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Homo homini lupus est
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Homo homini lupus est
Tout ce qui résulte d’un temps de guerre, où tout homme est l’ennemi de tout homme, résulte aussi d’un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle que leur propre force et leur propre capacité d’invention leur donneront.
•••
- T'as réussi toi ?

Non. Elle avait complètement raté. Pas étonnant, elle passait son temps à aller d'un endroit à l'autre, à s'occuper des enfants, à essayer de comprendre ce que Corinne lui disait, et enfin à essayer de satisfaire sa curiosité insatiable tard le soir, dans les rues de Novigrad. Elle avait manqué des cours, révisait peu, et s'en fichait pas mal. Elle n'aurait pas dû, elle le savait. Ces études étaient importantes, elle les faisait pour sa famille, pour qu'ils aient une chance d'être fiers d'elle. Pour pouvoir leur offrir une vie meilleure. Elle faisait tout ça pour eux et ne devait pas l'oublier, même si l'envie de parcourir chaque recoins de ce monde se faisait de plus en plus forte. Parfois, Azraël avait l'impression de ne pas vivre. Elle avait le sentiment de laisser passer quelque chose de fondamental, sans trop savoir ce dont il s'agit.

- Oui ça... ça allait.

Mensonge. Et ça se voyait en plus. L'étudiante à ses côtés la toisa un moment, presque déçue ou bien ravie d'avoir fait mieux qu'elle, elle n'arrivait pas à se décider.

- C'était simple pourtant...

La jeune femme manqua de lever les yeux au ciel. Non en fait, elle leva carrément les yeux au ciel. Si haut qu'ils auraient pu y rester accrochés. Elle se moquait bien de ce qu'elle pensait, ce n'était pas important. En revanche, elle savait qu'il fallait qu'elle prenne sa vie en mains. Qu'elle arrête de se prendre pour une justicière par exemple, et qu'elle dorme un peu de temps en temps. Ça pouvait être bien dormir aussi...

En un éclair, une flèche transperça la tête de la demoiselle qui l'accompagnait et sa voiture s'arrêta net. L'arme avait traversé la toile de la calèche pour se planter droit dans la tête blonde de la jeune femme. Azraël n'avait pu empêcher de crier légèrement avant de plaquer ses mains contre sa bouche. Elle tenta de garder son calme, même si elle avait envie d'hurler. Doucement, la porte du véhicule s'ouvrit pour lui laisser apercevoir les têtes masquées de trois vilaines personnes qu'elle suivait depuis maintenant quelques mois dans leurs méfaits. Elle avait souvent saboté leurs plans, en confiant des informations à leurs victimes ou simplement en leur jouant quelques tours de magie. Ça l'avait beaucoup amusé.  

Sauf que visiblement, ils l'avaient démasqué.

- Mais qu'avons nous là...

Azzie déglutit, se plaqua contre la paroi de la voiture, tâchant de faire abstraction du cadavre de son amie qui gisait près d'elle. Elle savait qu'elle aurait dû utiliser ses pouvoirs, mais là tout de suite, elle en était incapable. L'un des brigands lui prit le bras fortement, jusqu'à ce qu'elle en ait mal et la força à s'agenouiller sur le sol gelé. À cet instant, tout se bousculait dans sa tête. Elle était incapable de dire à quoi elle pensait, si ce n'est à sauver sa vie et celle de son chauffeur encore miraculeusement vivant. Elle l'adorait. C'était un employé de ses employeurs qui était chargé de l'emmener à l'académie tous les jours. Ils avaient fini par sympathiser. Il faisait un peu office de grand père à ses yeux, et elle savait qu'il avait des enfants, qui eux-mêmes avaient des enfants.

Et il avait une lame sous la gorge, à cause d'elle.

Elle ne fut pas épargnée. L'arbalète qui avait tuée cette pauvre Irina était maintenant braquée sur son front. Si elle levait la tête, elle lui transpercerait probablement un œil tant elle était proche. Les brigands qui la tenaient lui parlaient mais elle ne les écoutait pas. Le sang battait si fort dans ses tempes qu'elle n'entendait plus que ça. Elle se demandait si sa vie allait réellement finir ici, sur cette petite route boueuse, sans personne aux alentours pour signaler son meurtre. Elle serait sûrement enterrée dans les bois et personne ne saurait jamais ce qu'il lui était arrivé. Elle ne reverrait jamais sa famille et ils penseraient probablement qu'elle les avait abandonné.

Elle ne voulait pas finir comme ça.

Elle ne pouvait pas finir comme ça.

Il fallait qu'elle trouve une solution.

- Arrêtez.

Et il fallait que ça vienne maintenant. ©️ 2981 12289 0






« Who is in control ?  »
I don't want to wait anymore, I'm tired of looking for answers. Take me some place where there's music and there's laughter. I don't know if I'm scared of dying, but I'm scared of living too fast, too slow. Gotta keep on going, looking straight out on the road, I try not to hold on to what is gone, I try to do right what is wrong. c .bizzle
Azraël Elias
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Dim 13 Jan - 5:54
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Homo homini lupus est
Azraël & Faelan

« What if evil doesn’t really exist? What if evil is something dreamed up by man, and there is nothing to struggle against except our own limitations? The constant battle between our will, our desires, and our choices? »
Les feuilles mortes craquent à peine sous le poids des larges pattes du loup. A pas feutrés, il se faufile habilement entre les fourrés, sans se soucier des branches qui brossent son poil ivoire. Ses prunelles d'un or sombre sont fichées sur la silhouette d'un daim qui se découpe un peu plus loin, dans la pénombre du sous-bois. Il est jeune, encore inexpérimenté. Ses bois duveteux qui ne doivent pas faire plus d'une dizaine de centimètres en témoignent. Hardi ou inconscient du danger, le cervidé s'est éloigné de ses congénères pour profiter d'un coin de jeunes pousses. Une aubaine comme en croise assez peu souvent. Faelan a là une opportunité en or qu'il ne veut manquer sous aucun prétexte. Aussi décide-t-il de jouer la sécurité plutôt que se précipiter. Le ventre frôlant le sol couvert d'un humus particulièrement odorant qui l'aide à camoufler la sienne, le polymorphe se glisse aussi silencieusement que possible de plus en plus près de sa proie. Celle-ci continue de paître, sans se douter de rien.
A présent il n'est plus qu'à onze ou douze mètres du daim. Si tout se passe bien, en deux bonds les pattes graciles de l'herbivore seront à sa portée et il n'aura plus qu'à lui en briser une pour l'empêcher de détaler au loin. Un coup de crocs pour trancher la gorge, et ce serait réglé. Il pourrait festoyer tranquillement sous les frondaisons, passer la nuit dans un coin paisible, savourer la paix offerte par ces étendues qui malgré la présence de l'homme restent pour beaucoup sauvages, puis envisagerait de rentrer à Novigrad dans le courant de la journée. Après tout, cela fait tout de même pas loin de cinq jours qu'il a quitté la ville. Même pour les personnes qui le connaissent cela doit commencer à paraître inhabituel.

Tendu comme un arc, Faelan s'élance enfin. Mais à peine a-t-il fait quelques pas qu'il se fige complètement, oreilles bien droites. Un hurlement dont la voix lui est familière. Avec un grondement de frustration, il voit le derrière du daim bondir pour disparaître entre les arbres. Ceci dit, son attention est à nouveau immédiatement happée par ce qu'il entend. Le phonème du premier loup ne tarde pas à être relayé par d'autres, à différents endroits. A cette heure de la journée, la meute du coin n'a pas pour habitude de se faire entendre. C'est un avertissement. Les hommes et le sang, en gros voilà ce qu'ils disaient.
Il n'en faut pas plus au doppler pour délaisser sa chasse et décider d'aller voir par lui-même ce qu'il se passe. Le téléphone arabe des loups peut manquer de précision, il tient à en avoir le coeur net. Qui sait ce qu'il pouvait être en train de se passer là-bas ? Il en dormirait mieux s'il savait de quoi il en retournait.

Freya, j'ai bien fait de me bouger ! remarque-t-il en son for intérieur quand ses yeux embrassent la scène se déroulant non loin de sa cachette. Trois malfrats tiennent en otage une jeune femme et un vieil homme. La fragrance cuivrée du sang lui chatouille agréablement la truffe. Une troisième personne est morte. Pas besoin de réfléchir, il sait qu'il doit intervenir avant que cela ne se termine mal pour les deux rescapés temporaires. Par chance, Faelan est arrivé dans le dos des agresseurs, ce qui lui laisse un avantage non négligeable... Ceci dit, il ne peut pas intervenir à deux endroits à la fois. Même s'il répugne à cela, un choix s'impose. Pour l'un d'eux, il faudra prier pour qu'un loup en furie représente une menace suffisamment sérieuse pour que les bandits se désintéressent de leurs otages.
L'heure n'est pas à la réflexion. Il n'a pas le temps, chaque seconde qui passe joue en leur défaveur. Alors Faelan quitte les fourrés comme une flèche et plante ses crocs dans la main de l'arbalétrier, histoire qu'il ne puisse pas presser la détente même par accident. Celui-ci lâche un hurlement de douleur, mais a la présence d'esprit d'attraper un carreau pour le planter dans l'épaule du loup. Une chance considérant qu'il visait le cou, à l'origine. Un jappement est étouffé dans un grondement rauque, tandis qu'il desserre les mâchoires pour mieux les refermer sur la gorge de son adversaire. Les canines aiguës déchirent la carotide sans difficulté.
Laissant le premier homme finir d'agoniser, le changeur se jette sur la jambe d'un second, celui qui menace le cocher de l'attelage. Son but est avant tout d'attirer l'attention sur lui pour laisser le temps aux deux personnes agressées de se sauver ou bien au contraire de riposter. Dans la cohue, peu importe l'option choisie, ils auront une chance de s'en sortir.
(c) DΛNDELION


And when I die just keep in mind I'll love you in another life
And I see you and you see me, Your eyes are like a raging sea. I know it's you, I know it's true, I gazed into them once in a dream. Oh my love come take my hand Like you did in my dreamland. You feel the immortality It's you and I until eternity.
Faelan d'An Skellig
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Lun 14 Jan - 9:16
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Homo homini lupus est
Tout ce qui résulte d’un temps de guerre, où tout homme est l’ennemi de tout homme, résulte aussi d’un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle que leur propre force et leur propre capacité d’invention leur donneront.
•••
Elle ne savait pas tellement si une déesse avait fini par la prendre en pitié ou si le Destin se montrait enfin clément mais...

Ce loup était forcément son ange gardien.

Elle ne l'avait pas vu arriver, puisqu'elle avait les yeux rivés sur le sol et que son cerveau turbinait à plein régime pour trouver une bonne solution. Une solution qui ne ferait aucun blessé, qui ne nécessitait pas que l'un d'eux meurt. Le mot qu'elle avait prononcé fermement avait énervé le bandit, et il aurait appuyé sur la détente si la mâchoire puissante d'un loup ne s'était pas refermée dessus. Elle en était restée bouche bée, n'avait pas su réagir, ne s'était même pas levée. Ce n'était qu'au bout de longues minutes de léthargie qu'Azraël se rendit compte de ce qui lui arrivait.

De qui elle devait aider.

Elle avait reçu du sang sur sa robe, elle ignorait à qui il appartenait et ça lui était au fond bien égal. Le plus important, c'est que ça avait eu le mérite de la réveiller et qu'elle avait pu profiter de la cohue pour agir.

Agir oui, mais agir comment ?

Elle n'avait pas réfléchit. Pas une seconde. Tout n'était que réflexe, instinct de survie et...

Cruauté.

Elle avait senti la magie déferler dans ses veines, électriser chacun de ses nerfs pour finalement atteindre ses extrémités. Ses mains, ses doigts, qu'elle tendit vers l'agresseur de son chauffeur. Elle ne réfléchit pas, elle le priva simplement de son air. À chaque seconde, un peu plus d'air. Elle allait l'étouffer. Lentement. Il méritait de mourir. Il méritait de souffrir.

Et puis elle se rendit compte de ce qu'elle était en train de faire.

La pression magique s'évapora alors d'un coup et le truand put reprendre son souffle, non sans jeter un regard haineux à l'étudiante. Monstre. Diablesse. Sorcière. Abomination. Il ressentait de la peur à son égard, probablement un peu de dégoût et surtout de la haine. Une haine brûlante, qui ne l'empêcha pas de détaler alors que son chauffeur était déjà parti avec le cheval. Elle ne pouvait pas lui en vouloir.

Mais elle s'en voulait à elle.

Elle avait l'habitude de faire détaler les gens, mais cette fois c'était différent. Elle lui avait voulu du mal. Elle l'avait senti au plus profond d'elle-même. Elle s'effrayait.

Et pendant ce temps-là, le loup qui l'avait aidé était blessé. Elle ne l'avait pas remarqué aux pieds du bandit qui s'était échappé, trop occupée à vouloir sa mort, mais il était bien là. Il avait dû l'attaquer lui aussi. Il y avait dans ses yeux quelque chose d'étrange, il n'était pas comme tous les animaux. Il avait cette lueur, cette lueur si intelligente, si vivante, qu'elle aurait presque pu appartenir à un humain. Azraël finit cependant par conclure qu'elle était complètement folle et s'empressa de s'agenouiller près de l'animal. Sans trop savoir pourquoi, elle ne le craignait pas.

Enfin... pas tout à fait.

- Ok, ok. Salut, gentil loup couvert de sang ! T'es gentil hein ? Tu vas pas me manger si j'essaie de te soigner ?

Même s'il lui semblait curieusement humain, il n'en restait pas moins un animal sauvage et Azräel avait loupé les cours "convaincre un loup de ne pas vous dévorer" à l'université.

- Je suis médecin, donc normalement ça devrait pas être compliqué même si je manque cruellement de ma... ah oui, en fait je suis pas complètement médecin. J'apprends, tu vois ce que je veux dire ? Non, non bien sûr que non qu'il ne voit pas Azzie, c'est un loup. Les gens normaux ne parlent pas aux loups d'ailleurs et les loups normaux ne les écoutent pas.

Elle laissa échapper un rire nerveux, s'activant à déchirer un morceau de sa robe pour en faire une compresse.

- Ok, ok. Je vais t'appliquer ça et... je vais tenter un truc. Ça devrait pas te faire mal normalement, d'accord ? Je... je suis pas très douée pour ça. Je...

Elle ne pouvait pas le soigner avec la médecine, alors elle avait décidé d'essayer la magie. Assez risqué quand on connaissait ses difficultés pour soigner les autres ou tout simplement, pour utiliser ses pouvoirs. Mais là... là, elle n'avait pas le choix.

- Ok ?

Elle ne savait pas vraiment quel genre de consentement elle attendait, peut-être un hochement de tête ou une transformation en wyvern. Ça ne l'aurait pas vraiment étonné, puisque les cadavres d'un brigand, d'une de ses amies et de sa robe gisaient autour d'elle et qu'elle parlait à un loup. Un loup qui l'avait sauvé.

Un jour normal dans la vie d'Azraël.

- Au fait, merci. Merci beaucoup.

Là non plus, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle attendait. ©️ 2981 12289 0






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Sam 19 Jan - 2:30
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Homo homini lupus est
Azraël & Faelan

« What if evil doesn’t really exist? What if evil is something dreamed up by man, and there is nothing to struggle against except our own limitations? The constant battle between our will, our desires, and our choices? »
Dans le chaos de la situation, le doppler ne sait pas exactement ce qu'il se passe autour de lui. Son instinct a pris le dessus et c'est comme si son corps bougeait par lui-même. Des centaines, des milliers d'années de réflexes sauvages ont pris le relais sur sa raison. Les seules choses qu'il perçoit avec clarté sont les cris de douleur de ses adversaires, le son des os qui craquent, sa propre souffrance qui palpite dans son épaule poignardée, et le goût du sang, cuivré, familier, qui coule dans sa gorge et teinte sa gueule d'écarlate. Il sent la terre qui s'effrite sous ses griffes, puis soudain l'homme auquel appartient la jambe où ses crocs se trouvent fichés cesse de lutter contre lui. Son ennemi est ailleurs, invisible, et cela suffit pour ramener Faelan sur la terre ferme. Ses mâchoires lâchent prise et il recule d'un bond, de quelques pas.
Les prunelles dorées du loup passent du visage de plus en plus violacé du brigand à la demoiselle, et vice-versa. De la magie. Ses oreilles se dressent en une mimique curieuse. Les arts mystiques l'ont toujours interpellé. En fait, on pourrait même dire que d'une certaine façon le polymorphe jalouse les mages et leurs capacités si singulières. C'est qu'ils sont capables de tellement de choses ! Lui, en comparaison, se trouve bien ordinaire.

Au final le malandrin s'enfuit avec la vie sauve. Un fait qui chagrine quelque peu le doppler... Mais qu'il compte corriger plus tard. Son odeur est encore fraîche dans sa mémoire, plus tard il remonterait sa piste pour achever ce qu'il a commencé. Juste histoire de s'assurer qu'il ne causera plus de torts à qui que ce soit. Et surtout pour être sûr et certain qu'il ne tentera pas de nuire une nouvelle fois à la jeune femme.
Jeune femme que Faelan est très surpris de voir s'approcher de lui avec des paroles certes incertaines mais on ne peut plus bienveillantes. En une expression typiquement canine, le loup incline légèrement la tête sur le côté. Il ne la lâche pas du regard. D'habitude, les humains ont peur des loups. Il l'aurait plutôt imaginer s'enfuir en courant ou bien grimper sur le toit de la calèche pour essayer de lui échapper en hurlant à pleins poumons. Mais non. Rien de tout cela. Bien au contraire, elle paraît amicale. Une bonne surprise qu'il apprécie, et cela se voit. Dans son dos le plumeau duveteux de sa queue balaie doucement le sol herbeux.

Sur le visage de la demoiselle se lit une certaine innocence, quelque chose qui pousse à la confiance. Tout comme dans le ton de sa voix, qui résonne chaleureusement aux oreilles du changeur. Il décrète donc en son for-intérieur qu'il peut la laisser tenter de le soigner, si cela peut lui faire plaisir. Pour sa part, Faelan s'estime heureux de ne pas avoir été davantage abîmé.
Par contre... La médecine, d'accord. Même venant d'une débutante. Après tout, il s'est fait recoudre plus d'une fois par un élève encore en formation tout simplement parce que cela coûte moins cher, il n'est plus à ça près. Surtout qu'au pire, que risque-t-il ? Une cicatrice qui se referme mal et laisse une marque franchement moche ? Bah, cela ne l'empêcherait pas de vivre ! En revanche quand elle évoque la magie avec si peu d'assurance dans le phonème... Ah non. C'est beaucoup plus dangereux, ces choses-là. On ne plaisante pas avec.
L'animal se relève donc pour reculer d'un pas, se rassoit et dans le processus retourne à son apparence d'elfe. Son premier réflexe est de nettoyer sommairement sa bouche et ses joues couvertes de sang frais du revers de la manche, ceci dit son attention se porte vite sur son interlocutrice.

- Il n'y a pas de quoi. Je peux pas laisser ce genre de trucs se passer juste sous mon nez sans réagir. Ses iris glissent sur son épaule, qu'il dénude avec une grimace. Ce n'est pas aussi net qu'il aurait pu l'espérer, le carreau a été remué dans la chair avant d'en être arraché sans ménagement. Tss, Elijah va finir par se dire que je le fais exprès... soupire le polymorphe davantage pour lui-même que pour la jeune femme. Evidemment il n'en veut pas à son amant de s'inquiéter pour lui, bien au contraire, mais il aimerait pouvoir lui prouver qu'il est capable de revenir sans une égratignure plus d'une semaine d'affilée. Pour le moment, c'est mal parti. Ce qui ne l'empêche pas de pouffer en reprenant : Non, je ne vais pas te manger si tu essaies de me soigner. Par contre, t'as pas l'air particulièrement à l'aise avec tes sorts, donc si on pouvait s'en tenir à des méthodes plus... Classiques. Je préférerais. Sinon je peux attendre de rentrer à Novigrad pour voir un médecin, c'est pas grave.
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Lun 21 Jan - 0:30
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Alors ça, c'était étonnant.

Non vraiment, elle ne s'y attendait pas. Elle avait de l'imagination pourtant, beaucoup d'imagination. Elle s'était vue mordue par le loup, mangée par le loup, elle l'avait vu transformé en carotte à cause d'une expérience magique ratée et elle s'était aussi vue mangée par le loup après avoir réussi à le soigner. Autant de fins possibles à cette entrevue qui étaient toutes bien loin de celle qu'elle était en train de vivre. Elle aurait pu chercher longtemps, elle n'aurait jamais pu imaginé que le loup allait se lever, se transformer en elfe et lui faire la conversation comme si tout ce qui s'était produit avant n'avait pas d'importance. Azraël s'était contentée d'ouvrir la bouche, de la refermer, de faire quelques pas en arrière pendant que les rouages de son cerveau s'actionnaient. Ce n'était pas un lycanthrope, elle se souvenait en avoir parlé à Aretuzza. Ces créatures n'avaient pas de contrôle sur leur transformation, qui ne ressemblait d'ailleurs certainement pas à ça. Mais alors...

Qu'est-ce qu'il pouvait être ?

- Tu es...

Elle le pointa du doigt, le dévisagea de la tête aux pieds, fronça les sourcils, se rappela que c'était vraiment malpoli de faire tout ça et fit de son mieux pour avoir l'air naturelle. Elle déglutit.

- Vous...

C'était très étrange, mais elle ne connaissait qu'une seule créature capable de se métamorphoser à volonté en ce qu'elle souhaitait. La brunette ouvrit des yeux grands comme des soucoupes et se mit à sautiller légèrement.

- Un doppler !

Elle finit par franchir les quelques mètres qu'elle avait mis entre eux inconsciemment et dut se retenir pour ne pas l'observer comme un scientifique le ferait avec une espèce inconnue et particulièrement intéressante. À la place, elle le noya sous un flot de paroles absolument intarissable :

- Mais c'est génial ! J'ai toujours rêvé de rencontrer un doppler ! C'est comment de pouvoir se métamorphoser à volonté en ce que l'on veut ? Tu peux prendre mon apparence pour voir ? J'ai toujours rêvé de me retrouver face à moi même. Ça doit être tellement utile au quotidien ! J'ai toujours rêvé d'avoir un ami doppler !

Une nouvelle fois, l'étudiante se mit à sautiller sur place et fit de son mieux pour se calmer et pour rassembler ses pensées. Elle ne voulait pas l'effrayer ou lui faire mauvaise impression.

- Excuse moi, je ne voulais pas me montrer impolie. Je m'appelle Azraël, comment va ton épaule ? Je pense pouvoir la soigner grâce à des moyens plus conventionnels maintenant que tu es sous forme... humaine ! Faut dire que ça me faisait un peu peur de faire un bandage à un loup ! Malheureusement, j'ai pas grand chose sous la main, j'ai même... rien du tout... parce qu'aujourd'hui on faisait de la théorie à l'académie alors à part des bouquins inutiles j'ai...


Et voilà, elle recommençait. Azzie mordit sa lèvre et secoua la tête.

- Pardon. J'arrête.


Elle se repassa ses paroles en tête, maintenant qu'elle avait cessé de parler, et se rendit compte qu'il avait évoqué un Elijah. Elle connaissait un Elijah. Elle se demandait bien si c'était celui qu'elle avait rencontré à la soirée des Vegelbud, un jeune homme très intéressant, vraiment. S'il était un de ces amis, alors le gentil loup devait être aussi passionnant !

- Oh... nous allons être amis toi et moi ! De merveilleux amis !

Elle jeta un coup d’œil dans la calèche, ou le cadavre de sa dernière amie gisait encore. Elle l'avait presque oublié celle-là. Elle n'était pas vraiment proche de la jeune fille, mais ça restait un être humain, avec une famille. Un être humain mort à cause d'elle, encore une fois. Elle allait finir par croire qu'elle attirait vraiment les ennuis. Son enthousiasme douché, elle se contenta de faire un sourire un peu triste à son nouvel ami et s'activa autour de son épaule.

- Et je suis à l'aise avec mes sorts, c'est juste que... oui bon... tu as raison.


Avec son morceau de robe déchiré, Azraël fit un bandage convenable autour de la plaie. Ce n'était pas du grand art, mais ça stopperait l'effusion de sang et ça le soulagerait peut-être un peu. La brune se tourna ensuite vers la calèche, puis vers le doppler.

- Tu crois qu'il faudrait l'enterrer ? On peut peut-être... lui trouver un bel endroit ? Je ne connais pas sa famille et... je ne sais pas...


Quoi faire du cadavre d'une étudiante assassinée par des bandits ? Pas très étonnant. Mais elle n'avait pas envie de le laisser à la merci des prédateurs.  ©️ 2981 12289 0






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Dim 27 Jan - 18:16
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