce qui a bien pu se dire sur son compte... Les racontars des commères de quartier, bon sang. A croire qu'on ne peut plus faire un seul pas sans être jugé. A se demander comment des mages et non-humains ont pu survivre à cette purge sordide. Mais ça, c'est encore une autre histoire qu'il n'a pas envie d'aborder pour le moment.

Au delà du sentiment d'incompréhension et de détresse que Faelan avait perçu, il y a de la colère dont il ne remarque la présence que lorsqu'elle devient perceptible dans la voix d'Elijah. De toutes les émotions c'est sans doute celle que le doppler redoute le plus, autant chez les autres que chez lui-même. Sans doute a-t-il été trop exposé aux ravages qu'elle peut causer. Une petite part de son instinct de survie, celle qui passe son temps à s'inquiéter et s'angoisser pour trois fois rien, voudrait le voir s'éloigner. Juste au cas où. Cependant ce serait une erreur, et il le sait. Alors à l'inverse il se rapproche pour venir caler sa joue contre l'épaule de son amant, laissant ses paupières se clore.

- Tu as dû être clair, c'est sans doute moi qui ai compris de travers. Ce serait pas la première fois. Quelque part, c'est rassurant, malgré tout. Le métamorphe n'a jamais été très partageur, avec quoique ce soit, mais en ce qui concerne Elijah c'est encore pire. Assez égoïstement il voudrait le garder pour lui, et juste pour lui. Irréalisable désir enfantin, il le sait bien, mais il a du mal à le mettre de côté. Après quelques instants passés à simplement profiter de la proximité avec le vampire, Faelan s'en écarte à regrets pour se lever. Avec précaution il décroche la dague en argent de sa ceinture pour la poser à sa place, presque avec déférence, comme il le fait toujours. Cet objet est sans doute son bien le plus précieux -et pas en termes de petite monnaie. Là il plonge ses mains dans la petite bassine d'eau pour se rincer le visage, comme pour se clarifier les esprits. Puis il revient vers Elijah et s'agenouille près de lui. Posant une main sur la joue de son amant, c'est en douceur qu'il l'incite à tourner son visage vers le sien, pour le regarder dans les yeux.

- Maintenant au moins c'est clair pour tout le monde. Ca se reproduira pas. J'ai pas envie de te blesser, en fait ce serait même plutôt l'une des dernières choses que je voudrais. Je sais que je peux parfois être un vrai petit con, mais j'essaie de faire de mon mieux. Les lèvres ourlées d'un infime sourire et ses prunelles sombres cherchant à se noyer dans celles si particulières d'Elijah, le doppler espère parvenir à apaiser quelque peu les tensions qui subsistent.
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Our hearts are heavy burdens we shouldn’t have to bear alone
Take my all, I surrender, surrender. Look at me and the way I ask for forgiveness, kindness and help. Take my all, I surrender, surrender. I will die another day, another way
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Mer 2 Jan - 20:37
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sinking feeling and wretched shades. Les concepts humains t’échappaient encore, comme de l’eau laissée entre tes mains et que tu essayais toujours de rattraper, jusqu’à la dernière et infime goutte. Tu attrapais un concept et essayais de l’étudier, de le comprendre, d’en faire des rapprochements avec ce que tu connaissais de ton monde et des valeurs que l’on t’avait inculqué pendant ton enfance et ton adolescence. Au fond, tu étais toujours un adolescent, un jeune adulte, au mieux. Aux yeux de tes paires, tu ne valais guère mieux que l’enfant turbulent que tu étais lors de tes jeunes années ; indécis, perdu, curieux, lâche, mais loyal, terriblement loyal. On pourrait te comparer à un chien, dans ce monde, cet animal qui était le compagnon de vie de biens des êtres tant sa loyauté était sans failles. Il en était de même pour les vampires. La loyauté était ce qui valait le plus aux yeux de tes pairs. Si tu n’étais pas capable de jeter ta vie pour l’un des tiens ou les personnes qui t’étaient chers, tu ne valais pas mieux qu’un être humain. Tu avais combattu toute ta vie pour respecter ce principe ; ceux qui t’offensaient mais qui avaient ta loyauté gardaient toujours la vie sauf, c’était toi qui disparaissait, pas eux. L’exclusivité des relations humaines, tu l’assimilais à la loyauté d’une vie jusqu’à ce que le charme, le lien, soit rompu jusqu’à ces racines. Il était plus courant, dans ton clan du moins, que le compagnon que l’on avait était celui à qui l’on portait une loyauté sans faille et vers qui les yeux étaient uniquement tournés. Tu avais repris cette valeur et comprise comme celle expliquée par les êtres humains, alors qu’il y avait tant de nuances qui t’échappait véritablement. Tu n’en comprenais l’étendue que maintenant, les zones sombres de ce concept s’éclairait dans les paroles de ton amant, mais cela éclairait également ta bêtise : celle de ne pas avoir expliqué ce décalage et d’avoir mis en péril un lien qui t’était cher.

Le lien tissé avec Faelan allait au-delà de ceux que tu avais pu tisser par le passé ; si tu avais eu des relations incluant des sentiments forts, jamais tu ne leur avais cédé une loyauté comme celle que tu t’apprêtais véritablement à donner au doppler. Probablement parce que tes anciens liens étaient fébriles et que ta méconnaissance avec jouer dans leur fragilité. Leurs corps détruits par la violence de tes tourments pouvaient témoignés de ta méconnaissance profonde. Néanmoins, le doppler avait brisé, par mégarde plus que par connaissance tu imaginais, une des barrières les plus fondamentales de ton existence en se retrouvant en ta présence lorsque ton esprit était piégé dans une spirale épisodique. La curiosité de Faelan l’avait amené à te trouver lors de ses rares nuits où tout ton corps hurlait de mourir, que ton esprit demandait une libération qui n’arrivait jamais ; ces nuits où le sentiment d’intrusion, de ne pas être à sa place ici, était à son paroxysme. Quand ton corps brûlait par les larmes et les cendres des souvenirs, de la douleur de l’arrachement à ton monde, et qui comme Icare, tu t’approchais trop près du soleil, trop près de la déchéance, t’amenant presque à provoquer ta propre mort. Tu l’avais laissé entrer, briser les barrières, quand bien même tu te sentais cerné, comme un animal apeuré dans la profondeur nocturne de ta demeure, acculé comme une bête de foire que l’on traitait comme telle. Là où beaucoup auraient hurlés à la démence, à la folie, à la monstruosité, il était resté et même si la partie rationnelle de ton cerveau avait hurlé de le tuer pour qu’il ne voit pas plus que ce qu’il devait, l’autre partie, celle plus sentimentale, plus blessée qu’en vie, s’était raccroché au doppler comme s’il s’agissait d’un canot de sauvetage. Tu ne pouvais te résoudre à tuer un être qui s’était approché de toi en sachant la dangerosité de ce que tu étais, la violence qui pouvait s’échapper des mains d’un être comme toi, et qui en avait fait fi, ne voyant qu’un être blessé, meurtri et il comprenait. Après tout, comme lui, vous n’étiez pas des êtres humains, des êtres correspondants à ce monde.

Le mouvement de ton compagnon te réveille de ta transe hypnotique, et tu te laisses, pour quelques secondes, le plaisir de relâcher les muscles de tes épaules, appréciant la chaleur qui s’échappe de la joue de ton compagnon. Une chaleur qui brûle au travers de tes vêtements, dans ton corps s’est refroidi ses dernières heures si bien que l’on pourrait te méprendre pour un corps sans vie. Néanmoins, les mots de ton amant te ramènent à la réalité de la chose, poussant tes yeux à s’ouvrir un peu plus, sans pour autant se fixer vers le regard que tu aimais tant à regarder. Une partie de toi veut confirmer ses dires, mais celle qui, comme toujours, prend le dessus parle, dans une voix ayant laissée s’évaporer toute colère, ne laissant que les sentiments, les émotions, brutes et nues dans des trémolos que tu ne reconnais pas. « Non. Je n’ai pas dû être suffisamment clair… Il y a un décalage, entre ce que je sais et ce qu’il est, j’aurais dû le savoir et être… plus précis. » Tu soupires doucement, excédé par ta bêtise et ta méconnaissance qui a mené à de telles situations. Une situation où tu aurais tué ou fuis si le lien que tu entretenais avec le doppler n’était pas si ancré dans ta chair, dans les tissus qui forgeaient ton âme comme une tapisserie. Tu te sentais stupide, abasourdi par un tel degré d’ignorance alors que tu proclamais être un homme d’esprit, de réflexion et tu te sentais idiot d’avoir laissé Faelan dans une telle situation sans être parfaitement clair. Tu n’étais pas partageur, ou du moins, pas quand tu estimais que les limites étaient claires. Si tes sentiments ne l’étaient pas parfaitement parce que tu avais peur de les comprendre totalement, ce besoin d’être le seul à le combler était quelque chose que tu comprenais et que tu pensais avoir fait comprendre au doppler. Mais là encore, c’était un échec à rajouter à ta croix. Tu le sentis s’éloigner, ton corps se mouvant légèrement, comme pour partir à la chasse de cette chaleur qui t’avait tant manqué. Cette situation était épuisante. Tu soufflas à nouveau, alors qu’il déposait sa dague. « Je suis désolé. » Les excuses étaient choses rares, chez les vampires. Par fierté ou parce que l’utilisation était beaucoup plus symbolique que les humains ne l’imaginaient, tu ne savais pas. Mais tu avais ce besoin, à cet instant précis, de t’excuser pour ton manque de clarté, pour la souffrance que tu avais engendré malgré toi et pour cette situation, presque devenue malsaine tant elle était devenue viscérale chez toi. Tes yeux s’étaient fermés, sans que tu t’en rendes compte et se rouvrirent lorsque la main de Faelan se posa sur ta joue, obligeant tes iris hétérochromes, dont la couleur était encore ténue, à se plonger dans les siennes, brunes et sombres. Tu t’appuyas légèrement contre cette main tendue, cette douceur et cette chaleur qui revenait, ranimant ton épiderme glacé par l’angoisse, le désespoir et la colère. Les mots qui s’échappent des lèvres de ton amant ravivent quelque peu la couleur dans tes iris tandis que tu te penches légèrement pour poser ton front contre le sien, cherchant un peu plus de cette douceur et de cette chaleur pour laquelle tu déplaceras des montagnes s’il le faut. Ta voix s’échappe dans un murmure, tes mots n’étant destinés pour personne d’autre que ton compagnon. « Je ne veux pas te blesser non plus, tu sais que je ne te ferrai pas de mal et pourtant j’en ai déjà fait par mon ignorance. Je ne peux te promettre que des efforts de ma part, également. » Tu fermes doucement les yeux, profitant pour quelques secondes de la chaleur qui s’échappe du corps de celui pour qui tu as des sentiments dont l’exactitude et l’amplitude t’échappent encore. Ta voix se fait à nouveau entendre, plus de chaleur s’échappant de tes paroles et du ton que tu emploi, brisant petit à petit la glace qui entourait ton aura à son arrivée. « Les concepts humains sont si différents de ceux dont j’ai été habitué... C’est terriblement frustrant. Ils sont familiers et pourtant… Si singuliers. » Tu grognes légèrement à ça, un son légèrement guttural s’échappant de ta gorge tandis que tes traits se tirent légèrement. Pour quelqu’un qui a toujours vécu avec les êtres humains, c’est une seconde nature, mais quelqu’un comme toi qui a beaucoup trop vécu avec les siens, tout semble si familier et pourtant, l’exactitude est à des comètes de la réalité de la chose.
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Close enough that light we can see, my doubt betrays the better of me. A glance to the stern is all it would be, that anguished shade shall haunt me. Ever on. x anaëlle.

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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Jeu 3 Jan - 0:41
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Le monde est fait de nuances de gris. C'est une réalité que le doppler a appris très tôt au cours de sa vie et qu'il a eu l'occasion de vérifier bon nombre de fois. Pas une seule personne n'y a jamais fait exception. Même chez celui qu'il considère aujourd'hui comme son tortionnaire il peut trouver des zones de lumière. Mais peut-être est-ce là sa nature de créature affable qui s'exprime ? A force il ne sait plus où se situe la frontière entre les comportements qu'il a appris et ceux qui sont ancrés en lui depuis sa naissance. En tout cas il est certain que Elijah ne fait pas davantage exception à la règle. A vrai dire il est probablement l'être le plus gris qu'il ait jamais croisé. Etrange pensée, maintenant qu'il se penche quelque peu dessus... Mais qui ne le rebute pas le moins du monde.

Le sourire d'abord presque imperceptible qu'il arbore s'épanouit au fur et à mesure que Faelan sent l'ambiance s'adoucir et que le vampire se détend, quittant son aura de pure froidure. Il est heureux de constater qu'à force de petits gestes il parvient à améliorer l'humeur de son amant, même si ce n'est pas encore le mieux qu'on puisse espérer. D'une certaine façon, le polymorphe a toujours ressentit le besoin de tirer son amant vers le haut dès lors qu'il le sent commencer à se laisser assombrir. Sans doute que c'est idiot et inutile, mais il espère pouvoir servir à quelque chose. Ne serait-ce qu'un peu. Prendre soin des autres comme il aimerait qu'on prenne soin de lui ne peut être que positif, n'est-ce pas ? Parfois il a juste peur qu'on le trouve trop envahissant, trop encombrant. Raison pour laquelle il lui arrive de se retenir d'aller auprès d'Elijah alors qu'il ne rêverait que de ça. Mais il ne veut pas devenir un poids pas plus qu'une gêne, alors il se contient du mieux qu'il peut et cherche à s'occuper ailleurs.

Ses paupières se ferment à nouveau lorsque le front de son amant se dépose contre le sien, son sourire ne le quittant pas. C'est encore ténu, mais la légère chaleur qui chasse doucement le froid qui s'était installé entre eux le rassure. La main de Faelan caresse la joue du vampire tandis qu'il l'écoute sans l'interrompre. Un gloussement amusé lui échappe cependant alors qu'il rouvre les yeux, reculant à peine son visage pour mieux contempler celui de son compagnon, sa main quittant la pommette qu'elle avait investie.

- Les humains se compliquent beaucoup trop la vie. soupire-t-il d'un air amusé en se redressant pour s'asseoir une nouvelle fois au côté d'Elijah. Hélas j'ai été élevé par eux, donc c'est difficile pour moi de penser autrement. Je sais que tu ne me ferais pas de mal, pas volontairement du moins, alors ne te torture pas avec ça. C'est rien. Seulement après que la phrase lui ait échappé le doppler réalise qu'il vient de laisser passer une information que jusque là il n'avait jamais cédé sur son passé. Heureusement ce n'est pas le pire qui aurait pu s'esquiver, aussi préfère-t-il faire comme si de rien n'était et vient se lover contre son amant, déposant son menton sur son épaule. C'est si différent que ça chez les vampires ? La curiosité est réelle cependant, comme toujours, tandis que ses doigts se glissent dans le dos et sous les vêtements d'Elijah pour effleurer tendrement la peau de son flanc.
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Jeu 3 Jan - 1:21
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sinking feeling and wretched shades. Si l’on t’avait un jour dit qu’un doppler arriverait à calmer tes nuances glaciales, tu n’en aurais probablement pas cru un traitre mot. Un être vivant qui t’insufflait tant d’émotions et de douceurs dans quelques gestes, c’était presque de l’ordre de l’illusion et tu attendais toujours, patiemment, de voir quand cette rêverie s’effondrerait sous tes pieds et que tu retournais à la vie morose que tu menais. Celle où tu étais seul avec des antiquités et des panacées, Asphodel comme seul compagnon palliant à ta solitude. Néanmoins, tant que le rêve se poursuivais, tu continuais d’y croire, de plus en plus ; pourchassant les caresses et la présence de ton amant comme si il allait s’envoler du jour au lendemain. Tu étais devenu faible, en une certaine manière, mais seulement dans l’intimité de vos moments, lorsqu’il n’y avait que vos deux ombres éclairées par les bougies. Il autorisait ta présence dans sa sphère, quand bien même il ne savait pas tout de toi ; que de nombreuses zones de ton passé était délibérément laissées dans l’ombre pour qu’il ne voit pas tout le mal que tu avais commis pour survivre ou simplement par folie. Tu avais peur qu’en dévoilant ces parties de ton esprit, de ton passé, il s’envole comme un oiseau, quittant la bulle qui se créait autour de vous. Alors tu te taisais, divulguait au compte-goutte les informations que tu jugeais prudentes. Tu as néanmoins peur, peur qu’un jour tout se brise comme un miroir, que la pluie t’avale à nouveau dans une spirale de terreur et de solitude parce qu’il ne sera plus là, et tu sais que sa disparition créera un vide monstrueux dans ce qui te sert de poitrine.

Ton front contre le sien n’est encore qu’une énième démonstration que tu ne peux rester trop loin de son contact, que ressens ce besoin de savoir qu’il est là, physiquement, que tout ça n’est pas juste un phantasme créé par ton esprit grisonnant et frénétique. Tu te retiens de grogner lorsque son front quitte le tien, de même que sa main, tes iris suivant chacun de ses mouvements tandis qu’un sourcil s’arque à son gloussement. Néanmoins, tu prends le temps, l’espace d’un instant, pour observer finement s’il va bien, d’apparence. Si l’idée que tu le blesses te rend complètement malade, l’idée qu’un autre puisse le faire allume une flamme que tu pensais à jamais éteinte depuis ton frère. Tu te rassures en ne remarquant rien d’inhabituel, en espérant qu’il ne cache rien derrière les couches de tissus qui recouvrent sa peau opaline. Ton unique souhait étant, à présent que les incertitudes étaient effacées et la glace légèrement fondue, de faire attention à lui, de prendre soin de lui du mieux que tu le pouvais. S’il te fallait prendre toute tes nuits pour ça et réarranger tous tes rendez-vous, tu le ferais d’un battement de cils ; après tout, tu ne savais pas combien de temps tu avais avec lui et tu préférais en profiter. Tu l’écoutes cependant, curieux, t’abreuvant de chaque information qu’il te délivre sans sourciller. Il y a des choses que tu devines dans la manière dont il parle, dont il se dévoile mais tu sais également quand il est bon de pousser pour savoir plus et quand il vaut mieux ne pas creuser. « Au moins, tu connais ce monde et les us et coutumes qui forment cette société. » Tu souffles doucement, ne poussant pas plus loin la discussion sur son passé et sur cette éducation faite par des êtres humains. Tu avais déjà senti que c’était quelque chose d’épineux par le passé, par d’autres conversations et tu ne souhaites pas noircir l’humeur de ton amant, tu as déjà fait suffisamment de dommages pour ce soir. Tu le laisses alors se lover contre toi, profitant de la chaleur et du confort de Faelan lorsque son menton se pose sur ton épaule, sa main glissant dans ton dos, sous les vêtements t’attirant un frisson qui glisse sinueusement sur ton épiderme. Tu retournes le geste, laissant un de tes bras s’enrouler autour de ses épaules, le guidant un peu plus contre toi, absorbant sa chaleur tandis que tes lèvres trouvent fugacement la peau de son front en un baiser qui se veut porteur d’excuses et d’affection. Sa question t’esquisse un sourire tandis que tes yeux se posent sur sa figure. « C’est un autre monde, une autre façon de fonctionner et de vivre. Nous avons un langage qui nous est propre, des clans, des structures familiales différentes et des concepts qu’il est difficile de relier avec le langage commun de ce monde. » Ton pouce forme de légers cercles contre l’épaule de ton compagnon, par-dessus les vêtements tandis ta respiration reprend un rythme plus naturel, ta chaleur corporelle devenant plus humaine, plus naturelle, moins terrifiante par sa froideur cadavérique. « Il y a des choses que je ne peux exprimer dans cette langue commune et des choses de ce monde que je ne peux exprimer dans ma langue natale, quand bien même je parle les deux couramment maintenant. » L’affection que tu portes pour Faelan fait partie de ces éléments que tu ne peux exprimer dans la langue commune et c’est pour cela que tu as tant de mal à la comprendre, à en définir l’intensité puisque les mots t’échappent, défient ton contrôle que tu pensais si absolu.
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Jeu 3 Jan - 11:14
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Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Combien de fois s'est-il réveillé au beau milieu de la nuit, encore un peu endormi, égaré, se demandant s'il ne rêvait pas ce qui lui arrivait ? Ce n'est pas rare qu'il s'interroge de temps à autres sur le sens de cette relation qu'il ne comprend pas entièrement, même aujourd'hui. Sa vie d'errance ne l'a guère préparé à ce genre de choses aussi, il faut le dire. Il lui manque la plupart des clefs nécessaires à la compréhension des liens qui peuvent être amenés à l'attacher aux autres. Malgré tout Faelan fait de son mieux. Ce n'est pas comme s'il avait vraiment le choix de toute façon.
Ceci dit, la nouveauté qu'incarne cette liaison que le doppler entretient avec Elijah l'a plus d'une fois désarçonné. Avant ça, il ne s'est jamais vraiment attardé où que ce soit. Quelques semaines dans une région, quelques mois dans une autre parfois, avant qu'il ne prenne la poudre d'escampette, disparaissant comme s'il n'avait même jamais existé. Il se liait peu. Il n'en avait pas le temps et pas vraiment l'envie, c'est vrai. Et puis pour cela il aurait fallu que Faelan accepte de laisser un étranger l'approcher, ce qu'il n'était alors pas prêt à faire. Bien sûr le polymorphe a fait quelques rencontres, et parfois certaines personnes l'intéressaient sincèrement... Mais consentir à abaisser ses défenses était trop lui demander. Un effort qui lui avait paru insurmontable.

Si le vampire ne lui a jamais donné un âge précis, Faelan se doute qu'il a déjà dû voir passer au moins deux ou trois siècles. Une existence si longue comparé à la sienne, parfois cela lui semble presque risible. Quand il y pense, il n'est pas loin d'en avoir le vertige. Au fond, il n'est qu'un point de détail dans une tapisserie aussi vaste que la vie de son amant. Ses doutes le tenaillent dans ces moments-là, lui tordant les entrailles. Tout cela est inédit pour lui. Mais sûrement pas pour Elijah. Alors il profite de chaque tendresse qu'il veut bien lui accorder, comme s'il craignait qu'il se lasse soudain de sa présence et ne passe à autre chose. Parfois le doppler, frustré par ses propres angoisses, se laisse emporter par la colère et sans le réaliser sur le coup passe sa contrariété sur Elijah, bêtement. L'être tant aimé qu'il craint pourtant de finir par faire fuir, justement. Ah plus d'une fois il a maudit son damné caractère, une fois éloigné et calmé. Mais étrangement, à chaque fois qu'il revient la queue entre les jambes, avec sa bouille de chien battu parfaitement conscient de sa dernière bêtise, il est accueilli sans réel rechignement. Evidemment il ne va pas s'en plaindre, mais c'est une chose de plus qui s'ajoute à la liste de ses incompréhensions.

A cet instant ce n'est rien de tout cela qui occupe son esprit, cependant. Faelan a envie de se dédier entièrement à son amant, de lui faire sentir qu'il est là, bien présent, et qu'il ne compte pas disparaître de sitôt. Il voudrait parvenir à lui transmettre toute la complexité et l'intensité des sentiments qu'il lui porte sans avoir à utiliser un seul mot ; sans doute car il ne saurait pas lesquels user et qu'ils lui paraîtraient désespérément creux par rapport à la réalité de ses émotions. Alors il se contente de gestes. C'est bien maigre, mais il n'a pas mieux à proposer.

- Tu sais d'où tu viens, beaucoup de personnes ne peuvent pas dire la même chose. Je suppose que c'est déjà ça de pris, non ? Lui par exemple aimerait bien connaître ses origines. Skellige reste sa patrie à ses yeux, mais est-il réellement né sur ces îles ? Un doute qui restera fort probablement en suspens pour le restant de sa vie, avec tant d'autres. Un léger soupir lui échappe alors qu'il rouvre les yeux pour venir déposer un baiser au coin des lèvres de son amant.

- Tu passes la nuit avec moi ? Je sais que ce n'est pas vraiment le confort auquel tu es habitué, et maintenant que j'y pense le lit est peut-être un peu étroit pour deux mais... Ca pourrait être pire ? achève-t-il avec un haussement d'épaule dubitatif, la mine amusée. Puis son visage prend un aspect un peu plus sérieux alors que certaines choses se rappellent à son bon souvenir et le poussent à ajouter : Sauf si tu préfères rentrer chez toi. Tu as sûrement du travail qui t'attend. Ne te sens pas obligé de rester, surtout. Même si c'est ce que lui voudrait, Faelan a la présence d'esprit de ne jamais donner l'impression à Elijah de le forcer à quoi que ce soit. Lui-même tolérerait mal de se sentir entravé ou comme attaché au bout d'une laisse d'une quelconque façon, alors pourquoi est-ce qu'il lui infligerait ?
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