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S'oublier jusqu'à l'aube
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S'oublier jusqu'à l'aubeI'm getting tired, and I need somewhere to begin
And if you have a minute, why don't we go
Talk about it somewhere only we know?
This could be the end of everything
So why don't we go
Somewhere only we know?
Tout était noir.

Pas un noir complet, un noir brumeux. Peut-être un gris très foncé, mais complètement opaque. Elle était seule, pas un bruit ne traversait l'épaisseur dans laquelle elle était enveloppée. Elle ignorait où elle se trouvait, ni même si son corps était là avec elle. Lorsqu'elle baissait les yeux sur ses mains, elle ne voyait rien. Elle les sentait pourtant, pouvait serrer son poing, l'ouvrir...

Mais elle ne voyait rien.

Elle avançait, prudemment, elle était gelée jusqu'aux os et chaque pas qu'elle faisait semblait plus douloureux encore. Elle était toujours plus frigorifiée, comme si le problème venait d'elle-même et non pas de l'endroit dans lequel elle se trouvait.

Et ce n'était que le début.

Elle trouvait le silence oppressant, mourrait d'envie de le combler mais ne produisait aucun son lorsqu'elle ouvrait la bouche. Une plainte s'éleva dans les airs, sembla se répercuter partout autour d'elle. Ce n'était pas très fort pour l'instant, mais ça résonnait en elle. Elle avait l'impression qu'on le chuchotait au creux de son oreille. Que les râles qu'elle entendait provenaient de nulle part et de partout à la fois. Très vite, ils s'intensifièrent, devinrent plus forts, plus précis. Elle reconnut la voix, elle l'aurait reconnu entre mille. C'était celle de sa soeur, celle de sa soeur qu'elle avait lâchement abandonné à d'affreuses bêtes. Elle agonisait, tout près, elle ne savait simplement pas où. Elle avait beau crier, rien ne se produisait. Elle tenta de se réveiller, mais n'y parvint pas. Elle se rassurait en se disant que ça allait bientôt finir par cesser, mais ce n'était pas le cas.

Ça continuait sans cesse.

Encore et encore.

***

- Plutôt ocre, ivoire ou parme ma dame ?

Elerinna peinait à se remettre de son rêve.

C'était idiot, surtout qu'elle en faisait des milliers des rêves comme celui-ci. Elle avait simplement l'impression que celui là avait duré plus longtemps. Elle n'avait pas besoin de ça en ce moment. Elle n'en avait jamais besoin. Elle avait déjà envisagé de consulter une oniromancienne mais elle avait bien trop peur de partager ses rêves avec une de ces femmes. Elle ne leur faisait pas confiance. Elle ne faisait jamais confiance à personne sur ce point là.

- Dame Elerinna ?

- Ivoire, ce sera très bien.

Elle n'en avait strictement rien à faire. Pourtant, c'était elle qui avait décidé de refaire la décoration de son lieu de vie après avoir accédé au poste de Baronne de la pègre. Il lui fallait quelque chose d'encore plus grand, quelque chose d'encore plus cher, quelque chose d'encore plus ridiculement somptueux. C'était une nouvelle étape dans sa vie et elle avait décidé de faire quelque chose de plus sobre, peut-être de plus mature à supposer qu'une décoration puisse l'être. Elle avait d'autres choses à penser pourtant, mais s'occuper de son intérieur lui permettait d'oublier qu'elle était surchargée par des tâches dont elle n'y connaissait rien. Elle tachait de donner le change auprès des autres membres de la pègre, auprès de ses hommes fraîchement acquis mais n'était pas bien sûre d'y arriver. Elerinna était submergée par le travail, était inquiète, avait peur que l'on s'aperçoive de ses faiblesses et l'on lui destitue ce qui lui revenait de droit.

Alors, elle changeait ses rideaux.

- Avant de partir, tu es au courant que...

- Monsieur Vaer Déharronis vous rend visite. Je vous ai préparé les jardins.

Elerinna lui sourit, définitivement reconnaissante d'avoir une employée aussi appliquée.

- Merci Lyra, tu es une perle.

La domestique quitta la pièce et Elerinna son siège. Si fatiguée qu'elle soit, elle était heureuse de recevoir Adélice chez elle en cette fin de soirée. Il était un ami de longue date, de très longue date à vrai dire. Il était une des rares personnes qui connaissait ses secrets et ne la détestait pas, avec qui elle n'avait pas besoin de faire semblant. Avec qui elle pouvait parler de tout et de rien, lui confier ses craintes sans avoir peur de déraper et de commettre une erreur. Leurs rendez-vous étaient trop peu fréquents, la faute à leurs emplois du temps tous deux très chargés. Leur relation avait plutôt mal démarré. Lorsqu'il était réapparu dans sa vie après toutes ses années, elle avait beaucoup changé et elle ne voulait certainement pas que tous ses petits secrets soient rendus publics. Elle avait longtemps envisagé de le tuer, avant de finalement apprendre à le connaître et se lier d'amitié avec lui. Elle savait que c'était le bon moment de le voir. Ça lui ferait du bien de discuter avec quelqu'un qui n'hésitait pas à la taquiner un peu ou à la secouer quand il le fallait. Elle avait besoin d'un avis sur ce qu'elle entreprenait aujourd'hui, sur celle qu'elle devenait. Elle savait qu'il pouvait lui apporter tout ça.

Elerinna se débarrassa de son corset et enfila quelque chose de plus confortable, une robe fluide et pas très flatteuse. Elle s'en fichait pas mal à vrai dire, c'était Adélice. Quelqu'un qui l'avait connu sous ses plus mauvais jours. Et puis elle savait bien que l'espion n'en avait pas grand chose à faire de comment elle s'habillait, contrairement au reste du monde. Elle n'avait même pas pris la peine de se recoiffer et partit vérifier que tout était prêt dans le jardin. Une table avait été dressée et la nuit commençait peu à peu à envelopper l'endroit. Un très bel endroit, entretenu par des jardiniers tous les jours. Elerinna adorait y passer du temps. Le repas avait été préparé et siégeait sur la table de sa cuisine, il n'y avait plus qu'à faire le service.

Ce qu'il ferait, étant donné que ses domestiques étaient congédiés pour la nuit et qu'il était hors de question qu'elle se brise un ongle en faisant leur travail. Et puis elle offrait déjà la nourriture et le cadre idyllique, elle n'allait pas en plus servir monsieur.

Quelques minutes plus tard, on frappait déjà à la porte. Elerinna s'était assise sur les escaliers qui menaient au jardin, observant les plantes se balancer au gré du vent, la tête posée sur ses mains.

- Entre, vieille chose. C'est ouvert, je suis dans le jardin.

Un accueil qu'elle ne réservait qu'à Adélice.
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« Everybody wants to rule the world »
When I was a child I'd sit for hours staring into open flame. Something in it had a power, could barely tear my eyes away. All you have is your fire and the place you need to reach. Don't you ever tame your demons but always keep 'em on a leash. c .bizzle
Elerinna de Novigrad
Baroness of secret lust
Race Race : Humaine
Habite à Habite à : Novigrad
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Dim 13 Jan - 5:03
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S'oublier jusqu'à l'aubeI'm getting tired, and I need somewhere to begin
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Je farfouillais dans mes tiroirs en pestant, tirant sur ma commode en agitant son contenu en quête de quelque chose d’inconnu. Mes servantes non loin de là s’activaient également, retournant la maison sur leurs passages tant elles craignaient ma colère en devenir. Tout en attrapant une chemise de lin propre, je rabattais mes cheveux un instant puis finissais par avoir entre mes mains ce que je désespérais tant de retrouver : un collier orné d’un sublime rubis qui n’était autre que le futur présent pour la dame que j’allais voir. Les bonnes se regroupèrent à fin de s’excuser mais ma part colérique prit le dessus et je me mis à parler avec force dans la chambre.
« Ne touchez plus à mes faires durant les semaines à venir !! Qu’aurais-je fait si j’avais perdu un tel bijoux ?! Rien n'aurait pu le remplacer ! Recommencez et vous serez priver de paye ! » Assurais-je d'un ton sec.

La verve qui m’animait se calma peu à peu et je m’empressais de me coiffer ainsi que de dessiner un trait de kôhl sur ma paupière  à mesure que ceux demeurant à mon service ne quittaient la pièce honteusement. Une seule resta. Elle bafouilla de sa voix grêle si cela était pour dame Elerinna. J’acquiescais ne désirant pas hurler davantage ; elle était plus âgée que les autres et je pouvais sans même l’observer deviner qu’il s’agissait de Hilda, une femme veillant sur moi depuis bien longtemps. Une fois prêt, je me reculais de derrière mon miroir pour lui souffler quelques excuses qu’elle accueillit d’un sourire en me promettant que personne ne toucherait à mon antre sans ma permission. Tout en glissant mon manteau sur mes épaules je m’approchais d’elle puis déposais un baiser sur ses tempes.
« Je rentrais tard. Va te coucher tôt et préviens un de mes valets de demeurer éveiller pour mon retour. » Je grommelais bien vite « J’aurais horreur de devoir tambouriner à la porte par une heure indécente. »
La petite vieille rigola doucement de ma dernière remarque. Elle savait combien je détestais me faire attendre, surtout dans ma propre maison; une caractéristique purement féminine et capricieuse à son sens qu'elle appréciait de ma personne sans que je ne sache pourquoi. Je dégringolais les escaliers dans l'empressement.
Mes pieds martelèrent le rez de chaussée avec force tandis que je récupérais l’écrin d’où le joyaux avait glissé. Mes pupilles s’attardèrent sur le grenat superbe de la pierre que je venais tout juste de sortir de ma poche, il en devenait quasi hypnotique. Le couvercle retomba brutalement dans un claquement sonore, je pouvais désormais partir de la maison le cœur en paix j'avais le cadeau. Mon cheval déjà scellé m’attendait en piaffant dans la cour de la bâtisse où ma vie s’écoulait paisiblement. Ni une, ni deux, je me trouvais sur le dos de mon brave compagnon de voyage pour mieux décamper à grande vitesse.


Les minutes filèrent au même rythme que mon galop et par chance j’arrivais enfin près de chez mon amie. J’installais mon cheval comme à son habitude puis toquais du dos de mon index ; la réponse ne tarda pas à venir, étirant mon visage d’un air bienheureux. La porte me laissa enfin pénétrer dans cette maison aux attraits nouveaux. J’observais la décoration en me frayant un passage jusqu’à mon hôte en sifflant d’un air en admiratif.
« Cet endroit n’est plus une maison… »
Je souriais à Elerinna une fois face à elle avant de m’incliner sagement.
« C’est un écrin ma dame. »
Je me relevais d’un air rieur avant de lui tendre la main pour la faire se lever de son siège atypique. C’était un geste simple trahissant toutefois mon profond attachement pour elle ; les choses n’avaient pas toujours été paisibles entre nous mais le temps passant nos rapports avaient su évoluer de la meilleure des façon. Elle était pour moi une amie, une oreille mais aussi une bourrique dont j’aimais bouleverser le quotidien. Alors qu’elle allait répondre ma paume tendue, je m’empressais de lui déposer la dite boîte entre les mains.
« Je n’ai pas pu m’empêcher. Félicitations. » Lui soufflais-je en déposant un chaste baiser sur son front.
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Adélice Vaer Déharronis
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Sam 26 Jan - 17:31
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Elerinna frétilla.

Littéralement.

C'était toujours agréable de recevoir des compliments sur l'endroit où elle vivait, peu s'en donnaient la peine. Il faut dire que peu avaient assez de goût ou de sens de l'observation pour remarquer les changements qu'elle apportait à sa demeure. Elle y apportait pourtant un soin tout particulier, même lorsqu'elle n'aurait pas dû.

Comme c'était le cas aujourd'hui.

Elerinna accepta l'aide qu'il lui apportait pour se relever en gloussant grassement. Phénomène qui encore une fois, ne se produisait que très rarement et qu'en la présence de très peu de personnes. C'était un constat assez étrange, peut-être même perturbant, de voir qu'elle n'osait même plus rire en public. Ce n'était pas assez distingué apparemment. Elle se contentait en général de simuler un éclat cristallin qui sonnait faux en guise de rire. Pas très joyeux.

- Mais qu'est-ce que...

Un cadeau.

Il lui avait offert un cadeau !

Elle adorait les cadeaux.

- Oh... il ne fallait pas !

Si, il fallait, et il le savait très bien. C'était le premier à lui offrir quelque chose pour fêter son succès triomphant. Le premier. C'était inacceptable, et elle était bien heureuse d'avoir enfin un paquet cadeau à déchirer. Son âme d'enfant de six ans allait enfin être satisfaite.

Et elle s'en donna à cœur joie, avant de découvrir ce que renfermait l'écrin.

C'était beaucoup, beaucoup trop.

- Tu...

Elle passa lentement son doigt autour du rubis, caressant les contours comme hypnotisée par sa brillance et le rouge profond du joyau. C'était un très bel objet, très ouvragé, très fin, tout en beauté. Il avait dû lui coûter les yeux de la tête. Elle était flattée, mais elle n'avait pas non plus demandé à ce qu'on se ruine pour elle. Bien au contraire, il était déjà rare qu'on lui offre quelque chose, alors ça...

- Merci mais... c'est beaucoup trop.

Elle referma l'écrin, encore un peu sonnée par la découverte d'un tel objet. Elle en avait de beaux bijoux, mais c'était elle qui les payait. On ne lui avait jamais fait cadeau de quelque chose d'aussi somptueux.

- Je ne peux pas accepter Adélice.

Elle lui tendit la boîte, la mine un peu triste.

- Je ne peux pas supporter que tu te ruines pour moi alors que je suis bien plus riche.

Elle lui offrit un sourire éclatant, clairement taquin. Quoi ? Elerinna restait Elerinna.
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Elerinna de Novigrad
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Lun 28 Jan - 18:37
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La mine d’enfant réjouie laissa place à un sentiment de surprise et d’admiration bien plus touchant lorsque Elerinna admira ce que contenait réellement le coffret. Ce spectacle m’amusa un instant avant que je ne redevienne sérieux lorsque nos regards se croisèrent à nouveau. Elle s’attarda sur l’aspect parfait de la pierre, ses courbes, sa superbe et le travail soigné des joaillers dont les mains habiles avaient forgés ce bijoux en laissant courir l’extrémité d’un de ses doigts sur la surface lisse du rubis.
Toutefois, la phrase qui suivit me laissa pantois ; n’était-elle pas heureuse ? N’appréciait-elle pas ce cadeau ? Je continuais de détailler les traits de son visage à mesure qu’elle fermait à nouveau l’écrin ce qui me fit froncer les sourcils. Elle finit par m’annoncer qu’elle ne pouvait accepter pareil offrande. Tout en conservant mon air quelque peu vexé, je la toisais pour finalement me saisir de l’écrin qu’elle me tendit d’un air peiné. Certes, elle avait une bien meilleure situation que la mienne mais c’était une amie que je chérissais malgré nos différents et je souhaitais qu’elle puisse porter ce collier sans rougir. Finalement, je m’agenouillais à son niveau et installais mon cadeau dans les creux de mes mains. Face à face, je lui souris. « S’il te plaît… Accepte-le. Il est fait pour toi, pour personne d’autre. Je me refuserais à m’en défaire ou même le revendre quoi qu’il arrive car tôt ou tard je souhaiterais de le redonner. »

Un sourire ému étira mes lèvres à mesure que je me rapprochais d’elle ; ce n’était pas dans un but sournois ou même une démarche quelconque de séduction : je souhaitais simplement lui accrocher le joyaux autour du cou. Et j’y parvins. Une fois mis en place, il resplendissait davantage sur le buste de Elerinna ce qui me remplit d’un plaisir inégalable. « Voilà. Ne refuse pas cela s’il te plait, il est si beau sur toi. » Soufflais-je comme pour la faire abdiquer à nouveau bien que la savais très têtue. Rapidement je me redressais comme pour signifier que non ! Il était trop tard je n’ôterais pas le bijoux de sa nuque et cela sembla marcher.

Fiérement, je tendais ma main en direction de la noble dame pour la convier à m’accompagner pour rejoindre les jardins. « Allons manger et interdiction de parler du présent que je viens de te faire ! Je serais trop blessé de recevoir un nouveau refus ! » Fis-je en mimant un air outré. « Je ne suis pas richissime mais mes coffres se portent très bien je dois dire ! Et puis, il y a vraiment pire qu’un rubis dans la vie. » Plaisantais-je en adressant une œillade amusé à ma proche en gagnant le frais de la verdure.
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Adélice Vaer Déharronis
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Lun 25 Fév - 12:33
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Même s'il n'en avait probablement pas conscience, Adélice venait d'aider Elerinna.

- Merci, merci beaucoup.

Ce genre de gestes, ce genre d'attentions, lui rappelait qu'elle avait encore des amis. Que des gens tenaient encore à elle, réellement. Pas pour son argent, pour ses jolis rideaux ou pour son joli sourire. Pour elle. Pour sa compagnie. Ce cadeau était somptueux et elle ne put s'empêcher de sentir les larmes lui monter. Réaction tout à fait honteuse de son point de vue qu'elle fit de son mieux pour dissimuler aux yeux de son ami. Heureusement, il sembla ne pas en tenir compte ce dont elle lui était grandement reconnaissante. Elle se fendit en un sourire éclatant, réellement éclatant. Pas celui qu'elle servait à tout va pour tout et n'importe quoi. Un sourire ému, sincère. Elle avait longtemps douté d'Adélice, de ses motivations et elle l'avait craint. Elle avait eu peur de ce qu'il savait sur elle, de ce qu'il pouvait détruire. Et elle avait compris que les plus belles amitiés naissaient de la sincérité et du partage. Le partage de secrets, de sentiments, et de cadeaux.

Et oui, de cadeaux.

Elle avait trouvé quelque chose pour lui, il y a longtemps. Un vieux truc, qu'elle avait déniché à une vente aux enchères. Elle s'y rendait régulièrement pour montrer au monde entier ô combien elle était riche et ô combien elle avait de quoi s'acheter toutes ces vieilleries dont elle se moquait éperdument. Ça avait été différent pour cet objet. Elle avait tout de suite su qu'il plairait à Adélice. Il s'agissait d'un livre, un livre de poèmes. Elle qui n'aimait pas lire n'avait bien entendu jamais été sensible à la poésie mais elle savait que son ami affectionnait tout particulièrement ces étrangetés. Alors... elle l'avait acheté. Elle abandonna un instant Adélice et partit presque en courant chercher le paquet emballé par ses soins. C'était pour ainsi dire, une catastrophe. Elerinna n'avait jamais été douée pour les travaux manuels, alors ce paquet ne ressemblait à rien. Mais c'était fait avec le coeur.

- Tiens, c'est pas grand chose. Rien à voir avec ton cadeau. Mais... quand je l'ai vu je me suis dit que... enfin... c'est juste que je me suis dit que ça pourrait te plaire. Et puis tu me connais moi et la lecture...

Elle haussa les épaules, un peu gênée. Elle n'offrait pas de cadeaux à tout le monde, probablement parce qu'elle n'avait au fond pas tant d'amis que cela. Mais c'était l'occasion parfaite, puisqu'il venait lui même de lui en offrir un. Pourtant elle ne pouvait pas s'empêcher d'être un peu angoissée à l'idée que son cadeau ne lui plaise pas ou qu'il ne comprenne pas pourquoi elle lui offrait. Mais avait-elle besoin d'une raison pour essayer de faire plaisir à ses vrais et très rares amis ?

- Enfin, tu as raison. Mangeons.

Ou comment camoufler sa gêne en une étape selon Elerinna. Heureusement, la table était déjà prête et le diner déjà servi, elle put donc faire semblant d'être très préoccupée par l'odeur délicieuse qui s'échappait du jardin depuis l'endroit où ils se tenaient.
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Sam 2 Mar - 5:04
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