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S'oublier jusqu'à l'aube
Elerinna de Novigrad
Race Race : Humaine
Dim 13 Jan - 5:03
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S'oublier jusqu'à l'aubeI'm getting tired, and I need somewhere to begin
And if you have a minute, why don't we go
Talk about it somewhere only we know?
This could be the end of everything
So why don't we go
Somewhere only we know?
Tout était noir.

Pas un noir complet, un noir brumeux. Peut-être un gris très foncé, mais complètement opaque. Elle était seule, pas un bruit ne traversait l'épaisseur dans laquelle elle était enveloppée. Elle ignorait où elle se trouvait, ni même si son corps était là avec elle. Lorsqu'elle baissait les yeux sur ses mains, elle ne voyait rien. Elle les sentait pourtant, pouvait serrer son poing, l'ouvrir...

Mais elle ne voyait rien.

Elle avançait, prudemment, elle était gelée jusqu'aux os et chaque pas qu'elle faisait semblait plus douloureux encore. Elle était toujours plus frigorifiée, comme si le problème venait d'elle-même et non pas de l'endroit dans lequel elle se trouvait.

Et ce n'était que le début.

Elle trouvait le silence oppressant, mourrait d'envie de le combler mais ne produisait aucun son lorsqu'elle ouvrait la bouche. Une plainte s'éleva dans les airs, sembla se répercuter partout autour d'elle. Ce n'était pas très fort pour l'instant, mais ça résonnait en elle. Elle avait l'impression qu'on le chuchotait au creux de son oreille. Que les râles qu'elle entendait provenaient de nulle part et de partout à la fois. Très vite, ils s'intensifièrent, devinrent plus forts, plus précis. Elle reconnut la voix, elle l'aurait reconnu entre mille. C'était celle de sa soeur, celle de sa soeur qu'elle avait lâchement abandonné à d'affreuses bêtes. Elle agonisait, tout près, elle ne savait simplement pas où. Elle avait beau crier, rien ne se produisait. Elle tenta de se réveiller, mais n'y parvint pas. Elle se rassurait en se disant que ça allait bientôt finir par cesser, mais ce n'était pas le cas.

Ça continuait sans cesse.

Encore et encore.

***

- Plutôt ocre, ivoire ou parme ma dame ?

Elerinna peinait à se remettre de son rêve.

C'était idiot, surtout qu'elle en faisait des milliers des rêves comme celui-ci. Elle avait simplement l'impression que celui là avait duré plus longtemps. Elle n'avait pas besoin de ça en ce moment. Elle n'en avait jamais besoin. Elle avait déjà envisagé de consulter une oniromancienne mais elle avait bien trop peur de partager ses rêves avec une de ces femmes. Elle ne leur faisait pas confiance. Elle ne faisait jamais confiance à personne sur ce point là.

- Dame Elerinna ?

- Ivoire, ce sera très bien.

Elle n'en avait strictement rien à faire. Pourtant, c'était elle qui avait décidé de refaire la décoration de son lieu de vie après avoir accédé au poste de Baronne de la pègre. Il lui fallait quelque chose d'encore plus grand, quelque chose d'encore plus cher, quelque chose d'encore plus ridiculement somptueux. C'était une nouvelle étape dans sa vie et elle avait décidé de faire quelque chose de plus sobre, peut-être de plus mature à supposer qu'une décoration puisse l'être. Elle avait d'autres choses à penser pourtant, mais s'occuper de son intérieur lui permettait d'oublier qu'elle était surchargée par des tâches dont elle n'y connaissait rien. Elle tachait de donner le change auprès des autres membres de la pègre, auprès de ses hommes fraîchement acquis mais n'était pas bien sûre d'y arriver. Elerinna était submergée par le travail, était inquiète, avait peur que l'on s'aperçoive de ses faiblesses et l'on lui destitue ce qui lui revenait de droit.

Alors, elle changeait ses rideaux.

- Avant de partir, tu es au courant que...

- Monsieur Vaer Déharronis vous rend visite. Je vous ai préparé les jardins.

Elerinna lui sourit, définitivement reconnaissante d'avoir une employée aussi appliquée.

- Merci Lyra, tu es une perle.

La domestique quitta la pièce et Elerinna son siège. Si fatiguée qu'elle soit, elle était heureuse de recevoir Adélice chez elle en cette fin de soirée. Il était un ami de longue date, de très longue date à vrai dire. Il était une des rares personnes qui connaissait ses secrets et ne la détestait pas, avec qui elle n'avait pas besoin de faire semblant. Avec qui elle pouvait parler de tout et de rien, lui confier ses craintes sans avoir peur de déraper et de commettre une erreur. Leurs rendez-vous étaient trop peu fréquents, la faute à leurs emplois du temps tous deux très chargés. Leur relation avait plutôt mal démarré. Lorsqu'il était réapparu dans sa vie après toutes ses années, elle avait beaucoup changé et elle ne voulait certainement pas que tous ses petits secrets soient rendus publics. Elle avait longtemps envisagé de le tuer, avant de finalement apprendre à le connaître et se lier d'amitié avec lui. Elle savait que c'était le bon moment de le voir. Ça lui ferait du bien de discuter avec quelqu'un qui n'hésitait pas à la taquiner un peu ou à la secouer quand il le fallait. Elle avait besoin d'un avis sur ce qu'elle entreprenait aujourd'hui, sur celle qu'elle devenait. Elle savait qu'il pouvait lui apporter tout ça.

Elerinna se débarrassa de son corset et enfila quelque chose de plus confortable, une robe fluide et pas très flatteuse. Elle s'en fichait pas mal à vrai dire, c'était Adélice. Quelqu'un qui l'avait connu sous ses plus mauvais jours. Et puis elle savait bien que l'espion n'en avait pas grand chose à faire de comment elle s'habillait, contrairement au reste du monde. Elle n'avait même pas pris la peine de se recoiffer et partit vérifier que tout était prêt dans le jardin. Une table avait été dressée et la nuit commençait peu à peu à envelopper l'endroit. Un très bel endroit, entretenu par des jardiniers tous les jours. Elerinna adorait y passer du temps. Le repas avait été préparé et siégeait sur la table de sa cuisine, il n'y avait plus qu'à faire le service.

Ce qu'il ferait, étant donné que ses domestiques étaient congédiés pour la nuit et qu'il était hors de question qu'elle se brise un ongle en faisant leur travail. Et puis elle offrait déjà la nourriture et le cadre idyllique, elle n'allait pas en plus servir monsieur.

Quelques minutes plus tard, on frappait déjà à la porte. Elerinna s'était assise sur les escaliers qui menaient au jardin, observant les plantes se balancer au gré du vent, la tête posée sur ses mains.

- Entre, vieille chose. C'est ouvert, je suis dans le jardin.

Un accueil qu'elle ne réservait qu'à Adélice.
©️ 2981 12289 0





   
« Everybody wants to rule the world »
Darling, darling, doesn't have a problem, lying to herself 'cause her liquor's top shelf. It's alarming honestly, how charming she can be. Fooling everyone, telling how she's having fun. c .bizzle
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