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sinking feeling and wretched shades ; ft. Faelan. (+18)
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Lun 14 Jan - 11:48
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sinking feeling and wretched shades. Tu n’étais pas quelqu’un d’important dans ce monde, tu ne le seras probablement jamais et cela te convenait particulièrement. Tu aimais l’ombre que la basse besogne apportait, l’ombre que ton commerce aussi obscur pouvait t’offrir. Les couronnes et les grandes cérémonies n’étaient pas ton fort, probablement parce que tu te sentais comme un éléphant dans une boutique de porcelaine. Ce n’était vraiment pas un confort que tu appréciais. Le luxe n’était pas quelque chose que tu recherchais, même si tu aimais une décente forme de confort. Néanmoins, même si ton importance dans ce monde était très proche de l’insignifiance, tu avais appris à te mêler et à observer ceux qui possédaient un pouvoir plus élevé que le tien. En tant que vampire supérieur, tu avais bien évidemment du poids parmi les monstres, tu en prenais sous ton aile en espérant qu’ils ne se fassent pas tuer, en sauvait d’autres, et parfois, en tuait certains. Mais tu n’avais pas le pouvoir d’un baron de la pègre ou d’un roi possédant une couronne bien scellée sur son crâne, néanmoins, tu les observais, tu apprenais que ton insignifiance ne l’était pas pour eux. Celui qui effectue la basse besogne est celui à qui on livre les secrets sans se douter qu’il pourrait vous tuer puisqu’il est insignifiant. Cette place t’était toute choisie auprès du roi des mendiants. Si sa couronne n’était faite que d’épines et son titre aussi allégorique que ridicule, il n’en demeurait pas un poids dans la ville de Novigrad et tu avais bien appris que chaque personne haut placée avait besoin de sous-fifres. Tu étais devenu celui de Francis Bedlam et tu connaissais tant de sa personne qu’il t’aurait été presque facile que de le réduire en poussière, mais tu n’en faisais rien, pas pour l’instant du moins. Tu préférais l’ombre à la lumière, cela avait toujours été, et au fond, tu te complaisais dans cette zone obscure où les gris et les noirs se mélangeaient avec harmonie et où le blanc était une idylle que tu n’espérais pas. Apprendre les gens en étant dans l’ombre, en se mélangeant à eux tout en restant tapis d’obscurité te donnait des facilités gigantesques. Les gens t’étaient parus terriblement plus clairs depuis que tu leur vendais leur addiction, que tu étais celui qui possédait la carotte et le bâton. Cela faisait peut-être de toi une personne horrible, odieuse et sans pitié mais à tes yeux, ce n’était qu’une énième preuve de la basse besogne que tu effectuais comme passe-temps de vie. Les gens pouvaient pleurer, dévoiler leurs secrets sur le coup du manque ou de l’euphorie de recevoir ce qu’ils attendaient depuis trop longtemps pour l’avouer. C’était loin d’être équitable pour eux, tu pouvais même le concevoir, mais qu’importe. Si c’était si dégradant pour eux, ils ne viendraient pas, n’est-ce pas ? C’était tout l’amusement de l’illusion de pouvoir. Si tu pouvais caresser l’idée d’effondrer Francis Bedlam dans la boue pour son insupportable caractère, il pouvait également te mettre aux cachots, poignets menottés de dimeritium et il en serait probablement fini de toi. Le dimeritium t’empêcherait tout mouvement, brûlerait à vif ta chaire pour qu’il n’en reste que la noirceur de la douleur et personne n’aurait la possibilité de te récupérer sans prendre un risque inconsidéré pour leur vie, pas même tes paires, pas même ton amant. On te brûlerait, peut-être, dans l’intimité de la cour de la forteresse, et ton existence renaîtrait, avec un peu de chance, des mains de ce qu’il restait de ta famille, mais ce serait trop tard. Alors tu restais dans l’ombre, fin observateur des jeux du monde, à contempler la mortalité de ceux que tu craignais tant.

Une mortalité qui était aussi présente chez ton amant et que tu refusais d’y songer, mais le sentiment, la peur de ce concept si étranger ne te quittait jamais vraiment. Comme une marque placée au fer blanc sur ton esprit, elle était là, parfois vive, parfois ténue, mais elle était toujours là. Un rappel éternel que la vie ne lui était pas infinie. Et qu’à ta différence, il pouvait mourir d’une bêtise, d’un mauvais pas ou d’un mauvais calcul, il était parfois imprudent, parfois impulsif, et ce serait mentir que de dire que tu n’étais pas inquiet lorsqu’il quittait la ville pour des contrats. Oh, nombre de fois où tu avais voulu envoyer ton corbeau en éclaireur, juste pour être sûr que tout se passait bien, mais ô dieu tu savais que le changeur n’aurait pas apprécié cela. Tu levais presque les sourcils jusqu’au ciel lorsqu’il t’annonça que les dopplers étaient plus timides habituellement. Eh bien. Tu n’échangerais Faelan contre rien au monde, mais ce serait mentir que de dire qu’un peu moins d’impulsivité calmerait largement tes inquiétudes lorsqu’il quittait la ville. Néanmoins, c’était grâce à cette fougue que tu l’avais rencontré. Un doppler conventionnel n’aurait probablement pas joué dans les combats de rue. « On peut dire que je suis chanceux, alors. Je ne t’aurai probablement pas rencontré si tu ne te pointais pas aux combats de rue. » Tu pouffes, un sourire carnassier sur les lèvres alors que le souvenir se ravive un peu plus dans ton esprit. Sans cette fougue et la curiosité de ton amant, vous n’en seriez probablement pas là où vous en étiez aujourd’hui. Même si la faiblesse qu’il devenait pour toi était effrayante à tous les niveaux, tu ne trouvais aucune once de regret à l’avoir laissé passer tes barrières dans les pires moments, lorsque la psychose enveloppait ton esprit déjà malade et déjà bien trop atteins par une folie que tu repoussais au plus loin dans la majorité des temps. Néanmoins, tu sens que ta détresse se fait sentir, tu vois bien qu’elle découle sur ton amant quand l’approche de l’éternité est abordée. Si elle te rend malade, surtout parce que tu sais qu’elle n’est pas réciproque sur ton compagnon, elle se ressent aussi chez lui, et tu t’en veux d’avoir laissé s’échapper cette bribe de faiblesse en dehors de son écrin. Tu n’as cependant guère le temps d’essayer de rattraper la chose puisque ton corbeau brise le moment, brise les incertitudes en ramenant chez toi une étincelle de jovialité et d’enthousiasme. Même la lettre qui t’est donnée ne brise pas cette petite flamme entretenue puisque tu la ranges aussitôt, oubliant jusqu’à son existence mais en te retournant, potion à la main, tu sens qu’elle n’est pas passée inaperçue au vu des paroles que ton amant prononce par la suite. Tes sourcils se froncent légèrement, l’inquiétude clairement visible dans tes traits alors que sa longévité est de nouveau évoquée. Tu soupires légèrement, sentant que l’ambiance est retombée aussi vite qu’elle était montée à ton arrivée ici. Quelque chose de sourd, une incompréhension palpable entre vous qui se mêle et se démêle dans l’atmosphère. Il y a tant de choses que tu ne lui dis pas pour ne pas le blesser, pour ne pas aborder les sujets qui sont ô combien difficiles même pour toi et qui le seront peut-être davantage pour lui. L’éternité est un de ses sujets, de même que ton métier dont il ne connait que ce qu’il a déjà vu et ce dont tu lui as parlé. Tu n’es pas cachotier à ce sujet, tu sais que s’il a des questions, tu y répondras sans une once d’inquiétude, mais … Il reste des non-dits dans le tumulte de votre relation, des paroles inexplorées et des conversations silencieuses. Tu te rapproches, à pas feutrés, abandonnant à nouveau ton manteau maintenant que l’intimité de la chambre est de nouveau sentie sur ta peau halée. Tu déposes la potion sur un meuble avant de rejoindre ton amant, t’installant à ses côtés sur le lit sans un mot. Tu cherches les bons, ceux qui ne mettraient ni de l’huile sur le feu et ceux qui n’éteindraient pas complètement la flamme non plus. Une difficulté tant les mots s’emmêlent dans ton esprit comme un éternel casse-tête. Ta langue natale est devenue presque étrangère tant tu manies les mots de la langue commune avec aisance maintenant, et pourtant… Avec Faelan, c’était comme si tous les mots devenaient plus dangereux, plus lourds de sens que tu ne pouvais saisir totalement. Tu te tournes légèrement dans sa direction, tes yeux cherchant les siens, tandis que ta main vient se poser sur son genou, ton pouce dessinant des cercles approximatifs contre sa peau opaline. « Faelan.. » Tu murmures, un souffle brisé dans le silence de la chambre seulement brisé par la réalité des rires extérieurs. La gravité de la situation ne devrait pas être telle et pourtant, c’est comme si quelque chose s’était brisé alors que rien n’a été touché, tu as du mal à saisir la complexité d’une telle situation et d’en faire abstraction. « Quand je t’ai dit que je resterai ce soir, c’était avec la ferme intention de ne pas en bouger jusqu’à demain matin, au minimum. Mes affaires peuvent attendre, quiconque souhaite s’entretenir ou travailler avec moi devra attendre. Tu es plus important que ça, de loin. » Un soupir s’échappe de tes lèvres, un souffle dont le souvenir de l’avoir retenu a échappé à ta conscience. Tu essayes de trouver les mots justes, de trouver la bonne tournure, les bons sentiments derrière chaque mot, chaque syllabe que tu dois prononcer. « Tu es beaucoup plus important que le contenu de cette lettre, qu’importe ce qu’elle contient. » Tes yeux quittent son visage pour se poser sur ta main qui continue à dessiner des cercles, des arabesques et d’autres formes abstraites que tu arrives à peine à distinguer sous l’affluence d’émotions qui traversent ton esprit et passent devant tes yeux, te rendant aussi fragile qu’une poupée de porcelaine. « Seule ma sœur pourrait me pousser à quitter cette chambre, et je sais que ce n’est pas elle, donc, non. A moins que tu souhaites que je parte, je n’ai pas l’intention de partir. » Nyleen avait ses manières, pour te faire comprendre qu’elle avait besoin de toi, notamment l’utilisation, parfois abusive à tes yeux, de corbeaux. C’était une lettre, probablement du roi des mendiants et le baron pouvait très bien attendre le lendemain, rien que pour l’énerver, tu le ferais. Quand bien même le contenu de cette lettre était important, Faelan l’était beaucoup plus à tes yeux, tellement plus que n’importe quel mot de cet être dénué de modestie, de savoir-vivre et d’une once de reconnaissance. « Quant à ta longévité… C’est une bonne chose à savoir. Je ne sais pas jusqu’à quand les elfes vivent puisque les humains ont cette tendance, très légèrement destructrice, à les amocher quand ils en ont l’envie. » Tu laisses un léger rire silencieux se passer dans ton souffle alors que tes yeux retrouvent son visage, cherchant une once d’humour, de rehaussement de l’humeur qui s’est retrouvée soudainement aussi inflexible et douloureuse que si vous parliez d’adieux. Ce qui était à des lieux d’être le cas, à moins que tu aies mal lu les signes. « Je ne voulais pas t’en inquiéter, avec ça, mes mots sont peut-être brouillons à ce sujet. Ce n’est pas quelque chose dont on a l’obligation de discuter pour l’instant, à moins que tu le veuilles. » Tu es brouillon, tes mots sont confus car tu l’es toi-même. Tu cherches à rassurer, à réconforter ton amant alors que ton âme est dans le plein tumulte. Tu sais que s’il veut savoir, s’il veut en apprendre plus, tu ne pourras lui refuser cette vérité, cette discussion. La confusion est terrible, assassine.  
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Lun 14 Jan - 16:26
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Parmi les conséquences résultants de sa relation avec Eiljah, il y en a certaines que le changeur n'a pas vu venir. Que le vampire lui manque quand il se trouve loin de lui, qu'il commence à si bien le connaître que parfois il pourrait jurer l'entendre faire un commentaire face à certaines situations, ou qu'il croirait reconnaître Asphodel en chaque corbeau qui traversait le ciel ou croissait sur son chemin... Tout cela ne le surprenait pas, et lui semblait même plutôt normal considérant ce qu'il avait pu entendre dire, ou même lire dans les nombreux romans qu'il a engloutis. En revanche, le doute l'étreint pour ce qui de certains points qui lui paraissent plus... Etranges. La témérité a toujours fait partie de ce qu'il est. C'est ce courage parfois aveugle qui l'a tiré -parfois in extremis- de quelques situations corsées où il se voyait déjà terminer ses jours comme trophée au dessus d'un âtre ronflant. Tête brûlée, il l'est indéniablement.
Pourtant, depuis quelques temps Faelan a commencé à noter des changements dans son comportement. Notamment lorsqu'il exécute certains contrats. Là où auparavant il n'aurait pas hésité à se jeter dans la mêlée, sans vraiment se soucier des conséquences, à présent il réfléchit beaucoup plus. Sa prudence a redoublée. Ce n'est pas qu'il soit devenu lâche ou qu'il ait perdu de sa combativité. Non. En vérité, c'est une part de son inconscient qui le pousse à faire davantage attention, à se préserver autant que possible afin qu'il puisse ensuite retourner auprès d'Elijah sans l'inquiéter. Oui, le doppler sent bien que son amant se fait du souci dès l'instant où il lui annonce qu'il doit s'absenter pour quelques jours hors de Novigrad. A raison, sans aucun doute, connaissant la tendance parfois suicidaire du polymorphe à sauter tête la première au coeur de la tourmente. Alors Faelan fait de son mieux pour tenter d'apaiser les craintes du vampire, tout en sachant qu'il ne peut pas lui promettre de revenir sain et sauf. Ce serait mentir, ce qu'il se refuse à faire. Par contre se montrer plus tempéré, plus stratège, cela il peut le faire. Et c'est sans même le réaliser qu'il a commencé à le faire. Le seul fait d'imaginer abandonner Elijah à sa solitude suite à une morte aussi précipitée qu'idiote considérant qu'il aurait pu l'éviter l'insupporte. Il s'est promis de rester à ses côtés aussi longtemps qu'il lui serait permis, autant mettre toutes les chances de son côté.

C'est le contact de la main de sa moitié contre sa peau qui arrache Faelan à ses sombres ruminations. Il ose cependant à peine relever les yeux vers son visage, soudain frappé par l'absurdité de sa réaction. Qu'est-ce qu'il gagne à assombrir ainsi l'ambiance ? Rien. En fait, il pourrait même gâcher la fin de la soirée, et le réaliser lui fait serrer les mâchoires. Quel idiot il fait. Le regard toujours fixé sur un point flou, quelque part sur les couvertures, c'est en silence qu'il reçoit les paroles du vampire. C'est vrai, il lui a dit qu'il resterait. Mais au fond le doppler est si peu sûr de lui que ses incertitudes peuvent déteindre sur son compagnon. Pris d'un soudain frémissement d'appréhension, il se glisse sans un mot jusque dans les bras d'Elijah, l'enlaçant pour mieux se pelotonner tout contre lui.

- Non, ne pars pas. Ses paupières se closent alors qu'il prend le temps de réfléchir à ce qu'il va dire ensuite. Le polymorphe ne tient pas à envenimer les choses, il voudrait juste pouvoir réparer sa propre bêtise -une fois de plus. Qu'est-ce qu'on pourrait dire de plus ? J'aimerais pouvoir te donner des informations précises, mais ce que je sais de ma propre espèce je l'ai appris dans les livres, ou c'est ce que les rares autres dopplers ont bien voulu me dire... Je ne sais même pas quel âge ils pouvaient avoir, je voyais pas l'intérêt de leur demander à l'époque. Inutile de dire qu'à cet instant précis Faelan le regrette amèrement, évidemment. Le souci de la race à laquelle il appartient, aussi, est que leur gentillesse naturelle a tendance à les précipiter à leur perte avant l'échéance. Alors quant à savoir comment tout cela fonctionnait... Là je veux juste profiter de ta présence, si tu veux bien. lâche-t-il dans un souffle avant de déposer un baiser dans le creux du cou de son amant, y nichant son nez pour s'enivrer de son odeur et chasser les mauvaises pensées.
(c) DΛNDELION


Our hearts are heavy burdens we shouldn’t have to bear alone
Take my all, I surrender, surrender. Look at me and the way I ask for forgiveness, kindness and help. Take my all, I surrender, surrender. I will die another day, another way
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Lun 14 Jan - 17:46
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sinking feeling and wretched shades. Les déités de ce monde en soient témoin, tu n’étais pas un croyant. Tu ne croyais pas aux forces divines qui pouvaient régner en ce monde comme des marionnettistes, tu ne croyais pas en une possible destinée qui rassemblait les gens et les peuples et pourtant, avec ton amant, tu t’amusais à croire en cette destinée qui préméditait des événements, des rencontres comme s’il s’agissait de quelque chose qui devait être défini, qui devait être fait. Tu te souviens, il n’y a pas si longtemps de cela, un contact qui t’avait amené à le rencontrer dans une ancienne chapelle, en ruines. Les statues représentaient les prophétesses de cet univers dont celle qui avait annoncé la Prophétie du Froid Blanc, Ithlinne. La lumière était filtrée par les planches qui tenaient encore à peine debout, de vieux rideaux pendaient entre de tringles brisées. Le plafond était écorché d’un oculus et le gros de la lumière filtrait par ici, éclairant ton visage quand tu étais entré ; tu aurais peut-être dû t’inquiéter qu’un rendez-vous se passe dans un tel lieu, surtout vu la décrépitude de l’emplacement mais il y avait une certaine quiétude qui en émanait qui rendait le tout plus calme et plus naturel que tu ne l’aurais pensé à première vue. Tu te souviens aussi des mots du contact, arrivé quelques minutes après toi, sonnant comme une voix provenue des cieux. Êtes-vous croyant, Nyx ? De simples mots qui pourtant raisonnaient très fort dans ton crâne, comme une litanie enchanteresse et qui te poussait à remettre beaucoup de choses en question. Tu n’étais pas un croyant, tu ne croyais pas en déités ou en forces surnaturelles et pourtant… Pourtant tu croyais en la force des mots, en la force des actes, des sentiments, des émotions, de la science, en la vision d’éléments concrets, mais les déités, la destinée, c’était des choses auxquelles tu avais des difficultés d’y croire. Mais tu croyais en ta relation avec Faelan, encore fragile par les manqués que vous aviez à parler, tu croyais en lui plus que tu ne pouvais croire en toi parfois. Il remettait tout en question, ce n’était pas une question de dogme, de théogonie ou de foi. C’était la certitude et la dévotion que tu pouvais vouer à un être qui te changeait irrémédiablement, qui arrivait à faire ressortir tout ce qui pouvait être bon en toi, tout ce que tu avais caché à jamais parce que tu préférais, de façon tordue, être détesté être craint. Il était plus simple de gérer l’indifférence ou la haine que de gérer l’amour et l’affection et pourtant, avec le polymorphe, la haine ne semblait qu’un préjudice que tu t’étais infligé comme un croyant qui s’infligeait milles tortures pour manque de foi. Peut-être était-ce ça ? Peut-être t’étais-tu infligé la douleur et la haine parce que tu ne croyais pas, et que maintenant que tu apprenais à éventuellement croire en l’existence de la destinée par le biais de ton amant, on t’offrait la possibilité de plus, de mieux.

Tu savais également que ta relation avec Faelan allait au-delà de ça, bien au-delà. Il était devenu si important en si peu de temps si bien que tu pouvais tout négliger pour juste rester avec lui jusqu’à ce que tout s’éteigne. L’inquiétude qui te rongeait en son absence, la fragilité en sa présence, la vulnérabilité quand il n’était question que de lui et cette croyance, maigre, en une destinée qui pourrait apporter son courroux d’un moment à un autre. Ton comportement s’est amélioré, à son contact. Moins violent, mais parfois plus impulsif, plus agréable, plus malléable. Cette faiblesse devrait te terrifier mais ce n’était pas le cas ; tu tirais une force de ta relation avec le polymorphe, dans la force que les sentiments que tu portais pour lui, une nouvelle lumière qui s’ouvrait à tes yeux. Tu comptais en profiter jusqu’à ce qu’il se lasse de toi, jusqu’à ce qu’il disparaisse, de son propre chef ou parce que le temps faisait son œuvre. Tu savais, cependant, que ta loyauté ne faiblirait probablement pas, qu’elle resterait aussi légitime que le jour où tu lui as accordé le premier pas de confiance. Tu en profiterais, et si pour cela, tu devais mettre ton commerce de côté, c’était quelque chose que tu étais prêt à faire autant de fois qu’il le faudrait. Les mots que tu lui glissais étaient gorgés de la sincérité de sentiments que tu n’arrivais pas à exprimer dans leur totalité, de l’honnêteté de toute la dévotion que tu lui portais. Il était véritablement devenu plus important que tout, sa simple présence réussissant à réchauffer une âme trop longtemps laissée dans le froid de la solitude et de la décrépitude. On t’avait souvent dit que les vampires étaient comme des dieux damnés, marchant comme tel dans l’éternité d’une vie trop longue sans finitude définie, mais que cet esprit, cette empreinte éternelle s’accompagnait de la solitude et de la morsure froide de celle-ci. Des démons pavés de bonnes intentions sur un chemin damné par l’enfer de l’éternel. Une éternité que tu redoutais tant tu ne savais pas quand elle s’achèverait pour ton amant et qu’ainsi, tu te retrouverais à nouveau dans le glacé de ton éternel. C’est pour cela aussi que tu t’inquiétais autant pour lui, parce que le temps n’était pas infini pour lui. D’une certaine manière, tu t’inquiétais aussi de disparaître, de l’abandonner, même si tes incertitudes te poussaient à imaginer que sans toi, il s’en sortirait, qu’il continuerait de vivre et c’était ce que tu lui souhaitais. La mort était illusoire pour un vampire et pourtant terrifiante tant elle pouvait arrivée d’un seul mauvais pas. Les vampires aimaient et se dévouaient d’une manière terriblement forte, un torrent d’émotions et de sentiments incontrôlables et tes incertitudes allaient au-delà de ce simple fait, de la façon dont tu pouvais contrôler ces états. Tu ne savais pas l’intensité des sentiments de ton amant, et même quand ses actes te poussaient à croire que la réciprocité était largement possible, une part de toi continuait à se demander si tout ça était bien réel, s’il pouvait véritablement apprécier l’être déchu que tu étais. Ainsi, quand son corps se colla contre le tien, une partie de ses incertitudes disparurent comme de la fumée, te rappelant que s’il était là, c’était pour la seule raison que ta compagnie ne lui était pas insupportable. Tes bras entouraient le corps du polymorphe, essayant de transmettre une partie de l’intensité de tes sentiments dans cette simple étreinte qui se voulait réconfortante. Ces mots l’étaient, cette certitude dans sa voix qu’il ne voulait pas que tu partes, qu’il voulait que tu demeures ici. Une de tes mains trouve le chemin de ses cheveux, glissant avec une douceur immaculée dans les mèches impétueuses tandis que ton autre membre trouve son dos, caressant avec soin la peau qui était sous tes doigts. Tu fermes doucement les yeux, réfléchissant à ses mots tandis que la douleur assassine de l’incompréhension, du manque de savoir vient déverser son poison dans tes veines pétrifiées par la peur de le perdre. Tu humes doucement à la fin de ses mots, tes bras serrant un peu plus la prise que tu as sur son corps. « Ce n’est pas grave. On le découvrira bien à un moment ou à un autre, il n’y a pas de raisons de s’en inquiéter maintenant. Et il n’y a rien à dire de plus. On ne sait pas, on ne saura pas dans deux heures, ni même demain. On verra en temps voulu. Je ne voulais vraiment pas t’inquiéter avec ça, j’en suis navré. » Tout n’est pas si fragile et au bord de l’implosion comme tu aimerais le croire juste sous le couvert qu’il n’est pas comme toi. Tu sais que la force de Faelan le préservera encore pour un long moment et la question de sa longévité n’est pas à se poser pour l’instant. Profiter de l’instant présent est déjà suffisant pour toi, et probablement aussi pour ton amant alors que ses mots éclatent à nouveau dans le silence de la pièce avant que ses lèvres ne trouvent la peau de ton cou, te faisant frémir très légèrement. Tu bouges légèrement ta tête pour pouvoir laisser un baiser sur ses cheveux avant de refermer doucement les yeux pour pouvoir profiter juste de la chaleur qui émane du corps de ton amant. Le silence est calme, presque apaisant alors que tu sens que la tempête est juste repoussée un peu plus loin, que le problème est loin d’être résolu. Mais qu’importe pour l’instant, ce n’est pas important, c n’est pas nécessaire de s’y arrêter, de tenter le diable quand il est déjà loin. Après quelques instants, tu éloignes doucement son visage de ton cou, la main qui était dans ses cheveux venant se poser sur sa joue avant tes lèvres ne trouvent les siennes, les embrassant avec la même douceur avec laquelle tes bras l’avaient enserrés un peu plus tôt. Tu reposes ton front contre le sien, ton souffle bien plus calme et plus posé que quelques minutes auparavant, toute douleur disparue. « Tu sais que tu comptes vraiment pour moi, Faelan. Je ne sais quelle magie tu as utilisée pour que je sois autant attaché à toi, mais elle fait des merveilles. » Un rire est légèrement soufflé entre tes lèvres tandis que tu dévoiles un peu de l’intensité de ce que tu ressens, une toute petite parcelle de tes sentiments encore beaucoup trop impétueux pour que tu puisses tout saisir et tout comprendre avec la perfection qui définit, à tes yeux, votre attachement mutuel. Tu te rends compte d’à quel point tout cela te rend faible, te rend soudainement vulnérable et beaucoup plus craintif malgré ton apparence. Tu as toujours cette peur de dire le mot de trop, celui qui était là trop tôt par rapport à la durée de votre relation mais tu n’arrives pas à les empêcher. Tu ne peux garder tout sous forme de secrets. Certains mots doivent être dits, et tu crois au pouvoir des mots et des actes. Tu fais juste de ton mieux alors que tu te noies dans l’infinité de tes sentiments pour cet homme, ne te reconnaissant parfois pas tant tout ceci te paraît étranger.
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Lun 14 Jan - 19:00
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
En vérité il y a encore tellement d'inconnues le concernant lui-même que Faelan en désespère parfois. Sa propre espèce lui est pratiquement étrangère, et ses congénères sont si peu nombreux que certains érudits l'ont même cru éteinte, au cours des dernières années. Ceux qui restent se font discrets, s'intègrent du mieux qu'ils le peuvent dans l'espoir de mener une vie tranquille, et font si peu de vagues que même pour l'un des leurs il est devenu difficile de les localiser. En trente-une années d'existence, il n'en a croisé pas plus de deux. A l'époque ses questions étaient restées évasives, car le jeune changeur était plus intrigué par la façon dont ils pouvaient se mêler aux humains plutôt que par ce qui faisaient leurs spécificités propres. Il regrette de ne pas avoir été plus curieux à ce sujet. Peut-être qu'ils n'en auraient pas su davantage que lui, mais peut-être que si... S'il avait l'assurance de les retrouver à l'endroit où il les avait quittés, Faelan retournerait les voir. Le souci, hélas, c'est que l'un comme l'autre ils avaient adopté un style de vide nomade. Remettre la main dessus tiendrait du miracle. Ses réponses, il devra les trouver ailleurs. Peut-être même finira-t-il par les découvrir tout seul.
Dans ces moments-là, il en viendrait presque à haïr ses propres parents qui pour une raison obscure l'ont laissé entre les mains d'un joueur de gwynt malchanceux. Pourquoi ? Etait-il si insupportable que cela, déjà tout petit ? Ceci dit, généralement après quelques minutes à ruminer après des géniteurs inconnus, l'humeur du doppler s'adoucit ; ils auraient très bien pu se faire tuer, après tout. C'est là le plus frustrant, même ça il ne le sait pas. Les orphelins et les abandonnés ne manquent pas, mais il se serait bien passé d'appartenir à l'une de ces catégories. Au fond, il ne sait même pas s'il est véritablement né sur An Skellig... Un jour peut-être ira-t-il mener son enquête, tenter de remonter jusqu'à ses origines. Mais c'est une démarche qui sera douloureuse, fera remonter bon nombre de souvenirs qui seront loin d'être agréables, et il ne s'en sent pas du tout capable pour le moment. Plus tard...

Pour l'heure tout ce qu'il sait, c'est qu'il ne supporterait pas qu'Elijah disparaisse de sa vie. Ce serait l'abandon de trop pour son coeur sensible à outrance, qu'il rêverait d'endurcir mais sans jamais vraiment y parvenir. L'une des principales raisons pour lesquelles il en rend l'accès si difficile, d'ailleurs. Cela rend les choses beaucoup plus faciles à supporter pour le changeur quand les gens s'en vont. Parce qu'ils finissent toujours par s'en aller, d'une façon ou d'une autre. Et bon sang ce qu'il est terrifié à l'idée qu'un jour son amant lui glisse entre les doigts. Sans doute s'est-il attaché trop vite et trop fort, mais il ne regrette rien. Faelan a juste peur d'être trop, d'être dans un excès qui finirait par fatiguer le vampire et le ferait s'éloigner alors que lui souhaite justement l'exact opposé. En toute honnêteté il ne sait pas comment il réagirait si ce cauchemar devait prendre forme, mais ce dont il est persuadé c'est que cela ne se terminerait pas bien pour lui.
Alors c'est un imperceptiblement soupir de soulagement qu'il relâche en sentant l'étreinte et les tendres attentions de sa moitié. Ne pas penser au pire, pas ici, pas maintenant. Ce n'est pas le moment. Pour l'instant tout va bien, et il devrait s'en réjouir, savourer ce qui lui est offert, plutôt qu'empoisonner un bonheur qu'il redoute n'être qu'éphémère. Le voile de ses paupières se lève quand il sent la main d'Elijah contre sa joue, et ses lèvres s'ourlent d'un infime sourire tandis qu'il lui rend le baiser avec la même douceur. Les mains du polymorphe quittent le dos de son compagnon pour venir se poser sur ses joues, les caressant des pouces.

- Les dopplers ne font pas de magie, trésor. Quoique... Je ne sais pas si on pourrait utiliser la magie en imitant un mage. Son sourire s'épanouit quelque peu, avant de réaliser qu'un mot lui a malencontreusement échappé, glissant sur sa langue pourtant si naturellement qu'il ne s'en rend compte qu'à retardement. Les joues de Faelan s'empourprent de gêne, et il s'esquive des bras de son amant en se changeant en loup. D'un bond il descend du lit et va pousser le baquet de bois faisant office de baignoire jusqu'à la porte menant sur le bout de terrasse. Une fois satisfait de l'emplacement, il retourne à son apparence d'elfe pour se saisir du flacon déposé plus tôt par le vampire et le fixe d'un air un peu dubitatif. Comment est-ce que ça fonctionne, au juste... ? Pour les autres changeurs il ne sait pas, mais lui en tout cas ce n'est pas demain qu'il pourrait se mêler à une réunion de sorcières.
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Lun 14 Jan - 20:47
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sinking feeling and wretched shades. L’abandon était une chose tellement commune dans ce monde que tu avais parfois peine à croire que tu n’avais pas déjà subit ce sort. Sur certaines situations, tu pouvais appeler l’abandon mais le mot sonnait tellement fort que tu préférais le terme trahison, qui pourtant avait une connotation parfois plus forte dans ce monde que dans le tien. Ce monde, malgré toute la haine que tu pouvais avoir, t’avait énormément appris, sur toi-même notamment, et sur les tiens, sur ton espèce. Une espèce qui, dans ton monde, se complaisait d’une existence des plus simples, avec une absence de hiérarchie similaire à cet univers. Il y avait des formes de hiérarchie, mais plus simplifiée, presque similaires aux clans ou aux meutes, vous étiez des tribus, parfois nomades, parfois sédentaires. La tienne était sédentaire, ou du moins, une partie l’était tandis qu’elle était devenue plus nomade à son arrivée ici. Si dans ton monde, tu t’étais conforté dans cette vie où le clan importait plus que le reste, cet univers t’avait appris l’indépendance, l’émancipation d’un clan qui voulait absolument vivre loin des sociétés humaines, loin du courroux humanoïde. Bien sûr, d’une certaine manière, tu étais toujours loyal à ta tribu, mais moins que tu n’aurais pu l’être lorsque ton monde te baignait de la lumière noire des espérances d’une collectivité. Tu avais appris sur ton existence plus que tu ne l’aurai cru, appris à te transformer, à faire jouer tes pouvoirs innés, à les redécouvrir en même temps que la fibre de ta personnalité se mélangeait à une nouvelle, plus concrète mais dont la diversité demeurait intangible tant il te restait des zones d’ombre. Tu ne te connaissais pas totalement de même que ton existence possédait encore un éventail de choses que tu ne t’appropriais pas encore et que tu n’aurais probablement jamais l’occasion de connaître. Tes formes, par exemple. Tu en possédais quatre, à l’heure actuelle, mais des vampires supérieurs t’en avait dévoilé plus que tu ne pouvais l’imaginer, un polymorphisme presque semblable à celui des dopplers à la différence qu’il était régit par le porteur et non pas par copie. C’était l’esprit qui rendait le corps malléable et c’était quelque chose dont tu étais encore bien incapable. Rien que ta transformation en être nocturne était parfois difficile, plus compliquée qu’elle ne devait l’être. Contrairement à ce que l’on imaginait quand tu mentionnais que tu étais un vampire supérieur, tu étais loin d’être aussi puissant que tes paires. Même ta petite sœur possédait des capacités que tu n’avais pas. Tu te contentais de ce que tu avais, en espérant qu’aucun de tes pouvoirs ne te ferraient défaut quand tu en aurais besoin, cela dit. Néanmoins, ce monde, si il t’avait appris énormément sur ta façon d’agir avec autrui, sur toi-même, il t’avait poussé à abandonner des choses plus primaires. La gestion des sentiments et des émotions en était l’exact exemple. Dans ton monde, l’honnêteté et la représentation de sentiments purs et brutes était souhaitée, ici… Tu t’étais tout simplement fermé à la possibilité. Une chape de plomb s’était enfoncée sur ton crâne, amenant avec elle des banalités d’incertitudes et des pensées plus négatives les plus que les autres, dont celle que tu ne méritais absolument pas de pouvoir dévoiler tes sentiments, pas de la même manière dont tu aurais pu le faire auparavant.

Ainsi, tu t’étais fermé, et pendant des années, des siècles, c’était resté ainsi. Un cœur à l’abri, encerclé de chaînes allégoriques, dont les clefs étaient disséminés partout dans le morcellement de ton âme, pour ne pas être blessé mais aussi parce que tu étais persuadé que l’abandon serait la seule issue à ce que tu t’ouvres et que tu t’autorises la vulnérabilité d’une relation. L’amitié avait quelque chose de différent, quelque chose où tu te permettais juste ce petit écart de conduite, un rien, un pas de côté où tu t’ouvrais suffisamment pour satisfaire la curiosité d’autrui plus que ton besoin de te confier. Tes crises, tu les passais seul ou avec un autre membre de ton espèce que tu tolérais, jusqu’à maintenant. La solitude de ta demeure permettait l’expulsion incandescente de tout ce qui te révulsait chez toi, un rejet nécessaire mais qui te rendait aussi fragile qu’une coupe de porcelaine si l’on venait à s’approcher un peu trop de ta forme abyssale. Tenter de comprendre la complexité de ce qui composait tes pensées négatives était comme regarder dans les abysses : il y en avait tant, accumulées par les années et les siècles, que discerner le vrai du faux devenait un jeu malsain où même toi tu étais incapable de discerner ce qui provenait de la folie de ton propre abandon et ce qui était réel, l’insécurité réelle que tu pouvais ressentir. Faelan n’en avait vu qu’une petite partie en tendant la main vers toi, et tu espérais très fort que ces insécurités disparaitraient à son contact. Et cela marchait, petit à petit. Tu t’étais rouvert à son contact, avait accepté à demi-mot que tu pouvais être apprécié autrement que par un masque, une identité arbitraire, mais par toi-même, ta propre personnalité, celle qui s’était créée dans ce monde et celle qui revenait de ton monde natal. L’idée même que Faelan t’abandonne ou que tu l’abandonnes te rendait malade, te plongeait dans une psychose viscérale dont tu n’arrivais à te défaire quand elle arrivait si bien que tu l’expulsais toujours plus loin, refusant de confronter le polymorphe sur le sujet parce que tu savais les conséquences d’une telle discussion, pour toi comme pour votre relation. C’était avouer tes incertitudes et des insécurités, avouer que ta vulnérabilité était plus ancrée que ce que tu osais déjà dévoilé, que cette faiblesse avait juste été refoulée pendant des siècles par peur que l’on s’en serve contre toi parce que tu n’osais pas en parler, à quiconque de peur d’être incompris à une époque où  la langue commune était encore un langage si peu familier. Si l’idée de l’abandon te rebute tant son sens t’est violent, c’est aussi parce que tu sais que l’abandon de Faelan pour toi serait ta perte, celle où ta vie prendrait le chemin du non-sens, où tout objectif que tu pouvais avoir s’écroulerait dans le néant de ton existence. A quoi bon rester s’il n’est plus là tu en venais à penser, alors que tu avais pourtant passer six siècles sans sa présence autour de toi et tu continuais de te demander comment tu avais fait maintenant que sa présence était quelque chose d’omniprésent dans ton esprit.

Tu attrapais chaque attention qu’il te donnait comme un affamé de tout cette tendresse, de cette délicatesse ; ce que, au fond, tu étais, tu le réalisais bien. Tu étais devenu affamé d’attention, complètement assoiffé par le manque et l’attention que l’on pouvait t’offrir en tant qu’amant mais tu le rendais, du mieux que tu le pouvais. Le trésor qui s’échappa des lèvres de ton amant te fit frissonner, très légèrement, te rendant plus heureux que tu aurai pu l’imaginer. Un simple mot, si doux, si naturel sur ses lèvres que ton sourire revenait à la charge comme s’il avait toujours été là. Pourtant, il n’y avait qu’au contact de Faelan que tu étais devenu si souriant sans une once de sarcasme ou d’ironie. Mais ce mot, ce mot avait enflammé un peu plus les sentiments qui se battaient en ton sein, rendant l’incandescence de tes émotions d’autant plus incontrôlable que ça ne l’était auparavant. C’était rajouter de l’huile sur un braséro déjà bien trop puissant pour être naturel. Tu ne relevais cependant pas le petit nom, surtout en voyant ton compagnon prendre sa forme lupine, son pelage brillant grâce à la lumière de l’astre lunaire. « Ca dépend, j’imagine, de ton affiliation avec le pouvoir. C’est une bonne question, cela dit. » Tu n’étais pas idiot, en voyant la rapide gêne de ton compagnon, tu sentais bien qu’il n’avait pas réfléchi en dévoilant ce trésor, et qu’il avait peut-être peur d’outrepassé une limite non définie et tu ne voulais pas le rendre plus gêné qu’autre chose. Tu lui soufflerais probablement la même chose suffisamment tôt, sous le coup du naturel également. Pour l’instant, tu l’observais juste, avec un flegme propre à ta condition, modifier la disposition du baquet dans le cadre de la porte pour que vous puissiez observer les étoiles en toute impunité. Tu étais toujours fasciné par ses transformations, et cette fois ci n’en était pas exempt quand il reprit sa forme elfique d’autant plus agréable pour tes yeux. Tu te levas à sa question, laissant tes pas feutrés le rejoindre avec la même nonchalance que tu utilisais de façon régulière. Un de tes bras se glissa autour de sa taille avec une certaine douceur, ta main trouvant sa place contre sa peau avec une certaine aisance, tandis que tu déposais ta tête contre son épaule. Ta main libre vint attraper la sienne contenant la bouteille, la glissant habilement hors de ses doigts pour entourer les tiens autours de la bouteille, tes lèvres expiant un rire silencieux contre sa peau. « C’est assez simple, une fois que tu connais le principe, tu vas voir. » Tu murmures, le trésor si près de tes lèvres qu’il est difficile pour toi de le contenir, mais tu le fais. Ce surnom lui va terriblement bien et tu te sens presque frustré qu’il l’ait utilisé avant toi, mais c’est un désir égoïste, surtout quand tu sais à quel point ce petit surnom te fit plaisir. Cela dit, tu te reconcentres sur la bouteille, ton pouce éjectant le bouchon qui roule doucement contre le sol. Tu penches légèrement la bouteille, le liquide argenté restant comme figé malgré l’angle, et tes lèvres murmures doucement les paroles rapportées par le mage ophiri qui te vendit sa création. Le liquide commence alors à glisser doucement hors de la bouteille, prenant une couleur bleutée lorsque le liquide touche le fond du baquet. Un petit sourire sur les lèvres, tu déposes doucement ses dernières contre sa peau, dans le creux de son cou. « Je peux t’en avoir pour toi, si tu le souhaites. Le mage ophiri est fort friand de clients et je suis apparemment un bon client à ses dires. » Mais tu connais aussi la passion qu’ont les ophiris à exagérer et tu doutes être le seul à pouvoir avoir le luxe de se payer ses potions. Néanmoins, tu laisses de côté la pensée de l’ophiri pour placer de minuscules baisers le long de son cou et de son épaule, dans une ligne un peu irrégulière tandis que ta main tient toujours la potion, un œil concentré sur la potion, pour que le baquet ne déborde pas.
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Faelan d'An Skellig
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Lun 14 Jan - 22:59
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Autrefois, Faelan n'était pas aussi bavard. Bien loin de là, même. Lui tirer ne serait-ce que quelques mots pouvait être considéré comme un exploit. Parfois, lorsqu'il se trouvait forcé de prendre la parole pour répondre à une question qu'il ne pouvait pas éviter ou qu'on voulait lui extorquer une information quelconque, prononcer quelque chose lui semblait presque douloureux. Parler ne lui disait pas grand chose. Tout simplement parce qu'il n'avait rien à raconter et personne pour l'écouter même si cela avait été le cas. Quand il s'est finalement trouvé libéré de l'emprise d'Ingvar, et que lentement mais sûrement le changeur est parti découvrir Skellige de son propre chef, là il a commencé à faire réellement entendre sa voix. Une autre chose basique pour tout à chacun, mais que lui a dû apprivoiser. Doucement il a d'abord fait la conversation avec les animaux qu'il croisait loin des villages, puis avec des voyageurs qu'il rencontrait sur les routes, et petit à petit il s'est enhardi jusqu'à pouvoir devenir une véritable pipelette quand les circonstances s'y prêtent et qu'il est d'humeur. Pour rattraper le temps perdu ou tout simplement parce que c'est dans sa nature ? Une question de plus à laquelle le doppler ne pourrait pas répondre.

Toutefois, cela peut expliquer cette difficulté qu'il éprouve à communiquer clairement avec Elijah. Si sa période d'apprentissage est techniquement loin derrière lui, il y a toujours des mots qui se dérobent obstinément à chaque fois qu'il essaie de les saisir. Exprimer ce qu'il ressent de vive-voix est compliqué. Cet exercice lui paraît tellement retors qu'il a peur du moindre faux pas qu'il pourrait faire. Sa tendance à angoisser pour un rien lui fait craindre que la moindre erreur pourrait mener à une véritable catastrophe en chaîne dont le résultat ne lui plairait pas le moins du monde...
Pourtant, c'est bien un mot qui vient de lui échapper et dont il craint les retombées. Pris dans la panique de ses réflexions hiératiques, il envisage l'espace de quelques secondes de le reprendre. De prétendre qu'il ne le pensait pas, que c'est la fatigue qui parle. Sauf qu'il le pense. A ses yeux, son amant est sans conteste le plus précieux des trésors. De ceux qu'on défendrait bec et ongles jusqu'à y laisser sa peau, si nécessaire. Ni plus ni moins que la meilleure chose qui aurait pu lui arriver, peu importe ce que peuvent en dire les autres, ou Eilijah lui-même. C'est son trésor, le sien à lui et à lui seul, et il souhaite bonne chance à qui voudrait le lui voler. Parce qu'il n'est pas près de subir sans réagir.

Les angoisses de Faelan s'évaporent cependant alors que le vampire se lève pour revenir contre lui, la chaleur de sa peau contre la sienne lui tirant un sourire et un léger soupir d'aise. Pendant de trop longues minutes, le polymorphe a eu peur d'avoir traversé une frontière interdite. Parce que dans sa tête, il y a une différence entre être d'accord pour ne plus coucher avec qui que ce soit d'autre, et se permettre d'attribuer des noms doux à son partenaire. Encore une fois, il ne sait pas quel mot pourrait définir justement ce lien qu'ils partagent. Et quand bien même, il aurait probablement peur de le dire à voix haute, comme si cela pouvait rompre le charme.

- Simple pour toi, tu veux dire. rétorque le doppler, une note d'amusement dans le ton employé. Avec une certaine fascination, il observe la façon dont le liquide reste d'abord étonnamment statique, pour ensuite se liquéfier aux paroles incantées et finalement donner de l'eau qui a l'air parfaitement chaude, juste en dessous. La magie est vraiment quelque chose de passionnant, il ne cesse de s'émerveiller comme un gamin au moindre petit sort qui lui est donné de voir. L'attention de Faelan est ceci dit rapidement à nouveau captée par son amant qui le gratifie de quelques baisers, sous lesquels il ronronne en venant frotter le bout de son nez contre la tempe d'Elijah. J'aimerais bien en avoir, mais franchement je ne suis pas certain d'arriver à m'en servir correctement. Donc c'est pas la peine, mais merci. D'un geste de la main, il lui fait relever la sienne en constatant que le semblant de baignoire est déjà bien rempli, et qu'il va falloir prendre en compte qu'ils vont faire monter le niveau de l'eau en rentrant. Un sourire taquin ourle ses lèvres, et il vient promptement lui voler un baiser. Tu m'en veux pas, je passe devant. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le polymorphe se détache de sa moitié pour entrer dans l'eau avec un soupir de satisfaction. C'est parfait. Mais cela ne le serait vraiment que lorsqu'il l'aurait rejoint.
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Lun 14 Jan - 23:50
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sinking feeling and wretched shades. L’avantage que tu avais d’avoir traversé quelques siècles était de pouvoir encore s’émerveiller des nouveaux qui apparaissaient. Quand tu étais arrivé, la magie et les onguents magiques n’étaient réservés qu’aux mages, par exemple ; eux-seuls pouvaient utiliser les outils liés au pouvoir. Aujourd’hui les choses s’étaient quelque peu retournées, des êtres simples et sans affinité particulière pouvait avoir accès à des objets tels que les mégascopes ou des potions particulières, pour peu que l’on mettait le prix dans le dit objet. Ce que tu faisais régulièrement depuis. Peu de choses dans ta demeure n’étaient pas régies par la magie, par confort plus que par nécessité mais tu appréciais ce léger confort. Tu n’avais pas besoin de couvertures de soies et autres oreillers en plume d’oie, mais une potion pour avoir le droit à un bain chaud, c’était presque devenue une nécessité. Tu n’avais jamais grandi dans le luxe des riches familles vampiriques, même si ta famille possédait un statut, cela ne voulait pourtant pas dire que tout était simple et tout tombait si facilement. Ainsi, ton arrivée dans ce monde fut portée par cette même simplicité et difficulté de trouver, au départ, juste de la nourriture pour rassasier ton estomac et ta soif, puis un confort pour la nuit. Aujourd’hui, tu pouvais avouer avec une aisance déconcertante que tu ne manquais de rien d’un point de vue matériel. Tu ne roulais pas sur l’or, c’était une certitude, mais tu pouvais te payer tous les petits luxes qui maintenant ta vie dans un confort indéniable. Tu ne vivais pas au-dessus de tes moyens, mais tu profitais très largement de chaque couronne déposée dans ta bourse après une transaction bien faite, de même tu connaissais la pauvreté et la fermeté qui allait de pair. Tes premiers pas dans ce monde fut avec un boulet à la cheville, lourd et difficile à traîner, abandonnant traces et traces derrière toi, la pauvreté accueillant la solitude à bras ouvert. Le pire fut ton sevrage, exercé dans l’intimité d’une chambre à Angren. La solitude pesante, le manque, la douleur dans chacun de tes muscles, l’addiction sévissant telle une lame sous ta peau et étirant chacun de tes organes sous son passage, striant ta peau et laissant brûlures et cicatrices à chaque secondes. Si la mort de ton frère marqua ton esprit et ta personnalité de façon permanente, le souvenir cuisant de ton sevrage était presque aussi virulent. Si jusque-là, tu avais gardé une âme encore enfantine, curieux de tout et n’hésitant pas à le montrer ; le sevrage te rendit plus sombre, moins bavard, plus taciturne, silencieux et extrêmement morose. Quand tu pensais que ça n’allait durer que pendant ton sevrage, tu t’étais trompé, lourdement. La marque du manque était gravée sur ton esprit au fer blanc, t’obligeant à te taire et à ne parler que lorsque les mots étaient parfaitement et minutieusement choisis pour la discussion que tu lançais. Ton innocence adolescente avait disparue en même temps que le goût pour le sang, l’ivresse qu’elle apportait. Aujourd’hui, cela n’avait guère changé. Tu parlais plus, oui. Mais tu essayais toujours de trouver les mots justes, de t’éloigner de ton toi brouillon, celui qui parlait parfois sans réfléchir, sans penser aux conséquences de tes mots. Si la personne que tu étais auparavant se trouvait maintenant devant Faelan, il n’y aurait nul doute que tu aurais déjà implosé, dévoilant sentiments couches par couches jusqu’à ce que ta gorge brûle de douleur. Tu ne l’étais plus, cependant, tu avais changé. Peut-être en bien, peut-être en mal. Ces définitions étaient toujours autant difficiles à capter dans ton esprit tant elles impliquaient une notion manichéenne qui n’existait pas dans ton monde et dans ta langue natale.

Néanmoins, ce genre de mots, précieux, dévoilés par le secret d’une relation, existaient bel et bien. Les entendre à nouveau te plongeait dans l’adolescence de ta vie antérieure, celle où les relations n’étaient pas si compliquées, pas tant voilées par l’incompréhension et les non-dits dans la communication. Tu te sentais véritablement comme un adolescent, même s’il était évident qu’une nouvelle ligne était franchie, une énième barrière abattue et une nouvelle incandescence révélée. Même si leur relation va trop vite, que tout va beaucoup trop vie par rapport à ce que les humains pourraient dire, quand tes yeux se posent sur ton amant, tu ne vois que ça : un trésor. Une personne qui t’es si précieuse que la simple idée qu’il parte te brise déjà en morceaux, une âme que tu chérirais jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et à qui tu donnerais la tienne si le besoin était présent. Comme toujours, les vampires aimaient de façon inconditionnelle une fois que le lien était créé, et il  t’arrivait de te demander si toi-même tu n’allais pas trop vite par rapport à lui, si cette intensité était réciproque et si il éprouvait simplement ce sentiment de préciosité. Chose que, malheureusement, tu ne pouvais comprendre. Tu n’avais rien de précieux, ta peau sombre se fondant plus simplement dans l’obscurité quand le corps de Faelan brillait à la lueur du soleil, quand il était la vie incarnée et que tu trainais derrière toi le cadavre de la mort, quand tu prenais le chemin des damnés et qu’il glissait sur les pics célestes. Vous aviez tous les deux un passé des plus complexes, tu en étais bien conscient même si les mots restaient en suspens entre vous, mais quand tu le regardais, tu le voyais vibrer d’une intensité inconnue, comme un soleil. Peut-être étais-tu destiné à être une lune, plongée dans l’obscurité tandis qu’il brillerait. Ça te convenait, sans aucun doute, et tu tuerais qui que ce soit qui tenterait de le plonger dans l’obscurité, qui lui enlèverait cet éclat si céleste. Peut-être que tu adorais trop sa personne, peut-être. Tu ne pouvais cependant pas t’en empêcher tant il rayonnait autour de toi et respirait la vie comme si la mort n’existait pas. Ton soleil. C’était ce qu’il était depuis qu’il était apparu dans ce chemin que tu te traçais, obscurcit par ta solitude devenue conventionnelle et habituelle. D’abord un simple rayon, un brin de curiosité qui s’animait chez toi, et finalement, un bouquet de lueurs diurnes qui t’éblouissait toujours mais qui t’emplissait d’une chaleur incandescente, à peine dissimulable. Et malgré tous les non-dits et vos écarts en termes de conversation,  il resterait ton soleil, vibrant et lumineux à souhait, même lorsque la gêne se lit dans les yeux, et encore plus lorsque l’amusement est présent, comme lorsque tu lui expliques que cette potion entre tes doigts est simple d’utilisation. Tu pouffes, très légèrement, maintenant ta poigne sur le flacon. « Probable oui. Ça fait un moment que je les utilise, je dois avoir l’habitude. » Les mots sont mêmes devenus une habitude, quelque chose de banal. Parfois, tu ne regardes même pas si tu as bien incliné la bouteille, tu sais que c’est fait et bien fait et tu ne t’en formalises pas. Néanmoins, dans les moments où tu n’as rien d’autre à faire, tu contemples le liquide argenté devenir une pluie douce et bleutée, légèrement brillante, un petit tumulte aquatique qui remplit rapidement les bords du baquet. Une couleur si similaire à celle qui ruissèle dans ton œil droit, bien que l’eau du bassin soit parsemée de petites étoiles, l’effet dû à la magie statique qui demeure en surface. Tout ceci n’est qu’artifice, n’est qu’une poudre de magie. Tu détournes légèrement tes yeux de la surface de l’eau lorsque ta main est relevée par celle de ton amant, humant doucement à ses mots. Un rire silencieux s’échappe tandis qu’il te vole un baiser, ton sourcil arqué. « Allez-y messire. » Tu réponds, taquin, en te courbant très légèrement avant qu’il n’applique ses paroles. Par mesure de sécurité, tu récupères néanmoins le bouchon de la bouteille, glissant ton pouce contre les bords pour que le sort se stoppe avant de refermer la bouteille qui n’est qu’à moitié vide. Tu déposes la bouteille sur un meuble non loin avant de revenir vers ton amant, ton épaule se calant à nouveau contre le chambranle de la porte, tes yeux profitant à juste titre du spectacle, ton amant entouré de l’eau luisante, éclairé par la lune. Un soleil nocturne, sans nul doute. Un léger soupir suivit d’un sourire s’échappe de tes lèvres. « Si tu pouvais te voir, c’est un spectacle à couper le souffle. Tu es magnifique. » Tu soupires doucement, presque rêveur et ne réalisant qu’à peine qu’il t’a choisi toi de toute les créatures qui peuple ce monde. Toi, le vampire damné, exilé, possédant plus d’ombre que de lumière dans sa carcasse décharnée. Tu essayes de ne pas y penser pour l’instant, profitant simplement de la vision qu’il t’offre. Tu te rapproches néanmoins du baquet, te penchant légèrement pour déposer un baiser sur son front, glissant le bout de tes doigts dans l’eau pour vérifier la température. « J'en déduis que l’idée te plaît ? Tu es suffisamment confortable? » Tu demandes avant de le rejoindre, l’eau montant doucement d’un nouveau niveau avant que tu ne te cales contre lui, retrouvant, pour quelques instants ton âme d’adolescent, morcelé par le besoin d’être contre lui, un besoin d’attention que tu essayes de cacher au plus profond de toi. Tu déposes un baiser sur ces lèvres avant de caler ton dos contre son torse, ta main cherchant la sienne pour entremêler vos doigts tandis que tes yeux se lèvent vers le voile nocturne et les constellations multiples qui se déclinent en milliers de déclinaisons.
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Mar 15 Jan - 1:40
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Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
Faire le parallèle entre la vie qu'il mène aujourd'hui et celle qui était la sienne auparavant le rend parfois triste. Faelan ne peut pas s'empêcher d'imaginer tout ce qu'il a pu manquer, mais qu'il ne lui sera pas permis de rattraper. Expérimenter tardivement certaines choses, comme l'art de faire la conversation, apprendre à lire et à écrire, ou même comment se mêler aux humains est tout à fait possible avec la motivation adéquate. En revanche, il y a des événements de sa vie qu'on ne pourra pas lui rendre. En observant parfois les enfants jouer entre eux, son coeur se serre en songeant qu'il n'aura pas eu l'occasion de le faire. Il aurait aimé avoir une enfance ordinaire. Enfin, aussi ordinaire que puisse l'être celle d'un polymorphe. Mais sans doute que cela aurait été amusant de faire tourner les adultes en bourrique avec ses talents. Peut-être même que les autres l'auraient apprécié pour ses dons, il aurait pu se faire quelques amis, qui sait. Ou bien leur innocence aurait déjà été gangrenée par les préjugés de leurs parents et il aurait été exclu du groupe sans trop comprendre pourquoi. Impossible de savoir. Quelque part, Faelan préfère rester dans l'ignorance. Peu importe ce qui aurait été vrai au final, la douleur qu'il ressentirait aujourd'hui serait la même. Soit celle de n'avoir jamais connu une enfance heureuse, soit l'incompréhension et la frustration accompagnant celle d'une solitude imposée. N'ayant au final jamais vraiment eu le loisir d'être un enfant, c'est vrai que dans son comportement actuel on peut parfois le qualifier d'immature. Notamment lorsqu'il s'amuse d'un rien ou teste la patience d'un interlocuteur. Des petits jeux qui ont le mérite de l'occuper, ce qui est préférable quand on sait qu'inactif, il a tendance à causer des catastrophes en fourrant son nez partout. La curiosité le ronge en permanence, et le doppler ne parvient pas toujours à la museler.

Une curiosité qu'au final il bénit une infinité de fois, puisque c'est elle qui l'a conduit à se rapprocher de l'homme qui est aujourd'hui son amant et ni plus ni moins que la prunelle de ses yeux. Il se sent capable de tout accomplir pour lui. Que ce soit simplement pour avoir la chance de voir son visage s'illuminer d'un sourire ou même pour le protéger. Bien sûr, sa raison tente de lui rappeler que c'est un vampire âgé de plusieurs siècles, et que s'il devait avoir besoin d'aide ce n'est sûrement pas un petit changeur de rien du tout qui ferait la différence, mais en vain. C'est plus fort que lui. Si jamais quelqu'un s'avisait de menacer Elijah en sa présence, le sang finirait certainement par couler si personne ne le retenait. Quitte à ce que ce soit le sien au final. Il ne supporterait pas de rester passif, quelque part c'est aussi un peu son honneur de fils de Skellige qui en serait atteint, s'il ne levait pas le petit doigt. Même si c'est vrai et il en a bien conscience, ce serait probablement plus ridicule qu'intimidant...

Pourtant, cela ne l'empêcherait pas d'intervenir. Juste au cas où. Parce que Faelan refuse de perdre sa moitié qu'il a mis tant de temps à trouver et dont il veut profiter pour le temps qu'on voudra bien lui accorder. Chaque instant volé à un destin souvent trop cruel est une petite victoire en soi, et c'est vrai que parfois il redoute le moment où il pourrait ne plus faire attention. Où ce sera devenu banal, que les gestes seront un automatisme ne soulevant guère plus d'émotions. Quelque part, ce serait presque pire que leur affection se fane lentement, plutôt que l'un d'eux ne soit prématurément fauché par la mort. Cette simple idée colle des sueurs froides au changeur.
Par chance ceci dit, se trouver dans un bain bien chaud aide à arrêter de broyer du noir. Une nouvelle fois ses joues rougissent quand un autre compliment se fait entendre, qu'il ne pense pas mériter. Malgré tout un sourire étire le coin de ses lèvres, ses prunelles d'un ambre sombre épousant celles de son compagnon.

- Dixit le vampire dont on pourrait faire une statue ; et qu'un bon paquet de nobles s'arracheraient à prix d'or, si tu veux mon avis. Et comme souvent, c'est par un trait d'esprit que Faelan essaie de se départir de sa gêne. Il n'a pas encore l'habitude d'entendre ce genre de louanges. Evidemment cela lui fait plaisir, bien plus qu'il ne veut l'avouer, ce n'est pas que cela le dérange mais c'est un peu comme s'il ne s'en sentait pas légitime. Une pensée idiote, il le sait lui-même, mais persistante. C'est parfait, viens par là. Le doppler enlace la taille d'Elijah d'un bras quand il vient contre lui, sa seconde main étant déjà occupée par celle de son amant. Celle encore libre caresse le ventre de sa moitié, tandis que ses lèvres en profitent pour venir couvrir sa peau de baisers, un peu partout en partant de son oreille jusqu'à son épaule. Avec délicatesse, Faelan mordille la chair tendre de son cou avant de finalement de caresser la tempe du vampire de ses lèvres. Là seulement il reporte son attention sur le ciel, son expression se faisant un peu rêveuse. Ce que j'aime bien avec les étoiles, c'est que peu importe où on se trouve, elles sont les mêmes. Je trouve ça rassurant... C'est bête, ne te moque pas hein, mais j'aimerais bien pouvoir voler suffisamment haut pour en attraper une... Je te la donnerais. ronronne-t-il contre son oreille, resserrant tendrement sa prise autour de lui. Les mots sont encore en dessous de tout, et cela le frustre beaucoup trop. Faelan aimerait parvenir à lui faire parvenir toute l'intensité de l'amour qu'il lui porte, sans avoir l'impression d'y parvenir.
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Elijah Nyx Caedreach
Race Race : Vampire Supérieur
Mar 15 Jan - 2:40
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sinking feeling and wretched shades. Les étoiles, ces astres qui brillaient comme des repères ultimes et indicibles sur une carte ; des points reliés à d’autres et formant des figures toute particulières, désignées et rassemblées par les êtres qui étudiaient ces astres emplis de mystère. Tu avais longuement observé les étoiles, à ton arrivée ici, cherchant les similitudes avec l’illusion que tu conservais de ta terre natale, de son voile céleste, mais tout était différent jusque dans le placement des étoiles. Tout était si familier, si différent, si étranger, c’était douloureux. Chaque regard que tu portais dans le ciel te rappelait à quel point tu n’étais pas d’ici, que tu n’étais qu’un invité forcé dans un monde qui n’était pas le tien et que tout te rattachait ici contre ton bon vouloir. Néanmoins, tu ne pouvais t’empêcher d’essayer de comprendre leur fonctionnement, leur sens. Tu avais trouvé une figure pour te l’apprendre, lors de ton temps à Nilfgaard ; un mage, une forme d’ermite qui restait enfermé dans sa maison en dehors de la capitale, près des déserts ensablés de l’Empire. Il t’apprit à voir au-delà de l’astre lunaire et au-delà des constellations prédéfinis, à voir une destinée dans une tapisserie stellaire et à voir un univers qui te dépassait dans la poudre lunaire. Tu avais continuée à les détester, malgré tout cet apprentissage, comme si elles étaient l’éternel rappel que tu étais un invité et que même elles, elles te trouvaient étrange et inadapté. Pourtant, tu te reposais énormément sur ces astres, pour te guider, pour trouver la nostalgie d’un temps qui était révolu et tu avais finis, après des années, à voir en elles des guides plus que des juges de ton existence médiocre. Une existence que tu avais passé à errer, à pester contre cette destinée cruelle qui t’imposait des choix aux antipodes de la personne que tu aurais aimé devenir, te plongeant dans cette spirale d’agonie sans réconfort. Les étoiles étaient tour à tour des sœurs de réconfort, de nostalgie et de solitude et la seule barrière qui t’empêchait de t’éteindre, pendant longtemps. Elles étaient devenues guide d’une destinée dont tu refusais d’accepter l’existence par manque de croyance, ta seule volonté même de ne pas y croire réduisant chaque épreuve en un dernier caprice de cette dernière pour que tu puisses un jour arrêter de te voiler les yeux. Chaque brûlure encore plus vivace que la précédente, et pourtant, tes yeux se levaient toujours vers le ciel en espérant voir une lune rouge vibrante, éclatante comme si tu ne l’avais jamais quittée. Tes espoirs s’étaient toujours évaporés, et la destinée était toujours plus présente, une épée de damoclès qui ne s’abattait jamais vraiment contre toi, restant présente mais toujours à distance.

Et pourtant, elle t’avait poussée vers cet être, ce polymorphe que tu cajolais avec une tendresse presque anormale pour ton essence, si l’on en croyait les textes mais tout le monde savait que tu les avais oubliés depuis longtemps. La nuit où tu le rencontras, rien que ce soir-là, quelque chose s’était produit. Tu le sentais déjà, alors que ton corps avait subi plus de coups que nécessaires, que ta joue était probablement couverte d’ecchymoses et que tes gants étaient abandonnés au sol, écrabouillés par la boue, que cet homme-là n’allait probablement pas te laisser, pas ce soir-là. Il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose d’indescriptible et que même aujourd’hui tu n’arrivais pas à comprendre et à décrire tant cela paraissait illusoire, et pourtant. Tes yeux s’étaient détournés, aimantés par un adversaire un peu fougueux et tu esquivais enfin, ton corps se mouvant de lui-même sans pour autant que ton attention soit dirigée ailleurs que sur ce polymorphe. Une attraction, inévitable, palpable dans l’air et le fil de la destinée, tendu, prêt à être coupé ou renforcé. C’était effrayant, sans nul doute, mais déjà à ce moment-là, où ton corps était couvert d’hématomes en tout genre, que du sang tâchait chaque parcelles de tes vêtements, tu pouvais voir une nouvelle constellation dans ses yeux. Des nuances de couleurs, sur les mêmes tons, qui se reflétaient et qui créaient une nouvelle tapisserie dont tu ne pouvais te séparer, tu ne pouvais quitter ton regard du sien. L’attraction était terriblement forte. Il était un soleil, un astre céleste, un voile étoilé à lui tout seul, et… Que pouvais-tu dire de plus ? Tu avais toujours été attiré par les étoiles autant que tu pouvais les détester. Un aimant, une attraction que tu repoussais le plus possible au départ et pourtant, tu ne regrettais pas un seul instant sa présence à tes côtés. Ton seul regret était peut-être qu’il ait vu ce qu’il pouvait y avoir de pire dans tes crises, dans ta psychose sans pour autant en toucher la surface, que ce soit à ce moment précis où toutes tes barrières étaient tombées. Ça n’en diminuait pas tes sentiments à son égard, oh non. Ca les renforçait encore plus, si tu étais totalement honnête, c’était un gage de loyauté et de confiance que peu accordaient à ton espèce. Peut-être ne le savait-il pas, c’était même fort probable. Mais s’approcher d’un vampire, quand il est dans une psychose, est quelque chose de dangereux quand on ne sait pas à qui on a à faire, et il l’avait fait malgré tout. Et pour ça, rien que pour cet acte délibéré, dénué de toute violence et de toute facétie, tu tuerais pour lui. Un mot et tes griffes se retrouvaient dans le corps de celui qu’il voulait. Une menace de la part d’un autre sur sa personne et tes crocs déchireraient la chair sans même réfléchir. C’était encore plus fort aujourd’hui, lorsque tu découvrais qu’il était plus que cela, que la force de tes sentiments te pousserait à tellement pire que juste tué un homme s’il te le demandait ou s’il était en danger. Un instinct de survie, de protection que tu possédais même maintenant, ton regard rivé sur son corps dénué de toute protection, dans un bain dont la fumée s’échappait légèrement. L’image resterait probablement gravée sur ta rétine pour encore des années tant la lumière de l’astre lunaire lui rendait particulièrement justice. Un rire franc s’échappa de tes lèvres, bien plus silencieux que pouvaient l’être les siens ou ceux d’autres, à ses mots et tu levas un sourcil, taquin, alors qu’un léger carmin venait colorer tes joues, camouflant les taches de rousseur disparates. « Et je suis à toi. Et aux dernières nouvelles, tu n’es ni collectionneur d’art ni noble, et je pense, en avis d’expert, que c’est ta silhouette qui se vendrait à des prix exorbitants, dans les plus belles salles d’enchères. » Tu rétorquais. Tu voyais bien la petite gêne qui se construisait sur ses joues et même si d’ordinaire, tu ne poussais pas, il fallait qu’il comprenne que les compliments que tu lui offrais étaient mérités. Au-delà du simple aspect physique, tu aimais tant de choses chez Faelan que même le plus beau des musées ne méritait pas sa personne. Même toi, tu étais à des lieux de le mériter, de mériter toute l’affection qu’il te donnait et toute l’attention qu’il t’offrait sans condition. Tu avais peur, parfois, que ta personnalité déborde et ne vienne entacher la sienne, la dépeindre de sa noirceur et briser sa lumière, mais jusqu’à maintenant… Ce n’était pas arrivé, mais si cela arrivait, tu ne savais pas si tu serais capable de te le pardonner, surtout quand il te cajolait de cette manière, faisant frémir ton épiderme sous le coup de ses crocs, très légers, contre ta peau tandis que sa main reposait sur ton abdomen. Les mots qui suivent ces douceurs coupent très brièvement ton souffle tandis que tes yeux restent fixés sur le ciel. Ton souffle s’est évaporée de ta poitrine, comme si tu étais devenu incapable de respirer tant la confession te prend au dépourvu et te touche, bien plus que tu ne l’aurais imaginé. Tes yeux papillonnent doucement tandis que ton souffle revient naturellement et un sourire commence à naître sur tes lèvres tandis que tu te tournes légèrement pour pouvoir l’observer. « Une étoile… » Tu murmures, un sourire presque béat sur les lèvres alors que ton cerveau tentes de trier les informations, l’intensité de tels mots. Tu ne sais quoi répondre, et tes mots deviennent confus mais tu ne peux les empêcher, ton adolescence reprenant le pas sur tout le contrôle que tu as toujours cru avoir depuis longtemps. « Tu sais, quand je t’ai vu pour la première fois… J’ai vu des constellations dans tes yeux, c’était… Magnifique. Toutes ses nuances dans une seule teinte, comme un ciel lunaire. Ce que je veux dire c’est que.. C’est pas bête, ce que tu dis parce que si je pouvais, j’irai décrocher le soleil pour toi, juste pour que tu brilles à l’infini, comme les étoiles, trésor. » Si tes premiers mots étaient confus, perdus dans une brume où ton esprit ne savait comme digérer et conclure un consensus parmi toute cette tendresse en quelque mots, les derniers étaient emprunts de la fidélité et de la loyauté d’un amant qui était éperdument perdu dans les sentiments pour sa moitié, dans l’incandescence de leur intensité. Tu te tournais, très légèrement, tes yeux trouvant les siens, tout voile de protection disparu de tes iris dissonants, dévoilant toute vulnérabilité que tu pouvais avoir à cet instant. Il n’était plus question de te protéger mais de lui montrer à lui et lui seul, une partie de ce que tu comprenais sur tes sentiments. « Tu vaux plus que toutes les étoiles dans le ciel et tu brilles tellement plus qu’elles, à mes yeux. Je déchirerai n’importe quel voile pour que tu ne perdes jamais ton intensité. » L’intensité de tes propres mots coupaient ta propre respiration et colorait tes joues, te laissant nu autant physiquement que psychologiquement, au bord du précipice où tu ne savais pas si tu allais trop loin, si tu poussais pas la ligne trop loin et tu étais terrifié. Tout allait trop vite, mais tu ne pouvais l’empêcher, la confusion prenant part sur ton être et les sentiments te submergeant comme une lame de fond, impétueuse et sans pitié. Tu avais tellement peur de l’effrayer avec des mots dont tu savais la justesse et la force mais qui t’échappait sans que tu puisses les contrôler.
© 2981 12289 0


Close enough that light we can see, my doubt betrays the better of me. A glance to the stern is all it would be, that anguished shade shall haunt me. Ever on. x anaëlle.

Don't look back

   
hear, o gods, my desperate plea to see my love beside me
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Faelan d'An Skellig
Race Race : Doppler
Mer 16 Jan - 1:49
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sinking feeling and wretched shades
Elijah & Faelan

« You are not weak just because your heart feels so heavy. You must learn to let go. Release the stress. You were never in control anyway. »
La lecture a toujours été un moyen pour le polymorphe d'apprendre, de comprendre, mais surtout de s'évader. Quand il parcourt les lignes d'un roman d'aventures, son imagination dérive vers des étendues inconnues de lui-même qu'il découvre à chaque fois avec plaisir. Faelan s'est découvert une personnalité de grand rêveur au contact des livres. Chaque nouvel ouvrage qu'il dévore lui donne l'impression d'avoir ajouté une pierre à l'édifice de sa personnalité, ou consolidé quelque chose de déjà présent. Les jours d'ennui, il lui arrive même d'essayer d'imaginer ce que ce serait, de vivre dans ces univers-là, de côtoyer ces personnages. Ce n'est évidemment pas le genre de choses qu'il partage ouvertement, mais c'est une bonne échappatoire quand il broie trop du noir.
Depuis quelques temps, un changement s'est cependant opéré dans les lectures du doppler. Sur les commodes, dans les tiroirs, au pied de son lit même, ce sont des histoires différentes de celles de capes et d'épées qui lentement mais sûrement investissent son espace. Des romans aux fresques parfois improbables, mâtinées de magie et de malédictions dans certains cas, mais qui ont tous le même sujet intemporel. L'amour et tout ce qu'il charrie dans son sillage. Le premier livre, Faelan est tombé dessus par accident. Avec déjà quatre volumes dans les bras, le commerçant qui le pressait d'en choisir un cinquième, c'est du coin de l'oeil qu'il a saisi au vol le tome voulu... Sauf qu'une fois rentré, il a constaté qu'il y avait erreur sur la marchandise. Le changeur a lu les premières lignes, levé les yeux au ciel d'un air agacé. Il allait le rendre et en prendre un autre. Après tout, il ne devait pas être loin de faire tourner la boutique à lui tout seul, le libraire lui devait bien ça ! Sauf que sa curiosité l'a poussé à lire jusqu'au paragraphe suivant. Puis à la page suivante. Et ainsi de suite.

Aussi idiot que cela puisse paraître, ses pensées s'égarent vers sa relation avec Elijah, et il se demande s'il y a quoique ce soit de vrai, entre ces feuilles imprimées. Ce n'est pas un naïf, il sait que les choses sont certainement enjolivées, exagérées, et pourtant... Pourtant ce soir elles lui paraissent réelles, presque touchables du bout des doigts. A chaque battement de cils Faelan a peur de réaliser que tout ceci n'était qu'une de ses rêveries éveillées, et de revenir à une réalité bien plus morne et esseulée. Peu importe à quel point le vampire peut se trouver sombre, pour le polymorphe c'est l'exact opposé. Son existence ne lui a jamais parue plus lumineuse que depuis le jour où il s'y est fait une place. C'est vrai, il faut gratter sous le vernis pour trouver ce pan de personnalité qu'il cache soigneusement aux yeux du monde. Mais peut-être que c'est justement ce qui rend leur lien si unique. L'un comme l'autre portent des masques pour se préserver de ce qui leur est inconnu, et empêchent chacun à leur manière quiconque d'approcher de trop près. Quelque part, Faelan a l'impression qu'ils sont comme... Entrés en résonance ? Malgré leurs différences, ils se ressemblent sur beaucoup d'autres points.

Quand la voix d'Elijah lui parvient une nouvelle fois, le doppler se fige l'espace de quelques instants. Entendre son amant prononcer ce genre de mots, sur un tel ton, et avec une telle expression sur le visage n'est clairement pas habituel. A tel point que son cerveau s'interroge, un tantinet paniqué, sur la véracité ces propos. Il veut le croire, il veut croire que c'est vrai. Mais est-ce qu'il peut seulement se le permettre ? Des constellations, dans ses yeux, à lui ? Par quelle sorcellerie, au juste. Ce ne sont que deux iris sombres sans charme particulier, pour ce que le changeur en sait. Mais son compagnon affirme y avoir vu des étoiles... Et à présent il devrait croire qu'aux yeux d'Elijah, il vaut plus que lesdites étoiles ? C'est tellement... Trop beau pour être vrai, cela ne peut que cacher quelque chose. Néanmoins, Faelan reprend immédiatement cette pensée en se maudissant d'être si méfiant. Comment pourrait-il douter, quand sûrement pour la première fois il perçoit avec tant d'honnêteté les émotions qui transparaissent de façon presque limpide au travers de ses prunelles cristallines ? Il est conscient du cadeau que sa moitié lui fait en se révélant à lui aussi vulnérable. A vrai dire ce geste le touche tellement que le doppler ne sait pas comment réagir, et encore moins quoi répondre.

Pourtant il sait qu'il ne peut pas rester là, immobile à le fixer sans rien dire. Alors Faelan se redresse, pose une main sur la joue du vampire et plonge ses yeux dans les siens. Maintenant plus que jamais il aimerait pouvoir s'y noyer. Doucement, son front vient se coller au sien. Il chercher toujours quoi dire, même s'il sait à peu près quel message il veut faire passer. Alors autant se lancer, et advienne que pourra.

- Je ne sais pas si tu te souviens, mais... Une nuit je n'arrivais pas à dormir, et je me suis dit que je pouvais passer te voir. C'est la première fois que je te trouvais en pleine névrose. Tu aurais pu me tuer, et je le savais, mais je n'avais pas peur. Sur le moment je ne voulais qu'une seule chose : t'aider. Je ne savais pas du tout comment je pouvais faire ça, mais je voulais au moins essayer... Je ne sais pas si ça a marché ou non, par contre je sais que je n'ai jamais regretté d'être resté. Je le referais sans hésiter. Bien que francs, le polymorphe ne sait pas si ce sont les bons mots qu'il a choisi. Sa main quitte la joue de son amant pour glisser jusque sur sa nuque tandis qu'il s'avance un peu plus pour venir contre lui, son autre bras s'enroulant à son tour autour du cou du vampire. J'aimerais pouvoir te dire des choses aussi belles que toi, mais je n'ai pas ton talent pour ça, désolé. Un léger sourire navré étire le coin de ses lèvres alors qu'il l'embrasse tendrement. Un baiser qu'il fait durer autant que possible et dans lequel il essaie de faire passer toute son âme. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour toi.
(c) DΛNDELION


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